OIS
;i) Kératodermies symptomatiques.
La pluparl des dermatoses,
lorsqu'elles siègenl aux extrémités, <»ni une lendance hyperkératosiquc ; telles sont la syphilis, l'eczéma, !<■ psoriasis, les uévrodermitcs, le lichen plan, le pityriasis rubra pilaire, etc. ( les manifestations kératosiqucs rcntrenl dans l'étude des dermatoses qu'elles accompagnent.
L'hyperkératose peul se développer à la suite d'irritations extérieures, de contacts incessants el prolongés, comme chez les personnes «jui ^e livrent à des travaux manuels pénibles (kératodermiesprofessionnelles).
L'administration prolongée de l'arsenic provoque aussi parfois l'hyperkératose, sans doute par l'intermédiaire de lésions du système nerveux (Kératodermie arsenicale).
h) Mais il existe aussi des kératodermies pour ainsi dire essentielles, iniépendanles de toute cause locale ou générale connue, «le toute dermatose cl qu'on peut ramènera trois lypes :
1° La kératodermie familiale, congénitale el héréditaire;
2° La kératodermie commune symétrique des extrémités, qui se développe d'ordinaire dans la seconde enfance, mais peut aussi apparaître tardivement, chez l'adulte, érythémateuse, irritable, peut-être en rapport avec une névrose centrale ;
3° La kératodermie en foyers des extrémités, qui se développe en îlots isolés et multiples aux paumes et aux planles, et qui est sans doute une trophonévrose d'origine centrale.
Symptômes. — Les kératodermies, quand elles n'accompagne ni pas une dermatose, débutent en général par un stade d'érythème el de desqua-
Fig. 290. — Kératodermie congénitale symétrique. Musée <!<■ Saint-Louis, 1173. [D'à] rès E. Besnier
mation plus ou moins prolongé. LTnc hyperidrose locale serait, pour Lenglet, le phénomène primordial.
Quand la maladie est constituée, les régions atteintes sont couvertes <l'une carapace cornée, jaune, jaunâtre ou tirant sur le gris el dont l'épaisseur varie de deux millimètres à plus d'un centimètre. Dans certains cas, la
Kératodermies symétriques.
couche cornée est compacte et ressemble à un durillon diffus, sillonné de quelques fissures et creusé, aux plis de flexion, de quelques rhagades profondes. Plus souvent, elle est découpée par des crevasses irrégulières en champs polygonaux de quelques millimètres à un ou deux centimètres de large, de sorte que la surface palmaire ou plantaire ressemble à un pavé, à une mosaïque.
Dans les cas extrêmes, les productions hyperkératosiques s'allongent en tiges prismatiques résistantes, longues de plusieurs centimètres, insérées sur une base cornée (Dupré et Mosny).
Dans certains cas, les lésions cornées sont disposées en plaques limitées
ou forment d'épais trac lus longilu- (f^jj^ |^ dinaux.
\ L'hyperkéralose peut occuper
loute la face palmaire de la main et des doigts, toute la face plantaire des pieds ; parfois même, elle s'étend sur la facedorsaledesdoigls.
mm
Fig. 291. — Kératodermie plantaire. Musée de Saint-Louis, 1833. (D'après A. Fournier.)
Elle peul aussi prédominer ou se montrer exclusivemen( eu certaines régions : ses sièges d'élection sonl alors, à la main, la région palmaire, au pied, le talon ou le point qui répond à la tête des métatarsiens.
L'hyperkéralose s'étend parfois à d'autres parties du corps, aux coudes cl aux genoux, par exemple.
La limite entre les plaques kératosiques el la peau saine esl souvent marquée par une bordure érythémateuse résultant du froissement du tégument normal contre le bord de la production cornée.
Au-dessous des amas épidenniques, le derme esl un peu sensible, quoique d'aspect presque normal. Les épaississements kératosiques peuvenl coïncider avec une rougeur marquée des téguments.
Quelques troubles fonctionnels accompagnenl les kératodermies. Les mouvements s*onl d'ordinaire gênés, surtout quand les fissures, entamant le derme, d<>\ iemieni douloureuses. Les malades ne peuvent exercer aucun travail exigeant <\i'> mouvements souples <»u un loucher délicat. Ou a parfois noté un prurit, d'intensité variable.
La sensibilité esl toujours intacte ; elle esl seulement un peu émousséc
Kératodermies symétriques. 920
en raison de I épaississemchl du derme, de sorte que la piqûre u esl res sentie que quand l'épingle a pénétré assez profondément la couche cornée.
