ONGLE INCARNÉ
Fig. i.
Une branche des ciseaux est introduite sous l'ongle, l'autre est en dessus : l'ongle est coupé par le milieu.
Fig. 2.
Une pince de TÇocher saisit la moitié externe de l'ongle et l'arrache.
Au bistouri on circonscrit la moitié de la matrice unguéale correspondant à la partie de l'ongle enlevée.
Fig. 4.
Le bistouri extirpe la matrice unguéale et te bourrelet fongueux.
Fig. 5.
La matrice unguéale.
te derme sous-unguéal cl te bourrelet sont
enlevés.
Fig. 6.
Un point de suture
rapproche les /■>(■/ .A
de la perle de
substance .
\ Victor Veau. in Vr . tecbn, opéi . .
5 Ongles (maladies).
Il est impossible de classer les lésions unguéales d'après leurs caractéristiques anatomiques, encore mal établies. On doit se borner à les cataloguer d'après leur étiologie.
A) Les altérations des ongles surviennent souvent au cours des dermatoses connues, dont elles ne sont qu'une manifestation locale. On les rencontre dans les teignes, le fa vus (onychomy choses), le psoriasis, l'eczéma, la pelade, les érythrodermies, etc.
Leur description fait partie de l'étude de ces dermatoses (V. les articles Psoriasis, Eczéma, Teignes, Favus, Pelade, etc.). Il faut rattacher à ce groupe les lésions diverses, assez analogues à celles de l'eczéma, et qui sont liées aux dermites professionnelles, comme la gale des épiciers, l'eczéma artificiel des plâtriers, etc.
B) D'autres fois, les ongles seuls sont malades. Les lésions qu'on observe alors dépendent de causes externes ou de causes internes.
1° Parmi les lésions unguéales de cause externe, il faut citer :
a) Celles qui dépendent de traumatismes ou d'infections locales. Telles sont Y ecchymose sous-unguéale, le décollement de l'ongle et son remplacement par un ongle nouveau, V inflammation des tissus péri-unguéaux et In formation d'un panaris unguéal et sous-unguéal, les onyxis et pêH-onyxis traumatiques, Yongle incarné, etc.
Toutes ces lésions, y compris les blessures, les brûlures, les corps étrangers sous-unguéaux, les tumeurs de la phalange, etc., sont du domaine de la chirurgie.
h) Il y a des altérations unguéales d'origine professionnelle. Elles sont • le plusieurs sortes :
x) Colorations de diverses natures, brun noirâtre chez les ébénistes, chez les saturnins quand ils ont louché une préparation sulfureuse quelconque; brun très noir chez les écaleurs de noix ; rouge acajou chez ceux qui manient l'acide azotique ou l'azotate d'argent; bleu chez ceux qui fabriquent l'indigo, etc.
p) Usures générales ou partielles, qu'on voit chez les blanchisseurs, les boyaudiers, les bijoutiers, etc., dont les ongles sont altérés méeaniquemenl : chez les teinturiers, dont les lésions varient avec les sels qu'ils emploient, etc.
2° Les affections unguéales qui relèvent de causes internes sont fréquentes.
v.) Les nues dépendenl «les grandes pyrexies. On en a noté dans les fièvres éruplives, dans la fièvre typhoïde, dans toutes les maladies de longue durée, surtout quand elles s'accompagnent d!une dénutrition profonde. Elles se traduisent ordinairement par des sillons transversaux plus ou moins marqués.
6) D'autres sont liées à divers états morbides chroniques : chlorose, cardiopathies, diabète, cancer, tuberculose, lèpre, syphilis, etc.... La même maladie peut provoquer des onychoses diverses; c'est ainsi que, dans la tuber culose, il peut survenir un onyxis cl un périonyxis suppuré, dit scrofuleux, on bien simplement la déformation bien connue sous le nom à'ongle hippo cratique. De même les onychoses syphilitiques cl lépreuses comportent divers aspects (V. Tuberculose, Swiums Lèpre, etc.).
