‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 3)Chapitre 72 sur 91 · ET PÉRIPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

ET PÉRIPHÉRIQUE

d'un ŒIL

50— iO

La vision V 0.3

périphérique ; 0-2

est \ 0.1

conservée / °Qf2

\ ou moins

Avec perte totale de la

vision centrale el p«;-

riphérique d'un œil.

B) Diminution de l'acuité visuelle des deux yeux, inégale pour chaque œil. La Y. IV. es! constituée par Vacuité visuelle binoculaire. Voici le barème employé en Allemagne pour évaluer le degré d'acuité visuelle

Incapacités de travail (Évaluation).

professionnelle dans les cas où la diminution *lr l'acuité esl différente pour chaque œil.

A. 1 1 11. • il Mil l'.'l 1 1

OtUOi 1

OU

ou

oïl

ou

ou

ou

ou

hf

à 2 3 ou 0.06

4 2 ou 0.5

2* -cl

4 4ou0.25

.2 tî>J

4 5ou0.2

4 7ou0.45

4 40 ou 0.4

4 15 ou 0.075

xo

4 20 ou 0.05

Dans ce tableau, les portions de la colonne horizontale indiquent la V. S. de l'œil droit; les portions de la colonne verticale de gauche indiquent la V. S. de l'œil gauche. Les nombres des autres colonnes représentent en centièmes la diminution de la V. Pr. correspondant à cette diminution double de la V. S. Soit un blessé dont la V. S. de l'œil droit est de (Ko cl la V. S. de l'œil gauche de 0,1. Cherchez dans la deuxième colonne verticale, à la 7'' ligne, et vous lisez 25/100. Le blessé a donc une acuité visuelle binoculaire de 1/4 ou de 0,25.

En Allemagne, comme le tableau le montre, la cécité esl évaluée à 125 pour 100, à cause des soins particuliers dont l'aveugle a besoin.

Ces chiffres n'ont qu'une valeur documentaire. L'expert tiendra comple surtout de l'âge et de la profession du blessé.

C) Évaluation de l'incapacité due à la perte d'un œil. — On évalue en général la perle d'un œil à 53 pour 100. Mais il y a des professions où cette évaluation esl trop faible, et l'on doit, chez les ouvriers qui exercent une profession visuelle, l'élever à 40 et quelquefois même à 50 pour 100.

D) Évaluation de la valeur professionnelle d'un œil aphake. — On doit se baser sur l'acuité après correction pour apprécier l'incapacité permanente partielle qui résulte de la perte du cristallin : les chiffres de 15 à w20 pour 100 constituent une évaluation équitable pour cette infirmité.

K) Évaluation de la perte de l'œil sain chez un borgne. — Le borgne qui perd l'œil restant esl atteint d'I. P. T. La réduction déclarée doit donc être évaluée à 100 pour 100. Malgré qu'il soit illogique de faire supporter à l'entrepreneur les conséquences d'un accident qui rendent aveugle un ouvrier déjà borgne antérieurement, la Cour de cassation a déclaré qu'il devait en être ainsi. La Cour suprême s'est basée sur le lexte même de la loi de ls(.><v qui ne tient comple, pour l'indemnisation (\o± accidents, (pie de deux éléments : le salaire gagné avant la blessure, le salaire que peut gagner le

759 Incapacités de travail (Évaluation).

blessé une fois mutilé. Or, pour un borgne, l'œil sain représente sa capacité totale de travail, c'est-à-dire son plein salaire. S'il le perd, il a droit à In rente correspondante à 11. P. T.

Évaluation des incapacités aggravées par un état antérieur ou dues à une prédisposition. — Un albuminurique, un cardiaque, un tuberculeux, un syphilitique sont victimes d'un accident qui, chez un individu sain, entraînerait seulement une courte incapacité temporaire. Cet accident aggrave la maladie préexistante, en accélère l'évolution et aboutit soit à la mort, soit à une incapacité permanente. Le patron est-il intégralement responsable des suites attribuées à l'accident?

La jurisprudence, durant plusieurs années, est demeurée hésitante, celle question n'étant pas précisée dans la loi de 1898. Mais la Cour de cassation a tranché définitivement la question : elle a décidé qu'il n'y avait pas lieu, dans les conséquences d'un accident, de distinguer ce qui revient au traumatisme et ce qui résulte d'une maladie préexistante ou d'une prédisposition. Le salaire touché par la victime avant l'accident constitue la seule base pour fixer le chiffre de l'indemnité, qui doit représenter la moitié de la réduction de salaire occasionnée par la mutilation. La loi de 1898 ne porte pas, en effet, de restriction en ce qui concerne les « étals antérieurs ». La seconde raison sur laquelle la Cour de cassation s'est appuyée pour statuer ainsi, c'est que l'indemnité accordée par la loi de 1898 est une indemnité transactionnelle et forfaitaire : sous le régime du droit commun, le blessé qui apporte la preuve que l'accident est de la faute d'un tiers, est dédommagé intégralement. Sous le régime de la loi de 1898, le blessé n'a plus à fournir la preuve de la faute de l'employeur, mais en revanche il ne lui est accordé (pie la moitié de l'indemnité correspondant au préjudice subi.

Cette doctrine a le grand avantage de réduire le nombre des litiges et de simplifier les difficultés, lorsque l'une des parties exige une expertise médicale.

Mais si l'on ne doit tenir compte ni des prédispositions, ni des maladies antérieures, ni des infirmités ou mutilations préexistantes pour réduire le chiffre d'une indemnité prévue par la loi, certaines conditions doivent être réunies pour qu'il y ait lieu d'accorder cette indemnité.

Il ne suffit pas qu'un hernieux ou un phtisique accusent un effort ou un choc d'avoir élé la cause de leur maladie, pour que le juge leur accorde une rente de 10. c20 ou 40 pour 100 de leur salaire annuel. Il faut que l'ouvrier fasse la preuve : 1° qu'il y a eu accident survenu au cours ou à Voccasion du travail; L2" qu'il y a an lien de causalité entre Vaccident et les phénomènes morbides dont se plaint le blessé. L'enquête faite par le juge de paix fournit les éléments de la première. Ces! le médecin qui établira la seconde.

