‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 3)Chapitre 82 sur 91 · TRAITEMENT DE L OCCLUSION CHRONIQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L OCCLUSION CHRONIQUE

Obstructions fécales. — Le traitement est plutôt médical que chirurgical. C'est le seul cas d'occlusion où l'on puisse et où l'on doive même employer les purgatifs : huile de ricin, par cuillerées à café, d'heure en heure. On ordonnera, en même temps, avec un bock, de grands lavements d'eau chaude, ou mieux d'huile chaude. Enfin le lavement électrique guéri mil presque toutes les occlusions intestinales par masses fécales.

Le massage abdominal, l'application de glace sur le ventre réussiraient dans certains cas.

Les obstructions par larges compressions (tumeurs abdominales et utérines) seront traitées par l'ablation de la tumeur ou, si la tumeur est inopérable, par l'établissement d'un anus artificiel.

Rétrécissement. — Pendant un lemps, parfois fort long, le malade atteinl de rétrécissement intestinal (tuberculeux on cancéreux) peut éviter, par un traitement médical approprié, un accès d'occlusion aiguë. Ce traitemenl consistera à ordonner au malade des laxatifs doux, des lavements d'huile. L'alimentation sera presque exclusivemenl liquide, et composée d'aliments de facile el complète digestion.

Quand l'occlusion arrive, c'est au traitement chirurgical qu'il faut avoir recoins.

Entérectomie. — On pratiquera une laparotomie suivie d'entérectomie pour un rétrécissement simple ou tuberculeux, lorsque l'intestin esl libre de toute adhérence inflammatoire; pour un rétrécissement cancéreux, si le mal n'est pas hop étendu : mais dans les deux cas il faut que l'étal général du malade ne soil pas altéré au poinl de ne pouvoir supporter une opération longue et pénible. Si le patient esl trop affaibli pour résister au «hoc opératoire, on se contentera d'une opération palliative (anus artificiel) qu'on fera suivre, au besoin, au boni d'un certain temps, d'une opération curative.

Manuel opératoire. - Un premier poinl d'une importance capitale piaula réussite opératoire, c'est de s'assurer, avanl de Taire la suture des deux extrémités de l'intestin réséqué, de la vitalité, c'est-à-dire «le l'irrigation suffisante de- parois intestinales.

Intestinale (Occlusion). 8 40

Voici, d'après Kochcr, les 6 temps d<- I cnléreclomic :

I" Temps. On attire hors de l'abdomen la portion d'intestin où siège le rétrécissement, el on l'entoure de compresses Irempées dans <l<- l'eau salée stérilisée (7 gr. •*> de sel par litre).

2e Temps. <)n place deux pinces modérément serrées cl <»n les oriente île façon qu'on ;iil à enlever plus d'intestin «lu côté <l<' la convexité que du côté de la concavité (insertion mésentérique).

5e Temps. — On coupe l'intestin entre les pinces el on désinfecte les sur laces de section avec une solution <le sublimé à 1/1000'. Après avoir pincé la portion correspondante <lu mésentère, on la sectionne.

4e Temps. - On vide, par compression, en commençanl par le poinl où sonl mises les pinces, les deux segments d'intestin maintenus el comprimés à une cei-laine hauteur par les deux doigts d'un aide. Les pinces sonl alors enlevées et les (Unw extrémités sonl nettoyées avec de la gaze stérilisée.

5e Temps. — Deux points de fixation, mis, le premier, àl'insertion mésentérique et, le second, au niveau de la convexité, affrontent les deux tubes intestinaux. On fait ensuite une suture continue (suture de fixation) qui prend toutes les couches de la paroi (le plus possible de séreuse el le moins possible de muqueuse).

()' Temps. — La ligne de suture ayant été désinfectée el l'insteslin lavé d'abord avec du lysol àl pour 100 et après avec une solution saline chauffée à 57°. on fait une deuxième suture (suture d'union). Les aiguilles doivenl être très fines; la soie également, mais solide cependant. Dans la suture on ne prend presque uniquement que la séreuse et un peu de musculeuse, pour que les séreuses renversées adhèrent l'une à l'autre sur une grande étendue (suture de Lembert). La suture d'union circulaire contournant sans interruption le tube intestinal, l'extrémité terminale du fil peut èlre liée avec le commencement. Après nouvelle désinfection, il n'y a plus qu'à réduire l'anse intestinale.

Résultats opératoires. — L'entérectomie pour rétrécissement tuberculeux donne naturellement de meilleurs résultats post-opératoires et surtout éloignés que celle pour rétrécissement cancéreux.

