‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 2)Chapitre 58 sur 80 · NEZ (CORPS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

NEZ (CORPS ÉTRANGERS

On a trouvé dans les fosses nasales les corps étrangers les plus divers. Ils sont introduits le plus souvent — chez les enfants — par l'orifice antérieur. Mais ils peuvent aussi pénétrer par l'orifice postérieur — chez les enfants et chez les adultes — clans le vomissement et dans les troubles de la déglutition consécutifs aux paralysies du voile du palais post-diphtériques. Plus rarement, il s'agit d'un corps étranger traumatique. Enfin, exceptionnellement, on a observé des rhinolites formés sur place, véritables calculs des fosses nasales.

Ils siègent le plus souvent dans la partie inférieure large des fosses nasales, s'ils sont introduits par les narines et dans le méat moyen, s'ils ont pénétré par les choanes. Certains corps étrangers peuvent augmenter de volume; on a vu des graines germer. La muqueuse irritée est atteinte d'inflammation chronique; elle peut suppurer; d'autres fois, elle forme des concrétions calculeuses autour du corps étranger, qui constituent des rhinolites secondaires.

Symptômes et diagnostic. — Les symptômes sont au début peu accusés, et souvent le corps étranger est oublié et méconnu pendant des mois et des années. Plus ou moins tardivement apparaissent les signes d'un coryza chronique ulcéreux, fétide, unilatéral, avec obstruction de la fosse nasale, troubles de l'olfaction, de l'audition, douleurs à type névralgique. L'examen rhinoscopique permet alors d'apercevoir, ou de toucher, avec un stylet explorateur, le corps étranger, plus ou moins caché par la muqueuse elle-même altérée. Souvent, plusieurs examens seront nécessaires; la radio-

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graphie pourra quelquefois ôlre précieuse pour ce diagnostic. Il y a, dans certains cas, de réelles difficultés de diagnostic et on a pu penser à de l'ozène, à des lésions syphilitiques ou tuberculeuses de la muqueuse, à des tumeurs malignes, à des polypes, surtout à des séquestres osseux pariétaux.

Chez l'enfant, quand personne n'a assisté à l'accident, le diagnostic peut cire d'autant plus difficile, que l'enfant cache soigneusement son méfait, lorsqu'il a lui-même introduit le corps étranger dans son nez. Quelques jours après, le nez gonfle, se tuméfie, ainsi que la paupière et la joue ; en même temps apparaît un jetage muco-purulent fétide; tous ces phénomènes sont unilatéraux. Il faut alors, non seulement interroger l'enfant, mais encore explorer la fosse nasale, où le stylet découvre le corps étranger, au besoin après badigeonnage à la cocaïne, qui facilite l'examen rhinoscopique.

Traitement. — Certains corps étrangers peuvent être extraits directement avec une pince droite ou courbe, une petite curette, un petit crochet. Au besoin, on pourra le repousser vers les choanes, en évitant qu'au moment de sa chute il soit dégluti. Toutes ces manœuvres doivent être très prudentes.

Chez l'enfant, en particulier, l'extraction indirecte peut rendre de très grands services, soit par la simple douche d'air, soit surtout par la douche d'eau. Il suffit d'injecter de l'eau bouillie tiède dans la narine opposée. Au début, il faut assurer un écoulement d'eau très lent, pour que le voile du palais s'élève et se tende et pour que la trompe se ferme; peu à peu, on augmente la pression et le corps étranger est bientôt repoussé d'arrière en avant par le courant d'eau et refoulé vers la narine d'où il est bientôt projeté. Une seringue, ou un laveur avec canule mousse, seront employés pour cette manœuvre (Félizel).

Enfin, dans des cas exceptionnels, le corps étranger est très solidement immobilisé et on est contraint de l'extraire par une intervention sanglante, en incisant dans le sillon naso-génien pour dissimuler ultérieurement la cicatrice. PIERRE DESCOMPS.

NEZ (COUPS DE FEU). - Les armes de fort calibre, les armes de guerre, provoquent par leurs projectiles des lésions qui sont en général d'emblée irrémédiables; la force de pénétration et la force explosive sont telles, que la mort est rapide, quelquefois immédiate.

