ETIENNE MARTIN
IDIOTIE. — On englobe sous le nom d'idiots tous* les individus chez lesquels existe congénitalementune absence ou un déficit presque complet des facultés de relation et un arrêt de développement somatique s'accompagnant de malformations et stigmates physiques variés. On divise artificiellement les idiots en : Idiots complets.
Idiots perfectibles.
Cette division simplement clinique n'est pas entièrement justifiée d'après Bourneville qui affirme que tout idiot dont on a entrepris le traitement à temps est en général éducable, ne fût-ce qu'à un faible degré. Le classement d'après le degré d'idiotie reste cependant commode pour la description.
Le classement anatomo-pathologique est difficile: l'idiotie renferme en effet les cas les plus disparates anatomiquement, mais qui souvent sec,,. fondent cliniquement. Néanmoins on pourrait admettre :
L'idiotie par lésions cérébrales di//),xes ou circonscrites.
V idiotie ,,ar simple arrêt de développement cérébral.
Et dans cette deuxième espèce, 2 variétés.
Uarrêt de développement total.
L'arrêt de développement localisé.
Dans cette classification Vidiotie vraie serait seule l'idiotie par arrêt de développement.
L'idiotie par lésions en foyer circonscrites ou diffuses sérail une démence congénitale, si ces deux mots ne juraient ensemble, démence simulanl 1 idiotie.
L'étiologie de l'idiotie esi inconnue. ()„ trouve en nombre de cas Pal coolisme dans les antécédents héréditaires, et plus exactement encore presse au moment de h conception (Bourneville). Mais dans beaucoup d'observations il n'existe pas d'autres antécédents que ceux que r<>„ nM1 contre dune façon bannie. A noter ici Vidiotie familiale.
Dans certaines variétés l'idiotie semble être fonction de i.< les physio
pathologiques des glandes à sécrétions internes, le Lype en est l'idiotie myxœdémateuse (V. Crétinisme, Myxoedème); la persistance du thymus est 1res habituelle.
Les lésions cérébrales sont seul des scléroses cérébrales atrophiques
Idiotie.) 692
plus rare menl hypertrophiques, encéphalite tubéreuse), soif des ramollissements de sièges très variés.
Les arrêts de développement sont surtout des porencéphalies (arrêl locaou des microgyries (arrêl généralisé), qui d'ailleurs se combinent.
L'hydrocéphalie forme une (lusse à part. (V. Encéphalopathiej» infanl il es).
Les idiots présente ni toute la collection des malformations craniofaciales :
Asymétrie. Micvocéphalie, petitesse <lu crâne. Plagiocéphalie c'est-à-dire tête à axe antéro-postérieur oblique. Scaphocéphalie, allongemenl antéropostérieur avec aplatissement latéral. Acrocéphalie, allongemenl <lw front, forme acuminée du crâne. Oxycéphalie, allongemenl du fronl qui reste saillanl el élevé. Platicéphalie, aplatissement de l'occiput. Naticéphalie, saillie des bosses frontales avec dépression médiane. Hydrocéphalie, absence ou retard des symphyses, agrandissement dans tontes les dimensions.
Les malformations de la face se caractérisent soit par le prognathisme, soit par le menton fuyant (prognathisme supérieur); on désigne sous le nom d'idiotie mongoloïde un faciès spécial qui se définit par ce nom même (V. Mongolisme). Les lèvres sont saillantes. Le bec-de-lièvre est fréquent.
La scoliose est commune ainsi que les arrêts de développement des membres et leurs anomalies (mains infantiles, asymétrie des doigts, syndactylie). L'appareil oculaire est le siège de malformations multiples: (strabisme, coloboma, etc.). L'amblyopie ou l'amaurose se rencontrent : elles sont soit dues à des malformations ou des atrophies des organes visuels, soit à des lésions centrales.
Description clinique. — L'idiotie peut être évidente dès la naissance par le seul aspect de l'enfant, et surtout par ses malformations cranio-faciales. Mais souvent l'idiotie ne devient manifeste qu'après les premiers mois: la mère s'aperçoit alors que son enfant n'est pas comme les autres: il ne s'éveille pas, il ne montre aucun signe d'intelligence, ne gazouille pas, reste inerte ou au contraire est grognon, criard. Souvent elle ne se rend à la triste réalité qu'en constatant le relard considérable dans l'évolution des dénis. dans la marche, dans toutes les manifestations de la sphère intellectuelle ou à l'occasion d'attaques épileptiformes qualifiées convulsions de l'enfance. Le diagnostic est fait par elle avant de l'être par le médecin.
En grandissant, l'enfant se montre indifférent à tout, inconscient, malpropre, il ne sait pas manger, gâte, déchire ses vêlements, ne s'essaie pas à marcher ou se traîne au hasard sur le sol. Il s'accroche aux personnes qui l'approchent, se défend contre tous les soins, se souille de ses matières fécales, quand il ne les mange pas (coprophagie), avale sans discernement tout ce qu'il peut attraper, déchire ses vêtements. Il est limité à une vie animale, moins encore si l'on peut dire, presque végétative.
