SEGMENTS MÉDULLAIRES
Protubérance.
4e segment cervical.
5' segment cervical.
6e segment cervical.
7e segment cervical.
8e segment cervical et 1er segment dorsal.
Quadriceps.
Triceps sural.
5e segment lombaire.
1er segment
sacré.
2e sacrée (Sarbo).
1419 Réflexes.
Anomalies des réflexes. — Si quelques auteurs, comme 0. Berger disent que les réflexes peuvent être abolis à l'état normal, la grande majorité admettent, avec Kollarits, qu'il s'agit toujours d'états pathologiques. Babinski montre que lorsque les réflexes sont faibles des deux cotés, et en outre plus faibles d'un côté que de l'autre, il y a évidence d'un état pathologique. Plus délicate est l'appréciation de la sub-réflextivité, c'est-à-dire de l'affaiblissement des réflexes également des deux côtés.
Une des conséquences de l'abolition des réflexes peut être l'apparition d'un réflexe paradoxal. Tel est le réflexe paradoxal du coude.
Réflexe paradoxal du coude. — Il consiste dans une flexion de l'avantbras sur le bras quand on percute le tendon du triceps brachial. 11 faut admettre avec Babinski qu'à l'état normal la percussion du triceps provoque deux réflexes : le réflexe d'extension et le réflexe de flexion, le premier remportant de beaucoup sur le second. Si le réflexe d'extension disparaît, le réflexe de flexion apparaîtra d'une façon paradoxale.
L'inversion du réflexe tendineux du triceps brachial a été regardée par Souques comme un signe de participation du faisceau pyramidal au cours des affections qui abolissent certains réflexes tendineux, et pour celte raison il semblait que ce pouvait être un signe d'hémiplégie associée au tabès, ou de sclérose combinée tabétique. Babinski, Dejerine et Jumentié, Lian, Souques lui-même, ont montré que cette participation du faisceau pyramidal n'était pas nettement démontrée dans ces cas. Sablé a vu cette inversion au cours d'une hémiplégie banale; Heuyer et Michel Begnard ont localisé, après Dejerine, l'inversion du réflexe olécranien dans le 7e segment radiculo-médullaire.
Réflexe paradoxal du genou. — De même nature est le réflexe de flexion de la jambe sur la cuisse, consécutive à la percussion du tendon rotulien. C'est le réflexe paradoxal du genou (Bénédikt, Dejerine et Jumentié).
Cette inversion du phénomène du genou a été aussi étudiée par H.Claude, qui la met en rapport avec une destruction des 2e, 5e et ¥ segments de la moelle lombaire, alors que les segments inférieurs L5 Sj S2, sont le siège d'une compression ou d'une irritation : d'où inversion.
Inversion du réflexe du radius. — Quand la percussion de l'extrémité inférieure du radius provoque, non plus la flexion de l'avant-bras sur le bras, mais la flexion de la main et des doigts, elle constitue le phénomène d'inversion du réflexe du radius (Babinski). Ce signe indique une lésion de la 5e paire cervicale ou de la 5e cervicale, et se rencontre souvent dans la syringomyélie, qui est une affection surtout cervicale (Claude et Volter). Moniz l'a trouvé dans un cas de syringomyélie associée à une réaction de dégénérescence des muscles biceps et long supinaleur, dont l'innervation dépend de C5et de Cc. (Test la confirmation du substratum de l'inversion du réflexe du C. Babinski l'a vérifié dans une tumeur du 5° segment cervical. Klippel et Monier-Vinard l'ont trouvé dans un cas de section de la 5e cervicale. Souques et Slephen Chauvet l'ont trouvé aussi dans un cas de paralysie infantile, où la topographie des atrophies musculaires et les réactions électriques ont montré une atteinte de C3 et de C6, qui sont l'origine du musculo-culané, du circonflexe et du radial.
