INFECTION PUERPÉRALE Y. INJECTIONS GÉNITALES
INFECTION PURULENTE Y. Pyohémie, Septicémie.
INFECTION URINAIRE V. Urinaire (Infection).
INFILTRATION D URINE. — Y. Urine (Infiltration).
INFIRMERIE RÉGIMENTAIRE. — Dès la création des troupes régulières, on oui l'idée, en France, de garder une ou plusieurs chambres du casernement, pour passer la visite des malades et traiter les hommes indisposés ou légèrement blessés. D'abord, réléguées dans les combles, ces chambres furent
isolées, dans la suite, au bout d'un bâtiment, puis elles constituèrent ces pavillons indépendants avec jardin, qu'une grille sépare du reste du quartier.
Le plan des infirmeries modernes a été modifié, agrandi. Au rez-dechaussée, on trouve de vastes salles d'attente, de visite, de consultation, de bains, de pansements, des lavabos, une lisanerie; au 1 " étage, au lieu des grandes chambres collectives, une série de petites chambres à 2 ou \ lits: au 2e étage le dortoir des infirmiers, un séchoir, un magasin pour le matériel de réserve et un autre pour celui du service courant.
A l'infirmerie, on traite presque tous les vénériens (les blennorragies simples et les syphilis primaires et secondaires), à l'exception des orchites, des bubons, des syphilis malignes, qui nécessitent des soins spéciaux.
Aux blessés, on traite les accidents légers des fantassins et <\(^ cavaliers, en un mot tous les Iraumalismes ou lésions locales susceptibles de guérir promptement.
Aux fiévreux, on soigne les affections bénignes des voies digestives el respiratoires (angines, laryngo-lrachéites, courbatures, embarras gastriques sans fièvre, palpitations, diarrhée, etc.), alïections apyrétiques ou rendues telles par un purgatif et la diète lactée.
En résumé, l'infirmerie est un lieu de traitement pour les malades bénins el un lieu « d'observation » pour les fébricitants du matin, dont tous les symptômes s'exaltent souvent l'après-midi. A la contre-visite du soir qui devrait être rendue réglementaire, dans les infirmeries comme dans les hôpitaux militaires), ces malades sont dirigés d'urgence sur l'hôpital, soigneusement roulés dans des couvertures, avec nue bouillotte 'Ira/' chaude aux pieds.
Ce transport à l'hôpital mérite, en hiver, d'être spécialement surveillé, pour que les malades ne voient pas leur étal s'aggraver par suite de refroi-
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dissement. En outre, si ce transport a lieu durant la nuit, ou si le malade est très gravement atteint, il est indispensable que le médecin l'accompagne et procède aux premiers soins.
Enfin l'infirmerie sert à mettre « en observation » les simulateurs ou plutôt les exagéraleurs de certaines impotences ou de phénomènes douloureux, consécutifs à des traumatismes ou à des névralgies sciatique, intercostale, lombaire, elc, que les ventouses scarifiées, la diète lactée, le thermo-cautère et le séjour prolongé au lit guérissent promptement. (Dans l'armée moderne, les exagérateurs sonl nombreux, mais les vrais simulateurs sont rares.)
Aucune maladie contagieuse ne doit être traitée à l'infirmerie, car l'isolement ne peut pas être assez rigoureux. Quant aux autres maladies, une délimitation très nette ne saurait être donnée ici; mais ce qu'il faut surtout éviter, c'est de garder trop longtemps dans ces établisssements des malades graves ou des processus fébriles mal définis, qui se prolongent. Les décès à l'infirmerie doivent être soigneusement évités.
Un personnel spécial d'infirmiers militaires a pour mission de soigner les malades et d'entretenir la propreté de cet immeuble, qui doit trancher dans un quartier par son confort et son hygiène. Chaque bataillon ou groupe d'artillerie a droit à deux infirmiers, l'un du service armé, l'autre du service auxiliaire; ces hommes couchent à l'infirmerie. Il faut les choisir avec soin, les interroger, consulter leur relevé de punitions sur leur livret-matricule. Un infirmier doit être intelligent, doux et sobre surtout, les alcooliques sont des brebis galeuses, qu'il faut soigneusement évincer.
Le gradé chargé des détails de ce service est un sous-officier, qui tient les registres et toutes les écritures se rapportant nu service médical el à l'administration de l'infirmerie. Son rôle est important, car il doit surveiller son personnel, distribuer à chaque infirmier sa besogne, veiller à la propreté des locaux et enfin préparer, à jour fixe, les pièces périodiques à fournil'. Le choix d'un bon gradé est essentiel (il faut arriver à en convaincre son colonel), car en dehors des heures de visite, c'est lui qui \ fait régner l'ordre el In discipline.
Le gradé doit visiter souvent les malades, s'enquérir de leurs besoins, veiller à ce que les infirmiers soient convenables avec eux el voir si les prescriptions médicales ont été remplies, avant l'heure de In contre-visite. Cette surveillance il faul l'exiger, car beaucoup de gradés se figurent que leur rôle esl celui d'un scribe toujours nssis devant son bureau.