D'une manière générale, on peut dire <juil y a un rapport de cause à effet entre un accident et une lésion lorsque les conditions suivantes se trouvent réunies : I" i' faut que Vaccident ait été nettement caractérisé (choc violent, effort soudain et intense ou longtemps soutenu dans une attitude pénible, par conséquent différent de ceux que nécessite Pexercice habituel d'une profession), et particulièrement propre par sa nature à aggraver l'affection préexistante. Ainsi une entorse survenue pendant la marche ne peut être

Incapacités de travail (Évaluation). 7 in

rendue responsable d'une Lumeur blanche tibio tarsienne ignorée de son porteur el qu'elle a ré\ élée :

2° Il faut que l'aggravation se manifeste par des symptômes très neti el «lune nature telle que leur cause puisse ><• rattacher â L'accident, par exemple, une hémoptysie après une contusion sur l<- thorax;

3° // faut que les premiers symptômes se soient manifestés peu de temps après l'accident, quelques jours au plus, si la maladie était en évolution;

i" // faut enfin que la maladie préexistante ne soit pas. au moment ou survient le traumatisme^ arrivée à sa dernière période^ au point que la mort n'es/ qu'une question de jour*. I);ms l'éventualité contraire, le décès du blessé ;i sa cause dans la maladie, mais non dans l'accident qui n'aura pu, au pis aller, qu'avancer la morl de quelques jours.

Évaluation des incapacités qu'on ne peut affirmer perma nentes. — Les névroses traumatiques (hystérie, neurasthénie, hystéro-neurasthénie traumatiques) doivent-elles être considérées comme des incapa cités temporaires ou des incapacités permanentes? Si le médecin conclul à une incapacité temporaire en présence d'une monoplégie hystéro-trauma tique, il oblige le patron à payer au sinistré le demi-salaire pendant des mois et des années, et le blessé, préoccupé par le relard apporté au règlement de son affaire, condamné au chômage, verra cohstammenl son étal s'aggraver. D'autre part, si le médecin conclut à une incapacité permanente, le patron sera obligé de servir une rente viagère à un hystérique dont la paralysie pourra disparaître spontanément quelques jours après la (in du procès.

Ces cas sont embarrassants. Mais si la loi de 1898 n'a pas prévu les névn traumatiques, elle a prévu les améliorations et les aggravations des incapacités permanentes, puisqu'elle permet la revision pendant une période de trois ans. Nous pensons — et la jurisprudence française s'établit en ce sens — qu'il est préférable de régler le litige le plus rapidement possible pour faciliter la guérison du blessé, on tout au moins l'empêcher de s'aggraver tout en sauvegardant les intérêts pécuniaires de l'entreprise (ou de l'assurance).

Voilà donc la conduite à suivre dans une expertise pour névrose traumatique. Le médecin expert affirmera au patient qu'il n'a aucun organe sérieusement malade et qu'il guérira certainement. Puis il conclura à une I. P. P. et évaluera la réduction de capacité ouvrière du blessé à 2, \. 6, 10 pour 100 et très rarement davantage, si le blessé esl jeune el robuste. Mais il ajoutera toujours, pour se mettre à couvert, au cas où le bl< guérirait Complètement quelque temps après le règlement du litige, la res triction suivante : « L'affection présentée par le blessé n'esl pas due à une lésion organique, mais à un trouble de fonctionnement du système nerveux, dont il est impossible de prévoir les suites, mais qui peut disparaître spontanément, comme aussi persister indéfiniment et même s'aggraver, sans qu'il y ait lieu de soupçonner la simulation. »

Évaluation des difformités qui ne diminuent, pas la c ipacité ouvrière. — La loi de 1898 n'indemnise que les conséquences des accidents qui peuvent réduire la capacité ouvrière du blessé el par suite avoir

741 Incapacités de travail (Évaluation).

une influence sur son salaire. La perte d'une phalange chez un terrassier, d'un ou plusieurs orteils chez un mécanicien; une cicatrice non gênante, etc., ne constituent donc pas des incapacités. Mais la défiguration ou même seulement la perte de dents chez une jeune femme peuvent être indemnisées, parce qu'elles constituent une dépréciation de la personne et sont susceptibles d'empêcher l'embauchage ou même le mariage.

Les mutilations génitales doivent-elles être considérées comme des incapacités de travail? — La jurisprudence française n'est pas encore fixée sur ce point. Si l'on veut conclure d'une manière équitable, il faut adopter les indications de M. Balthazard qui propose de distinguer 5 cas :

1° L'accident entraîne à la fois l'insuffisance spermatique et l'insuffisance diastématique. Le mutilé se trouve, au point de vue physique et intellectuel, dans un état intermédiaire à celui de l'homme complet et de la femme; on doit admettre que son salaire sera également intermédiaire entre celui de l'homme et de la femme. Or, la femme a un salaire ordinairement inférieur de 25 pour 100 à celui de l'homme. En évaluant à c25 pour 100 la réduction de salaire due à la castration, le préjudice causé par l'accident sera équilablement compensé. Toutefois nous pensons que ce chiffre est insuffisant s'il s'agit d'un sujet jeune. 11 faut l'élever à 40 pour 100.

2° L'accident a laissé intactes les fonctions testiculaires. Toutes les lésions localisées à un seul testicule n'exercent aucune influence sur la sécrétion de son congénère : ce dernier subit même une hypertrophie compensatrice. Donc, dit M. Balthazard, à moins que le testicule non traumatisé n'ait été antérieurement le siège d'une orchite atrophiante, les fonctions testicu- Iaire, spermatique et diastématique restent assurées et la capacité du blessé pour le travail n'est diminuée en rien. Il n'y a donc pas dT. P. P. et l'accidenté n'a pas droit à une rente.

3° L'accident altère isolément la fonction spermatique. Si, connue cela se voit chez les sujets exposés aux rayons X sans précautions spéciales, la sécrétion spermatique est abolie avec conservation de la fonction diastématique, il ne peut être question d'incapacité permanente. L'individu esl momentanément infécond : il n'est pas impuissant. A plus forte raison n'est-il en rien diminué dans sa capacité ouvrière.

