BONNETTE
HOQUET - Le hoquet se passe de définition; chacun le connaît pour l'avoir plus ou moins éprouvé. Il peut dépendre de causes forl diverses, et si dans certaines il ne présente aucune valeur pronostique, en d'autres il mérite d'être pris en sérieuse considération. Celle contraction du diaphragme et ce spasme de la glotte peuvent dépendre de causes différentes agissant sur le pneumogastrique, le phrénique et le bulbe. Son évolution, courte d'ordinaire, est parfois précédée d'une espèce d'aura, malaise général ou tension épigastrique, souvent les deux. Ses secousses se répètent de 6 à 8 fois par minute, quelquefois plus; la pression artérielle baisse pendant ce temps. Le hoquet banal, moyen, entraîne peu de troubles, un peu de courbature au niveau des insertions du diaphragme seulement: s'il devient continu, la nutrition peut être troublée.
Enumérer toutes les causes possibles du hoquet sérail s'encombrer d'une fastidieuse et inutile érudition. Le spasme peut èlre sporadique, c'est le cale plus habituel; il peut être continu, ce qui ne se voit guère que dans les névroses. En présence d'un individu atteint de hoquet, il convient d'examiner les divers appareils : l'estomac, l'oesophage, le pharynx (cancers, abcès, obstructions diverses), le poumon, les plèvres et le niédiastin (pleurésie diaphragmatique, anévrisme, adénopathies), l'utérus, le rein, la vessie les uretères (calculs), le foie, les voies biliaires (coliques hépatiques), etc. On se rappellera la fréquence el la valeur diagnostique du hoque! dans les altérations péritonéales, dans lés infections profondes, lui ce dernier cas. el nous pouvons prendre la lièvre typhoïde en exemple, il faul savoir distinguer le hoquet indice d'une perforation avec péritonite, du hoquet révélant simplement une intoxication profonde.
465 Huile de foie de morue.
Les différentes causes d'intoxication nerveuse le provoquent encore, tels le saturnisme et l'alcoolisme. Des troubles nerveux en sont encore responsables au moment de l'agonie.
Certains spasmes ont une étiologie un peu spéciale, comme le hoquet d'origine périphérique lié au froid, comme celui des méningites ou des compressions cervicales, comme le hoquet dit physiologique des nourrissons. Ce dernier ne présente aucun pronostic fâcheux; néanmoins, puisqu'il révélerait la limite convenable de la suralimentation, il est peut-être exagéré d'en faire, avec certains auteurs, un signe de prospérité du nourrisson et une présomption en faveur de la nourrice.
11 nous reste à dire un mot des hoquets psychopathiques. Il est des gens qui hoquètent par imitation, presque par désoeuvrement. On a décrit aussi un hoquet hystérique, le spasme provoque un cri bruyant, classiquement comparé à l'aboiement de chien. C'est un phénomène continuel, pouvant durer 20 ans, se reproduisant par accès et par quintes, rebelle à tous les calmants des formulaires, mais influençable par la suggestion, les grandes émolions, le drap mouillé, parfois entretenu d'ailleurs par les soins dont on l'entoure. C'est ce hoquet que, de temps à autre, Lourdes guérit miraculeusement.
Traitement. — Nous venons de le voir dans les névroses. Dans la plupart des éventualités étudiées auparavant, le traitement de la maladie causale a seul quelque valeur, qu'il s'agisse de ponctionner la pleurésie diaphragmatique, d'administrer des bains froids aux typhiques, ou d'opérer la péritonite. Dans les cas ordinaires, où le hoquet dépend de quelque affection chronique ou aiguë, adénopathie ou coqueluche, par exemple, de quelque ingestion de liquide trop chaud ou trop froid, de quelque bol trop gros, de quelque éclat de rire, on pourra le plus souvent constater l'échec des innombrables médicaments formulés depuis des siècles. La belladone, l'éther, la strychnine ont été employés avec peu de succès. A côté de ces méthodes, les moyens externes sont plus heureux : révulsion de l'épigastre par le chloroforme, la glace ou les cataplasmes chauds, électrisation du phrénique, traction de la langue — un des meilleurs procédés. On peut donner de l'oxygène, conseiller de respirer vite ou lentement, ou même de retenir le souffle complètement, comprimer l'abdomen par une ceinture étroite. L'abondance des moyens implique leur peu d'efficacité habituelle dans les cas inquiétants. fiiançois MOUTIER.