Le faciès est atone ou grimaçant, les traits asymétriques, disgracieux ou repoussants avec du strabisme, de l'implantation irrégulière des dents qui présentent des anomalies multiples. Le malade laisse couler sa salive.
L'idiot fait très souvent des mouvements cadencés ou au contraire irréguliers, toujours stéréotypés, sortes de tics. Le plus typique est le toc de Sa-
605 Idiotie.
laam, balancement brusque d'arrière en avant de tout le corps qu'on a comparé au salut oriental, d'où son nom; on remarque fréquemment des mouvements plus ou moins compliqués des doigts ayant le caractère de tics.
L'idiot adulte peut demeurer absolument impassible et inerte, incapable d'aucun autre mouvement voulu que ceux de préhension. Plus habituellement il a appris à marcher; il en est même de très agiles, car à côté de ceux qui présentent des paralysies flasques ou spasmodiques, avec ou sans contractures, de la faiblesse musculaire, de l'absence de coordination volontaire des mouvements, de l'athétose, il en est chez qui la musculature est développée, parfois herculéenne.
Les mêmes différences se retrouvent dans la sphère psychique; à côté de l'idiot complet dont nous venons surtout de parler, il en est chez qui l'on rencontre une trace de sentiments affectifs, de la faculté d'émotion : les uns sont méchants, irritables, vindicatifs, destructeurs, d'autres sont doux, faciles à conduire, attachés aux personnes qui les soignent.
La mémoire peut être plus ou moins développée; les idiots savent reconnaître les personnes et les lieux familiers, les objets usuels. Le langage nul chez certains ou réduit à quelques grognements traduisant le plaisir et la souffrance, ou plus simplement les impressions internes ou externes pénibles ou agréables, le langage, dis-je, apparaît sous forme de quelques onomatopées toujours les mêmes, puis en quelques mots déformés, enfin chez les plus élevés, le vocabulaire est suffisant pour exprimer les idées les plus simples de la vie de relation. Il en est qui ont de petits talents partiels, la mémoire des noms, des dates; certains ont des aptitudes musicales qui peuvent, jusqu'à un certain point, se développer par l'éducation. Ce sont là des cas de passage à l'imbécillité (v. c. m.).
Les arrêts de développement des organes génitaux sont fréquents; l'onanisme est habituel, souvent incoercible, et tout machinal. L'excitation génitale se produit souvent et porte les malades à des violences graves, à des viols.
L'épilepsie sous toutes ses formes se rencontre 1res habituellement dans l'idiotie. En raison des lésions cérébrales, il existe des paralysies flasques ou plus souvent spasmodiques (éventuellement avec* athétose) ; l'impotence fonctionnelle répond aux localisations variées de ces paralysies, surtout hémiplégiques, ci auxatrophies corrélatives. Les difformités qui en résultent sont particulièrement marquées chez les porencéphaliques.
Marche. — Elle est essentiellement chronique; quoique la majorité des idiots ne vivent pas très vieux (la plupart meurent avant la trentaine), la maladie n'est pas incompatible avec une longue survie. Une amélioration de l'étal mental ne survient guère que par le traitement. Les idiots sont peu résistants aux maladies, ils succombent soit à des affections intercurrentes, -oit à l'état de mal épileptique, soit à une cachexie progressive.
Diagnostic. Le diagnostic est la plupart du temps évident. Cependant des encéphalites aiguës de la première enfance ><>nt suivies d'arrêt de développement simulant l'idiotie ne différant parfois de celle-ci que par l'absence de malformations cranio-cérébrales.
Idiotie. 694
Chez les jeunes gens la démence précoce grave prêle aussi ;i la confusion, el le diagnostic peul en être très difficile quand l'anamnèse manque. La stupeur et La démence épileptique ne seront méconnues qu'accidentellement.
La surdi-mutité congénitale ou acquise simple en impose pour l'idiotie ; l'erreur ue résiste pas à un examen attentif, mais certains idiots sonl sourds-muets.
L'imbécillité (v. c. m.) n'esl que le degré supérieur à l'idiotie, et les cas limites se confondent.
Widiotie amaurotique esl décrite plus loin.
Quant à la variété d'idiotie, elle s'établit d'une part au point <l<' vue mental d'après le degré <le perfectibilité de l'individu, d'autre part au point de vue physique et anatomique suivant les localisations des paralysies, atrophies, arrêts de développement et leur étendue.
A propos de diagnostic, un point de pratique essentiel : dans la famille, le médecin ne doit jamais porter, ou plutôt énoncer le diagnostic d'idiotie qui sonne mal; l'enfant sera toujours qualifié de faible d'esprit, d'arriéré, de retardé.
