‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 3)Chapitre 60 sur 91 · II · texte numérisé non relu

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Fig. -27,0. — Recto de |a fiche anthropométrique dans laquelle la photographie est remplacée par le portrait parlé. (Lacassagne, Précis de Médecine légal ■■■

Il serl aux agents de police éduqués à reconnaître au premier coup d'oeil dans une foule, un individu recherché par eux el dont ils possèdent le portrait parlé.

4° La dactyloscopie. — Voir l'article spécialemenl consacré aux empreintes digitales.

5° Marques particulières et cicatrices. On décrit, on mesure el on repère les tatouages (v. c. m.), les cicatrices, les nœvi el les mutilations relevées sur les différentes parties «lu corps de L'individu examiné. Ces différentes particularités son! portées sur la fiche en regard d'un numéro correspondant aux différentes parties du corps (fig. 251).

r>" La photographie es( faite par deux appareils simultanés qui saisissent l'individu au même moment, de face el de profil (fig. 229). Celle photogra

Identité.

phie es1 au septième, c'est-à-dire qu'une mensuration prise sur l'épreuve et multipliée par 7 fournil la mensuration anatomique exacte.

En somme, contrairement nux procédés qui n'emploient pour l'identifica lion (jnc In dactyloscopie (système de Vuclisch), !<■ bertillonnagc comporte une série de procédés scientifiquement établis <|ui fournissent un ensemble de preuves absolument caractéristiques H <pii se corroborent l<*s unes l<\s autres.

Nous n'avons fait dans cet article <|n<' donner une i<l<v générale et rapide de la méthode, et nous ajoutons qu'un procédé ingénieux <l<" classification,

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Fig. 231.

Verso de la fiche anthropométrique : marques particulières et cicatrices. (Lacassagne, Précis de Médecine légale.)

permet de ranger les fiches d'identification en série el de retrouver rapidement au milieu de centaines de mille fiches, celle qui se rapporte au récidiviste que l'on a à observer.

Cette classification est faite en petit dans chaque prison de France, et d'une façon complète dans le service de la Préfecture de police de Paris.

B. — IDENTITÉ D'UN CADAVRE. — Les éléments qui permettent de résoudre la question sont des plus variés.

I. — Lorsqu'on est en présence d'un cadavre habillé, les habits, les boutons, les initiales du linge fournissent des indices importants.

11 faut ensuite étudier successivement :

1" La taille.

685 Identité.

2° Le sexe.

5° L'âge. — Système dentaire, cercle dentaire, état de la peau, rides, état des cheveux et des poils. On ne peut donner un âge approximatif qu'à <*> années près.

4° Poids du corps. — Se rappeler qu'après la mort le cadavre se déshydrate et perd une partie de son poids.

5° Cheveux. — Disposition et calvitie, coloration, longueur, altération par teinture.

6° Ongles. — Coloration, état de leur extrémité, ongles coupés, rongés, limés et usés par les travaux manuels.

Altérations pathologiques. — Sillons unguéaux transversaux de Beau qui indiquent qu'un état morbide aigu s'est déroulé à une époque que l'on peut fixer approximativement par la mensuration en millimètres de la surface de l'ongle qui sépare le sillon transversal de la matrice de l'ongle. On sait que les ongles des mains croissent de 1 millimètre par semaine et que les ongles des pieds croissent de 1 millimètre par mois.

Onixis professionnels (pâtissiers, confiseurs).

Substances qui occupent le pli sous-unguéal (poudre de fer, serruriers: poussière noire, charbonniers; poudre à fusil, braconniers, etc.).

7° La mensuration des membres et des doigts, dont le développement plus marqué à gauche permet de faire le diagnostic du gaucher (dissymétrie osseuse, musculaire, circulatoire de l'homme droit et gauche).

8° Les signes professionnels : callosités et durillons des mains qui caractérisent les professions manuelles; dermites professionnelles (teinturiers, tanneurs, carriers, etc.); déformations du thorax et de la colonne vertébrale (cordonniers, menuisiers, etc.).

0° L'examen et la coloration de la peau : pigmentations des vagabonds, pigmentations des manouvriers au niveau des régions exposées au soleil.

