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Onanisme. 2
peul évidemment déterminer amaigrissement, neurasthénie, Inaptitude au travail, mais il faut pour cela un abus déjà excessif. Toul enfanl déchu sans cause connue u'esl pas un masturba Leur obligé. Mais admettons après ces réserves que l'onanisme soil évident. Ici encore, nous rassurerons les parents démesurément inquiets, H plus que jamais ou proscrira toul moyen de force. Si l' enfanl esi en âge de comprendre, on lui expliquera doucemenl le danger d'une habitude pernicieuse, sans aller l'effrayer, l>ien à tort du reste, <lc menace de folie ou de perspective de mort à brève échéance. Si le raisonnement a peu de prise sur l'enfant, on conseillera aux parents de lui assurer une constante surveillance. A aucun moment il ne doit lui être possible de s'isoler pour se masturber, ("elle surveillance sera continuée la nuil ; et l'enfant ne se lèvera plus désormais infiniment plus las qu'il ne s'était couché la veille. Puis de l'hygiène : une gymnastique bien comprise, sans excès ; du travail sans surmenage; une alimentation dépourvue d'excitants. Le lit, l'habillement seront surveillés ; l'un ne doit être ni trop mou, ni trop dur, ni trop chaud; l'autre ne doit être ni trop flottant, ni trop ajusté. La constipation enfin sera combattue soigneusement, à l'égal de toutes les causes possibles de congestion pelvienne. Enfin, l'on surveillera les fréquentations : la contagion, la propagation des pratiques sexuelles étant de règle dans toute agglomération d'enfants, quel que soit le sexe. — Les médicaments, bromures, camphre, lupulin, seront proscrits autant que possible.
Pervertis. — Parmi ceux-ci, les uns nous seront encore amenés par leurs familles, nous connaîtrons les autres clans quelque expertise médicolégale, probablement pour outrage à la pudeur, viol ou tentative de ce genre. Ce sont les idiots, les imbéciles, certains épileptiques. L'onanisme ici est parfois un tic, souvent une perversion. Ces anormaux présentent fréquemment des malformations de la verge, des arrêts de développement i\v>, testicules (V. Perversions sexuelles).
D'autres viennent nous consulter en général d'eux-mêmes. Ce sont les cérébraux de Lasègue. C'est à propos de ces malades surtout que l'on décrivit en longs chapitres les méfaits de la manustupration. Or, l'onanisme est simplement chez ces malades une des caractéristiques du syndrome de dégénérescence; ce sont des abouliques, des phobiques, des scrupuleux, et leurs pratiques manuelles sont pour eux la source de mille angois>es. d'obsessions, de manies mentales. On a peu d'espoir de guérir ceux qui se masturbent après la puberté, après les premiers rapprochements sexuel s : on ne pourra que chercher à raisonner leurs idées s'ils demeurent chasles et masturbateurs par mysticisme ou par terreur des maladies vénériennes. Sinon l'hydrothérapie, l'hygiène, la médication bromurée peut-être, seront nos seules ressources contre la masturbation elle-même et contre l'impuissance vis-à-vis de la femme, qu'elle entraîne parfois lorsqu'elle est prolongée au delà de la première adolescence.
La manuélisation peut encore se ranger parmi les symptômes qui parfois marquent le début de certaines démences, d'un accès maniaque, et spécialement de la paralysie générale.
On voit donc (pie, dans la dernière catégorie de faits seulement, l'onanisme
5 Ongle incarné.
a quelque gravité. Dans les autres circonstances, lie ou habitude, il n'est que péché véniel (Brissaud): essentiellement passager, il disparaît de luimême dès que le coït est normalement et régulièrement pratiqué.
FRAXÇOIS MOUTIER.
ONGLE INCARNÉ. — On désigne ainsi une affection caractérisée par la pénétration du rebord de l'ongle dans sa gouttière latérale; le sillon ainsi formé s'ulcère, devient le siège d'un bourgeonnement fongueux et suppurant : il se produit un onyxis latéral, conséquence de l'ongle incarné; ces deux termes sont d'ailleurs souvent employés l'un pour l'autre.
L'ongle incarné est une maladie du gros orteil; il est rare aux autres orteils, exceptionnel à la main; de plus, c'est presque exclusivement sur le bord externe de ce gros orteil qu'il se développe. En effet, différent des quatre derniers orteils qui appuient sur le sol par leur extrémité, le gros orleil repose à plat, parallèlement à la surface unguéale, de sorte que les chairs ont une tendance naturelle à le déborder sur les côtés; cette tendance est plus marquée sur le bord externe, parce que, chez beaucoup de sujels, le second orteil est comme caché sous le premier et pousse contre l'ongle le bourrelet péri-unguéal.
C'est surtout chez les jeunes garçons de quatorze à vingt ans et dans les classes inférieures de la société que se rencontre l'ongle incarné; le rôle de la chaussure est évident, mais c'est le mauvais ajustement qu'il faut incriminer, plutôt que sa forme pointue ou carrée.