•-) Les lésion* du système nerveux^ qui produisent des lésions cutanées,
Ongles (Maladies). <>
in lé ressent aussi le système unguéal. Ori a signalé des troubles atrophiques ou dystrophiques des ongles dans l'ataxie locomotrice, la syringomyélie, [hémiplégie, la paralysie générale, l'épilepsie, la neurasthénie, l'hystérie. Le type le plus simple et le plus commun de ces troubles est constitué par le sillon transversal ou plutôt arciforme que produil sur l'ongle toul I rouble momentané de la santé générale.
c) Restent les affections propres aux ongles, qui sont des plus rares. On peut les grouper en trois catégories :
1) L'hypertrophie des ongles (onychauxis-onychogryphosc).
2) L'atrophie dès ongles (onychatrophie). 5) Les anomalies de colorai ion.
I" Hypertrophie des ongles. — Elle est congénitale ou acquise.
Tantôt, uniforme, elle ne compromet pas l'aspect général de l'ongle (onychauxis) ; tantôt, iirégulière, elle altère la couleur el la forme du phanère qui jaunit ou brunit, s'épaissit et s'élève surtout vers sa partie moyenne, se couvre de sillons plus ou moins profonds, s'incurve, se lord, simule <\c> griffes, des lire-bouchons, etc. (onychàgryphose).
Le lit de l'ongle est en quelque sorte très épaissi; celle hyperkéralosc de la matrice sous-unguéalè peut exister seule, surtout au gros orteil.
11 faut couper, rogner, limer, gratter ces productions cornées. Deux médicaments paraissent avoir une certaine action sur les hyperkératoses : ce sont l'arsenic, ingéré sous forme d'acide arsénieux, d'arséniale de soude. d'ârséniate de fer, de cacodylate, et d'acide salicylique en applications locales. On prescrit des badigeonnages avec une solution alcoolique d'acide salicylique ou mieux une pommade au trentième, au vingtième, au dixième, donl la lanoline et la vaseline forment l'excipient; on introduit celle pommade sous l'ongle dans les cas d'hyperkératose sous-unguéale, puis on enveloppe le tout d'emplâtre diachylon ou mieux d'emplâtre à l'acide salicylique (Brocq).
On a également recommandé, dans le môme but, les oléales de plomb et d'étain, les doigtiersde caoutchouc en permanence, les solutions de potasse, les emplâtres mercuriels, l'acide pyrogallique, etc.
2° Atrophie des ongles. — Presque toujours due à une cause locale ou générale, l'onychalrophie semble, dans quelques rares cas, primitive; elle est, dans ce cas, congénitale ou acquise. L'ongle, plus petit et plus mince qu'à l'état normal, se détache le plus souvent du derme sous-unguéal, qui est sec et s'effrite en minces lamelles.
Brocq a décrit une affection singulière, qui survient surtout chez les jeunes sujets, dans laquelle la matrice unguéale se gonfle el devient plus ou moins douloureuse; puis l'ongle se soulève1 peu à peu, se casse, s'effrite, finit par ne plus être représenté que par une petite lame cornée striée et disparaît parfois complètement. Peu à peu, la matrice revient sur elle-même el l'atrophie définitive est constituée. Celle affection envahit d'ordinaire plusieurs doigls de la main, quelquefois tous; elle est symétrique.
Le traitement de l'atrophie unguéale est bien décevant. On a préconisé des applications locales de diachylon, d'emplâtre rouge, d'emplâtre de Vigo, d'huile de foie de morue, d'huile de cade, d'oléatesde zinc el de plomb, ele.
7 Onirique (Délire).
5° Les anomalies de coloration des ongles sont :
L'hyperchromie, qui accompagne d'autres lésions unguéales ou s'observe dans certains cas de mélanisme généralisé : l'ongle devient jaune, brun, noirâtre môme; le pigment y est disposé sous forme de stries plus ou moins foncées ;
La décoloration ou albugo, ou ac/tromie, ou leuconychie (Unna), lésion fréquente, caractérisée par des taches d'un blanc mat, parfois fort nombreuses, ou par des stries perpendiculaires à l'axe du doigt. Cette affection, qui atteint d'ordinaire les ongles des doigts, mais s'observe aussi sur ceux des orteils, est quelquefois congénitale, le plus souvent acquise et consécutive en général à de petits Iraumatismes.
