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PROLOGUE

Pendant que, sous l'abri de six paratonnerres, A la Bourse, bazar de lots imaginaires, L'agio, secouant des primes dans ses mains. Cabotait ses clients sur de futurs chemins; Pendant que le public, investi par VÉpoque, Contemplait ses porteurs à livrée équivoque.

k NÉMKSIS.

()irun pivîulrait, en voyant leur frac et leurs mollets, Pour (les gnrcons de caisse ou pour des gro.mis anglais; P(nidant qu'avec son nom de France ou d'Italie Le noble duc et pair de Broille ou de Broglie, Du grand Fioyer-Collard, patriarche au cercueil, Osait ù Rémusat disputer le fauteuil ; Pendant que, las encor des chocs de la tribune, Nos ministres erraient de commune en commune, Guizot chez les Normands, Duchâtel en Poitou, En Provence Dunion, Mackau l'on ne sait où; Pendant que nos soucis plaignaient le prolétaire Qu'atteint le choléra de la pomme de terre; Que la jeune Plessy, sylphide aux pieds fuyards. Du quartier Richelieu courait chez les Boyards, Voilà que dans ce monde à qui, pour ses délices, La bourse et le théâtre cntr'ouvrent leurs coulisses, tin bruit inattendu tombe, et comme un tocsin Fait vibrer une corde au fond de chaque sein. Le erépe du malheur Hotte autour de nos gloires, Ilélas! et ce n'est poinl de ces bruits illusoires

D.1EMMA-G1IAZA0UAT.

Que propa<2;e la veille et que le jour dénient; Le Moniteur l'annonce officiellement.

Candides citoyens! dans ces heures de crise, Sous ce deuil accablant courbez-vous sans surprise; Dormiez-vous par hasard sur la foi d'un traité Ecrit par votre main et par Londres dicté ? Pensiez-vous qu'enchaîné par deux ou trois syllabes, Le sultan du désert, le prince des Arabes, Désormais, pour calmer ses ulcérants chaij;rins, De son long chapelet déroulerait les grains? Pensiez-vous que depuis la victoire éclatante Où Guizot ne voulut conquérir qu'une tente, L'Angleterre entendait, dans un profond repos, Le souffle de l'Atlas frémir dans nos drapeaux? Quoi ! vos yeux fascinés ne voyaient pas l'issue De l'œuvre de Tanger, traîtreusement tissue! Eh ! depuis plus d'un an, de prophétiques voix L'annonçaient au forum, le criaient sur les toits;

La Presse, qui loiijoiirs se lève la première, Jusque sur vos chevets secouait la lumière; Moi-même je lançais mon fatidique vers; Vos yeux restaient fermés sont-ils enfin ouverts?

Le voilà reparu dans la sanglante lice , L'homme qu'on avait fait garder par son complice, Celui que le désert ne devait plus vomir. Le proscrit, l'exilé qu'on nommait l'ex-émir. Monté sur Al-Borak, le cheval du Prophète, C'est l'ange de la mort, l'esprit de la défaite Qui passe, qui traverse à bonds entrecoupés Les ténébreux ravins, les pitons escarpés. Les cavernes, les bois de son sauvage empire. Soufflant la guerre sainte au désert qui respire. Entraînant ses tribus, courbant à ses genoux Celles qu'un faible nœud liait encore à nous. Ah ! ce n'est point à faux que l'histoire romaine Contre la foi punique exhalait tant de haine;

DIEMMA-GH AZAOUAT.

Le sang de Jugurtha n'est point abâtardi; Tout ce que recelaient ces serpents du Midi D'astuce, de poison, d'imposture, d'audace^ Nous le trouvons encor tout entier dans leur race ; Terre de trahisons, de lâches guets-apens, Nous ne t'avons que trop connue à nos dépens î Sol parjure ! faut-il, pour dignes représailles, Arracher désormais du fond de nos entrailles La probité^ l'honneur, la foi de chevalier. Tout ce qui de la guerre ennoblit le métier?

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