Le refus d'une opération sans danger, susceptible d'améliorer la capacité du blessé, a-t-il une influence sur le chiffre de l'indemnité? - JUfequ'à cette année, presque Ions les tribunaux admettaient le droit pour l'ouvrier de se refuser à subir une opération, même non dangereuse, sans s'exposera voir diminuer le montant de l'indemnité. Plusieurs jugements et arrêts [Tribunal civil de Marseille, [«'.décembre 1903), Cour de Douai (h) avril 1905) et Cour de Grenoble (i 5 avril 1905)] onl décidé, au contraire, que le refus, par un blessé, d'une opération sans aléa devait entraîner une réduction de la rente à allouer.

Nous avons plusieurs fois l'ail des cures radicales de hernie à des ouvriers qui ont pu récupérer ainsi leur capacité totale «le travail, alors qu'ils n'auraient obtenu qu'une rente insignifiante, s'ils avaienl refusé «■elle interven lion aussi peu périlleuse qu'efficace. On devra souvent persuader des blessés

Indigestion. 7 \'l

de lutilité de leur amputer lui doigl gênant ou de leur régulariser un moignon douloureux. L'amélioration ainsi obtenue dans leur « ; i j >;i « - i l «'■ ouvrière vaudra cenl Pois la faible renie qu'on leur au rail accordée.

FORÛl E <■! JE \SBRAl INCONTINENCE D URINE. (V. Urine).

INDIGESTION. Il convicnl d'examiner, dans l'indigestion, l'individu malade, ei à la fois l'alimenl rejeté. L'indigestion peut, en effet, dépendre d'un malaise passager, d'un excès alimentaire, ou d'un véritable empoisonnement. Kll<acquiert parfois un intérêl particulier, précédant de quelques heures l'hémorragie ou le ramollissement cérébraux, une colique hépatique ou une colique de plomb. Mais nous voulons seulement parler ici de l'indigestion, accident éventuel au cours d'un étal de bonne santé habituelle, et non <lu vomissement symptomatique de tant d'affections diverses, depuis la crise labétique jusqu'à la tumeur cérébrale, de la sténose du pylore à la gas trite alcoolique, de l'appendicite aiguë ou chronique aux poussées de colite.

L'indigestion présente habituellement des symptômes fort simples. Une couple d'heures, parfois moins, souvent davantage, après le repas, surviennent des nausées, des bâillements, de la céphalée, une pesanteur douloureuse à l'épigastre, des battements de cœur angoissants. Après quelques éructations, la peau se couvre de sueurs froides et le rejet a lieu, amenant en général un soulagement immédiat. Il esl inutile d'insister sur les complications rarissimes : hernies, délire, hémorragie cérébrale, convulsions, coma, etc., que signalent complaisamment les auteurs. En général, l'évacuation obtenue, tout est terminé; il n'y a même rien d'ordinaire qui ressemble à une convalescence.

Parfois, les vomissements ne libèrent point le malade, el d'abondantes évacuations alvines surviennent, extrêmement fétides. Assez souvent, le tube digestif s'exonère simultanément par les deux voies opposées, cependant que l'anxiété atteint son plus haut point. Il n'est pas rare d'observer alors de la lipothymie. Ces cas extrêmes sortent du cadre de l'indigestion banale et méritent à proprement parler la désignation des gastro-entérites toxiques aiguës ou suraiguës.

Le plus souvent, il n'y a pas de traitement de l'indigestion; celle-ci est déjà un remède naturel à un état gastrique morbide. Il sulïira donc de favoriser s'il y a lieu les évacuations, soit par l'ingestion d'eau tiède, soil exceptionnellement en administrant de l'ipéca. Si l'état nauséeux est faiblement accusé, on peut chercher à faire avorter l'indigestion imminente en faisant prendre de la glace, de l'eau chloroformée, du Champagne étendu, de l'eau de Vichy et des boissons acidulées. Après h4 vomissement, le décubitus dorsal et le repos, puis la glace, le Champagne, dissiperont s'il y a lieu les derniers malaises.

S'il s'agit d'un véritable empoisonnement [V. Alimentaires (Intoxications) et Poisons médicamenteux], il peut devenir urgent de faire un lavage de l'estomac et de donner de suite un purgatif salin. Des cataplasmes laudanisés calmeront la douleur: on combattra le refroidissement et la lipothymie. En tout cas, il est fréquemment indiqué de purger légèrement les malades

745 Infanticide.

à la suite des indigestions, même bénignes, et d'assurer ainsi l'antisepsie intestinale. FRANÇOIS MOUTIER.

INERTIE UTÉRINE. — (V. Dystocie nu travail et délivrance).

INFANTICIDE. — L'infanticide est qualifié par la loi « le meurtre d'un enfanl nouveau-né ». La loi ne définit pas avec précision le terme nouveau-né, pas plus que les médecins d'ailleurs. Dans les expertises relatives à l'infanticide les principales questions posées sont les suivantes :

1° L'enfant est-il né à ternie? — Les signes de maturité : poids (moyenne 5:250 grammes), longueur (moyenne 50 centimètres), les dimensions des diamètres céphaliques (bipariétal moyenne S) centimètres), présence d'un point d'ossification dans le cartilage de l'extrémité inférieure du fémur ou ailleurs, peau blanc rosé recouverte de duvet et d'enduit sébacé, longueur des ongles qui dépassent l'extrémité des doigts, présence des testicules dans les bourses, cloisonnement complet des alvéoles dentaires du maxillaire inférieur, n'ont aucune valeur absolue. « En réunissant en faisceau ces éléments, on n'arrivera jamais qu'à un certain degré de probabilités, mais on n'aura pas de critérium absolu. » (Pinard.)