Quand cette décolorai ion esl d'origine traumatique, il suffit de préserver les ongles des manœuvres et des instruments qui peuvent les léser (manucure). Quand elle est congénitale el due à un vice de kératinisalion permanent, on ne peut que se borner à masquer les taches blanches en les teignant avec une solution alcoolique très étendue d'éosine ou avec la poudre conseillée par Joseph et composée de 10 gr. d'oxyde de zinc et de 10 centigrammes de carmin. FERNAND TRÊMOLIÈRES.
ONIRIQUE (DÉLIRE). — Nous résumerons d'après Régis, et en reproduisant ses propres expressions, le syndrome qu'il a désigné du nom de délire onirique (délire de rêve), délire qui survient au cours des infections el intoxications (Y. Délire infectieux), el qui, d'après lui, est caractéristique de celles-ci. Ce délire « naît et évolue dans le sommeil; il est constitué par des associations fortuites d'idées, par des reviviscences hallucinatoires d'images et dé souvenirs antérieurs, par des scènes de la vie familiale et professionnelle, par des visions le plus souvent pénibles, par des combinaisons d'événements él ranges, impossibles, éminemment mobiles et changeants, ou doués au contraire d'une certaine fixité, qui s'imposent plus ou moins complètement à la conviction ». Ce délire peut n'avoir lieu que la nuit, ou le jour quand le malade ferme les yeux, ou d'une façon continue, « véritable rêve 'prolongé ».
Sortis de leur délire, les malades n'en conservent aucun souvenir ou seulement un souvenir lacunaire et confus. Mais, fait très important, ilspeuvenl conserver « quelque idée fausse, isolée, obsédante, tenace, reliquat d'une <les conceptions principales de leur rêve hallucinatoire, sorte de monoidéisme, d'idée fixe post-onirique. » Disons, en passant, qu'un phénomène analogue se retrouve dans l'alcoolisme, et plus spécialement dans les cas que Le grain a décrits sous le nom de délire à éclipse] d'ailleurs le délire alcoolique a depuis longtemps été comparé parLasègue à un délire de rêve, Dans les cas de Le grain, le malade garde dans son subconscient une idée délirante de la réalité de laquelle il esl convaincu, cl qui peu! réapparaître au cours d'une rechute.
Les malades n'assistent pas passifs à leur délire onirique comme les hommes normaux à leur rêve, « simples spectateurs des objectivations cinématographiques de leur automatisme mental », ce sonl do ■ dormeurs actifs, en mouvement; comme les somnambules ils vontdu rêve muet au rêve parlé el au vr\c d'action, dans une perception plus ou moins
Onychophagie. s
de l'ambiant qu'ils mêlent à leurs conceptions fantastiques ». Comme nous venons de le voir, Régis admet que les malades sonl dans un état de som aambulisme, dans un étal second. Celle assimilation esl. discutable.
Cet état de rêve se combine fréquemment à un état de confusion mentale (v. e. in.). — Régis fait d'ailleurs rentrer le délire onirique dans la confusion mentale - mais pourrait se présenter isolément. M. TRÊSEb.
ONOMATOMANIE. — Obsession par un mot. On l'observe assez fréquemment chez les déséquilibrés; elle se présente sou-, plusieurs formes : c'est d'abord la recherche du mot qui échappe à la mémoire; ou bien, c'est un mol qui s'impose avec insistance à l'esprit; à celle obsession s'ajoute l'impulsion irrésistible à le répéter; enfin certains psychopathes attachent une idée funeste ou préservatrice à tel ou tel mot prononcé ou entendu au cours dune conversation.
L'onomatomane subit toutes les anxiétés d'un obsédé; comme ce dernier, il est soulagé dès que le mot obsédant a été retrouvé, ou prononcé, ou conjuré par une formule spéciale. (V. Obsessions.)
Celui qui cherche à retrouver un mot emploie toutes sortes de stratagèmepour se tirer d'affaire; il se munit d'un carnet portant les mots dont la recherche est obsédante, môme d'un dictionnaire.