HOUBLON ET LUPULIN. — Les bractées et écailles des « cônes de houblon i lliiini/lus lupulus, Urticacées-Cannabinées) portent à leur face interne une poussière jaune rougeâtre, le lupulin; c'est une oléo-résine qui communique nu houblon ses propriétés de tonique amer, légèrement Laxatif et sédatif de l'éréthisme génital.
Le houblon csl surtout utilisé en infusion aromatique; le lupulin s'administre <mi cachets <lr 50 centigr. ;'< 2 gr. /•;. r.
HUILE DE FOIE DE MORUE. Elle est retirée du foie frais de la morue pai chauffage modéré à la vapeur. L'huile de foie de morue est jaune pâle; -nu
Humérus (Fractures).
ici;
odeur el sa saveur sont spéciales, mais non rances. Elle ne se li^<' pas lorsqu'on la refroidil à 0°.
On l'emploie comme Ionique reconstituant »'i comme alimenl d'épargne dans les formes torpides de la tuberculose pulmonaire Y. Tuber< i losi (Traitement) , dans le lymphatisme, la scrofule, les convalescences qui se prolongent, cl dans de nombreuses formes de déchéance organique.
Les doses moyennes sonl de •*> à '20 gr. pour I enfant de moins <!<• .'» ans, de 15 à 50 gr. pour l'enfant de plus de 5 ans, de 30 ;'i lui» gr. el plus pour l'adulte.
L'huile de foie de morue est généralement mieux acceptée de- enfants que des adultes. Lorsqu'il est nécessaire, on peul dissimuler son goût de diverses façons, en la faisant prendre en émulsion, en la mélangeant à du bouillon, du café on de la bière (entre la bière el la mousse), H*-.
L'intolérance digestive, <|ni se manifeste |>ar de la diarrhée et de- nausi rend difficile l'administration de l'huile de foie de morne en été. Pendant la saison froide, on prendra la précaution de séparer les périodes de traitement de lô à 20 jours par des temps de repos d'une semaine.
L'huile de l'oie de morue peut servir de véhicule à un certain nombre d'agents médicamenteux.
Émulsion d'huile de foin de morue (Codex).
Huile de foie de morue. 140 grammes.
Sirop simple 00 —
Eau distillée de fleurs d'oranger U)
Carragalieen 5
Eau distillée Q. S.
Essence d'amande
amère IV gouttes.
Cette préparation renferme environ un tiers de son poids d'huile de foie de morue.
Huile de foie de morue créosotée Codex . Créosote officinale . . 10 grammes. Huile de foie de morue. 990 Une cuillerée à soupe renferme environ
15 centigr. de créosote.
Huile 'le foie de morue phosphorée (Codex).
Huile de foie de morue. . i91 gr. ."•<>
Huile phosphorée au centième *i gr. 50
La cuillerée à café renferme environ un quart de milligramme de phosphore.
HUMÉRUS (FRACTURES). — Elles sont assez fréquentes el forment 7 à S pour IU0 des fractures. Toutes leurs variétés ne sont pas également communes aux divers âgesde la vie : les fractures de l'extrémité inférieure sonl fréquentes dans l'enfance, les fractures de la partie moyenne, dans l'âge adulte, les fractures de l'extrémité supérieure après 50 ans. à cause de la raréfaction osseuse progressive de cette extrémité.
A) FRACTURES DE L'EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE DE L'HUMÉRUS. Très souvent de cause directe (chute sur le moignon de l'épaule, coups de feu, de bâton), elles peuvent être indirectes el succéder à nue chute sur le coude ou la main.
Lésions. — Il faut entendre par extrémité supérieure l'épiphyse el la partie de la diaphyse qui est au-dessus du bord inférieur de l'insertion des muscles de la coulisse bicipitale (grand pectoral, grand dorsal, grand rond).
1° Fractures extra-capsulaires ou du col chirurgical. — Le Irait peu! être
Humérus (Fractures),
Fig. 142.
Fracture en bec de plume.
