‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 2)Chapitre 17 sur 80 · V. VEAU · texte numérisé non relu

V. VEAU

LUMBAGO. — On désigne sous ce nom une affection douloureuse des muscles et peut-être des tissus fibreux de la région lombaire. Considéré communément comme une variété de rhumatisme musculaire, le lumbago est surtout une maladie de l'homme adulte et survient le plus souvent à la suite d'un refroidissement ou d'une fatigue exagérée.

Symptomatologie. — Le seul symptôme est la douleur, d'intensité variable, qui apparaît généralement d'emblée sans cause appréciable ou à la suite d'un effort, d'un faux mouvement, plus rarement après quelques prodromes, fourmillements ou sentiment de courbature. C'est une douleur bilatérale pouvant dans quelques cas s'élever vers le dos ou descendre vers le sacrum, mais ne s'étendant pas latéralement en dehors de la région lombaire. Elle est continue, avec exacerbations surtout provoquées par les mouvements; elle est plus marquée pendant la station debout et s'atténue dans le décubitus horizontal. Le redressement du tronc est particulièrement pénible; le malade marche le tronc fléchi en avant. La pression des muscles est moins douloureuse que leur contraction.

Le lumbago aigu s'accompagne parfois d'un peu de fièvre et d'un léger état saburral. La durée varie entre trois et dix jours. Dans quelques cas, il tourne à la chronicité et se prolonge pendant des semaines et des mois.

Forme articulaire aiguë (Robin et Londe). — Quelques auteurs considèrent le lumbago plutôt comme une affection articulaire d'origine rhumatismale. Si elle prend l'apparence musculaire, c'est que le patient s'efforce d'immobiliser les articulations malades et que la contraction des muscles masque le siège articulaire de la maladie, sans compter que les muscles peuvent eux-mêmes devenir douloureux et se contracturer, si l'affection articulaire se prolonge et passe à la chronicité.

La pression des muscles augmente peu la douleur; elle la calme plutôt dans les cas légers. Par contre, il existe une série de points particulière-

175 Lumbago.

ment douloureux à la pression qui correspondent : sur la ligne médiane, à l'interligne du sacrum et de la colonne lombaire, aux interlignes des vertèbres lombaires et à l'articulation saero-coccygienne ; sur les parties latérales, aux symphyses sacro-iliaques, aux parties latérales de la ligne épineuse lombaire. Tous ces points n'existent pas chez tous les malades, et on peut décrire des formes partielles (sacro-vertébrale, sacro-iliaque uni- ou bilatérale, sacro-vertébrale et lombaire, avec ou sans prédominance unilatérale) et des formes totales ou combinées. Dans les formes à prédominance unilatérale, le malade, au lieu d'incliner le tronc en avant, présente une flexion latérale : le tronc s'incline du côté opposé au côté le plus pris.

Diagnostic. — On aura à faire le diagnostic avec les différentes affections douloureuses de cette région.

Dans le tour de reins ou rupture de fibres musculaires et fibreuses de la masse sacro-lombaire, la douleur, qui débute subitement après un violent effort, après une flexion exagérée du tronc notamment, est unilatérale et plus limitée à un point.

Le rhumatisme vertébral de la colonne lombaire s'accompagne d'une douleur exaspérée plutôt par la pression des apophyses épineuses que par celle des masses musculaires et souvent de gonflement. Ce diagnostic ne se pose pas si on adopte la théorie articulaire du lumbago.

Les douleurs névralgiques (névralgies intercostales, lombaires, sciatiques) ont des irradiations qui dépassent la région lombaire; les points douloureux à la pression ont une localisation spéciale indépendante du muscle.

Les douleurs pseudo-névralgiques (maladies du rachis, des méninges et de la moelle) ont également des irradiations qui dépassent la région lombaire. Généralement, on trouve d'autres symptômes en rapport avec l'affection causale : saillie de certaines vertèbres et douleur à la pression à ce niveau dans le mal de Pott, troubles du côté des sphincters et des membres inférieurs dans les myélites.

La raclnalgie est une douleur plus profonde, moins influencée par la pression ou la contraction du muscle. Dans les maladies des méninges et de la moelle, elle s'accompagne généralement de douleurs pseudo-névralgiques en ceinture ou dans les membres inférieurs. Les phénomènes généraux empêcheront de confondre la raclnalgie de la variole avec un simple lumbago.

Les douleurs d'origine rénale (néphrites aiguës, lithiase, tuberculose) sonl intermittentes et rarement égales des deux côtés. Elles sont accompagnées d'autres symptômes qui dépendent de l'affection causale.

Dans le phlegmon périnéphrétique, le psoïtis, la douleur est unilatérale. Les phénomènes généraux, la flexion de la cuisse dans le psoïtis assureront le diagnostic.

Traitement. — Révulsion (ventouses scarifiées, sinapismes). Frictions avec des liniments calmants ou révulsifs (opiacés, solanées, chloroforme, alcool camphré, baume de Fioraventi, etc.). Bains chauds, bains sulfureux, bains de vapeur administrés au lit. Électricité : faradisation de la peau avec le balai; électrisation des muscles avec les courants faradiques ou mieux avec les courants continus. Massage, après atténuation des phénomènes

Lunettes.

aigus. Médication interne : salicylate de soude, sulfate de quinine, antipyrine, jaborandi (contre-indication : affections cardiaques).