Pronostic. — Le pronostic est d'une gravité que tempère seulement la possibilité de l'éducation du malade. L'idiotie peut être familiale.
Traitement. — Le traitement de l'idiotie est presque exclusivement pédagogique. Ce principe établi par Seguin a été développé en France par Bourneville; pour celui-ci il n'y a pas pour ainsi dire d'idiots complet-, tous sont plus ou moins perfectibles à la condition que l'éducation soit commencée tôt. « La première période du traitement médico-pédagogique consiste à donner des forces à ses membres (balançoire, tremplin, massage, saut), à enseigner à l'enfant à se tenir debout (barres parallèles), à marcher (chariot), à régulariser sa marche (échelles plates), et à lui apprendre à devenir propre par le placement sur le siège à des heures fixes. La seconde période consiste à éveiller son attention, à éduquer ses sens, en premier lieu le toucher; son organe, la main; puis le sens de la vue. C'est alors qu'on essaie, même l'enfant ne parlant pas, à lui faire désigner les différents objets usuels.... Bien qu'il ne parle pas ou ne connaisse que quelques mots. on l'exerce à reconnaître les mots imprimés.... Les enfants, même ne sachant pas syllaber, reconnaissent l'image du mot, comme ils reconnaissent l'image d'un chien, d'un chat.... » Peu à peu on apprend à l'enfant à se suffire à lui-même, on fait l'éducation de sa parole. On arrive enfin à lui donner des notions élémentaires, de lecture, d'écriture, de calcul, à lui apprendre un métier facile; mais à ce point, il s'agit plutôt d'imbéciles que d'idiots.
Une telle éducation ne peut être donnée que dans des établissements spéciaux (V. Arriérés, Imbécillité). On ne saurait d'ailleurs trop engager les familles parfois aveuglées par un sentiment de devoir mal compris, à ne pas garder auprès d'elles des êtres dont la présence est une toiture morale de tous les instants, et a de multiples inconvénients, si même elle u'est dangereuse surtout quand il y a d'autres enfants.
On demande souvent si l'idiot doit être interné. Je n'hésite pas à le conseiller dans tous les cas, sauf quand l'impotence rend le malade inoffensif.
Idiotie amaurotique familiale.
L'habitude de laisser dans les campagnes les idiots errer au risque des accidents ou délits dont ils peuvent être les agents (viols, incendies) ou les victimes, est contraire au bon sens. Ce que j'ai observé personnellement m'a rendu plus que sceptique sur l'opportunité de leur placement dans les colonies familiales (v. c. m.). m. TRÉNEL.
IDIOTIE AMAUROTIQUE FAMILIALE — (Warren Tay, Sachs). L'idiotie amaurotique familiale est l'une des maladies familiales les plus singulières, par ce fait qu'elle paraît affecter presque uniquement la race juive et plus spécialement les juifs polonais. Sur 86 cas connus, 61 ont trait à des enfants juifs, 7 à des enfants d'autre origine; dans 17 cas l'origine est inconnue (Heveroch). Les cas sont encore très rares en France malgré l'augmentation de l'immi-
fants
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W W W W W M (cas IV)
~" " (jumelles)
Fig. "2">7. — Arbre généalogique d'idiotie amaurotique familiale (Falkenheim, d'après Provotelle). W, sexe féminin ; M, sexe masculin. Les lettres soulignées sont les cas d'idiotie amaurotique.
gration des juifs polonais chassés par la persécution (un cas d'Aperl el Dubois).
Léliologie en est inconnue; la syphilis ne paraît pas en cause; In consanguinité, fréquente chez 1rs juifs, ne semble pas suffisante à l'expliquer. Ce n'est pas une agénésie congénitale, mais une dégénération primitive duc à une fragilité spéciale du système nerveux qui ne peut faire les liais de son développement (?). Ce serait une de ces maladies par surmenage et usure d'après la théorie d'Edinger (Aufbrauchtheorie).
Anatomie pathologique. — Sauf des anomalies des circonvolutions el parfois de l'adhérence des méninges, il n'y a pas de lésions macroscopiques. Mais on constate (Schaffer) une dégénération généralisée de toutes les cellules du système nerveux dans son entier, sauf peut-être du cervelet.
Il y a œdème de la cellule qui prend une forme globuleuse ou renflée, avec désintégration complète du réseau interne de Golgi, le réseau externe restant intact. C'esl la substance interfibrillaire qui sérail la première altérée. Le noyau se déforme, devient excentrique; les prolongements, el plus spécialement les prolongements apicaux présentent une dissociation
Idiotie amaurotîque familiale.
de leurs fibrilles. Les fibres subissent une dégénérescence secondaire, mais qui ne paraîl pas en rapport, par son intensité relativemenl faible, avec la généralisation des lésions cellulaires.
