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II. — ATTRIBUTIONS ET CULTE D’ATHÉNA

Les principaux mythes concernant Athéna que nous avons rapportés nous ont déjà fait voir à quel point cette déesse se présentait à nous sous un aspect complexe. Fille de Zeus, elle partage la puissance de son père, personnifie la force et la bravoure et est une déesse guerrière. Elle a jailli tout armée de la tête du maître de 1 Olympe « brandissant une javeline acérée » . Le poète de la Théogonie nous montre Athéna « ardente à exciter le tumulte, habile à guider les armées, toujours infatigable, toujours avide de

clameurs de guerres et de combats ». Cependant, cette force et cette bravoure ne sont pas empreintes de brutalité, mais plutôt de générosité et de bienveillance. Comme I a dit Bossuet, dans son discours sur l’histoire universelle, « Athéna, c’est l’art militaire et la valeur conduits par l’esprit » . Déesse poliade, c’est-à-dire protectrice des villes, elle a ses sanctuaires sur les acropoles, sur le point le plus élevé de la cité, dernier refuge en cas d’attaque ennemie. On lui attribue le dressage du cheval de guerre, dont elle aurait fait usage dans la lutte des dieux contre les géants. C’est encore à l’occasion de cette lutte qu elle inventa la danse guerrière, appelée pyrrhique, qu elle dansa elle-même pour célébrer la victoire définitive de Zeus. De même les habitants d’Argos attribuaient à Athéna l’invention de la salpynx, la trompette guerrière. Enfin, ce fut sur le conseil d’Athéna que Danaos « construisit le premier vaisseau qui eût été fait »; on le nomma Pentecontore à cause du nombre de ses filles (les cinquante Danaïdes).

Une légende, racontée par Apollodore d’Athènes, nous fait voir comment tout en étant une déesse guerrière, Athéna n’avait en rien le caractère farouche d’Arès, le dieu proprement dit de la guerre. Un des héros favoris de la déesse, Tydée, est mortellement blessé. Athéna implore en sa faveur Zeus, et obtient d’apporter à son protégé un breuvage qui le rendra immortel. Mais que voit-elle ? Tydée, à qui l’on avait apporté la tête de celui qui l’avait blessé, avait brisé cette tête et était en train de dévorer la cervelle de son ennemi. Ce hideux spectacle fit horreur à la déesse. Elle renonce à étendre sa protection à un homme aussi cruel et, dit notre auteur, « se désista du bien qu’elle voulait lui faire » .

C’est qu’Athéna, tout en partageant la toute-puissance de son père, a, en même temps, hérité des qualités de Métis, la déesse de la sagesse, que Zeus, comme nous l’avons vu plus haut, avait

Athéna instruisant Erichthonios. Amphore de Nola, Londres, British Muséum.

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