2° L'enfant est -il né vivant? — C'est un poinl capital de l'expertise. La présence de l'air dans l'estomac et l'intestin, la disparition du bouchon muqueux de l'oreille moyenne, ne peuvent servir. Seule, la preuve anatomique que les poumons ont respiré pourrait servir de base à des conclusions précises. Cette preuve, on a coutume de la demander à la docimasie pulmonaire hydrostatique. Cette docimasie repose sur le fait suivanl : les poumons qui n'ont pas respiré sont plus lourds que l'eau; ceux qui, ayant respiré, contiennent de l'air sont moins lourds que Tenu et surnagent.

Après avoir relire en bloc l'appareil cardio-pulmonaire, on le plonge dans un vase plein d'eau. Il faut (Tailleurs refaire isolément l'épreuve pour chaque poumon entier, puis découpé en fragments. On peut ainsi reconnaître si oui ou non les poumons surnagent el s'ils surnagent en totalité ou en partie. En pressant les fragments de poumon, on peut également reconnaît re s'il crépite el si la pression fait échapper sous beau des huiles gazeuses. tLa surnatation prouve seulement qu'il y a des gaz dans le poumon. Ce gaz est-il toujours de l'air? La putréfaction du poumon constitue une cause d'erreur, car les poumons putréfiés surnagent. Les seules données permettant, dans une certaine mesure, de se mettre à l'abri de celle cause d'erreur sont les suivantes : les poumons ne se putréfient pas avanl l'apparition des signes extérieurs de la put réfaction; la putréfaction des poumons qui n'ont pas respiré es! excessivement retardée.

D'autre part, le poumon qui a respiré peut tomber au fond de l'eau. Un séjour prolongé dans l'alcool, la coction dans l'eau bouillante, l'existence de foyers de broncho-pneumonie hémorragique empêchent la surnatation.

L'absence de respiration révélée par la docimasie hydrostatique ne prouve pas que l'enfant n'a pas vécu pendant quelques heures ; on peut voir la vie persister sans respiration pendant un certain temps, surtout chez les enfants débiles, nés prématurément.

Infanticide. 7 î I

Toutes ces restrictions prouvenl que, dans bien des cas, l'épreuve de la docimasie hydrostatique sera incapable de fournir au médecin expert des données suffisamment certaines pour lui permettre de poser des conclusions fermes.

3° L'enfant était-il né viable? Il m- s'agit pas, dans les questions d'infanticide, de la viabilité dite légale fixée par la loi à ixo jour- d<- vie intra-utérine (V. Viabilité), mais <l<' viabilité unir, c'est-à-dire de l'aptitude à vivre de la vie extra-utérine. Il faul donc, lorsqu'on es1 en présence d'un cadavre de nouveau-né, mettre à pari les macérés morts pendanl leur vie intra-utérine, les fœtus porteurs de malformations incompatibles avec la \ ni (monstruosités, malformations, maladies fœtales, etc.). les fœtus porteurs de lésions contemporaines de l'accouchement même spontané (hémorragies méningées, fractures du crâne), etc.

Restent les fœtus bien conformés, donl le poids csl supérieur à I kilogramme et ne présentenl aucune lésion d'origine intra-utérine ou obstétricale. Ces enfants seront considérés connue viables avec celle restriction qu'ils ont pu succomber, de mort naturelle, pendanl ou après l'accouchement, sans présenter de lésions macroscopiques évidentes..

A0 Quelle est la cause de la mort? — Les cadavres de macérés, de fœtus débiles ou malformés, inaptes à vivre de la vie extra-utérine sonl mis à part.

L'autopsie complète et méthodique permettra de rechercher les lésions qui peuvent expliquer la mort. Au point de vue médico-légal on distingue diverses variétés d'infanticide. Nous ne pouvons que signaler les points les plus essentiels de leur élude, et renvoyer aux traités spéciaux de médecine légale.

a) Infanticide par suffocation. — Sauf le cas où l'enfant ayant été enfoui. des substances étrangères (terre, cendres, etc.) sont retrouvées dans la trachée ou l'œsophage, il est impossible de donner la preuve anatomique d'une suffocation criminelle. Les taches ecchymotiques sous-pleurales de Tardieu n'ont aucune valeur pathognomonique. L'existence d'érosions cutanées correspondant par leur forme à des empreintes d'ongles dans la peau de la région péribuccale ou laryngienne ne peut constituer qu'une présomption.

b) Infanticide par fractures du crâne. — La multiplicité des lésions et leur importance, lorsque les os crâniens sont normalement ossifiés, constituent une présomption sérieuse.

En dehors de ce cas. le médecin expert sera d'une extrême prudence dans ses conclusions, car les os crâniens incomplètement et irrégulièrement ossifiés peuvent, au cours de l'accouchement spontané, donner lieu à des fractures multiples: même normalement ossifiés, ils peuvent être le siège de fractures et d'enfoncements, surtout dans les accouchements de femmes ayant un bassin petit. Une fracture est également possible dans l'accouchement debout.

c) Infanticide par plaies et mutilations. — Les phlyetènes qui apparaissent api'ès la mort intra-utérine de l'enfant, ou pendanl le travail, le fœtus étant vivant (face ou siège), les fractures des membres d'origine intra-utérine, sont les principales causes d'erreur.

745 infantilisme.

d) Infanticide par strangulation.

c) Infanticide par submersion, par immersion dans les fosses d'aisances.

f) Infanticide par empoisonnement.

g) Infanticide par défaut de soins. — Sauf des cas d'hémorragie par le cordon sectionné ou rompu et non lié (fait rare), hémorragie qui rend le cadavre absolument exsangue, il est impossible d'affirmer analomiquement pareille cause de mort. a. PINARD et A. C0UVELA1RE.

INFANTILISME. — « L'infantilisme estime anomalie du développement caractérisé par la persistance, chez un sujet ayant atteint ou dépassé l'âge de la puberté, de caractères morphologiques appartenant à l'enfance. »

Telle est la définition de l'infantilisme que nous avons proposée en 1894, en nous basant uniquement sur l'examen des formes extérieures, en dehors de toute hypothèse pathogénique. De nombreux faits sont venus confirmer la réalité de ce type morphologique.