Lorsqu'il s'agit de l'impulsion irrésistible à prononcer le motquis'impo- •. ce mot esl ordinairement grossier ou injurieux (V. Coprolalie). Dans le cas où l'onomatomane attache une signification funeste à un mot, il éprouve un malaise anxieux dans la crainte d'entendre prononcer le mot fatal: lui-même, pour éviter ce mot, emploie les circonlocutions les plus étranges.
Ceux qui éprouvent le besoin impérieux d'employer les mots réputés préservateurs emploient souvent des formules bizarres, sans signification. (Quelquefois le malade oppose aux mots néfastes des mots préservateurs : blanc à noir, bonheur à malheur, 14 à 13.
HESRY MEIGE et E. FEINDEI..
ONYCHOPHAGIE. — On donne ce nom à l'habitude vicieuse de se ronger les ongles.
Cette habitude esl fréquente chez les jeunes prédisposés, issus de souche psycho-névropalhique. Elle s'atténue, disparaît même souvent, avec les progrès de l'âge, mais laisse presque toujours des traces indélébiles.
Comme toutes les habitudes morbides, l'onychophagie a pour point de départ une cause réelle. La première fois que le sujet porte son ongle à sa bouche, c'est pour se débarrasser d'une sensation désagréable. Etant donnée la délicatesse extrême de la sensibilité unguéale, le plus minime traumatisme provoque une sensation, sinon douloureuse, du moins gênante. Chacun sait combien une cassure d'ongle est désagréable, souvent même irrilante. Tandis que les sujets normaux n'attachent à ces légers accidents que la faible importance qu'ils méritent, les prédisposés, au contraire, s'ingénient à faire disparaître la sensation désagréable. Dans ce but, au lieu de recourir à la lime ou au ciseau, ils se servent de leurs dents pour régulariser la brèche unguéale. Ils n'arrivent quà l'exagérer, et, s'entêtant dans leur
9 Onychophagie.
manœuvre, ils finissent par arracher tout le bord libre des ongles, en créant de nouvelles aspérités qui, à leur tour, sont l'objet de nouvelles morsures, et ainsi de suite indéfiniment.
Ainsi se crée une habitude qui bientôt devient une « seconde nature ». L'onychophage ronge ses ongles, alors même qu'il n'éprouve aucune sensation désagréable, mais il éprouve un impérieux besoin de les mordiller. Bientôt il ne peut plus se contraindre; dans toutes les circonstances de la vie il porte ses ongles à sa bouche, les mord, les arrache, fût-ce au prix dune douleur. Peu à peu, il entame non seulement le bord libre des ongles, mais il s'efforce de détacher ceux-ci de l'épiclerme sous-jacent. Les ongles diminuent progressivement de longueur et finissent par être réduits à une très petite lunule, au-devant de laquelle fait saillie un énorme bourrelel cutané. Ces déformations ne sont pas seulement inesthétiques; elles nuisent à la délicatesse des actes manuels; en outre, les morsures réitérées, les lambeaux d'ongles, d'épiderme arraché, ouvrent une foule de portes aux agents infectieux; de là des inflammations, des panaris, etc. Et plus tard des cicatrices disgracieuses.
Il y a toutes sortes de variétés d'onychophages. Les plus fréquents s'attaquent à l'ongle lui-même. D'autres arrachent les parcelles d'épiderme qui les entourent, la plupart avec leurs lèvres, quelques-uns avec leurs doigts, portant ensuite à leur bouche la pellicule épidermique arrachée. Il en esl même, dans cette dernière catégorie, qui se livrent à la môme manœuvre pour les ongles des pieds.
Pour toutes sortes de raisons, il faut sévir avec rigueur contre Jes habitudes onychophagiques. Outre les inconvénients des déformations disgracieuses et les dangers d'infection qui peuvent en résulter, chez l'enfanl surtout, on ne saurait assez recommander d'étouffer les premières tentatives de ce genre. Sans doute l'onyehophagie eu soi n'a pas de gravité vitale, mais elle indique une prédisposition à contracter toutes les habitudes anormales ou vicieuses, quelles qu'elles soient. 11 esl du devoir des parents ou du médecin de corriger de bonne heure ces tendances.
Lorsque ronyehophagie est de date ancienne, lorsqu'il s'agit de grands déséquilibrés, sa guérison est toujours lente, souvent même impossible. On y parvient plus aisément chez les jeunes sujets grâce à une surveillance permanente, par des exhortations, des réprimandes, des punitions au besoin.