Certaines causes adjuvantes favorisent d'ailleurs l'incarnation et l'ulcération : les défauts de soin et de propreté, car les microbes pyogènes, présents dans la rainure de l'ongle, s'inoculent grâce à la macération par ta sueur, aux érosions dues à la marche, etc.
Symptômes. — Légère douleur, avec gonflement et rougeur, qui s'exagère par la marche et la station debout, qui diminue par le repos, formation d'une petite écorckure dans le sillon, le plus souvent en avant, tels sonl les symptômes de début qui peuvent ne pas aller plus loin si un traitement judicieux esl appliqué à ce moment. Dans le cas contraire, la petite érosion devient une véritable ulcération qui gagne d'avant en arrière toute la rainure unguéale. Lorsque l'ulcération est constituée, la suppuration esl fétide cl assez abondante; les tissus voisins s'œdématient et le bourrelé! Latéral augmente de volume en même temps qu'il devient dur. La surface de l'ulcération se couvre de fongosités saignantes qui empiètent plus ou moins sur la face dorsale de l'ongle, si bien que dans l'onyxis bilatéral l'ongle en
entier peul être recouverl par ces fongosités.
Les lisons avoisinanls sont rouges cl enflammés. L'orteil déformé, œdématié, arrive à prendre, dans les cas anciens, la forme d'une spatule. L'ongle se décolle, se ramollit, devient mince, mais il ne tombe jamais. La douleur est vive, empêchant le malade de marcher. Enfin la présence constante de celle ulcération détermine fréquemment des poussées Lymphangi
liques. Aussi celle affection COnst il iie-l-elle une infirmité sérieuse dont il
importe de bien connaître le traitement. Traitement. <>n évitera l'ongle incarné par le porl de chaussures
Ongles (maladies). '
larges el bien faites, ne rejetant pas le gros orteil vers l'axe du pied, et par une propreté rigoureuse; de |>lns on aura soin de couper l'ongle carré et
non arrondi.
Lorsque l'ulcération du sillon péri-unguéal survient, on doii insinuer doucement entre l'ongle el la rainure ulcérée quelques brins de coton ou de gaze, Loucher le fond du sillon à la teinture d'iode el prescrire le repos. On arrive par ces soins à guérir l'ulcération et on évite ainsi le traitement opératoire.
Mais chez les malados auxquels leur situation sociale ou leur métier ne permet lent pas un traitement minutieux et prolongé, il Tant intervenir.
L'opération doit extirper, avec le bourrelet fongueux, la partie correspondante de la matrice et du derme unguéal, de manière à détruire définitivement la partie incarnée de l'ongle. De nombreux procédés opératoires ont été décrits : nous indiquerons celui qui est le plus simple et le plus fréquemment employé.
Le gros orteil étant insensibilisé par une injection circonférencielle à sa base avec une solution de stovaïne ou de novocaïne à 1 pour c200, on introduit sous l'ongle l'une des branches d'une paire de ciseaux et on sectionne l'ongle dans toute sa longueur (V. pi. fig. 1). On arrache, à l'aide d'une pince de Kocher, la moitié de l'ongle correspondant au côté malade (V. pi. fig. 2). Puis, au bistouri, on enlève, avec le bourrelet fongueux, la matrice et le derme sous-unguéal, c'est-à-dire toutes les parties molles jusqu'à l'os (V. pi. fig. 3 et 4). 11 reste alors une cavité profonde au fond de laquelle on aperçoit la phalangette (V. pi. fig. 5); on peut simplement bourrer la plaie et laisser cicatriser, la guérison s'obtient en deux ou trois semaines. On peut mettre un point de suture qui diminuera la perte de substance à combler (V. pi. fig. 0).
Lorsque l'onyxis est bilatéral, l'ongle sera enlevé en entier, ainsi que sa matrice et son derme. t U> LABEY.
ONGLES (MALADIES). — Les ongles, annexes de l'épiderme, participent à presque
toutes ses lésions.
Symptômes. — Souvent à la lésion unguéale (onychosé) s ajoute celle des tissus environnants (péri-ony chose). Mais l'ongle peut être seul atte.nl.
Les onychoses affectent différents aspects, qui sont, pour Sabouraud :
1° La pachyonychose (Fournier), où l'ongle est épaissi en moelle de jonc sous la table externe conservée.
2° Vonychorrexis (Dubreuilh), dans laquelle l'ongle, qui devient fragile, présente de fines striations longitudinales accompagnées de fissurations.
5° V ongle ponctué ou grêlé, dont la table externe est taraudée de trous multiples à peine visibles ou, au contraire, très marqués.
4° L'aspect ostréacé, produit par des stries transversales qui sillonnent l'ongle comme une coquille d'huître.
.7 L'ongle évidé aux dépens de sa table externe et de sa substance même.
0" Vonychogryphose (Virchow); les ongles, surtout ceux des orteils, forment une griffe ou une corne s'élevant plus ou moins verticalement, au heu de former une lame mince parallèle à la phalange.