10° Les tatouages (v. c. m.).

11° Les cicatrices et les nœvi.

L'étude et la description de tous ces caractères signalétiques forment un ensemble dans lequel le magistrat instructeur peut trouver des éléments précieux pour son enquête.

II. - Si l'on esl en présence d'un cadavre putréfié ou dans un cas de dépeçage criminel, de débris de cadavre, l'étude du squelette fournil à l'expert d'importantes indications, pour résoudre la question d'identité.

Le médecin peu! avoir à se prononcer sur 1 a,ge, le sexe, la race, la taille de l'individu dont on ne possède (pie des fragments; il doit établir avec précision les particularités du signalement.

Nous allons exposer dans ce chapitre Joules les données anthropométriques el les recherches spéciales à employer dans ces problèmes d'identité.

Lorsque les débris de cadavre, des ossements desséchés sont à examiner. l'expert doit d'abord les décrire, essayer de les rapprocher, de les assembler pour constater s'ils appartiennent à un même squelette.

On constatera ^i ce sont des ossements humains ou de* os d'animaux; la distinction pour certains os offre quelques difficultés, surtout si l'examen porte sur des ossements de fœtus on de nouveau-né.

Identité. 086

Quand les débris osseux sont encore recouverts de parties molles, on fera disparaître celles-ci par macératioo en vase clos dans de l'eau tiède; un obtienl ainsi des <>s propres, faciles à examiner el a mesurer.

C'esl principalement par l'examen <lw crâne el de la mandibule que l'on peut Gxer 1 'âge, le sexe el la race.

La mensuration des os longs permet de reconstituer la taille. On constate parfois certaines particularités <jni révèlent des caractères spéciaux de l'attitude on delà marche (boiterie, déhanchement, déformation du Ironc el des épaules on du tronc par scoliose, etc.).

1° Crâne. A) Caractères sexuels. Neuf fois sur dix avancent les anthropologistes, à un premier examen on peut déterminer les caractères hominiens on féminins d'un crâne, même en l'absence du maxillaire inférieur, qui est à lui seul très distinct. Mais il existe des cas douteux dans lesquels les caractères de l'un ou de l'autre sexe sont entremêlés de telle façon que la confusion est possible. Il faut alors, comme complément de cette inspection superficielle, employer les procédés de cubage el de mensuration.

Résumons les caractères féminins d'un crâne :

1° Apparence plus grêle des os; 2° crêtes d'inserlions musculaires moins accentuées; 5° les apophyses mastoïdes sont petites et le crâne, placé sur un plan horizontal, s'appuie sur l'occipital et le maxillaire, de sorte que sa stabilité est bien moins grande que celle du crâne d'homme, qui repose -iules mastoïdes; 4° les apophyses styloïdes sont longues et grêles à leur insertion; 5° le front est moins élevé, plus droit, les arcades orbitai retranchantes; 6° le mandibule de la femme a un aspect grêle el un poids bien inférieur.

B) Age du crâne. — Le système dentaire et l'évolution des synostoses crâniennes sont les deux points à observer. Le système dentaire, dont l'évolution est bien connue, fixe l'âge pendant la période de développement : au minimum, de 3 à 5 ans, l'enfant a 20 dents; de 7 à 12 ans, 24: de 44 à 16, 28 et au maximum, plus tard, 52.

Mais à l'âge adulte, entre 22 et 58 ans, le système dentaire est invariable et il y a alors une période difficile sujette à erreur pour évaluer, d'après ce signe, l'âge du crâne. Il n'en est pas de même au moment de la sénilité.

Le système dentaire doit encore être étudié au point de vue de l'identité. On note les anomalies de développement des dents, on fait le relevé ou le schéma des caries, avulsions, aurifîcations, ciments, plombages; il est ainsi dressé une fiche d'identité comparable dans certains cas avec la fiche établie par le dentiste qui a soigné la personne vivante.

La marche de l'ossification des synostoses crâniennes vient compléter l'ensemble des résultats obtenus par les méthodes précédentes. On sait que de 7><) à 58 ans environ, les sutures du crâne commencent à s'ossifier. On aperçoit les synostoses tout d'abord au niveau de la sagittale à l'union de son cinquième postérieur et de ses trois cinquièmes antérieurs, puis au niveau de la lambdoïde, ensuite au niveau de la suture coronale au voisinage du bregma et enfin à la suture squameuse du temporal.