On peut avoir recours à des topiques amers placés sur les ongles : pommade au sulfate de quinine, à l'aloès ou à lassa fœlida. L'amertume ou la fétidité suffisent souvent à rappeler l'onychophage à l'ordre.
Dans les formes plus invétérées on conseillera l'emploi permanent des gants jour et nuit. Kl l'on spécifiera les gants de til. car les gants de peau
SOnl souvent ronges à la place des ongles. La sensation désagréable que
produit le til sous les dents permet d'éviter cet écuèil.
Enfin, on peut être obligé, chez les sujets récalcitrants, et surtout lorsque l'entourage familial n'a pas la ténacité nécessaire, d'attacher les mains avec (\c> lacHs li\és à la ceinture, de façon que l'enfanl puisse encore faire cer
tains mouvements, mais qu'il lui soit impossible de porter ses mains à la bouche. HENRY HEIGi
Oosporoses.
ONYXIS
\ . < Ingle, ( Ingle incarné.
oosporoses (Synonymie : Discomycoses, Nocardoses, Micromycoses,
Microsiphonoses.,.). Sous ce nom, Roger réunit toutes les mycoses dues ;i dos parasites <lu genre Oospora, les plus connues de «-es infections étanl l'aclinomycose et le pied de Madura. Les Oosp&ra sonl des champignons inférieurs à filaments mycéliens feutrés, à conidiophores courts cylindriques terminés par une chaînette de conidies (ou spores) petites, globuleuses, hyalines ou de couleur claire; ces conidies naissenl par étranglement successif de l'extrémité du filament qui se différencie sous le nom de conidio-
Fîg-. 1. — Oospora (Discomyces, Xocardia, Microsiphon, etc.) en culture. — 1. filaments, fins et Ion--. embroussaillés, ramifiés dichotomiquement. De courts rameaux, dits conidiophores (r), plus gros, se terminent par une file de spores arrondies (s). — 2. Filaments fragmentés, que)ques-un> sonl ramifiés en V Y, d'autres sont allongés, d'autres courts bacilliformes (6), intensément colorés ou clairs au centre et colorés seulement aux deux extrémités. — .". Cultures en bouillon, montrant les divers aspects des Oospora : filaments (/"), tronçons bacilliformes (6), formes courtes ressemblant à des coccobacilles ou à des cocci (m), file de spores détachée (s) simulant une chaînette de streptocoques. Cette diversité d'aspect pourrait faire croire à une culture impure d'Oospora infecte de bactéries.
pliore (fîg. J). Les parasites de ce groupe onl une nombreuse synonymie dont il faut être prévenu pour éviter toute confusion; on les appelle : discomyces, streptothrix1 actinomyces, actinobacille, actinobacterium, mycobacterium, cladothrix, nocardia,microsip/Lon, etc.... Beaucoup d'auteurs, se re fusant avec Yuillemin à admettre le genre Oospora, emploienl l'appellation de Dyscomices et de DiscOmycose. D'autres préfèrent les mois de Nocardia el Nocardoses.
Oosporoses.
Les Oospora sont 1res répandus dans le monde extérieur, dans l'air, le sol, l'eau, sur les débris végétaux, les feuilles, les grains, les fruits en putréfaction, le bois mort... et l'expérimentation a montré que beaucoup de ces Oospora « sauvages » étaient pathogènes pour les animaux. La fréquence des Oospora explique la fréquence des oosporoses; les occasions de contagion sont multiples : traumatisme cutané ou muqueux, ingestion alimentaire ; le parasite pénètre par une blessure, par une perte de substance pathologique. Il crée une lésion locale d'où parfois il se dissémine dans tout l'organisme, déterminant des lésions variées presque toujours modulaires, à suppuration chronique; il ne respecte aucun tissu.
Le nombre des oosporoses humaines augmente chaque jour :
IC1 groupe. — L'actinomycose ou mieux les Actinoinijcoses (car des travaux nombreux ont démontré la pluralité des agents des « lésions actinomycosiques ») comprennent :
I" VActinomycose de Ilarz ou actinomycose proprement dite, due à YOospora bovis communis (fig. 2), dont les observations ne se comptent plus chez l'homme et chez les animaux.