La statistique de Wôlfler (1896) donne 75 pour 100 de guérison pour les rétrécissements tuberculeux (24 cas); G5 pour 100 de guérison pour les rétrécissements cicatriciels (20 cas); 46 pour 100 pour des tumeurs récentes (114 cas), cancéreuses pour la plupart. Pour les tumeurs, L'entérectomie donnerait, d'après lui, 54 pour 100 de mortalité; el L'anus artificiel 22 pour 100.

Enfin, le môme chirurgien relate des cas de survie, ou même de guérison qu'on peut considérer comme complète, chez des cancéreux : un opéré de Gussen Bauer guéri depuis 16 ans, un de Mikulicz depuis 8 ans 1/2. de Gzernes depuis 6 ans, 7 cas de carcinome intestinal sans récidive après \ ans.

L'entérectomie pour tuberculose cœcale donnerait des résultats encore plus satisfaisants.

Quoi qu'il en soit, l'entérectomie, prise en elle-même, esl une opération grave. Et si, pour les raisons indiquées précédemment, elle ne peut être

Sil Intoxications.

pratiquée, le chirurgien pourra recourir soil à l'établissement d'anus artificiel, soit à une entéro-anastomose. c'est-à-dire à l'abouchement latéral de <leux anses intestinales, sans résection préalable.

Entéro-anastomose. — « L'absence de résection donne à cette opération une bénignité si particulière, qu'il importe de considérer ce fait comme une des caractéristiques les plus importantes de ce procédé opératoire... C'esl un anus contre nature qui débouche, non pas à la peau, mais dans une autre anse d'intestin. »

L'entéro-anaslomose peut porter sur les divers segments du tube inteslinal; et suivant les deux segments du tube intestinal entre lesquels on établit la communication, on pratique une iléo-iléostomie (deux anses grêles): une iléo-colostomie (intestin grêle et gros intestin); une colo-colostomie (deux anses du gros intestin); une colo-rectostomie (S iliaque et rectum).

La mortalité opératoire de l'entéro-anastomose pour cancer est de 25 pour 100, alors que celle de l'entérectomie pour cancer est de 54 pour 100 (Wôlfler).

Seule l'entérectomie, large et totale, semblerait ne devoir être pratiquée que pour les cancers où l'absence d'envahissement constalable peut faire espérer que l'opération ne sera pas suivie de récidive. Quant à l'entéroanastomose. cest l'opération de choix pour les rétrécissements non cancéreux de l'intestin; car la mortalité opératoire est peu élevée, et les opérés recouvrent, au bout d'un temps variable, l'intégrité des fonctions digestives.

Pour les occlusions intestinales produites par une in vagination chronique. après avoir ordonné de simples lavements à haute pression, des lavements électriques, et pratiqué le massage abdominal (manœuvres qui, tout en étant dangereuses du fait de la distension intestinale, le sont cependant moins que dans l'invagination aiguë), on aura recours à une des deux opérations déjà décrites : entérotomie ou laparotomie.

La laparotomie, pour invagination chronique, est souvent assez difficile. Pour De pas déchirer l'intestin, en essayant la désinvaginalion, après avoir reconnu la partie inférieure du boudin invaginé, il ne faut pas chercher à extraire directement l'anse imaginée, mais exprimer le cylindre ou tirer sur sa gaine.

L'entérectomie esl Indiquée dans le cas d'invagination irréductible, on d'invagination avec sphacèle. ou perforations.

Pratiquée à froid, Pentérectomie est d'un pronostic beaucoup meilleur pour les invaginations chroniques (Jue pour les invaginations aiguës.

On pourrait recourir à une entéro-anastomose établie par-dessus la portion invaginée, si des adhérences trop courtes ou trop étendues empêchaient la réduction de l'invagination. /'. DUVAL.

INTOXICATIONS. (Y. en général Poisons corrosifs, minerai \. médk uni n rEi \ ;

Y. aussi Alcoolisme, Alimentaires, Aniline, Arsénk ismi . Benzine, Carboni

Oxyde, Suli i re), Champignons, Cocaïne, Ergotisme, Hydrogène sulfuré.

Mercure, Morphine, Moi ils. Opium, Phosphore, Saturnisme, Tabagisme,

Vapeurs irritantes, etc.

Iode et iodures. 842

INTUBATION. \ I i BAGl

INVAGINATION. Y. [NTESTINAl i. (Oi Cl I SIOIN

INVERSION. Y. I n'iti s, Testicule.

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