La rétine présente une dégénération intense de la couche moléculaire externe el des cellules ganglionnaires (Holden). La tache rouge centrale de la macule esl due à l'absence, normale en ce point, de cellules nerveuses, de telle sorte que la couleur rouge de la choroïde reste visible, tandis qu'elle esl voilée loui autour par l'opacité de la rétine dégénérée. Le nerf optique esl atrophié.
Des états pathologiques des glandes à sécrétion interne (corps thyroïde, surrénales) oui élé signalés dans quelques cas.
Symptômes. — Le mol idiotie amauro tique, universellement el définitivement admis, n'est pas absolument exact, car il ne s'agit pas d'une maladie congénitale. L'enfant, jusqu'à 6 mois en général, s'est développé
normalement. A ce moment (quelquefois d'une façon plus précoce, à 2 mois, ou plus tardive 10 mois), les parents s'aperçoivent que l'enfant devient indifférent, qu'il paraît ne plus voir distinctement, qu'il s'affaiblit physiquement.
Le premier symptôme est Yarrèt de développement, Y affaiblissement intellectuel, l'enfant ne fait plus attention à ce qui se passe autour de lui.
ne reconnaît plus sa mère, ne rit plus, ne gazouille plus, manifeste à peine le besoin de nourriture; puis apparaissent les troubles moteur*.
c'est un affaiblissement progressif des muscles, une parésie, une flaccidité, une atonie généralisée plutôt qu'une véritable paralysie sans troubles notables de la contractilité électrique, sauf un relard de la contraction faradique (Koplik). l'enfant, d'abord paresseux, n'exécute bientôt plus aucun mouvement volontaire; porté sur les bras, il laisse retomber sa télé passivement. 11 n'y a pas de troubles constants des réflexes. L'existence du signe de Babinski n'a pas de valeur à cet âge. Dans le cas dApert et Dubois les réflexes étaient abolis.
En même temps, il devient manifeste que l'enfant ne fait plus aucune al lent ion à ce qui se passe autour de lui; finalement il est devenu insensible à la lumière. Yamaurose est totale. L'examen ophtalmoscopique montre un aspect absolument caractéristique du fond d'œil (Warren Tay). « La région mactdaire présente une tache blanche avec un point rouge central. La lâche blanche ou blanc bleuâtre est circulaire ou ovale à grand axe horizontal; son étendue, d'abord supérieure à celle de la papille, devient peu à peu deux ou trois fois plus grande; ses contours se continuent insen-
Fig. 258. — Idiotie amaurotique (cas de Parhon el Goldstein, in Revue neurologique 1909).
697 Idiotie amaurotique familiale.
siblement avec la couleur des régions voisines du fond de l'œil; dans d'autres cas, la tache est limitée par une zone étroite de dégradation rapide, de sorte que le contour en est assez net (Dupuy-Dutemps). Il n'y a en cette région aucune saillie appréciable. Au centre de la zone décolorée blanche, tranche vivement une tacite arrondie, très petite, punctiforme, de couleur rouge cerise correspondant au fond de la forea. Ces lésions sont exactement symétriques. Quelques mois plus tard, le nerf optique s'atrophie, et on constate les signes ophtalmoscopiques habituels de cette atrophie. » (Babonneix et Brelet). Le réflexe lumineux s'abolit. L'amaurose devient complète en peu de mois. Elle peut s'accompagner de nystagmus, de strabisme.
L' hyper acousie, que l'on a souvent notée, n'est sans doute qu'une hyperexcitabilité réflexe corrélative à l'abolition de la vision.
Peu à peu s'établit un état spasmodigue. Tout d'abord le spasme musculaire, qui peut aller jusqu'à l'opisthotonos, n'apparaît que par des excitations périphériques et peut ne pas dépasser cette phase; dans d'autres cas, la raideur se généralise et devient continue, pouvant affecter finalement l'aspect des diplégies infantiles, sans aller cependant jusqu'à la véritable contracture. Les réflexes tendineux deviennent exagérés, et il peut se produire un léger clonus, mais seulement ébauché.
Des crises convulsives apparaissent, affectant surtout la forme de spasmes respiratoires, mais, pouvant être épileptiformes, généralisées. Elles sont d'une fréquence variable, parfois ne surviennent qu'à la période terminale. On aurait noté une sorte de rire spasmodique.
L'examen du liquide céphalo-rachidien est négatif.
La mort survient dans le marasme. La survie ne dépasse pas doux ans. Les cas prolongés sont douteux.
Diagnostic. — Par sa marche caractéristique, par ses signes ophtalmoscopiques absolument pathognomoniques, enfin par la notion de la race de l'enfant, l'idiotie amaurotique familiale ne se confond avec aucune autre affection. Il suffit d'y penser pour la diagnostiquer. On connaît des cas d'idiotie avec amaurose (Bourneville), mais là il s'agit d'un étal congénital, néanmoins des idiots peuvent être atteints d'amaurose plus ou moins tardive. La myatonie congénitale d'Oppenheim ne s'accompagne pas de troubles intellectuels ni d'amaurose.