2° UOosporose de Wolf Israël, due à YOospora Israëli, dont les cas deviennent de plus en plus nombreux.
(D'après Wright, ces deux mycoses [1° et 2°] ne sont qu'une seule et même maladie, dont l'agent est loospora cultivé par Wolf Israël? [V. Actinomycose]).
."" De l'oosporose de Wolf Israël, Ravaut et Pinoy rapprochent la nouvelle mycose qu'ils viennent de décrire et qui est due au Discomyces [oospora) Thibiergi.
Puis on classe des observations isolées, plus ou moins semblables eliniquemenl à l'actinomycose : les pseudo-actinomyeoses ou mieux oosporoses à grains jaunes. Ce sont :
4° Oosporose de Moosetig-Moorhof, de Dor, de
V\iï. -2. — Oospora bovis Culture sur pomme <!<• terre glycérinée, montagneuse, saillant, irrépulière, noire, recouverte d'une couche jaune-soufre de -~\>"\ ea
Poncet.
5° Oosporose de Hesse.
6° Oosporose de Garten..., etc.
Les actinobacilloses dues à ['actinobacille de Lignières et Spitz, au bacille de Beretsneff, au bacille de Cozzolino, au bacille de Sawtchenko, au bacille de Krassnobajew, forment le groupe des « pseudo-actinomyeoses bacillaires » ou mieux actinobacilloses, pour les distinguer des actinom\ coses «lues à des oospora.
Ainsi se poursuit le démembrement de l'ancien groupe «le « L'Aclinonn cose ».
Oosporoses.
II' groupe. Les mycétomes ou pieds de madura (v. c. m.) son
souvent dus à des OOSpora,à L'Ou8pora hkiiIii r;r de Vincent 1(5 plus souvent.
à l'Oospora /yo/'/.s quelquefois.
(Il faut se souvenir que Ions les pieds de madura ne sonl pas dus à des Oospora^ les recherches récentes de Nicolle et Pinoy, de Brumpt, Bouffard, ont montré que beaucoup de ces lésions étaient provoquées par des Aspergillus ou AspergiHoïdes). [Les groupes I et II : actinomycoses el mycétomes, comprennent la plus, grande partie des oosporoses dites « uosporoses à grains »].
IIP groupe. — Oosporose(Discomycose) d'Eppinger, due à YOospora astéroïdes, découverte par Eppinger et par Almquis dans des abcès cérébraux ayant simulé une méningite (lig. 3). Ce parasite a été retrouvé par Sabrazès et Rivière, dans une pyohémie chronique et subaiguë simulant la tuberculose avec abcès pulmonaires, cérébraux et cutané-, multiples, par BuchhoHz dans une pleuro-pneumonie, par Reretsneff dans un abcès cérébral consécutif à une broncho-pneumonie, par Aoyama et Miyamato dans une caverne pulmonaire, par Mac Calluin dans une péritonite pseudo-tuberculeuse.... Les manifestations d'Oosporose d'Eppinger sont donc multiples.
IVe groupe. - Dans ce groupe artificiel, on peut réunir des observations éparses aux localisations polymorphes :
Oosporoses bucco-pharyngées dues à VOospora buccalis, dont Roger a montré la fréquence, révélant la forme d'abcès de l'amygdale ou de stomatite à plaques blanches ressemblant au muguet. Des oospora ont été trouvés dans trois cas de pyorrhée alvéolo-dentaire par Sabrazès, dans un cas de noma par Perthes, dans la langue noire pileuse par Guéguen, dans un chancre de l'amygdale par Lasserre. dans des angines chez des malades atteints ou suspects de diphtérie.... On peut en rapprocher l'œso phagile signalée par Langer et consécutive à une piqûre par un épi de blé, quelques cas d'entérite (Pottein), de rares cas de péritonite localisée (Nechczadimenko) .
Oosporoses pulmonaires, pseudo-tuberculoses cacheclisantes soin eut mortelles, de Vincent et Soulié, Rullmann, de Donna, Pelruschki (sa malade a guéri sous l'influence des injections d'oosporine, tirée des cultures de son propre parasite), de Norris et Larkin. Caverne pulmonaire et pseudotuberculose miliaire généralisée de Flexner. Broncho-pneumonie chronique
Kig. r>. — Oospora astéroïdes.