Les armes ordinaires de la pratique civile produisent des lésions très diverses, plus ou moins profondes, du nez, des fosses nasales et des régions voisines. Le projectile pénètre, dans les fosses nasales, soit directement, soit indirectement, après avoir parcouru des régions voisines; il traverse les fosses nasales ou bien s'y arrête. Les désordres qu'il entraîne frappent, de manière variable, squelette, muqueuse, vaisseaux, nerfs. L'étendue et la gravité des lésions diffère, avec le mode de pénétration et le trajet du projectile, sa force de pénétration, la nature de l'arme, la direction et la profondeur du traumatisme et tout spécialement avec la pénétration ou la nonpénétration dans le crâne et l'encéphale.

Symptômes et diagnostic. — Il importe, au point de vue clinique, de rechercher d'abord, aussi exactement que possible, les circonstances

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précises dans lesquelles l'accident a eu lieu; des conditions dans lesquelles la blessure a été produite, on tire en effet les premiers éléments du pronostic.

Il faut, d'autre part, pratiquer sans retard l'examen local, prudent, des fosses nasales et des régions voisines, pour apprécier, autant que faire se peut, Tétendue des lésions; l'inspection au besoin aidée par l'éclairage el l'examen au spéculum nasi, la palpation, le toucher, seront immédiatement pratiqués. On examinera ainsi les téguments, les cavités, le ou les orifices du projectile, les matières liquides ou solides qui s'en écoulent : sérosité, sang, liquide céphalo-rachidien, débris osseux, matière cérébrale. Mais on ne saurait trop insister sur la nécessité absolue d'un examen prudent. Il faut donc se garder de toute exploration profonde au stylet, ou ne pratiquer cette manœuvre qu'après avoir nettoyé les surfaces traumatisées et toutes les parties ambiantes. Si, au cours de cette exploration, le projectile se présente, on constate sa position; s'il ne se présente pas on n'a pas à le poursuivre. Dans ce cas, en effet, il s'agit non de rechercher le projectile, mais de vérifier d'urgence les désordres qu'il a produits, de désinfecter le foyer traumalique et d'y faire l'hémostase s'il y a lieu. La première indication consiste à ne pas provoquer, par des manœuvres inutiles et dangereuses vers la profondeur, la propagation de l'infection vers des parties peut-être indemnes. Où donc est le projectile? Où s'arrête la traînée sep tique qu'il laisse derrière lui? A ce moment, il est quelquefois très difficile de le savoir. Certains projectiles arrivant à fin de course peuvent s'arrêter dans la cavité même du nez, s'enclaver par exemple dans les méats. D'autres fois, c'est dans les sinus voisins qu'ils sont allés se perdre : cellules ethmoïdales, sinus frontal, sinus sphénoïdal et surtout sinus maxillaire. Plus tard, lorsque les premiers accidents seront passés, on pourra, s'ils provoquent des troubles, chercher à localiser les projectiles par la radiographie et au besoin les extraire.

Enfin, les signes fonctionnels et généraux peuvent, au moment de l'accident, aider, dans une certaine mesure, à compléter le diagnostic et le pronostic d'urgence. Il faut savoir qu'ils peuvent être très trompeurs ; cela dépend des circonstances et surtout du blessé lui-même. Ici, comme dans toutes les blessures graves, il ne faudrait pas établir essentiellement le pronostic sur le degré d'état de shock post-trau ma tique. En revanche, la permanence et l'aggravation de cet état nerveux sont des symptômes de premier ordre.

Traitement. — En présence d'un blessé atteint d'un coup de feu du nez, que faut-il faire?

S'il existe un état de shock marqué, il y a là une indication d'extrême urgence qui prime toutes les autres et sur laquelle nous n'avons pas à insister ici. On se comportera comme dans tous les grands traumatismes et spécialement ceux de la face et du crâne.