Le mot d'infantilisme avait été employé antérieurement par Lasègue, Brouardel, Féré, Lorain, et a été utilisé par la suite pour qualifier des étals dystrophiques assez disparates. Pour éviter toute confusion, il importe de délimiter très exactement son sens.

D'abord, il s'agit d'un état corporel, dont le caractère essentiel est de rappeler la conformation de V enfant. A cette constatation, tout objective, Brissaud a ajouté la notion suivante : Y infantilisme est lié à une insuffisance de la jonction thyroïdienne . C'est un état analogue au myxcedème, d'où le nom d'infantilisme myxœdémateux, créé par Brissaud.

Un autre état corporel avait été décrit par Brissaud, sous le nom d'infantilisme du li/pe Lorain. Ce dernier, en effet, et son élève Faneau de la Tour, avaient qualifié d'infantiles certains sujets au développement retardataire : mais c'est surtout par leur petitesse que ces sujets, chétifs, débiles, graciles, se rapprochent des infantiles proprement dits; par ailleurs, ils en diffèrent notablement; on ne retrouve pas chez eux les principaux caractères de la conformation de l'enfant qui sont le propre de l'infantilisme vrai.

Aussi bien, Brissaud lui-même conseilla de renoncer à la dénomination d' « infantilisme du type Lorain », car elle n'était pas toujours comprise et appliquée avec exactitude.

En réalité, un seul type clinique répond au sens du mol infantilisme. C'est celui où l'on retrouve les stigmates corporels de l'enfance, l'infantilisme myxœdémateux, qu'on appelle aujourd'hui, et à juste litre, l'infantilisme d<' Brissaud. C'est proprement l'infantilisme.

Signalement de l'infantile. « Face arrondie, joufflue, lèvres

saillantes el charnues, nez peu développé, visage glabre, peau fine el de couleur claire, cheveux lins, sourcils et cils peu fournis.

« Torse allongé, cylindrique, ventre un peu proéminent.

« Membres potelés, effilés de la racine aux extrémités, une couche adipeuse dune assez grande épaisseur enveloppant toul lecorpsel masquant les reliefs <>^<mi\ el musculaires.

« Organes génitaux rudimentaires, absence de poils nu pubis el aux aisselle

Infantilisme.

Ii\ r

.«■ncniiemeni

lll\ \<c<leiUC

\<n\ grêle <•! aigre, larynx peu saillant, corp pelil

\ ce signalement < | m* nous avions donné, Brissaud ajoute : ■ Faciès lunaire, yeux bouffis, lèvres épaisses, grosses joues rondes, toul simule le Les formes extérieures ne sonl pas celles d'un adolescent *. Il

noie aussi les proportions in fantiles de la !<'■!'■. beaucoup plus grosse, par rapport au corps, que chez l'adulte.

Ce sonl, dit-il, <lcs « hommes ;• l'étal <lc promesse ». Quant à La petitesse de La taille, elle n'est pas un caractère fondamental de L'infantilisme myxœdémaleux, car il y a, comme on dit, de « grands enfants ».

Il existe même des infantiles gigantesques (V. Gigantisme).

A ces caractères essentiels s'ajoutent d'aulres signes moins constants, maisqui appartiennent encore à l'enfance, comme le retard ou Y absence de la seconde dentition.

(Hertoghe, Marfan et Guinon). Les troubles de la croissance des cheveux ou leurs altérations sont fréquents, comme dans le myxœdème. Chez la femme, l'infantilisme se produit par une morphologie où se retrouvent encore les caractères corporels de l'enfance. L'infantilefemme reste une fillette, à laquelle la puberté n'apporte pas ses modifications ordinaires : les règles n'apparaissent pas : les seins ne grossissent pas, le cou demeure « virginal », sans saillie thyroïdienne ; les poils ne poussent pas au pubis ni aux aisselles, le torse reste cylindrique, car les hanches ne subissent qu'un faible élargissement, et l'échancrure de la taille se dessine à peine.

Pour compléter le portrait de L'infantile, nous avons ajouté : « Enfant par le corps, l'infantile est aussi enfant par l'esprit. Chez lui, le retard du développement physique s'accompagne presque toujours d'un relard du développement psychique. Le stade dans lequel l'état mental reste fiuv correspond assez exactement à l'âge que semble n'avoir pas dépassé le corps. » Et en vérité, il existe un infantilisme mental : « légèreté, naïveté, versatilité, pusillanimité, pleurs el rires faciles, irascibilité prompte, mais

Fig. 210. — Infantilisme myxœdémaleux de Brissaud (cas de H. Meige).

Infantilisme.

fugace, tendresse excessive ou répulsion irraisonnée. » Telles sont ses dominantes psychiques qui sont aussi celles des enfants.

Avec de telles caractéristiques corporelles et mentales, l'infantilisme est aisément reconnaissable.

Un fait particulièrement intéressant dans l'infantilisme a élé mis en évidence par Hertoghe, au moyen de la radiographie; dans la majorité des cas, les épiphyses des os longs ne se sont pas soudées à la diaphyse, et les cartilages de conjugaison persistent. Et ce ne sont pas seulement, du reste, les os longs qui sont atteints : les diamètres du crâne gardent les proportions qu'ils ont chez l'enfant, la seconde dentition tarde indéfiniment à remplacer les dents de lait, si l'infantilisme date des premières années.

Brissaud, et nous-méme, avions d'abord pensé que la non-soudure des épiphyses était un caractère distinctif qui n'appartenait qu'à 1 i nfantilisme m y x ce d é m a t e u x. Mais des observations ultérieures sont venues démontrer que la persistance des cartilages de conjugaison pouvait s'observer dans d'autres états corporels, notamment dans le type Lorain (E. Levi .

Le fait clinique qui justifie la description de l'infantilisme, c'est la consta- I al ion, chez des individus qui ont passé l'âge de l'enfance, d'une conformation particulière du corps, qui est justement celle de l'enfant. L'infantilisme esl donc, et doit rester, avant tout, un syndrome morphologique.

Variétés cliniques. Il convient d'abord de séparer de l'infan-

tilisme proprement dit un certain nombre d'états, d'origine dysthyroïdienne, qui, morphologiquement, en diffèrent .