Enfin, il faul recommander aux gradés comme aux infirmiers une discrétion professionnelle absolue. S'ils ne sont pas tenus par In loi au secref professionnel, ils n'en commettraient pas moins une odieuse lâcheté, s'ils venaient à divulguer ou à plaisanter une misère ou une infirmité constatée clic/, un camarade, pendant un examen médical ou une visite d'incorporation.
Dès le réveil, les infirmiers nettoyenl l'infirmerie, allument les poêles des salles d'attente, de visite, des pansements. Puis les malades arrivenl : les fiévreux font prendre leur température (sage précaution qu'il faut toujours exiger el qui prévienl certaines erreurs malencontreuses). Les cahiers de visite sonl ouverts el placés sur la table du médecin; les bistouris, les
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ciseaux, la serviette, l<- stéthoscope, le ruban métrique, l'abaisse langue, l,i serviette pour ausculter sont prêts, le médecin arrive, la visite commence. Appelés par leur nom. les hommes se présentent individuellement, sont interrogés parle médecin, puis se déshabillenl jusqu'à la ceinture el \i<-n uenl se planter le torse au, en pleine lumière, devant le praticien. < '<• procédé favorise beaucoup l'examen <lu médecin, qui peu! ainsi promener son regard sur le faciès « tiré » d'un grippé ou le teinl frais d'un paresseux, sur les lèvres rosées ou décolorées, sur la langue « ce miroir «le l'estomac », -miles exanthèmes cutanés du torse, sur la région cardiaque que la pointe du cœur frappe normalement ou à coups répétés. L'examen se poursuit par l'auscultation méthodique des poumons en avanl el <m arrière el parl'inspec lion de la gorge, si souvent irritée en hiver.
Le diagnostic, ainsi posé, esl «'* < * i - i l sm- le cahier de visite, avec l'indication des prescriptions thérapeutiques el des mention- administratives, (entrant à l'infirmerie, à l'hôpital ou exempté de service, d'exercice, de cheval, de chaussure, etc.). En cas d'accident traumatique, prescrire l'établissement d'un certificat d'origine de blessure, qui esl la pièce indispensable pour obtenir, s'il y a lieu, en cas de guérison incomplète, une gratification renouvelable ou une réforme n° I avec pension.
Les indisponibles exemptés de (ont service sont groupés dans une salle de convalescents, où ils passent la journée, dans le repos le plus complet, autourd'un poêle allumé. En hiver, il est bon, dans l'après-midi, vers 2 heures, de le> faire gargariser avec une solution chaude, 1res faible de permanganate de potasse (1/5000), de leur faire inhaler de l'huile ou de la vaseline boriquée légèrement mentholée, pour calmer les irritations naso-pharyngienn.es si fréquentes durant la froide saison. Puis une boisson chaude, aromatique, bien sucrée, leur sera distribuée vers 5 heures.
Après la visite des malades à l'infirmerie, il faut s'assurer que tous les médicaments el les solutions dangereuses ont été remises dans les armoires et qu'elles sont sous clef. Pour éviter les empoisonnements, la clef de l'armoire « aux poisons » d'après le Règlement, doit être constamment en la possession du médecin-major de service et jamais dans les mains d'un infirmier ou du gradé.
Quant au régime spécial des malades à l'infirmerie, il esl fourni à tour de rôle par les cantinières du régiment. Le prix des divers aliments est affiché dans la salle de visite après entente avec les cantiniers. Ce régime doit être surveillé et contrôlé comme qualité et quantité. En hiver, si le boni le permet il esl bon d'ajouter à la portion entière un quart de vin, ce qui rend les aliments plus sapides et les convalescences plus promptes.
L'instruction des infirmiers doit être aussi l'objet d'une constante préoccupation de la part des médecins. 11 faut leur apprendre à faire un massage. ;'i poser des ventouses, à combattre une syncope (respiration artificielle, tractions rythmées de la langue) et à faire très proprement les divers pansements. Aussi pour exiger une propreté scrupuleuse i\^ leurs mains, il est bon. de doter les lavabos de salles de pansements de serviettes sans fin et de ces râpes-savon, aujourd'hui si utilisées dans tons les cabinets de toilel Le publics.
757 Injections d'alcool.
Les adresses des médecins du corps doivent être affichées à la salle de visite et au poste de police : tous les infirmiers doivent avoir reconnu leurs logements pendant le jour. Cette précaution est indispensable aux manœuvres, car le médecin de service doit pouvoir être trouvé sans retard, de jour comme de nuit.
D'ailleurs quand un médecin est appelé pour voir un malade, il doit tout quitter et se rendre en hâte auprès de lui, car tout retard, non motivé par un service commandé, est très défavorablement apprécié dans un régiment : aussi le cheval et la bicyclette sont pour le médecin militaire de précieux moyens de transport.
En résumé, le médecin doit être l'âme de son infirmerie. Il doit s'y refléter partout dans la propreté de l'immeuble, comme dans celle de son personnel et de ses malades. Aussi, suivant les sages conseils de Percy « il doit se persuader intimement que rien n'est vil lorsqu'il s agit de remplir un devoir sacré, et que son mérite sera toujours assez rehaussé lorsque sa conscience lui témoignera continuellement que loules ses actions ont pour but le soulagement de ses semblables ». BONNETTE.