Culture sur pomme déterre glycérinée. Voile orangé, finement circonvolvé, patfois poudre d'ime poussière blanchâtre.
Oosporoses.
cl subaiguë de Roger Bory et Sarlory, due à YOospora pulmonalis (fig. i)... Ces lésions oosporiques des poumons peuvent déterminer des pleurésies purulentes oosporiques.
Septicémies et pyohémies oosporiques : Le parasite parti d'un i'oyer buccal ou pleuro-pulmonaire embolise et provoque des endocardiles, infarctus rénaux, abcès cutanés disséminés et suri oui des abcès cérébraux.
Oosporoses oculaires : Concrétions lacrymales ducs à YOospora Fôrsteri, qui peut donner des lésions des voies lacrymales (Silberschmidt) ; dacryocystite suppurée; kéralile parenchymaleuse (Nedden) ; conjonctivite avec ulcéra lion de la caroncule lacrymale due à YOospoj-a aurea (Bois Saint-Severin) et qui guérit par l'instillation de jus de citron; conjonctivite purulente due à YOospora luteola ( Koulerton et Jones). Ulcéralions oosporiques de la cornée (De Bernadinis et de Donna)....
Ve groupe. — Oosporoseou Discomycose de Carougeau revêtant l'aspect des nodosités juxta-arliculaires, si bien décrites cliniquement par Jeanselme. due à un parasite nouveau découvert par Gougerot avec Carougeau. cl dénommé Dlscomyces Carougei.
VIe groupe. — Oosporose épidermique : Erythrasma (v. c. m.), dû à YOospora minutissima (Sabouraud).
Cette simple liste prouve le polymorphisme anatomo-cli nique des oospo roses. Le diagnostic clinique, facile dans certains cas d'actinomycose, de pied de madura, doit le plus souvent être complété d'examens bactériologiques : recherches des grains et des filaments dans le pus, les concrétions et les crachais, soit par la méthode de Qram ou ses modifications, soil par les impré -nations argent iques (Largine de R a vaut et Ponselle) ; - cultures sur pomme de terre glycérinée, sur sérum glycérine, sur gélose" glycosée, en bouillon mail osé à £ pour 100; sporo-agglutination el fixation de Widal et Abrami, excellente méthode permettant de déceler des oosporoses pro fondes, fermées, inabordables.
Le pronostic des oosporoses, sauf quelques cas de lésions superficielles ou limitées traitées dès le début, esl toujours sérieux et le plus souvent tr6s
Fig. 4.
Oospora pulmonaire de Roger Bory et Partory. due à YOospora pulmonalis.
H Opérations.
ave Le traitement est celui de l'actinomycose : agir le plus tôt possibl alli'an, |:l médication iodo-iodurée générale h locale a I exérèse chirurç
//. GOUGEROT.
cale
OPEN DOOR. - Textuellement : porté ouverte-, ce terme désigne le régime de la liberté la plus complète dans l'assistance et le traitement des aliénés. Le premier dogme est l'abolition de tous les moyens de contention ; camisole de force et ses succédanés, gants, ceintures, entraves, fauteuils de force. Tous ees procédés sonl en effet dangereux, cruels, surannés, mol lu-a. :es. Us sont remplaces par l'alitement systématique et la balnéation. Malheureusement l'insuffisance numérique du personnel a obligé les plus convaincus à recourir, très exceptionnellement d'ailleurs, à la camisole dans certains cas, en particulier dans les cas d'affections chirurgicales.
L'open-door suppose non seulement la disparition de la contention immédiate, mais encore l'indépendance de plus en plus large donnée aux allées, au moyen de promenades, de travaux agricoles, de sorties dans leur famille : enfin la forme complète consiste en l'assistance familiale (V Colonies familles) Dans les asiles ordinaires, et surtout les asiles urbains et suburbains, l'application de l'open-door est limitée par l'insuffisance numérique des infirmiers et les catégories de malades qui y sont places.
M. TRÊNEL.