Au point de vue local, l'indication à remplir est très simple : il faut parer à l'hémorragie, si elle est abondante et permanente, et il faut désinfecter le foyer traumatique aussi complètement que possible. S'il y a une forte hémorragie, il est indispensable d'aller lier les vaisseaux qui saignent, lorsque, surtout après pansement, on reconnaît que le tamponnement est

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insuffisant. Dans des cas particulièrement graves, on a dû aller lier les vaisseaux après débridements et résections osseuses ; c'est ainsi que, dans certains coups de feu de la racine du nez, on a été conduit à faire le rabattement antérieur du nez pour arriver jusqu'à la voûte des fosses nasales et avoir accès sur les vaisseaux de la lame criblée, des cornets ethmoïdaux et de la cloison. Quant à la désinfection du foyer, elle peut nécessiter quelques débridements pour assurer un bon nettoyage et un bon drainage du foyer traumatique; ce temps du pansement doit se confondre avec l'exploration de la plaie. Si, au cours de ces manœuvres, le projectile se présente, on l'enlève ; mais il ne faut pas le poursuivre systématiquement. Pour désinfecter ce foyer, il faut faire de fréquents lavages, 8 ou 10 fois par 24 heures, par grandes irrigations d'eau bouillie, chaude, mélangée d'un antiseptique, par exemple d'eau oxygénée. Ce lavage s'étendra au nez, aux fosses nasales, au pharynx, à la bouche. On pourra terminer par un tamponnement très peu serré et un pansement sec occlusif. Il est utile de surveiller le pansement de très près, d'examiner chaque fois les liquides et débris divers qui s'éliminent et dont la nature peut aider à compléter le diagnostic et le pronostic.

Les premiers accidents conjurés, il est permis de penser au projectile. S'il reste silencieux et ne provoque aucun trouble, il ne semble guère indiqué de s'en préoccuper. Quelquefois, au bout de plusieurs mois et môme de plusieurs années, on voit certains projectiles donner, tout à coup et quelquefois sans raisons apparentes, des accidents tardifs qui nécessitent l'extraction. C'est ainsi qu'on a observé des sinusites maxillaires suppurées, des ethmoïdites purulentes, des ostéites plus ou moins étendues du massii facial. Après radiographie, il faut alors se décider à aborder ces foyers pour enlever le projectile et drainer. PIERRE DESCOMPS.

NEZ (FRACTURES). — 1° Fractures des os propres. — Les os propres du nez sont rarement atteints dans les traumatismes. Lorsqu'il y a fracture elle est le plus souvent bilatérale et comminutive. Dans les grands traumatismes tout le massif de la racine du nez peut être intéressé en même temps que les os propres, c'est-à-dire le maxillaire supérieur, l'unguis, l'ethmoïde. Le type le plus fréquent est la fracture ouverte avec déchirure de la muqueuse et souvent déchirure des téguments externes, quelquefois écrasement total du nez.

Les symptômes caractéristiques sont : l'épistaxis, l'œdème et l'emphysème sous-cutané de la région et des régions voisines. La déformation est manifeste. La palpation permet de mieux préciser les déplacements; la mobilité anormale et la crépitation ne seront recherchées qu'avec une extrême prudence pour ne pas augmenter la déformation. Dans les fractures simples, avec minime déplacement et surtout sans déplacement, la recherche des points douloureux permettra de faire le diagnostic avec la contusion simple. Des complications possibles, celles qui sont particulièrement redoutables sont : l'infection, la fracture concomitante de la lame criblée de l'ethmoïde. Des complications éloignées sont à signaler : troubles de la voix, nasonnement, troubles de l'odorat, rétrécissement du canal lacrymo-nasal s'il y a

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eu fracture de tout le massif de la racine du nez, enfin et surtout déformation. Celle-ci peut être telle, que le nez affecte la forme du nez en lorgnette de la syphilis.

Dans les fractures simples à déformation minime, il n'y a qu'à faire des lavages fréquents des fosses nasales et du massage léger. Dans les fractures à grand fracas, quand la racine du nez est effondrée, il faut soulever, coapter, réduire au mieux les fragments osseux, tamponner après lavage, faire de fréquents pansements pour éviter l'infection et commencer rapidement le massage en surveillant les déplacements secondaires.