La forme de diplégie cérébrale infantile décrite par Higier paraît devoir être distinguée de l'idiotie amaurotique, par son apparition plus tardive. par l'absence de la lésion de la macule, par ses lésions cérébrales, quoiqu'un ail voulu n'y voir qu'une forme tardive de celle affection (Higier, Vogl ).
Nous ne citerons que pour mémoire V atrophie papillaire familiale qui esl tardive (20 à 30 ans). Yatrophie optique essentielle familiale, Y embolie de la rétint . Dans les tumeurs cérébrales la stase papillaire donne le diagnostic.
Traitement. Tout traitement est impuissant. On se bornera à des soins hygiéniques. L'opothérapie (cérébrine, thyroïdine) n'a donné aucun résultat. Nous noterons, à titre de curiosité, que Hirsch a attribué la maladie à une sorte d'intoxicat ion par le lail maternel, OÙ passerait une toxine circulant dans le sang, d'où, d'après lui, la nécessite d'interrompre l'allaitement, u. //;/ \// .
Illusions. 698
ILEUS. V. Intestinale (Occlusion).
ILIAQUE (PHLEGMON). Le plegmon de la fosse iliaque ne < loi l plus être décril aujourd'hui comme une affection spéciale, particulière, ainsi que le faisaienl les anciens auteurs.
L'appendicite et ses nombreuses complications (v. c. m.) est de beaucoup la cause la plus fréquente de l'ancien phlegmon iliaque : depuis que l'on connaît mieux l'appendicite, le nombre des phlegmons iliaques primitifs diminue sans cesse. Une autre partie des abcès chauds de la fosse iliaque appartient aux psoïtis (v. <\ m.), une autre enfin au phlegmon de l'étage supérieur du //(joutent large (v. <•. m.). Ainsi démembré, l'abcès chaud <l<* la fosse iliaque se réduit à fort peu de chose, à savoir, les cas très rares de suppuration des ganglions iliaques externes el les abcès sous-périostés provenant d'un loyer d'ostéomyélite de l'os iliaque (v. c. m. . Il n'y ;i plus là matière à une description spéciale et tout l'intérêt de la question se réduit au diagnostic et au traitement; le lecteur trouvera ces questions complètement traitées aux articles : appendicite, psoïtis, phlegmon du ligament large (v. C. m.). p. LECÈXE.
ILLUSIONS. — Les illusions sont l'aperception inexacte de perception^ réelles. ( "est l'interprétation fausse d'une impression sensitive ou sensorielle dûment perçue. S'il est quelquefois difficile de distinguer l'illusion de l'hallucination (v. c. m.), dans les cas limites, la différenciation peut en être laite généralement d'une façon assez nette.
Tous les sens peuvent être sujets à l'illusion. L'illusion des <nnj>><h:.< (v. c. m.) doit être mentionnée à part. Le phénomène est en effet bien complexe. On sait que l'irritation d'un nerf en un point quelconque de son trajet donne lieu à des sensations qui sont toujours réparties aux terminaisons de ce nerf. Les illusions des amputés qui consistent à percevoir (par crises généralement et souvent sous forme d'un spasme douloureux) la région amputée comme si elle existait réellement n'est qu'un cas particulier de ce phénomène général. Ce sont sans doute les processus d'organisation du névrome terminal qui jouent le rôle irritatif. 11 ne semble pas qu'il y ait là un simple phénomène de mémoire sensitive, pour ainsi dire ; il y a bien projection en dehors d'une sensation organique réellement perçue, mais faussement interprétée.
Les illusions de la vice ont leur type simple, normal dirait-on. dans les phosphènes qui se produisent par pression de l'œil, ou apparaissent dans le champ visuel, les yeux étant fermés après une vive impression lumineuse. On conçoit que ces phénomènes primitifs soient élaborés dune façon délirante chez les aliénés, particulièrement dans les délires toxiques où les illusions se fondent avec les hallucinations, dans l'alcoolisme, l'atropinisme, etc. Les illusions sont très fréquentes, multiples, dans la manie où la richesse du délire en dépend presque uniquement par les interprétations délirantes auxquelles elles donnent lieu.
Les illusions de rouie ne sont pas moins communes, dans les délires toxiques, par exemple : pour l'alcoolique, le roulement dune voilure devient une canonnade, un tremblement de terre; le sifflet du chemin de fer, «les hurlements d'animaux, etc.
699 Imbécillité.
Les illusions de l'ouïe sont à la base des délires systématisés chroniques, précèdent les hallucinations, décelant l'éréthisme du centre auditif.
Illusions et hallucinations se confondent de façon inextricable dans les troubles du goût et de l'odorat.