Le myxœdème franc de l'adulte, par ses caractères objectifs, offre assurément bien des analogies avec l'infantilisme, mais il en esl comme la caricature (V. Myxœdème).

Lorsque l'insuffisance thyroïdienne esl congénitale cl lorsqu'elle est complète, il en résulte des avortons qui. comme le « pacha de Bicêtre », conservent, jusque ci après leur majorité, « les attributs repoussants d'une enfance monstrueuse, lentement flétrie par les années, nourrissons majeurs selon la loi, encore emmaillotés de langes, lorsque le recrutement militaire vient les immatriculer » (Brissaud). On a affaire alors à Vidiotie myxœdématerne (Bourneville). Car il ne faut pas croire que l'infantilisme soit le myxœdème de l'enfanl : il n'en esl qu'une forme incomplète, fruste, 'l'ont

Fig. 217. — Faciès lunaire.

Infantilisme du type Brissaud.

Infantilisme. 748

autre, en effet, est le véritable myxœdème de l'enfance qui se manifeste par des symptômes graves aboutissant, comme chez l'adulte, à la cachexie si rumiprh e ( I trissaud ).

Selon Brissaud, les variétés cliniques de l'infantilisme dépendenl à la fois du degré de 1 insuffisance Lhyroïdienne el de Vâge auquel elle esl apparue. La dissociation des fonctions thj roïdiennes entraîne aussi certaines variantes. Mais la question d'âge esl de beaucoup la plus importante. Lorsque la dysthyroïdie apparat! avanl la puberté, l'infantilisme, avec ses caractères somatiques dislinctifs, en esl la conséquence. Si le Lrouble de la fonction Lhyroïdienne apparaît plus tardivement, on a affaire alors a ce qu'on ;i appelé infantilisme réversif (Gandy) ou mieux infantilisme tardif (Brissaud el Bauer), ou myxœdème fruste acquis de Vadulte.

On a décril aussi des infanlilismes partiels, qui s'expliqueraienl par <•«• l'ail que, dans les nombreuses fonctions de la glande thyroïde, certaines pourraient être entravées isolément. On aurait affaire alors à des étal- dystrophiques où prédomineraient, tantôt des troubles squelettiques, tantôl des troubles intellectuels, tantôl des perturbations des fonctions sexuelles (Sanle de Sanelis). De tels exemples s'observent assurément en clinique; mais il est regrettable, à noire avis, de leur appliquer le nom d'infantilisme, si le syndrome morphologique qui esl la raison d'être de celle dénomination ne se trouve pas réalisé. D'ailleurs, d'une façon générale, il faut catégoriquement répudier les désignations nosographiques telles que : <• acromégalie partielle ». « myxœdème partiel », « infantilisme partiel ». sous peine de rendre méconnaissables les grands syndromes cliniques représentés par l'acromégalie, le myxœdème, l'infantilisme.

Dans une série d'observations étiquetées infantilisme, on a signalé accessoirement : le prurigo, l'ichtyose, le psoriasis (qui a élé traité avec succès, dans certains cas, par la méthode thyroïdienne), l'adénoïdie (qu'Hertoghe considérait comme constante), la neurofibromatose, le varicocèle, la hernie ombilicale, l'incontinence nocturne d'urine, des troubles de la marche, depalpitations, etc., etc. Tous ces phénomènes ont été regardés comme des manifestations d'hypothyroïdie. Mais ils n'appartiennent pas en propre à l'infantilisme, et leur origine dysthyroïdienne est contestable.

Dans ces dernières années, enfin, on a mis sur le compte de l'hypothyroïdie toute une série d'accidents dont la multiplicité et le polymorphisme laissent supposer que la fonction thyroïdienne retentit sur tout l'organisme sous les formes les plus disparates : des œdèmes transitoires pouvant siéger aux différents points de la face et du corps, la raréfaction du système pileux. notamment du tiers externe du sourcil, des troubles vaso-moteurs des extrémités, de l'hypothermie, des névralgies, des douleurs rhumatoïdes, la constipation, la fatigue matulinale, l'anorexie, la céphalée, la somnolence, la torpeur intellectuelle, les troubles dysménorréiques chez la femme, etc. (Léopold Lévi et H. de Rothschild). Il y a certainement quelque exagération à étendre de la sorte les méfaits de la dysthyroïdie, il sérail, (m tout cas, téméraire de conclure, d'après la constatation d'un de ces signes, à un trouble certain de la fonction thyroïdienne.

On a constaté également la coexistence, avec l'infantilisme, de l'hystérie,

749 Infantilisme.

de lépilepsie (Féré, Meige), de vésanies diverses (Imoda), de la maladie de Fricdreich (Désirées), de la chorée variable (Patry), du bcc-de-lièvre (P. Binet), etc., et de la majorité des stigmates dits de dégénérescence. Magalhaes Lemos a cru pouvoir en conclure que l'infantilisme n'était qu'une sorte de manifestation dégénérative. Il n'y a pas lieu d'insister ici sur ces associations.

Pathogénie. — Chez les sujets qui présentent la conformation corporelle de l'infantilisme, l'insuffisance thyroïdienne est, selon Brissaud, constante; tantôt partielle, parfois complète, elle existe toujours à un certain degré. Mais s'il n'y a pas d'infantilisme pur sans lésion thyroïdienne, il serait inexact de dire qu'il n'y a pas de dyslhyroïdie sans infantilisme.

L'insuffisance thyroïdienne, avons-nous vu, peut être acquise, secondaire à des maladies aiguës, la rougeole par exemple, ou à des maladies chroniques, mais alors la dyslhyroïdie et ses conséquences n'occupent plus (pie le second plan et ne prennent qu'une part relative aux phénomènes dystrophiques.