Réflexes. 1420
Il suffît pour cela que les lésions de la moelle cervicale ue soient pas complètes sur toute L'étendue des rentres de motilité du membre supérieur. Pour «pic celle apparitionfût complète, il faudrait en effet que les désordres s'étendissenl du 5' segment, centre du réflexe de flexion de l'avant-bras sur le bras, jusqu'au 81' segment cervical, centre du réflexe de flexion de la main cl des doigts. Pour que l'inversion du réflexe du radius se produise, il faut que : 1° il y ait une lésion du 5e segmenl cervical; 2° que le 8e segmenl cervival ait conservé son intégrité ; 5° qu'il existe une perturbation du système pyramidal au-dessus du 8e segment. En même temps on peul observer, par suite d'une action destructrice ou perturbatrice des faisceaux pyramidaux, une exagération des réflexes tendineux des membres inférieurs.
Inversion du réflexe cubito-pronateur . — Le réflexe de pronation de Pierre Marie et Barré est localisé par Babinski au niveau du 0e segment cervical. André Gendron et Flavien Boy admettent celle localisation. Le réflexe, qui est cubito-pronateur à l'état normal, peut devenir cubilofléchisseur des doigts. Il signifie une lésion de la moelle cervicale au niveau de C7 ou de C8, ou de la première dorsale.
Maladies dans lesquelles on trouve l'abolition des réflexes. — L'abolition des réflexes que l'on rencontre dans le tabès a une progression ascendante. Babinski a montré que le début se fait par le réflexe achilléen : quelquefois, il y a une abolition des deux réflexes rotulien et achilléen. Les réflexes des membres supérieurs ne sont atteints que consécutivement, contrairement aux conclusions de Frankel.
Dans les névrite*. Babinski insiste sur la signification pathologique de l'absence du réflexe achilléen au cours de la sciatique. L'abolition ou l'affaiblissement simultané du réflexe achilléen et du réflexe du fascia-lata, est un signe de sciatique radiculairc; l'abolition ou l'affaiblissement de ce même réflexe coïncidant avec la conservation du réflexe du fascia-lata sérail un signe de sciatique tronculaire.
L'abolition des réflexes se voit encore dans la poliomyélite antérieure et dans la Maladie de Friedreich; dans cette dernière affection l'abolition des réflexes est toujours définitive.
Les lésions intra-spinales (myélite, néoplasie, hémalomyélie) déterminent l'abolition des réflexes en rapport avec la hauteur des altérations. On sait que, d'après la loi de Bastian, à la suite de la section complète de la moelle, il y a disparition des réflexes tendineux. Severino et Giauri ont montré la transformation de paraplégie spasmodique en paraplégie flasque, sans section complète de la moelle, et admettent que cette flaccidité ne nécessite pas la section complète, mais seulement l'interruption de l'arc réflexe en un point.
Babinski a signalé l'abolition des réflexes rotulien et achilléen en rapport avec la spondylose et donnant l'aspect d'un pseudo-tabès spondylosique.
L'abolition des réflexes existe également dans la myopathie primitive progressive. Elle n'est pas en rapport avec l'atrophie musculaire. Alors que certains croient pouvoir chercher la raison du phénomène dans la concomitance de lésions nerveuses, Babinski et Jarkowski pensent qu'elle est en
1 12 1 Réflexes.
rapport avec une altération partielle des muselés et due à la perle de l'excitabilité idionuiseulaire.
Exagération des réflexes. — En vertu de la loi de symétrie exprimée par Babinski, les réflexes tendineux étant forts des deux côtés, on admettra comme certitude de leur état pathologique ce fait qu'ils sont plus forts d'un côté que de l'autre; l'asymétrie est plus commune dans l'exagération des réflexes que dans l'abolition.
