MILET
M meure. Les plus fameux étaient ceux de Delphes et de Milet.
Le premier temple d’Apollon à Delphes avait eu, disait-on, pour fondateurs deux fils de Poséidon, Trophomios et Agamedès. Un incendie le dévora en 548. Il ne resta debout que Y adyton (réduit inaccessible aux profanes) « que la nature et les hommes avaient fait indestructible. » Pour
couvrir les frais de la reconstruction de l’édifice, on organisa des quêtes dans tout le monde grec. Les habitants de la ville de Delphes se chargèrent des deux tiers de la dépense dont la totalité fut évaluée à trois mille talents. Moyennant cette somme, une riche famille athénienne, celle des Alkinékoïdes, s’engagea à exécuter les plans de l’architecte Spindaros de Corinthe. Elle tint plus que ses engagements, en faisant construire la façade principale en marbre de Paros, alors que le cahier des charges ne prévoyait que l’emploi de pierres du pays. Tout autour du temple il ne tarda
pas à s’élever un grand nombre d’autres bâtiments destinés à recevoir les ex-votos « envoyés par différents peuples, princes et cités, athlètes heureux, criminels repentis, riches bienfaiteurs du temple, vaniteux de toute espèce empressés de mettre leur
nom en évidence. Avec le produit des
biens-fonds, les dîmes, argent et esclaves prélevés sur le butin de guerre, sur les colonies, avec les amendes imposées, les intérêts produits, tout cela constituait un capital énorme qu’une gestion intelligente accroissait rapidement. » De fait, Delphes devint la plus grande banque du monde hellénique.
LES JEUX Dès le début, il
PYTHIQUES. . , p. i i
y eut a Delphes un
concours, à la fois poétique et musical,
qui revenait tous les neuf ans. 11 s’agissait
de chanter sur la cithare la lutte d’Apollon
contre le serpent Python. En 590 avant
J.-C. les jeux pythiques furent réorganisés.
A côté des concours musicaux, on introduisit des exercices gymniques et hippiques. Les fêtes eurent
lieu désormais tous les cinq ans. Au commencement les vainqueurs recevaient des récompenses en
argent. Elles furent remplacées par des couronnes de laurier, tressées avec des rameaux, qu’un
enfant, dont les parents vivaient encore, allait couper dans la vallée de Tempé. Les triomphateurs
avaient d’autre part le droit de se faire élever à Delphes une statue commémorative de leur victoire.
L’une des cérémonies des jeux pythiques rappelait, à certains points de vue, celle des Panathénées. Elle comprenait une procession à laquelle prenaient part les délégués d’un grand nombre de cités grecques. C’était un extraordinaire déploiement de richesses. La foule, rangée sur
Apollon Sauroctone. Rome, Musee du Vatican. (Phot. Alinari, Florence.)
APOLLON
le parcours du cortège qui se déroulait le long de la voie sacrée, admirait les présents offerts à Apollon, le grand nombre de victimes destinées au sacrifice et les costumes brillants de tous ceux qui défilaient.
Le Didymaeon, ou temple d’Apollon Didyméen, s’élevait à quelque distance de Milet. « C’était comme une cité sacerdotale hérissée de chapelles et de monuments divers, entourée de
jardins magnifiques et reliée au port de Panormos par une voie sacrée bordée de statues archaïques » .
Sous le nom de Didymaïa on y célébrait des jeux sur lesquels nous ne possédons malheureusement pas de renseignements. C’est dans le Didymaeon que se trouvait la célèbre statue d’Apollon tenant un faon dans la main droite, due au ciseau du sculpteur Canachos de Sicyone.
symboles Les multiples attributions
ET ATTRIBUTS j> A n . • • . r -,
d Apollon lui avaient tait con-
D’APOLLON
sacrer un grand nombre d’animaux, de plantes et d’objets. Les plus connus d’entre ces derniers étaient la lyre, l’arc et les flèches, le trépied. La liste des animaux est beaucoup plus longue. Citons, parmi les oiseaux, le cygne, l’épervier, le vautour, le corbeau. Le griffon était un mélange d’aigle et de lion. Parmi les quadrupèdes, il y avait le loup, la biche, la chèvre et le bouc, le bélier, le rat. Nommons également le serpent, le lézard, la sauterelle, sans oublier le dauphin. Enfin, le palmier, l’olivier et surtout le laurier, étaient des arbres qui jouaient un grand rôle dans le culte du fils de Leto.
Apollon nu.
Rome, Musee du Capitole.
Apollon.
Rome, Musée du Capitole.
PRINCIPALES Les attributions et les attributs d’Apollon nous sont connus par un
REPRÉSENTATIONS . • LJ . a p . • , ,, , 1
certain nombre de monuments de I art grec qui nous ont ete plus ou moins
FIGUREES
D’APOLLON fidèlement conservés. On pourrait y étudier le développement de la sculpture
hellénique, depuis ses premiers essais, les xoana ou statues de bois, jusqu’aux types de plus en plus perfectionnés, dont quelques uns sont au nombre des chefs-d’œuvre artistiques de l’antiquité. Nous avons déjà parlé de l’Apollon Philesios, du Didymaeon de Milet, œuvre de Canachos de Sicyone. D’autres grands sculpteurs comme Calamis, contemporain de Ph.d las, Myron l’émule de Polyclète, Scopas et enfin Praxitèle ont tour à tour représenté Apollon tel qu’on le concevait à cette époque, c’est-à-dire avec une beauté à la fois virile et gracieuse. On
ne connaît pas le nom de l’auteur du fameux Apollon dit du Belvédère, popularisé par de nombreuses reproductions et objet de discussions acharnées de la part des érudits. Nous possédons également quelques bas-reliefs sur lesquels on reconnaît sans hésitation le fils de Leto sous différents aspects. Enfin, on retrouve l’effigie d’Apollon sur un certain nombre de médailles. La plus belle est celle d’Antigone, l’un des généraux et successeurs d’Alexandre, représentant Apollon assis sur une galère.
Apollon retrouvant et comptant ses bœufs.
Apollon allant à la grotte de Cyllène réclamer ses bœufs à Hermès enfant. Kylix du Musée Grégorien. Rome.
(Lenormant et de Witte, Elite céramographique.)
Artémis et Acteon.
D’apres le tableau de Pietro Locatelli. Galerie Barberini, (Phot. Alinari, Florence.)
Rome.