L'infantilisme soulève un autre problème. La dystrophie orchidienrie n'est-elle pas, au moins dans un certain nombre de cas d'infantilisme, un l'ait primitif au même litre que la lésion thyroïdienne? Et le mauvais fonctionnement de la glande génitale ne serait-il pas la cause même du syndrome infantilisme? Cette hypothèse que nous avons émise autrefois n'était pas acceptée par Brissaud, pour qui l'hypoorchidie représentait un phénomène secondaire, l'hypothyroïdie demeurant toujours la lésion essen lielle. Un certain nombre d'auteurs paraissent cependant envisager notre hypothèse comme plausible. Il n'est pas douteux, en effet, qu'il existe, entre les fonctions de la glande thyroïdienne et celles de la glande génitale, des relations très étroites dont la preuve est fournie par un grand nombre de faits cliniques. Richon et Jeandelize, Achard et Démanche, Vigouroux et Dclmas, Parhon et Goldstein, Dupré et Pagniez ont apporté une série de faits qui viennent à l'appui de l'idée que nous avions suggérée. Mais il serait prématuré, à l'heure actuelle, d'affirmer l'origine exclusivement liypoorchidienne de l'infantilisme. On doit seulement prévoir que la glande génitale, soit directement, soit indirectement, n'est pas étrangère à la production de cet élal soma tique.

Le rôle de l'hypophyse a été également incriminé : la coexistence de L'infantilisme et du gigantisme autorisait celte hypothèse. D'autre part, on sait, d'après les recherches d'Hallion cl Cardon, que l'hypophyse et la thyroïde exercent l'une sur l'autre une action réciproque; l'hypophyse, par son action vaso-constrictive sur la thyroïde pourrait, lorsqu'elle hypersécrèlé, engendrer l'hypothyroïdie (Halmagrand).

On a envisagé au<>i l'influence du thymus, mais la physiologie comme la pathologie de cette glande sont encore trop mal connues pour qu'on puisse en faire étal au point de vue palhogénique.

Enfin, les glandes surrénales n'onl pas élé oubliées. « Quelques faits, dit

Léon Bernard, tendent à montrer les sympathies morbides entre les surré

nales cl les glandes génitales, le corps thyroïde cl l'hypophyse; mais c'est

surtout dans leurs rapports avec la croissance du corps que les synergies

Infantilisme.

fonctionnelles des glandes endocrines accusent la pari d<*s surrénales' celles-ci paraissenl intéressées dans certains cas d'infantilisme, de gigani isme, d'arrêl <lc développement. »

Onaurail affaire alors à des syndromes complexes dans lesquels on peul supposer que les fonctions des diverses glandes endocrines sonl simultanément troublées : « syndrome d'insuffisance pluriglandulaire », dit-on sans

Fis. 2iS.

Fig. 249.

Infantilisme myxœdémateux.

Modifications survenues sous l'influence da traitement thyroïdien (d'après Hertoghe).

qu'il soit possible d'ailleurs de préciser encore la pari exado qui incombe à chacune de ces "landes dans les accidents dystrophiques observés.

Il était nécessaire de rappeler ces conceptions pathogéniques, mais il ne faut pas oublier qu'elles restenl encore dans le domaine de l'hypothèse.

A l'heure actuelle, la seule conclusion qu'on puisse formuler est la suivante ;

751 Infantilisme,

L'infantilisme est un état sornatique que, seuls, des caractères morphologiques permettent de bien définir.

Cet état sornatique paraît être sous la dépendance d'un trouble fonctionnel d'une ou de plusieurs glandes endocrines, parmi lesquelles la glande thyroïde semble toujours être intéressée, soit directement, soit indirectement.

Pronostic et Traitement. — Chez l'infantile myxœdémateux, le pronostic dépend à la fois de l'intensité de la dysthyroïdie et de l'âge auquel elle a fait son apparition. La radiographie renseigne d'une façon certaine sur la possibilité, pour un infantile, de grandir ultérieurement. Si le cartilage épiphysaire subsiste, l'os peut encore s'allonger, et le développement des autres systèmes, comme celui de l'intelligence, se font en général parallèlement. Dans certains cas, le traitement thyroïdien a donné des succès merveilleux qui ne doivent cependant pas faire oublier une grande prudence dans son administration.

Sans entrer ici dans tous les détails de la médication thyroïdienne (V. Opothérapie), on peut rappeler qu'elle est constituée par l'ingestion, soil de glandes thyroïdes de mouton fraîches, soit de pastilles ou de tablettes renfermant le principe actif de la glande, l'iodothyrine. Ces préparations sont les plus faciles à supporter.

Il est bon d'instituer des intervalles de repos de temps en temps. Il esl indispensable de surveiller, avec la plus grande attention, l'état du cœur pendant toute la durée du traitement.

LE TYPE LORAIN OU CHÉTIVISME.— Brissaud avait d'abord donné le nom d « infantilisme. type Lorain » à un état corporel qui diffère notablement de celui de l'infantilisme myxœdémateux; mais il reconnaissait que le nom même d'infantilisme ne convenait pas exactement aux cas de ce genre. El Brissaud, comme tous ceux qui étudièrent avec lui les sujets en question, jugèrent qu'il était préférable de renoncer à cette désignation pour éviter des confusions. A. Bauer a proposé de la remplacer par le terme de chétivisme (v. c. m.) qui mérite d'être adopté.

L'individu qui correspond à ce type est petit de taille, ce qui fait qu'au premier abord on peut le prendre pour un enfant; mais là s'arrête la ressemblance. Ses formes plastiques ne sont pas eelles de l'enfance : « on dirait plutôt d'un adulte, mais d'un adulte vu par le gros bout d'une lorgnette; les épaules sont larges, le bassin étroit, les saillies osseuses bien marquées; les muscles sans être forts, sont bien « écrits », débarrassés de la gangue graisseuse de l'enfance; on lit aisément sous la peau Leurs insertions, Leurs faisceaux, leurs reliefs et Leurs méplats qui Les séparent. L'ensemble de ce petit homme représente plutôt une réduction à Véchelle de l'adulte qu'il devrai I être normalement. »>

Toutes Les parties de son corps oui subi les transformations qui font passer de l'habilus extérieur de l'enfance à la morphologie de L'adulte, à cela près qu'elles n'ont pas obéi aux lois générales dr la croissance. La métamorphose s'est opérée in situ : tout a cessé de croître; ce corps exi^u <-^i devenu un homme en miniature.