La sensibilité tactile, la sensibilité générale et génitale, présentent des troubles d'une telle complexité qu'il est le plus souvent impossible d'y démêler l'illusion de l'hallucination, et c'est à ce mot que nous devrons renvoyer. Néanmoins, rappelons que le type de l'illusion tactile est donné par l'expérience bien connue de la double sensation qu'on éprouve en faisant rouler une bille sous l'index et le médius croisé (expérience d'Aristote). Chez les aliénés, les contacts d'objets donnent lieu à ..toutes sortes d'interprétations fausses où l'électricité joue le principal rôle. Toutes les sensations internes participent à la création d'illusions cénesthésiques (V. Cénesthésie, Délire systématisé, Hypocondrie). m. TRÉNEL.
ILLUSION DU DÉJÀ VU. — Illusions du souvenir. Hallucinations de la mémoire. Ces termes désignent le même phénomène beaucoup plus fréquent, qu'on ne pense, et qui consiste en ceci : l'individu a la certitude à un moment donné qu'il reconnaît le lieu où il se trouve, les idées qui lui passent actuellement par l'esprit, quoiqu'il sache pertinemment ne s'être jamais trouvé dans la situation actuelle. Il reconnaît comme déjà vécu le moment présent. Cette sensation (si ce mot est de mise ici), s'accompagne d'une angoisse parfois intense L'homme normal juge la fausseté de cette illusion, il l'analyse et la corrige. Chez l'aliéné, cette correction n'a pas lieu, et donne naissance à des interprétations délirantes, à des erreurs de personnalités, à des délires palingnostiques (rétrospectifs). Chez lui, l'illusion du déjà vu demande à être recherchée. m. TRÈNEL.
IMBÉCILLITÉ. — L'imbécillité est la faiblesse mentale congénitale supérieure d'un degré à l'idiotie. Idiotie et imbécillité sont à ranger sous une même rubrique, et il y a toute une série de cas intermédiaires. De même, de l'imbécillité à la débilité mentale simple (v. c. m.), il n'y a qu'une différence de niveau intellectuel. L'imbécile diffère de l'idiot en ee que les facultés de la vie de relation sont suffisamment développées pour qu'il puisse jusqu'à un certain point se suffire à lui-même, du moins s'il est quelque peu guidé. L'imbécillité se traduit dans le faciès, les allures, le langage. Les traits sont laids, asymétriques. La physionomie esl atone, mais cependanl capable de manifester les sentiments extrêmes, la colère, la joie, etc., el souvent d'une façon exagérée <>u immodérée. L'expression du visage esl grossière, bestiale. Le crâne, la face, ><»ni difformes, asymétriques; les malformations cranio-faciales de l'idiotie (v. c. m.), s'y retrouvent, mais à des degrés moins marqués. Le strabisme esl fréquent. En résumé toutes les anomalie- qu'on est convenu de réunir snu^ le nom de stigmates physiques de dégénérescence se rencontrent chez l'imbécile.
L'imbécillité esl profonde ou légère. Les imbéciles d'un degré 1res inférieur diffèrent peu <\(>> idiots; cependant, plus conscients, i ls sonl capables de se reinlre un certain compte de leurs actes, ont un peu de mémoire pour les faits
Imbécillité.
Fig. 259. — Imbécile.
Grimace stéréotypée (M. Trénel).
de la vie journalière, sonl accessibles aux réprimandes comme aux louanges Ils sonl 1res routiniers, et, dans 1rs asiles où leur incapacité «le se suffire a
eux-mêmes oblige à les placer, ils sonl susceptibles de s'occuper aux travaux qui ne deman- (lenl que de l'automatisme. Leurs notions sonl plus OU moins bornées; en général, ils vivent insouciants, au jour le jour, pourvu qu'ils mangent à leur suffisance, et ils sont gloutons. Comme allure, les uns sont apathiques (fig. 259), les autres remuants, excités (fig.240); ceux-là faciles à conduire, de caractère bon enfant, ceux-ci méchants, vindicatifs, sournois, pervers, brutaux, présentant ^\^'< accès d'agitation avec impulsions violentes. Il faut noter ici que parmi les imbéciles, les uns sont sujets à des troubles mentaux plus ou moins passagers qui ressortissent sans doute à la folie périodique (accès maniaques et mélancoliques); certains sont de véritables circulaires. D'autres présentent des délires hallucinatoires, soit aigus, soit chroniques, ne différant des psychoses analogues des gens d'un niveau intellectuel plus élevé que par la pauvreté et la monotonie des idées délirantes.
Les imbéciles sont enclins à commettre des délits sexuels, des actes contre nature, des crimes (viols, sodomie, nécrophilie, pyromanie, attentats contre les personnes). Les femmes se livrent à la prostitution.