Si aucune suture n'est atteinte, le sujet a environ 35 ans. Le point

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sagittal postérieur commence à se fermer vers l'âge de 40 ans. La suture coronale, s'ossifiant au voisinage du bregma, indique lage de 50 ans au plus. Quand la suture temporale est fermée, le sujet en a 70 ou au-dessus.

C) Les mensurations du crâne. — Elles permettent de se prononcer sur la race et d'établir des données sur le type et la physionomie. On doit étudier : les diamètres et les indices, les courbes, les angles, la capacité crânienne.

Les diamètres et les indices. — Pour être fixé sur le volume de la boîte crânienne il faut prendre trois diamètres : la plus grande longueur ou diamètre antéro-postérieur ; la plus grande largeur ou diamètre transverse ; la hauteur, c'est-à-dire la distance du conduit auriculaire au bregma.

Ces mensurations sont prises au millimètre avec le compas de Bertillon ou un compas d'épaisseur.

Il existe des crânes dont la longueur remporte de beaucoup sur la largeur, d'autres qui ont une largeur presque égale à la longueur. Broca, d'après ces constatations, a classé les crânes par les indices, c'est-à-dire qu'il faut établir le rapport entre le diamètre transverse maximum et le diamètre longitudinal maximum.

diamètre transverse maximum X 100 . ,.

— — — - = indice crânien.

diamètre antero-posténeur

Ces indices permettent de se faire une idée de la conformation crânienne et d'apprécier la dolichocéphalie et la brachycéphalie. La hauteur du crâne, mesurée comparativement à droite et à gauche, peut varier de plusieurs millimètres. On appréciera ainsi le degré d'asymétrie du crâne.

Les courbes crâniennes seront mesurées soit avec un ruban métrique, soit avec la lame de plomb très flexible qu'employait Broca.

Il existe trois courbes principales à établir :

a) La courbe occipito-frontale divisée en deux parties par le point bregma tique ;

b) La courbe transversale sus-auriculaire, d'un point sus-auriculaire à l'autre en passant par le bregma;

c) La courbe horizontale, c'est-à-dire la plus grande circonférence de la tête.

L'étude du crâne ainsi faite, on pourra apprécier les asymétries et les déformations caractéristiques utilisées pour un signalement. Les principales déformai ions portent sur le protil du crâne ou le contour généra] de Ja face.

Les angles, le prognatisme, la physionomie. — L'angle le plus important, dil angle facial, est celui qui indique le profil du crâne. On le détermine par deux plans : l'un passant par le conduit auditif externe ei L'épine nasale inférieure, l'autre passant par la glabelle nasale et celle épine. L'intersection de ces deux plans à ce point analoinique constitue le somme! (le l'angle.

On mesure cel angle avec un campimètre spécial inventé par Broca. I>;m> les cas douteux, où la i;ice doit être précisée, l'étude de L'angle occipital a aussi sou importance. On sait, en effet, que le plan du trou occipital est plus on moins incliné sur L'horizontale suivani Les races. A

Identité.

<iX8

J?ig. "232. — Mensuration de l'angle facial

avec le campimètre de Broca.

Lacassagne, Précis de Médecine légale.)

l'aide «lu crochel de Broca <>n peut étudier l<- poinl «I projection du plan passant par le trou occipital au niveau de la face (fig. 232). Dans les races

supérieures, ce poinl se trouve dans la pailic supérieure du squelette du nez; il esl an niveau de l'épine nasale nu audessous dans le- races inférieures.

La capacité crânienne. — Pour évaluer la capacité d'un crâne, le procédé le plus simple esl le

suivant : Introduire dans l'intérieur de la boîte crânienne un corps qui puisse en occuper facilement Ions les coins el être ensuite facilemenl jaugé. Le plomb de chasse n° 8 répond bien à ces deux indications. L'évaluation de la capacité crânienne, pour être faite avec exactitude, réclame de la part de l'opérateur une certaine habitude el un matériel spécial. On arrive alors à des évaluations qui ne peuvent varier que dans des limites très restreintes, 5 c. c. d'un opérateur à un autre.