Babinski donne le critérium suivant de l'exagération des réflexes : il y a sur réflectivité lorsque, le sujet ne contractant pas volontairement ses muscles, l'excitation tendineuse détermine dans le groupe musculaire qu'on explore, une série de contractions rythmées. Tel est le clonus du pied, donl la valeur n'est complète que lorsqu'il est obtenu en l'absence de toute contraction volontaire des muscles de la jambe; sinon, il s'agit d'une trépidation fruste que l'on peut observer chez des sujets sains. C'est également cette dernière variété de clonus qu'imiteront les simulateurs. Elle s'observe enfin assez communément chez les tuberculeux, alors qu'ils ne présentent aucun signe d'une affection organique du système nerveux.
Signes de Rossolimo et de Mendel-Bechterew. — L'exagération des réflexes peut être encore décelée aux membres inférieurs par le signe de Rossolimo (une chiquenaude relevant les orteils provoque une flexion réflexe de ceux-ci) ou parle signe de Mendel-Bechterew (flexion réflexe des orteils provoquée par la percussion de la face dorsale du pied, alors qu'à l'état normal on devrait constater une extension des quatre derniers orteils).
Maladies dans lesquelles on trouve l'exagération des réflexes. - L'exagération peut s'observer dans nombre d'affections cérébrales, dans Y hémiplégie organique (Gendron et Mirallié ont observé quelques minutes après l'ictus l'exagération des réflexes).
L'exagération des réflexes fait défaut dans l'hémiplégie sans dégénération secondaire (Babinski). L'absence d'exagération a été souvent notée également dans l'hémiplégie infantile, et peut-être, dans ces cas, cela tient-il à ce que la couche opto-striée est seule atteinte, alors qu'il n'y a pas de dégénération secondaire du faisceau pyramidal.
L'exagération des réflexes peut quelquefois être suivie de diminution ou d'abolition des réflexes dans les cas d'hémorragie méningée, d'hémorragie de la capsule externe, de néoplasme intra-cranieu.
L'exagération des réflexes s'observe plus communément dans les lésions de la moelle. Alors que dans l'encéphale, l'exagération va de pair avec des troubles paralytiques assez accentués, l'exagération des réflexes peut coexister dans la moelle avec une conservation à peu près complète de la force musculaire.
L'exagération des réflexes est observée dans nombre d'autres affections : dyscrasies, infections, empoisonnements.
Maladies provoquant à la fois de l'exagération et de l'abolition des réflexes. — Association d'hémiplégie et de tabès. — Quand il y a abolition des réflexes préalable, l'apparition d'une hémiplégie n'influence pas les réflexes; quand les réflexes tendineux sont simplement affaiblis, la sclérose pyramidale peut créer l'exagération des réflexes. Le réflexe rolulien peut être cou-
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serve et Fachilléen aboli s'il survient alors une hémiplégie. Ii y a alors exagération du réflexe rotulien contrastant avec l'apparition du réflexe achilléen ou inversement.
Dans le tabès avec hémiplégie, les réflexes du membre inférieur peuvent rester abolis; au contraire, il peut y avoir exagération des réflexes du membre supérieur.
Enfin, avec l'apparition d'hémiplégie au cours du tabès, on peut voir s'exagérer le réflexe de flexion de l'avant-bras, alors que les autres réflexes sont abolis; on peut aussi voir apparaître dans toute son intensité le réflexe paradoxal du coude (Souques, Babinski). Si, aucontraire, le tabès survient après l'hémiplégie, il se produit l'abolition des réflexes.
Roque, Chalier et Nové-Josserand admettent que les réflexes peuvent revenir dans le tabès après hémiplégie. Rauzier et Roger ont montré dans l'hémiplégie prétabétique l'abolition du réflexe rotulien, coïncidant avec l'exagération des réflexes aux membres supérieurs.
Les causes de l'abolition des réflexes semblent en général prévaloir toujours sur celles de l'exagération, et c'est là un phénomène qui s'observe également dans la Maladie de Friedreich et dans la Sclérose latérale amyotrophique.