INFLAMMATION. — V. Lymphangite, Abcès, Plaies, Suppurations, etc.
INFLUENZA. — V. Grippe.
INGUINAL. — V. Aine, Hernie, Bubon.
INJECTIONS D'ALCOOL. — Depuis que Ton a su, par un dispositif spécial, et dune stérilisation facile, porter à l'intérieur des tissus dos substances destinées à modifier un trouble local ou un état général, la méthode des injections a rapidement étendu son champ d'action.
D'abord limitée au tissu cellulaire, l'injection a abordé bientôt le lissu musculaire, puis s'esl enhardie à al teindre In cavité méningée ou encore l'espace épidural, l'espace pleural, el même a cherché à pénétrer jusqu'à l'intérieur des I roues nerveux.
G'esl aussi dans le choix des substances à injecter que s'esl révélée la diversité thérapeutique, depuis les sérums artificiels isotoniques, les toxiques sédatifs ou toniques, jusqu'aux solutions alcooliques, jusqu'aux injections gazeuses. •
Les injections alcooliques cl les injections gazeuses oui élé employées contre la douleur, contre les algies. Les unes cl les autres doivent être appliquées localement, au niveau des régions douloureuses. Mais chacune d'elles a ses indications.
Les injections alcooliques seronl réservées aux nerfs exclusivement sen sitifs, au nerf trijumeau, au nerf sous^>ccipilal (deuxième branche cervicale postérieure d'Arnold). El l'on se gardera de porter des solutions alcooliques au niveau des nerfs sciatiques ou de l'espace épidural. On trouvera à l'article Faciale (Névralgie) toute la technique de l'alcoolisation locale du trijumeau avec le taux de la solution alcoolique, en général 80°, ci la «pian lilé à injecter, en général I c. c. Si le domaine «les injections alcooliques doit être ainsi restreint au seul territoire trigémellaire, c'esl que l'on
Injections épidurales. 75g
s'expose ;• de graves mécomptes en porlanl un liquide destructeur de la fibre nerveuse sur un nerf mixte comme le Lronc <ln scia tique <.u sur un nerf moteur comme le houe du facial. Sans doute, dans la névralgie sciatique, on jugulera la douleur, mais cela aux dépens de lu motricité du membre que Ton aura paralysée pour de longs mois, le malade étanl ainsi frappé d'impotence, ;i\e<- atrophie musculaire, steppage. etc.
Au cours de Yhémispasme facial, de ce singulier syndrome décril par II. Meige,el par Babinski, Schlôssera préconisé l'injection alcoolique poussée au niveau même du lronc du nerf facial à son émergence -i\ lo-mastoïdienne. La paralysie faciale ainsi déterminée amènerail la sédation spasmodique. Sans doute, le nerf Facial paralysé, après l'injection, ne sera plus apte à provoquer des contractions, des palpitations musculaires, el comme une telle paralysie faciale guéril en trois à quatre mois environ, le résultai thérapeutique sérail superbe, si avec la guérison de la paralysie ne renaissait parallèlement le spasme facial avec aulanl d'intensité qu'auparavant. El si on essaie alors de nouvelles injections alcooliques, on peut, chez certains malades, provoquer un étal morbide hybride de paralysie el de spasme, pire au point de vue esthétique, que l'hémispasme unique primitif.
Aussi, si Ton est autorisé dans quelques circonstances à tenter une injection alcoolique stylo-mastoïdienne contre le spasme facial, la récidive thérapeutique est-elle plus discutable? Pour notre part, sur <•« -^ sujets, nous avons renoncé à l'injection stylo-mastoïdienne qui porte ses effets sur le lronc lui-même, el il nous a paru plus rationnel d'alcooliser les branches périphériques à l'aide d'une solution à 60° à 70° ou mieux d'une solution de glycérine phéniquée à 25 pour 100.
Il faut bien avouer cependant que cette méthode inhibitrice du spasme facial ne donne jamais les beaux succès que Ton obtient toujours, au cours des prosopalgies essentielles, par l'alcoolisation du trijumeau. Comme l'alcool est une substance extrêmement hypertonique, même à l'état de solulion diluée, on comprendra que de telles injections, en général, soient suivies d'une vive réaction locale, œdème, rougeur, vascularisation active, tous symptômes adéquats, du reste, au titre de la solulion, à la quantité injectée, et à la région choisie. Aussi, si une minime quantité d'alcool, 1 c. e. par exemple d'un alcool titrant 00°. ne détermine après injection sous-culanée qu'une vive réaction locale, 5 ou i c. c. de celle même solution alcoolique forte pourront donner naissance, après injection sous-cutanée en un même endroit, à une véritable plaque sphacélique de gangrène locale sèche. Il faut donc savoir manier les solutions alcooliques, cl réserver l'alcoolisation, je le répèle, en règle 1res générale, aux algies du trijumeau.