Il existe souvenl de l'hyperidrosc plantaire; la sueur croupit alors dans les fissures, macère la couche cornée, enflamme l<- derme sous-jacenl : une odeur fétide se dégage des lésions.
Évolution. — L'évolution des kératodermies varie avec leur- causes.
Quand l'affection esl congénitale, elle esl sérieuse par la gêne qu'elle occasionne el son incurabilité.
La kératodermie érythémateuse, au contraire, ;i un*' marche rapide H cède facilemenl à un Lraitemenl approprié.
La kératodermie arsenicale ne guéril que lentement, quand on interrompt l'usage de l'arsenic; elle donne parfois naissance à un épithélioma à marche très rapide.
Quant aux kératodermies, qui ne sonl que la localisation palmaire ou plantaire de dermatoses généralisées ou de siège variable, eczéma, psoriasis, lichen plan, elc. nous renvoyons, pour leur élude, aux affections qu'elles représentent.
Formes. — Les aspects que nous venons <le décrire appartiennent surtout aux kératodermies congénitales.
La kératodermie commune esl une maladie acquise el subaiguë ; Téry- Ihème précède l'hyperkératose et forme une bordure 1res accusée" autour des placards cornés ; ceux-ci tendent à s'écailler plutôt qu'à se crevasser et la maladie guéril en quelques semaines.
La kératodermie arsenicale esl également acquise : elle est précédée de congestion des extrémités el de fourmillements et souvenl accompagnée d'hyperidrose. La couche cornée esl uniformément épaissie, sans crevasses ni desquamation, d'une transparence ambrée el simplement accidentée par la saillie exagérée des crêtes papillaires et par la présence de nodules cornés qui sonl presque caractéristiques.
Diagnostic. — On ne peul pas confondre avec les kératodermies symétriques des durillons professionnels, qui forment des plaques limitées dont le siège est en rapport avec les pressions ou les frottements exercés par certains outils.
Dans Yichtyose vraie, à laquelle certains ailleurs ont rattaché l'acrokératodermie héréditaire, il y a toujours un certain degré d'hyperkératose ; mais celle-ci esl toujours 1res modérée, l'épidémie esl souple, sans desquamation ni crevasses, et son épaississemenl esl pins appréciable au toucher qu'à la vue.
L'eczéma kératosique esl le pins souvenl partiel, l'orme des placards à contours dégradés, mal délimités. Sil esl quelque peu ancien, il a présenté des rémissions, des guérisons temporaires. Des lésions eczémateuses simples existent en d'autres points du corps, aux ongles en particulier.
Des caractères analogues permettent de reconnaître le vrai psoriasis palmaire et le lichen plan.
Quant aux syp/rilides palmaires et plantaires, lorsqu'elles sonl secondaires, elles offrent l'aspect d'éléments arrondis, isolés ou confluents : quand elles sonl tertiaires, elles ont des bords circules sur lesquels on
92 1 Kératose pilaire.
distingue parfois des éléments tuberculeux el elles s'accompagnent de rougeur psoriasiforme très accentuée du derme.
Traitement. — La kêratodermie symétrique congénitale est une affection des plus rebelles.
Brocq conseille de ramollir d'abord les couches épidermiques par des bains prolongés, des cataplasmes, des gants de caoutchouc, des compresses imbibées d'eau chaude et recouvertes de taffetas gommé, puis de les enlever avec un couteau, une lime, un racloir, une curette. On applique ensuite des emplâtres de savon noir jusqu'à ce que l'on soit arrivé à détacher tout l'épidémie corné ou à irriter les téguments. On fait alors des frictions bi-quotidiennes avec du glycérolé d'amidon renfermant un vingtième d'acide salicylique ou tar trique.
On peut aussi faire desquamer les masses cornées par l'emploi d'emplâtres salicylés forts :
Emplâtre diachylon . 100 grammes.
Cire jaune. . /
Acide salicyhque )
(\Y. Duhreuilh!
ou en badigeonnant les parties malades avec une solution élhérée d'acide sàlicylique à 10 pour 100 additionnée d'un peu de graisse (Unna).
Dans la kêratodermie commune symétrique, Brooke a donné de l'ichtyol à l'intérieur et appliqué une pommade à l'ichtyol et à l'acide sàlicylique.
Brocq préconise le savon noir et des pommades renfermant : soit 1 gr. d'acide sàlicylique et de calomel pour '20 gr. de glycérolé d'amidon ; soil 1 gr. de résorcine, d'acide t&rtrique et d'acide sàlicylique et 50 centigr. d'acide phénique, pour IN gr. de lanoline et 7 gr. de vaseline.