(Ricard el Demoulin, in Traité de Chirurgie.)
transversal et il siège ordinairement juste au-dessous de la tête, au niveau du point où l'épiphyse se joint à la diaphyse (fig. I. 2 et 6, pi. 1). 11 peut être aussi fortement oblique; celte obliquité est variable : elle est souvent en bas el en dedans (fig. 4 el 5, pi. I), la pointe du fragment inférieur esl externe, mais est fréquemment aussi en bas, en arrière el en dehors (fig. 3, pi. 1); la pointe du fragment inférieur est antérieure : c'est à celte variété qu'on donne le nom de fracture en bec de plume (6g. 142).
Les rapports des deux fragments sont variables. La fracture peut être sans déplacement et sans pénétration : des esquilles longues et nombreuses engrènent les fragments simplement au contact.
La fracture peut être avec pénétration (fig. 5 el 6, pi. I) : c'est le fragment diâphysaire qui pénètre le fragment épipbysaire el le fait souvenl éclater, ce qui amène la formation de fragments secondaires. La pénétration peut être partout égale : il y -a pénétration sans déplacement; mais le plus souvenl, elle esl inégale, se fait plus d'un côté que de l'autre : il y a 'pénétration avec déplacement et ce déplacement esl double: il y a déplacement du fragment inférieur, dont l'axe esl dévié, avec formation d'un angle saillant opposé au point de pénétration maxima; en même temps, il y a déplacement du fragment supérieur qui se traduit par une rotation de la tête; elle se fait du côté de la pénétration maxima (rotation interne, externe, postérieure 1res fréquente).
Il peut y avoir enfin déplacement sans pénétration, variable de ^<n^ d'ailleurs et déterminé non seulement par les actions musculaires, mais au>si par la direction du traumatisme. Bien qu'on ail pensé que le fragment inférieur lire par le deltoïde (fig. I el 2, pi. I) se portait en dehors, le déplacement le plus fréquent esl inverse; I 'extrémilé supérieure du fragment inférieur se porte en haui . en dedans el un peu en avant . en position SOUS "ii intra-coracoïdienne (fig. 5, pi. | ci fig. 143). Le fragment supérieur bascule en dehors ci sa pointe menace la face profonde (lu deltoïde qu'il peut embrocher.
2" Fractures intra-capsulaires ou du col anatomique. Les fractures
Fig. 143. Fracture du <"l chirurgical de l'humérus. Déplacement des Fragments.
il muscle sous scapulaire; b, grand pecto rai ; c, grand dorsal ; d, grand rond; «, fragment Inférieur attiré en dedans ; f, fragment supérieur Ricard el Demoulin, m Traité iir Chirurgie .
Humérus (Fractures).
intra capsulaires de la Lôte isolée sont en effet exceptionnelles; la fragmen tation céphalique peul s'observer dans les fractures par pénétration, ou dans certaines luxai ions.
Dans la Fracture «lu col analomique, l<i trait esl oblique en l>;»s et en dedans, suivant le col. La pénétration esl très fréquente, el ici, c'est le fragment épiphysaire qui pénètre ordinairement et fait éclater le fragment diaphysaire, fragmentant les tubérosités, tout en éclatant souvent lui-même. Cette pénétration, souvent inégale, s'accompagne de rotation de la tête du côté de la pénétration maxima (fig. 7. pi. I). Quand la pénétration manque, il peut ue pas y avoir de déplacement par engrènement. Le pins souvent
le déplacement existe (fig. *• pi. I). Le fragment inférieur ae -c porte pas en dedans comme le voulait Malgaigne, il se déplace simplement dans le ><n-
p,rr. in. Fracture de la tète par pénétration. Fig. 145. — Fracture mixte.
(Ricard et Deinoulin, in Traité de Chirurgie.
de la longueur, montant directement en haut et un peu en dehors (llennequin), porté dans cette direction par l'obliquité du fragment interne : celui-ci, au moment de cette ascension, peut tourner légèrement, la tête se portant en bas, il peut même tourner complètement et présenter sa face cartilagineuse en dehors. Dans ce cas, la consolidation ne se l'ait pas, maidans tous les autres un cal se forme el la tête ne se résorbe point, et ne demande point à être extraite.
3° Fractures mixtes. — Le trait n'est pas partout intra-capsulaire ; il esl extra-eapsulaire soit en haut, ajoutant an fragment interne une partie des tubérosités, et la fracture participe surtout des fractures extra-capsulaires ou du eol chirurgical; soit en bas, dépassant au niveau dn col chirurgical l'insertion de la capsule, elle est à rapprocher des fractures dn col analo mique (fig. 145).