2° Fractures de la cloison. — Le vomer et la lame perpendiculaire de l'ethmoïde se fracturent très rarement; on observe surtout la fracture du cartilage de la cloison.

La fracture simple du cartilage (Jarjavay), mieux nommée luxation du cartilage sur le vomer (Mollière), consiste en une disjonction de la symphyse qui unit le cartilage médian au vomer. Le glissement de ce cartilage, d'avant en arrière et de haut en bas, sur l'une des faces du vomer, entraîne la disonction des cartilages latéraux qui se séparent des os propres. Il suit de là que la déformation caractéristique consistera en un aplatissement du nez au-dessous des os propres, avec déjettement latéral de la pointe. L'examen rhinoscopique et l'exploration au stylet confirment le diagnostic. Il est souvent déjà bien établi par la déformation post-traumatique, la constatation d'un défaut de résistance et d'une mobilité anormale du dos du nez, quelquefois même la perception d'une crépitation spéciale du cartilage mobilisé sur le vomer. La douleur, l'épislaxis, les lésions des téguments et de la muqueuse, sont des symptômes d'ordre banal, comme dans tous les traumalismes du nez.

La fracture du cartilage sans déplacement consiste en une fissuration sur place du cartilage médian, formant à droite et à gauche un double hématome, un dans chaque fosse nasale. Ces hématomes suppurent souvent et peuvent entraîner de ce fait des déformations secondaires.

Assurer la désinfection du foyer traumatique, par lavages antiseptiques des fosses nasales en douches répétées, par tamponnement peu serré et fréquemment renouvelé : telle est la première indication. Corriger les déplacements et bien assurer le maintien de la correction : telle est la seconde indication. Elle n'est pas toujours aussi facile à remplir que la première; on a imaginé de nombreux appareils de contention, le plus simple est encore le tamponnement qui sert de support. Le massage sera commencé de bonne heure. PIERRE DESCOMPS.

NEZ (INFLAMMATION). — V. Coryza.

NEZ (LUPUS). — V. Lupus.

NEZ (MALFORMATIONS). — Un grand nombre de malformations peuvent s'observer qui ne sont justiciables d'aucun traitement. Mais les deux cas les plus importants sont l'imperforation et l'atrésie.

V imperforation congénitale peut être due à une membrane qui obstrue l'orifice postérieur des fosses nasales ou à des synéchies. L'introduction du trocart suffit à la vaincre le plus souvent chez le nouveau-né.

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Uatrésie peut être due à l'insuffisance même du calibre des fosses nasales par arrêt de développement, à l'aplatissement du nez dans le sens vertical ou transversal. Cette atrésie produit les mêmes inconvénients que l'obturation nasale par les végétations adénoïdes (v. c. m.) et est la cause de fréquentes erreurs de diagnostic. Le nez non utilisé par la respiration ne s'est pas développé parallèlement aux autres parties de la face, le pharynx nasal est tout petit, sans aucune végétation, et s'obture en quelque sorte de luimême à la moindre bouffissure de sa muqueuse.

L'atrésie est encore souvent due à des déviations de la cloison, qui, très rarement droite et plane, peut, dans certains cas, surtout par suite de traumatismes datant du jeune âge, être tout à fait déjetée d'un côté, ou formant un S et obturant les deux fosses nasales à des étages différents, ou à des profondeurs différentes. Quelquefois la cloison est dilatée en ampoule, tantôt sur ses deux faces, tantôt sur une seule. Très fréquemment, les synéchies sont dues à la rhinite gonococcique qui complique l'ophtalmie : les rétraclions des parties molles de l'avant-nez donnent alors parfois à cet organe l'aspect de l'hérédo-syphilis, quand la croissance du squelette de la face laisse ces parties en retrait.

Dans tous les cas il y a obturation nasale et il faut y obvier. On y arrive par l'excision des parties saillantes, en détachant des copeaux dos ou de cartilage sous la muqueuse relevée et rabattue ensuite.

PIERRE ROXNIER.