Le matériel se compose d'une couronne en paille sur laquelle on pose h4 crâne à mesurer, de 2 kg de plomb de chasse n° 8, de bouts de bois taillés en pointe qui servent à tasser les plombs, d'un entonnoir à bout coupé et de deux mesures: l'une en étain, de la contenance d'un litre; l'autre en verre gradué de même contenance.

Voici comment on procède : 1° par le trou occipital on introduit dans le crâne, dont on a préalablement bouché les orifices de la base avec du coton, une certaine quantité de plomb; 2° on imprime une forte secousse4 ;ui crâne de façon à projeter les plombs el à les masser dans l'étage moyen; 5° la cavité crânienne esl remplie progressivement à l'aide des bâtons qui bourrent le plomb d'un côté et d'autre: 4° le remplissage esl fait avec les doigts qui appuient fortement sur le trou occipital afin de bien tasser le plomb; 5° on jauge la quantité de plomb introduite à l'aide des mesures en étain et en verre.

Les moyennes obtenues sont : pour les races européennes, de 1530 à 1000 centimètres cubes : pour les races jaunes, de 1509 à 1555 centimètres cubes; pour les races noires, de 1 100 à I iOO.

h après Broca el Manouvrier il suffirait de multiplier la capacité crânienne par le coefficient 0,87 pour avoir le poids du cerveau. c2° Le maxillaire inférieur. L'étude de la mandibule lorsqu'elle est

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faite après celle du crâne, fournit des éléments précieux à la solution des problèmes d'identité.

Les caractères féminins y sont prédominants ; de même l'âge s'y distingue facilement d'après l'état des dents et des modifications osseuses produites par la sénilité.

Nous allons successivement indiquer comment il faut décrire cet os, le peser, le mesurer, relever ses angles.

Description. — Usure des dents, modification des alvéoles dentaires, anomalies des insertions dentaires, musculaires; étudier la place du trou mentonnier situé à égale distance des deux bords de l'os chez l'adulte, puis se rapprochant de plus en plus du bord supérieur chez le vieillard.

Poids. — Le maxillaire inférieur est très léger chez la femme; il est chez l'homme beaucoup plus lourd et présente de fortes insertions musculaires.

Mensurations. — On relève la distance transversale d'une branche montante à l'autre, la hauteur de la symphyse, la hauteur au niveau de Taphophyse coronoïde.

Les angles. — Uangle du maxillaire est évalué à l'aide de la planche spéciale de Broca; avec les progrès de l'âge, cet angle de la branche horizontale avec la branche postérieure s'ouvre de plus en plus pour revenir à ce qu'il était chez l'enfant. Ainsi, à la naissance, il est de 160 à 170 degrés; pendant la première dentition de 130 à 150 degrés, pendant la deuxième de 150 degrés. Pendant la période adulte il se rapproche de l'angle droit de 95 à 100 degrés et dans la vieillesse il revient de 140 à 130 degrés (fig. 253).

L'angle symphysien est celui que fait la ligne symphysienne en avant avec le plan du bord inférieur de la mandibule.

On noie la direction des dents, obliques en avant (prognathisme dentaire inférieur) et la saillie ou absence du menton. Celle-ci est surtout marquée dans la race blanche.

3° Le bassin. — Il y a deux questions à examiner: différences dans la série animale, différences d'après le sexe.

Chez les quadrupèdes il y a allongement des ailes iliaques, saillie du promontoire, étroitesse et allongement du sacrum. Chez l'homme les ailes Boni évasées el amincies, (-liez les animaux et les anthropoïdes la longueur maxima prise du somme! de l'ischion au poinl opposé le plus éloigné de la crête iliaque excède la largeur maxima d'une crête à l'autre. Chez l'homme la largeur l'emporte sur la hauteur.

Différences sexuelles. Les variations portenl sur les quatre points

^ni\;inls :

a) L'épaisseur des parois du bassin. -Chez la femme il y a un aspect délicat, les os sont transparents au niveau (\c^ ailes iliaques, les saillies rugueuses sont peu développées.

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