Les imbéciles sont à divers degrés éducables; il en est à qui l'on arrive à faire apprendre les premiers rudiments d'instruction primaire; mais leur attention est difficile à fixer, leur mémoire courte et infidèle. La parole est souvent mal articulée parfois jusqu'à être peu compréhensible (sans compter la blésilé, le bégaiement, etc.), le langage? incorrect, le vocabulaire très restreint (parler nègre).
Le développement physique est absolument variable: les uns sont tout à fait débiles, d'autres robustes. Les anomalies génitales sonl fréquentes, les perversions sexuelles très habituelles. En outre des stigmates physiques
- H) . — Imbécile agitée M. Trénel).
ImbéciMité.
(fig. 241), les troubles somatiques consistent surtout en paralysies (hémiplégie, etc.), mais qui ne peuvent être considérés que comme des symptômes surajoutés. L'épilepsie, dans ces cas, accompagne souvent les troubles moteurs.
Diagnostic. — Le diagnostic se fait en général de prime abord à l'aspect seul du malade. La présence habituelle de stigmates physiques permet déjà de différencier l'imbécillité des affaiblissements mentaux acquis; l'interrogatoire décèle rapidement l'inintelligence originelle, tandis que dans les démences (la démence précoce, en particulier ici en cause), on retrouve les traces des connaissances antérieures. Mais il est des cas de démence apathique où l'absence de renseignements ne permet pas de diagnostiquer ferme, du moins immédiatement.
La démence épilep tique prête aussi à la confusion, et, de fait, elle se combine souvent à l'imbécillité.
Les états aigus de confusion mentale, de stupeur, présentent une série de signes qui ne permettent pas l'erreur (v. c. m.).
Le degré d'imbécillité peut être apprécié au moyen de test (V. Arriérés).
Pronostic. — Le pronostic dépend uniquement du degré d'éducabilité, de sociabilité de l'individu. Les imbéciles les moins inférieurs peuvent vivre de ha vaux de manœuvres, les autres sont recueillis dans les asiles, échouent, les plus jeunes dans les maisons de corrections, les adultes dans les prisons comme vagabonds ou voleurs, ou bien encore à la suite de quelque délit sexuel ou de prostitution.
Traitement. — Le traitement ne peu! consister qu'en un essai d'éducation : les imbéciles adultes calmes peuvent être à la rigueur consen es dans les familles, mais souvent l'envoi à l'asile est la seule ressource mettant l'imbécile à l'abri de la misère. Ceux qui n'ont pas de tendances perverses peuvenl être placés à la campagne, dans l<is colonies familiales. Les imbé eiles des deux sexes .sont des éléments antisociaux qu'il n'est que prudent • le mettre hors d'étal de nuire et de taire souche.
Une loi récente (loi du .">(> mai 1909) vienl de légiférer sur les dispositions à prendre pour l'éducation des enfants atteints d'infériorité intellectuelle. N'ayant |>u la rapporter à l'article sur les ARRIÉRÉS, nous en donnons
ici les principaux paragraphes. Les médecins sont appelés à jouer un rôle
Y\<^. ait. — Imbécillité profonde.
Aiti'i de développement (M. Trènel).
Impétigo. 702
imporlanl dans son application; c'esl a eux à en provoquer l'exécution.
article premier. — Çurla demande des communes et des départements, peuvent être créés pour les enfants anormaux (arriérés H instables) des <l<-u\ sexes :
I" lie- classes de perfectionnemenl annexées aux écoles élémentaires publiques;
->■ hr~ écoles autonomes de perfectionnemenl qui pourronl comprendre un demipensionnai <-i un internat.
Ail. -i. Les classes annexées recevront les enfants de <; à 1" ans.
Les écoles autonomes pourronl en outre continuer la scolarité jusqu'à M ans, donnant à la fois l'instruction primaire et l'enseignement professionnel.
Les élèves des classes annexées qui, vers 13 ans, seronl reconnus incapables d'apprendre une profession au dehors, pourront être reçus dans les écoles autonomes.
Les enfants trop gravemenl atteints pour que leur éducation puisse se faire dans la famille, suivronl de préférence le régime de l'internat.
Ail. 11. — Les classes cl écoles de perfectionnemenl seront soumises :
1° A l'inspection exercée dans les conditions prévues par l'art. !> de In loi du 30 octobre l88tt;
2° A une inspection médicale organisée par la commune fondatrice ou le département fondateur. Elle portera sur chacun des enfants qui seront examinés au momt chaque semestre. Les observations seront consignées sur un livret scolaire et sanitaire individuel.
Art. 12. — Une Commission composée de l'inspecteur primaire, d'un directeur ou maître dune école de perfectionnement et d'un médecin, déterminera quels sont les enfants qui ne peuvent être admis ou maintenus dan- les écoles primaires publiques et pourra autoriser leur admission dans une classe annexée, ou dans une école de perfectionnement, si l'enseignement ne doit pas leur être donné dans la famille.