NEZ (SYPHILIS). — A) Chancre de la peau. — Il a les caractères ordinaires de l'accident primitif, et siège le plus souvent à la partie moyenne du dos du nez, là où le verre appuie quand on boit, aux narines, dans le sillon nasolabial, au bout du nez, sur les ailes du nez. Suivant le siège, l'adénopathie est unilatérale ou bilatérale et se recherche à l'angle de la mâchoire. Il est en général indolent.

Au début, le chancre peut se prendre pour un furoncle, mais l'allure aiguë de ce dernier ne laissera pas s'égarer le diagnostic ; l'épithélioma du nez évolue au contraire beaucoup plus lentement et l'adénopathie est tardive.

B) Chancre de la muqueuse nasale. — Il se fixe le plus ordinairement sur la cloison médiane ou sur le rebord de la narine aux points où se font les inoculations et les excoriations par toucher unguéal. Il peut encore se produire au niveau du méat de la trompe d'Euslache ; l'inoculalion est directe et due à des sondes contaminées. Le chancre de la muqueuse, peu apparent quand il est postérieur, déforme en général sensiblement le nez quand il est antérieur et forme une masse grise, en champignon, ou au contraire sanguinolente et cratériforme. — Il est souvent douloureux, avec irradiations. — Ici encore l'adénopathie de l'angle de la mâchoire est constante ; et le diagnostic avec le furoncle, d'ailleurs fréquent, du nez, ou le néoplasme, repose sur les mêmes caractères que pour le chancre des téguments.

Le traitement est celui du chancre en général.

C) Syphilides secondaires de la peau. — Elles présentent tous les caractères de syphilides cutanées et ne se distinguent par aucun caractère spé-

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cial des syphilides des autres parties du visage, qui les accompagnent le plus souvent.

D) Rhinite syphilitique. — Chez l'adulte, c'est un catarrhe avec croûtes souvant abondantes au point d'obstruer les fosses nasales et de troubler la respiration.

Chez le nouveau-né, le même coryza se montre dans le mois qui suit la naissance, gênant la respiration nasale et empêchant même la succion. Le catarrhe nasal, quelquefois sanguinolent, irrite les téguments au voisinage des narines, développe de petites ulcérations croûteuses, mais ne déforme qu'exceptionnellement le nez, par lésions de la cloison ou par infiltration des tissus.

D'autres manifestations syphilitiques sur le corps de l'enfant permettront de fixer le diagnostic et d'instituer au plus tôt non seulement le traitement spécifique, mais aussi les mesures prophylactiques indispensables pour la nourrice et pour l'entourage.

E) Syphilis tertiaire de la peau. — De petits tubercules syphilitiques s'accumulent, se fusionnent au point de se prendre en masse sur le nez et sur les parties voisines du visage; l'infiltration se fait silencieusement, pendant des mois le nez s'empâte sans trop se déformer d'abord ; les téguments se teintent plus ou moins vivement de rouge, avec desquamation ; les tubercules peuvent s'indurer, se corner, et se résorber, mais le plus souvent le processus aboutit à la fonte, à l'ulcération (syph. tuberculo-crustarées, tuberculo-ulcéreuses). Le tissu gommeux se ramollit en général rapidement ; sous les croûtes épaisses, adhérentes, brunes, l'ulcération se fait, parfois profonde, mais indolente presque toujours, laissant après elle des destructions qui peuvent être considérables, défigurant définitivement, tant par la perte de substance elle-même que par le travail cicatriciel.

F) Syphilis tertiaire des fosses nasales. — Les lésions tertiaires de la muqueuse attirent peu l'attention, car elles ne sont pas douloureuses et ne provoquent qu'une sensation d'enchifrènement analogue à celui de la rhinite hypertrophique, des polypes ou des végétations adénoïdes du pharynx nasal. Les troubles de la sécrétion muqueuse favorisent souvent l'apparition de l'ozène.

Mais sous cette gêne purement fonctionnelle de la respiration nasale, la charpente du nez peut subir de profondes destructions que le malade ne soupçonne pas, d'une part à cause de leur indolence et, d'autre part, parce que les diverses parties du squelette nasal étant immobiles, rien ne vient signaler leurs défaillances ni même leur destruction, jusqu'au moment où des séquestres s'éliminent, tantôt sans aucune réaction, tantôt, suivant la région, avec de violentes névralgies ou de grands vertiges.