Contre la kêratodermie arsenicale, après avoir supprimé la médication nocive, on prescrira des applications desquamantes, (elles que- : emplâtres salicylés forts (voir ci-dessus), emplâtres de savon verl el décapage mécanique des masses cornées avec la pierre ponce.
Darier conseille de tenter la radiothérapie dans le cas de kêratodermie essentielle. FERNAND thêmouùres.
KÉRATOSE PILAIRE. Caractérisée par de minimes papules cornées péripilaires. qui aboutissent après de longues années à L'atrophie cicatricielle du follicule, la kératose ou xêrodermie pilaire [lichen pilaire de Bazin) est une dermatose des plus banales, puisque plus des deux tiers de gens pris au hasard la présentent à quelque degré. Héréditaire el familiale, elle coïncide fréquemmenl avec les caractères physiques attribués au tempéramenl slru m eux, el se développe sur des peaux froides, à circulation médiocre. Elle diffère de l'ichtyose vraie, avec laquelle elle ésl restée longtemps confondue (ichtyose folliculaire^ ichtyose ansérine), mais n'en présente pas moins avec elle une parenté indiscutable. Elle apparatl sur les membres cuire deux el cinq ans, plus lard ;i la face, a son maximum cuire quinze el vingl ans el s'efface à l'âge mûr. Sans doute doit-elle être considérée comme un vice ou un arrêl dans l'évolution des glandes pilo-sébacées. 1/ histologie montre la jse cornée péri pi la Ire faite de cellules imbriquées, qui dilatent cl
Kératose pilaire.
obturenl L'orifice folliculaire, amenant la rétention «lu poil; la glande séba cée esl atrophiée, et alentour se voient des cordons épithéliaux représentait! peut-être des follicules avortés (Jacquel (.
L'affection, toujours symétrique, a son maximum sur la face postérieure et externe des bras, puis aux coudes et à la face postérieure des avant-bras : elle atteint encore les régions externes <-i postérieures des cuisses, Les fesses, les mollets et le bas des jambes; dans Les cas extrêmes elle s'étend au tronc A la face, clic siège aux sourcils H à la région maxillaire.
C'est sur les membres (fîg. 292) que la Lésion élémentaire présente ses
Fig. 292. — Kéralose pilaire du bras. (Malade de Broeq. Photographie de Sotta*. )
caractères les plus nets : papule conique sèche, dure, cornée, surmontée souvent d'une petite squame, et dont la grosseur varie autour de celle d'une forte tête d'épingle. Elle correspond à un poil atrophié, frisottant, parfois cassé ras à son émergence ou enroulé dans l'épaisseur de l'amas corné. Les papules serrées donnent à la main la sensation d'une râpe, à l'œil l'aspect de la « chair de poule » (ichtyose ansérine). Petiles, elles conservent la teinte de la peau (kératose blanche), souvent colorée en gris sale parla crasse; plugrosses, elles sont d'ordinaire roses ou rouges (kératose rouge) cl le tégu-
923 Kératose pilaire.
ment participe plus ou moins à celle coloration, que la loupe permet de rapporter à une dilatation des pelits vaisseaux superficiels. Leur évolution dure des années, et les réduit finalement à de minuscules points d'un blanc mat, déprimés, cicatriciels. Dès la période d'état on trouve entre les grains visibles de semblables cicalricules; lorsque la maladie est ancienne, elles constituent la seule trace des lésions passées, et l'attention n'est guère attirée que par la disparition des poils.
A la face, où la kératose est également fréquente, son aspect est un peu différent. Les papules, extrêmement petites et serrées, forment un granité perceptible seulement à la lumière oblique. La télangiectasie, par contre, prend une plus grande importance, et les lésions apparaissent surtout sous forme de plaques érylhémateuses symétriques, avec atrophie pilaire. Elles occupent principalement la partie externe des sourcils, y déterminant une alopécie qu'il ne faudrait pas confondre avec celle de la syphilis; aux plaques sourcilières s'ajoutent souvent deux plaques frontales situées audessus de leur partie interne. D'autres plaques érylhémateuses (plaques préauriculaires) se voient sur les parties latérales des joues, formant deux bandes qui descendent respectivement de la tempe et de la pommelle, pour se rejoindre à l'angle de la mâchoire. L'espace inlersourcilier, le menton, les oreilles ne sont pris que dans les cas très accentués.
La kératose peut déterminer au cuir chevelu, chez l'homme adulte, de minuscules clairières, irrégulières et cicatricielles, occupant surtout le sommet de la tête (V. Alopécies). Elle accompagne presque conslammenl le monilethrix (V. Poils).
