NOV
A mon fils.
C'est à l'heure même où tu allais publier ton ouvrage sur le « Fédéralisme » que tu fus cruellement arraché à la tendresse de ta vieille mère désespérée, ô mon fils bien aimé !
Tu reposes aujourd'hui près de ton digne père et de ton frère chéri, tous les deux non moins dévoués à la cause pour laquelle tu as succombé prématurément. Et moi malheureuse oubliée sur le seuil de la tombe je n'aspire qu'à rejoindre les morceaux brisés de mon cœur.
Un suprême devoir m'est imposé. Je n'envelopperai pas d'oubli tes longs travaux, ton indépendance d'esprit qui n'avait d'autre guide que la justice, l'amour de la patrie et de l'humanité. L'héritage de tes aspirations généreuses ne sera pas enseveli avec toi, ta triste mère, secondée de quelques amis, le fera surgir d'outre-tombe.
Vve LoDOïc LEVERDAYS.
Un publiciste d'un grand talent, Hippolyte Castille, nous disait un jour au sujet des « Assemblées parlantes » par E. Leverdays : « Il y a dans cet ouvrage des aperçus nouveaux que personne n'a jamais osé émettre, une hauteur de vues et une ampleur de style que Ton chercherait vainement ailleurs. Il ne s'est rien publié d'aussi beau dans le siècle. »
Si le brillant écrivain des « Lettres de Paris » qui signait Alceste vivait encore, nul doute que son appréciation ne fût aussi favorable sur le volume posthume du même auteur que nous publions aujourd'hui sous le titre de : Nouvelle Organisation de la République ; livre qui ne peut manquer de s'imposer comme manuel politique à nos futurs républicains.