Un représentant de la famille sera toujours invité à assister à l'examen de l'enfant.
Art. là. — Un comité de patronage sera constitué auprès de chaque école de perfectionnement. Les membres seront nommés par le ministre de l'instruction publique, après avis du préfet et, si l'établissement est communal, après avis du maire.
Des dames en feront nécessairement partie. Un conseil d'administration nommé par le Conseil municipal, si l'établissement est communal, ou par le conseil général, si l'établissement est départemental, sera institué auprès de chaque école de perfectionnement; il comprendra toujours un représentant du ministère de l'instruction publique, un représentant du préfet du département dans lequel est situé l'établissement et au moins un médecin.
M. TRÉNEL.
IMMINENCE MORBIDE. — V. Prodromes.
IMPÉTIGO. — Créé pour désigner des éruptions, survenant par poussées (ab impètu), le mot impétigo a toujours été appliqué, depuis Willan et Bateman. à des dermatoses vésico-pustuleuses superficielles. Nombre d'auteurs englobent sous cette dénomination toutes les pyodermites superficielles d'origine exogène (inoculables) : c'est ainsi que l'école d'Unna dislingue de l'impétigo « streptogène » un impétigo « staphylogène ». L'école française, au contraire, tend à réserver le nom d'impétigo à une dermatose bien déterminée : contagieuse et inoculable, elle est, dans ses formes typiques, caractérisée par la formation rapide de phlycténules superficielles limpides, éphémères, dont le contenu se concrète en croûtes mélicériques, et qui guérissent en peu de jours sans laisser de cicatrices. Ces! Yimpetigo contagiosa de Tilbury Fox (fig. 247), la « gourme » vulgaire de l'enfance. On sait actuellement que sa cause microbienne est une, et permet d'y rattacher maintes formes atypiques, auxquelles s'applique mal la définition descriptive donnée ci-dessus : toutes sont dues au streptococei/* pyogenes.
L'impétigo staphylococcique {impétigo de Bockhart) est bien différent; son élément est une pustulefte, presque toujours péripilaire, toujours purulente d'emblée. La confusion entre les deux maladies s'explique par leur associa-
Impétigo.
Fi<
tion extrêmement fréquente, le staphylocoque venant constamment envahir les lésions streptococciques.
L'impétigo de Bockhart, étant essentiellement (malgré ses quelques puslulettes non péripilaires) une folliculite orificielle, a été décrit avec les folliculites. Nous n'aurons en vue ici que l'impétigo vrai, celui de T. Fox.
Étiologie. — Bien que pouvant survenir à tout âge, l'impétigo est surtout une maladie de l'enfance. La saleté, la misère physiologique y prédisposent.
Rangé par Bazin dans ses « scrofulides bénignes » , il frappe avec une fréquence particulière les enfants présentant les attributs du « lymphatisme ». Nombre de ces attributs (blépharite, kératite, tuméfaction labiale, etc.) sont précisément des manifestations ou des séquelles impétigineuses : on peut se demander si la prédisposition ne consiste pas avant tout en une fragilité de répiderme, facilitant les inoculations. Quoi qu'il en soit, les récidives sont la règle. Les mêmes peaux qui les ont présentées semblent parfois aptes à faire plus tard de l'eczéma (Sabouraud).
On a vu des poussées d'impétigo, chez l'adulte, suivre des excès de boisson (impétigo n potu). Mais ses causes occasionnelles sont surtout celles qui favorisent l'infection externe, et notamment le grattage (parasites, etc.).
C'est qu'en effet l'impétigo est transmissible et inoculable, comme T. Fox, Vidal et Douault lavaient démontré expérimentalement, et comme la clinique le lait constater chaque jour : d'où les épidémies familiales et scolaires.
La cause efficiente de l'impétigo est l'inoculation épidermique sous-cornce du streptocoque pyogène (Leroux, Balzer et Griffon). « La lésion impétigi neuse est streptococcique. Le liquide qu'elle contient, recueilli (une goutte) dans l'effilure d'une pipette contenant du bouillon-sérum, fournil à 37°, en 12 heures, une culture presque pure de streptocoques, (pion purifie par dilutions et passage dans l'eau de condensation de plusieurs tubes successifs de gélose-urine sur lesquels la séparation définitive est obtenue... La suppuration secondaire des lésions impétigineuses résulte de leur infection par les staphylocoques blancs et dorés, qui en très peu d'heures y foisonnent. La culture directe sur gélose-peptone les met en évidence. Ils y dissimulent toujours et absolument les colonies streptococciques •> (Sabouraud). Dans le sérum des phlyctènes impétigineuses récentes, les microbes sont trop rares pour qu'on puisse compter sur l'examen direct ; lorsqu'elles sont suffisamment durables, le résultai de celui-ci est positif. Mais, dès <pi Vile-, commencent à se troubler, il montre des staphylocoques de plus en plus nombreux.