Les perforations de la cloison cartilagineuse sont l'accident le plus fréquent, ainsi que celles du vomer et les lésions de rethmoïde. Les parois externes sont rarement affectées. Il faut se rappeler que ces perforations de la cloison peuvent être dues à la tuberculose, ce qui est rare, et aussi à l'érysipèle de la face, à la rougeole et à la fièvre typhoïde.

Plus rarement la sous-cloison est détruite, avec fusion des deux narines et chute de la pointe du nez.

Nez (Traumatîsmes). > 73G

Quand les os propres du nez sont nécrosés, c'est la partie élevée du nez qui s'affaisse, comme aplatie par un coup de marteau sur le plan des joues; la pointe, du nez se relève perpendiculairement à la direction de la racine.

Si la cloison cartilagineuse est détruite, le nez s'enfonce dans les fosses nasales, « en lorgnette », tout en restant mobile, mais rétracté par le raccourcissement cicatriciel et le bridement même des téguments. Les synéchies consécutives à la rhinite gonococcique du nouveau-né peuvent réaliser à divers degrés cette déformation qu'accentue la croissance.

La perforation de la voûte palatine est un accident relativement fréquent de la syphilis nasale, et qui peut se manifester presque subitement, le travail de destruction et de séquestration restant parfaitement latent sous la rhinite concomitante. Souvent il y a une sorte d'abcès de la voûte, indolent, que l'on ouvre ou qui s'ouvre de lui-même, et la communication entre la bouche et le nez s'établit quelquefois subitement, sous la poussée de la langue pendant la mastication. La voix est nasonnée, les liquides jaillissent de la bouche dans les fosses nasales.

Ces perforations siègent ordinairement vers la partie moyenne de la voûte, tant dans le sens sagittal que dans le transversal. Elles sont d'abord assez petites, mais grandissent vite et, dans ce cas, le traitement spécifique ne leur permet pas de se combler. Il faut une prothèse ou une opération.

Les exostoses du nez peuvent fermer le canal nasal et provoquer une tumeur lacrymale.

La syphilis ethmoïdale peut rester indolente ou au contraire très pénible tant par les irradiations névralgiques que par le vertige. L'ozène est rare dans ces formes de syphilis nasale. La méningite, la phlébite des sinus éclatent parfois avec un appareil formidable, presque soudainement.

Diagnostic. — Les déformations de l'appareil nasal sont assez caractéristiques, mais certaines demandent un examen délicat et elles peuvent rarement se prévoir. La rhinite, en effet, peut être à peine manifeste, tandis que de grands délabrements se préparent. En elle-même, elle n'est guère diagnostiquée que par le contexte d'autres manifestations syphilitiques, ou par l'élimination de fragments de squelette osseux. L'ozène, quelquefois extrêmement prononcé, n'est pas spécifique. Comme dans beaucoup de cas, c'est le traitement qui permet d'affirmer la nature réelle de l'affection, car, s'il est imposé avec une énergie suffisante, il tranchera la question plus vite que toute observation du mal en évolution et pourra éviter un désastre.

Traitement. — V. Syphilis. pierre RONNIER.

NEZ (TRAUMATISMES). — Les contusions du nez n'ont d'effet nuisible que quand elles portent sur la portion rigide, d'abord parce que leur violence retentit sur les organes profonds, et aussi parce qu'elles peuventdonner lieu à des épistaxis abondantes, des ecchymoses étendues, des bosses sanguines et des fractures (v. c. m.). Celles-ci se traduisent par un gonflement énorme et rapide, du saignement et quelquefois de l'emphysème. En déplaçant le nez avec les doigts on perçoit souvent de la crépitation; mais le chevauchement des os propres est rare; quand la fracture est horizontale, il y a enfoncement