Diagnostic. — La kératose pilaire se reconnaît facilement, ne fut-ce que par ses localisations, des affections d'ailleurs beaucoup plus rares qui la simulent de plus ou moins loin : aux membres, il n'y a guère que le pityriasis rubra pilaire (v. c. m.); au tronc, le lichen scrofulosorum, les syphilides cornées, les affections peu connues dites acnés cornées (Y. Acné) ne peuvent guère prêter à confusion. 11 faut distinguer la kératose faciale de la couperosé, et ses reliquats atrophiques du lupus érythêmateux.
Traitement. Les mêmes médicaments internes (huile de foie de
morue, arsenic, sirop iodo-lannique) conviennent aux kéralosiques cl aux ichtyosiques. Le traitement est surtout externe; il ne donne guère, d'ailleurs, de résultats permanents. Dans les cas légers, il se réduit à un entre lien de la peau au moyen de bains, de savonnages, d'onctions grasses. Les cas accentués réclament une médication plus énergique : on emploiera le savon noir, les pommades soufrées, résorcinées, salieylées fortes, appliquées jusqu'à cuisson vive, de manière à provoquer V ex foliation (Y. Acné); dans l'intervalle, on calme au moyen de crèmes ou de pâles. Contre les rougeurs, Veyrières applique des compresses imbibées d'une solution très chaude de chlorhydrate d'ammoniaque à I 30, laissées en place un quart d'heure, trois fois par jour. Le même auteur préconise les douches locales filiformes à haute pression cl très chaudes. Enfin, comme dans les autres télangiectasies, on peut être amené à employer les scarifications linéaires (v. c. m.) ou l'ignipuncture fine. u s/ /
Kystes. 92 i
KERMÈS MINÉRAL Y \NTIMOINE.
KLEPTOMANIE. C'csl ['impulsion obsédante au vol. Kll<" apparaîl en général par accès.
Son caractère psychopathique est démontré par ce fa il que, dans la plu pari des cas, les vols son! dépourvus de loul mobile raisonnable : il s'agil souvent de sujets riches, cultivés, d'habitudes morales Loul à fail correctes, pour qui les objets dérobés n'ont pas de valeur ni d'utilité. Quand \\- s'en sont emparés, ils les jettent, les donnent, ou les entassent dans leur appartement et no s'en occupent |>lns. « L'acte délictueux étonne, <lil Lasègue, parce qu'il n'a ni aboutissant ni précédent » Sons sa forme obsédante, la kleptomanie s'accompagne d'une anxiété extrême; la satisfaction cou-, eutive à l'exécution de l'acte est assez rare.
Pris sur le l'ail, ces malades ne cherchent pas à se disculper; ils ont le sentimenl de leur faute et <le ses conséquences; la plupart en sont 1res humiliés. Quelques-uns cependant restent complètement indifférents au moment de leur arrestation. Ils se contentent d'avouer leur vol sans émotion apparente, mais aussi sans explication ni excuse.
La kleptomanie est plus fréquente chez la femme; les accès coïncident parfois avec l'époque des règles, de la grossesse, de l'allaitement. Le vol s'accompagne assez souvent d'une excitation génitale.
Les élalages des grands magasins favorisent certainement la kleptomanie, en multipliant les causes de tentation. Mais l'impulsion au vol est toujours le résultat d'une prédisposition psychopathique qui s'accompagne d'autres signes de déséquilibra tion, manies, obsessions diverses, etc.
On l'observe d'ailleurs dans une foule d'affections mentales, chez les débiles, les paralytiques généraux, les ramollis, etc.; mais les conditions du vol sont alors très différentes de celles qui caractérisent l'impulsion obsédante kleptomaniaque. De là parfois des problèmes médico-légaux de solution délicate exigeant un examen mental méticuleux.
HENRY MEIGE et E. FEINDEL.
KOLA. — V. Café, (-vféiques, Caféine.
KOUMYSS. — Le koumyss est une boisson que l'on prépare dans certaines régions de la Russie, en soumettant à une fermentation spéciale le lait des piments, de race particulière, qui paissent dans la steppe.
Le koumyss ressemble assez au kéfir (v. c. m.), donl il partage les propriétés. Il est loutefois moins nourrissant.
On prépare en France, sous le nom de koumyss, une boisson non pas exactement pareille, mais analogue au koumyss russe, en utilisant non plus le lail de jument, mais le lait de vache comme matière première. (Sur les indications thérapeutiques, voir l'article Kéfir.) HALLïON et CARR10N.
KRAUROSIS VULVAE. — V. V
ULVE.
KYSTES. — V. Tumeurs en général, l'on:, Échinococcose, Ovaire, Mamelle. Voir aussi Cor, Poplité, Épidermiques, Sébacés, etc.