Infantilisme.

S il lui manque la pilosité au maie, sage, ni sur le pubis, ni dans les aisselles

souvent il n'a de poil ni sur le il en a pourtant les attributs primordiaux : des organes sexuels bien conformés, peu volumineux sans doute, mais proportionnés au reste de l'organisme.

' Diminutif masculin où ne sonl qu'ébauchés les stigmates de la virilité 0,1 m> ^,l,l;nl 3 voir un être demeuré enfanl passé l'âge. Car sa Lête esl petite; elle a les mômes proportions que chez l*adulle;son tronc esl presque proportionné; plus de boule de Bichal arrondissanl les joues, plus d'enve-

loppemenl adipeux masquant les reliefs des membres; le thorax esl dessiné, le ventre ne proémine pas.

Cinq pouces de plus avec des poils ,HI j| en faut, etxel avorton pourrait être soldai. »

On voit par celle description, que nous donnions nous-même el qu'avail adoptée Brissaud, combien les sujets <le cette catégorie diffèrent des vrais infantiles. Ce syndrome morphologique esl essentiellement différent et mérite vraiment un nom spécial :

celui de chétivisme lui convient parfaitement.

Chez la femme, les proportions, comme chez l'homme, sont celles de l'adulte; il y a « de tout un peu », mais tout est mal venu chez ces « petits hommes » ou ces « petites femmes ». 11 n'est pas rare de trouver chez eux une absence complète de manifestations sexuelles; mais ici, comme l'a montré Brissaud, cette absence ne signifie rien autre chose qu'un trouble général de la nutrition.

L'intelligence est à peu prés normale dans les deux sexes. Mais toutes les fonctions mentales sont, elles aussi, plus ou moins chétives.

Les épiphyses peuvent être soudées, et le sont dans la plupart des cas: mais ce signe, auquel nous avions cru pouvoir attribuer une réelle valeur diagnostique d'après nos premières observations, ne parail pas absolument constant. Le véritable caractère distinctif est, ici, encore, d'ordre morphologique.

Les sujets en question sont des êtres débiles, graciles, des chétifs, produits d'une misère physiologique générale dont les facteurs éliologiques sont multiples. En première ligne, et ajuste titre, on a incriminé la tuberculose, surtout la tuberculose héréditaire, et aussi Vhérédo-syphiLs, Valeo Usme. Ces causes sonl plus efficaces encore si elles sont réunies, et si elles ao-is-

Fi£. 2o0. — Chétivisme (A. Bauer) ou type Lorain (Brissaud).

Infantilisme.

sent sur un sujet exposé à une vie dure et difficile, à une hygiène et à une alimentation défectueuses. Les « Seiglauds » de Sologne sont dans ce cas. Chez ces derniers le paludisme, signalé par Brissaud et Lancereaux, aggrave encore les prédispositions héréditaires.

Les intoxications (morphine, tabac, plomb, mercure, sulfure de carbone) ont été également incriminées.

Les malformations cardiaques congénitales, la persistance du trou de Botal, le rétrécissement milral sont aussi considérés comme des facteurs étiologiques importants. On a même parlé d'un nanisme mitral. Mais d'abord nanisme et infantilisme ne sont pas synonymes, et de plus on doit considérer que ces malformations cardio-vasculaires peuvent n'être que des manifestations d'un trouble plus général du développement, portant sur toul l'appareil circulatoire. C'est pourquoi Brissaud a pu dire que Vanangioplasie était la cause immédiate, résumant toutes les précédentes, celles-ci n'exerçant leur influence que par l'intermédiaire de celle-là. Dès qu'il existe un certain degré d'angustie artérielle, les tissus et les organes, mal nourris, peuvent se développer sans doute, mais ils restent petits, « chélifs». L'individu « rabougri » qui en résulte parvient bien à son développement complet, mais à la croissance près.

A vrai dire, les cas de transition, les cas mixtes, ne sont pas rares. On rencontre des infantiles myxœdémateux ayant de l'anangioplasie. Il y a des « chétifs » avec lésions thyroïdiennes, au moins secondaires.

Brissaud admet que les sujets du type Lorain peuvent être améliorés par une hygiène appropriée ; mais plus ancienne esl l'angustie artérielle, plus difficile est aussi le retour à une nutrition normale. Ilertoghe a obtenu, dans ces cas-là aussi, de bons résultats par l'emploi du traitement thyroïdien: lorsqu'en effet, le corps thyroïde est lésé, cette médication achèvera le développement des organes (pie la dysthyroïdie avait atteints; mais Hertoghe

Fig. 251. — Chétn isme du type Lorain, chez une femme <!<• 30 ans (H. Meige).

l'a dit lui-même : « La llivroïdine ne peut donner que ce qu'elle a ». Suivies cachexies causales, alcoolisme, syphilis, tuberculose, etc.. la I lis roïdisalion ne peut rien: chez les tuberculeux, la médication thyroïdienne semble même cont re-indiquée.

Féminisme. On peut rapprocher de l'infantilisme un autre syndrome morphologique décrit sous le nom de féminisme. Ce syndrome n'a d'ailleurs rien à voir avec l'hermaphrodisme proprement dit. On doit, en effet, conserverie nom d'hermaphrodisme à des malformations particulières des organes sexuels pouvant donner lieu à *\>^ erreurs ou à des équivoques sur

N1" IV M. C IV lS

Infirmerie régimentaire. T.Vi

le sexe. Les hermaphrodites antiques étaient, non- i ;i\<»n- montré avec Paul Richer, des types de féminisme. Dans I»* féminisme, l<-- formes es Lérieures el les caractères sexuels secondaires rappellent ceux du sexe féminin. Il peut être associé à l'infantilisme. HENRY MEIGE.

INFARCTUS. Y. Poi MON ( APOPLEXIE l*i LMONAIRE), RaTE, REIN.

INFECTIONS. • V. Fièvre, Prodromes, etc.

INFECTION DU NOUVEAU NÉ Y. Xou VEAU-NE el PRÉMATURES.

Page 1