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de la base du nez. La fracture peut s'étendre à la lame criblée de l'ethmoïde, à la partie montante du maxillaire supérieur, à l'unguis. Ces fractures ne sont pas rares chez l'enfant, et elles semblent se guérir spontanément, mais en laissant des déformations internes que la croissance exagérera souvent. Le traitement consiste à arrêter l'hémorragie et à reconstituer la charpente nasale au moyen de tubes introduits dans les narines, de lamelles de bois maintenant la cloison, et surtout à aseptiser les fosses nasales pour prévenir la pénétration profonde des fusées purulentes. Les plaies n'ont de gravité que si elles sont produites par des objets pénétrant sous la voûte crânienne, ou si elles produisent des décollements considérables avec déformation. La suturation est en général facile. Ces plaies, quand elles sont profondes, se compliquent facilement d'emphysème. [V. Nez (Coups de feu, Corps étrangers)]. PIERRE BON NIER.

NEZ (TUMEURS). — 1° Polypes muqueux, myxomes. — Ces polypes sont généralement implantés à la partie supérieure des fosses nasales et au niveau du cornet moyen ; ils ne se développent pas sur la cloison médiane, mais peu vent s'y souder par synéchie. Ils sont ordinairement multiples, parfois kystiques, obturent les méats et peuvent émerger par l'orifice antérieur des fosses nasales, ou même par leur orifice postérieur. Ils sont dus à de la rhinorrhée chronique, à du coryza profond et se développent aux dépens du tissu sous-muqueux, souvent sur un point d'ostéite. Ils gênent la respiration et l'empêchent parfois totalement ; ils sont très hygrométriques et se moulent dans la cavité nasale, provoquant de sérieux troubles respiratoires, et une foule de réflexes nasaux (v. c. m.), particulièrement l'asthme et l'emphysème.

Le diagnostic du polype des fosses nasales est en général facile, grâce au bruit spécial de flottement, de drapeau, que lui imprime la respiration. L'examen rhinoscopique le révèle assez facilement quand les fosses nasales ne sont pas trop étroites ou qu'il n'y a pas de fortes déviations de la cloison.

Le pronostic n'est fâcheux que par la facilité des récidives; il faut aussi savoir que la reproduction rapide des polypes muqueux est parfois symplomatique d'une poussée ostéo-sarcomateuse sous-jacente.

Le seul traitement est l'ablation au moyen du polypotome, en plusieurs séances si les polypes sont nombreux, car l'hémorragie vient bientôt combler le champ opératoire. Les polypes enlevés, il faut cautériser le point d'implantation soit au galvano-cautère, soit avec une solution de nitrate d'argent ou de chlorure de zinc. Il faut aussi traiter correctement le coryza chronique.

2° Fibromes. — Même traitement que les myxomes.

5° Ostéomes. — Leurs symptômes sont ceux des polypes, au début ; c'est en plus des névralgies parfois violentes. Quand la tumeur, dans sa croissance, atteint l'orifice des fosses nasales, sa consistance la distingue du polype. Sa progression lente, mais continue, défigure peu à peu et produit des troubles plus ou moins marqués du côté des canaux lacrymaux. Pour les extirper, ce qu'il faut faire au plus tôt, il faut commencer par les isoler des tissus voisins, et les extraire à l'aide du davier.

4° Les exostoses sont le plus souvent syphilitiques, où consécutives à la fièvre typhoïde.

Nitrite de sodium.

5° Les enchondromes. — Tumeurs rares, s'observent surtout chez les sujets jeunes : même traitement que les ostéomes.

6° Tumeurs malignes. Epithélioma. Sarcome. — L'épithélioma pavimenteux s'observe surtout au-dessus de la lèvre, à l'entrée des fosses nasales, parfois sur la cloison, ce qui distingue ces tumeurs des polypes tout d'abord. L'ostéosarcome siège plus profondément sur toutes les parois. Les hémorragies sont parfois abondantes et le diagnostic se fera souvent par l'adénopathie de l'angle de la mâchoire.

Leur marche est envahissante et, quand le diagnostic est posé, l'opération est par elle-même déjà très dangereuse, mais elle doit être toujours largement pratiquée. PIERRE BONN Œil.

NICOTINISME. — V. Tabagisme.

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