BRÉCY.

LUNETTES. — Les verres de lunettes sont destinés à corriger les amétropies et la presbytie. Ces verres sont des lentilles sphériques, convergentes ou positives (-h) (fig. 56); divergentes ou négatives (— ) (fîg. 57).

Fig. 3i5. — Lentilles sphériques convergentes Fig. 37. — Lentilles sphériques divergentes ou ou positives. — 1, lentille plan-cojxvexe ; ~1, me- négatives. — 1, lentille plan concave: 2, mé-

nisque convexe; 3, lentille biconvexe. nisque concave; 3, lentille biconcave.

Dans la lentille plan convexe (1), la surface antérieure est convexe, la postérieure est plane.

Dans le ménisque convexe (c2) la surface antérieure est convexe et la face postérieure concave.

Dans la lentille biconvexe (5), les deux surfaces sont convexes, en sens opposé. C'est la forme de verre convexe la plus employée.

Dans la lentille plan concave, la surface antérieure est concave, la postérieure plane (1).

Dans le ménisque concave, les deux surfaces sont concaves dans le même sens (2).

Dans la lentille biconcave, les surfaces sont concaves en sens opposé. Cette lentille est la plus employée (3).

Les verres cylindriques sont employés pour corriger l'astigmie. Une des

Fig. 58. — Verre plan cylindrique convexe.

Fig. 39. — Verre plan cylindrique concave.

surfaces a une courbure cylindrique convexe ou concave, l'autre pouvant être cylindrique, sphérique ou plane (fîg. 58 et 39).

Sous le nom de verres périscopiques on entend des verres ménisques dont la face concave est tournée du côté de l'œil. Ces verres ont les mêmes indications que les verres convexes forts (opérés de cataracte).

Les verres toriques servent à la correction de l'astigmatisme, mais sont moins usités que les verres cylindriques. Une des surfaces du verre torique est un segment de la zone équatoriale d'un tore. Le tore est la surface engendrée par un cercle qui tourne autour d'une droite située dans le plan du cercle. On désigne sous le nom de tore, en architecture, la grosse moulure ronde qui se trouve au-dessus du piédestal d'une colonne, à la base de celle-ci, entre la plinthe et le listel. La courbe du tore est moins forte dans

Lunettes.

le sens horizontal que dans le sens vertical. Ces verres donnent le même résultat qu'un verre sphérique associé à un verre cylindrique et, dans certains cas, leur sont préférables.

Les verres cylindriques croisés, dits à la Chamblant, sont constitués par un cylindre pour chaque face, l'axe d'une surface étant perpendiculaire à l'axe de l'autre. Les cylindres sont tous les deux concaves ou convexes ou l'un convexe et l'autre concave (fig. 40).

Le verre prismatique sert à mesurer la force d'un muscle oculaire, à provoquer la diplopie, à corriger l'insuffisance musculaire. Les deux faces de ce verre font entre elles un certain angle (fig. 41). -

Un verre dépoli peut

Fig. 40. — Cylindre croisé ou à la Chamblant.

Fig. 41. — 1, verre plan prismatique:

-2, verre convexe prismatique; 3, verre concave prismatique.

laisser passer les rayons visuels par un trou ou une fente stéréoscopiques. Ces verres sont utilisés dans les cas de déformation de la cornée, de certains astigmatismes, et en un mot, chaque fois où il y a intérêt à éliminer des rayons visuels pour ne conserver que ceux qui donnent de la valeur à l'image.

Les verres à surface hyperbolique, les verres dits de contact (petites coupoles qu'on applique contre la cornée), et Y h'jdrodiascope (appareil qui sert à entourer de liquide la partie antérieure de l'œil et muni d'un verre plan convexe), sont utilisés dans le kératocone.

Pour faciliter la vision alternativement rapprochée et éloignée sans changer de verres, on a construit des verres à double foyer, verres à la Franklin et aussi des verres qui, par leur forme spéciale, dispensent d'enlever les lunettes pour regarder au loin.

Les verres ont des formes variées; les verres à forme ronde ou ovale large sont les meilleurs.

Il y a deux systèmes de numérotage, celui en dioptries basé sur le système métrique et celui en pouces. On doit délaisser ce dernier en raison de ses inconvénients. La dioptrie est une unité de force de réfraction. Une lentille dont le foyer est à 1 mètre est d'une dioptrie. Une lentille n° '1 a son foyer à 50 centimètres et ainsi de suite.

Dans le système de numérotage en pouces, le numéro du verre est celui qui exprime sa distance focale en pouces.

Les verres convergents ou divergents sont indiqués par les signes -h ou — .

On les reconnaît soit avec des instruments (cylindro-sphéromètres), soit par

les images directes ou inverses qu'ils donnent lorsqu'on regarde à travers

ces verres qu'on anime de mouvements verticaux. Le verre de réfraction

Lunettes.

opposée qui neutralise le premier indique le numéro correspondant à sa force de réfraction.

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