RÉFLEXES CUTANÉS. — Nous pouvons distinguer, d'après Babinski, d'une part : les réflexes abdominaux, la contraction réflexe du fascia-lata, le mouvement réflexe de flexion des orteils, et, d'autre part, les mouvements réflexes de flexion du pied, de la jambe et de la cuisse.
En ce qui concerne le premier groupe de réflexes, il est difficile de dire s'ils peuvent être exagérés. Pour le deuxième groupe, il en est autrement, ils peuvent être manifestement exagérés. On les a appelés Réflexes cutanés de défense, ou simplement Réflexes de défense.
Pierre Marie et Foix ont critiqué cette appellation de « Réflexes cutanés de défense »,et leur ont donné la dénomination de Réflexes d'automatisme médullaire.
Ces réflexes sont exagérés lorsque l'amplitude de leur mouvement est plus grande, la durée de leur contraction plus longue, et la zone réflexogène plus étendue; elle peut gagner la jambe et souvent envahir le tronc.
Réflexes cutanés proprement dits. — Celui qui a provoqué le plus de recherches a été le phénomène des orteils ou Signe de Babinski, qui consiste, à l'état normal, dans la flexion des orteils par l'excitation de la plante du pied; à fétat pathologique, dans V extension des orteils. Un grand nombre de signes ont été décrits qui ne sont que des modalités du Réflexe de Babinski. Ce sont : le Signe de Gordon dans lequel le phénomène des orteils est obtenu par la pression des masses profondes du mollet, les muscles de la jambe étant relâchés, le malade couché ou assis sur une chaise, et, dans ce cas, les pieds étant sur un tabouret, en rotation externe légère. Alors que le Sigfhe de Babinski indiquerait une lésion établie, ce réflexe paradoxal signifierait : simple irritation du faisceau pyramidal ; le Signe d'Oppenheim, s'obtient en frottant le bord postéro-externe du tibia ou la face interne du tibia; le Signe de Scheffer, en serrant le tendon d'Achille: le
1 i23 Réflexes.
signe dé Thomnev par pression de la voûte du pied; le Signe de Redlich, en rayant la face postérieure de la jambe ; le Signe de Bentley-Frochmorlon par la percussion du tendon du long extenseur propre du gros orteil ; le Signe de Austregesilo et Esposel, où le phénomène se produit par excitation de la cuisse; dans le Procédé de Logre où le Signe de Babinski peut être provoqué par la recherche du Signe de Kernig.
Le Réflexe de Babinski peut encore apparaître par l'excitation électrique faradique (Lewy).
On a pu voir aussi le réflexe croisé de Vorteil par excitation de la plante du côté sain (Otto Maas, Byrom Bramwell). Diverses autres modalités du réflexe plantaire croisé ont aussi été observées par Byrom-Bramwell; l'excilation du côté paralysé peut amener l'extension bi-latérale, tandis que l'excitation du côté sain peut amener la flexion des deux côtés; telle est aussi la flexion contra-latérale du gros orteil, en hyperextension consécutive à une excitation par pincement de la cuisse droite, observée par Guillain, par Souques, par Pierre Marie. Quand il y a extension des deux côtés, on peut observer également l'extension croisée des deux côtés. Enfin, alors que le réflexe plantaire n'apparaît pas par l'excitation directe, il peut apparaître en extension des deux côtés par l'excitation croisée (Arthur Willard, Fairbanks).
Variations. — Les réflexes cutanés peuvent subir des variations. Babinski, Ozorio de Almeida, ont montré qu'ils disparaissent sous l'influence de la bande dEsmarch. Quand ils reparaissent, le signe de l'orteil est précédé de la flexion normale des orteils. Pendant ce temps, les réflexes cutanés de défense sont augmentés, alors que les réflexes tendineux ont disparu. Gordon a montré que le Phénomène de Babinski disparaît dans le sommeil chloroformique, qu'on le trouve immédiatement après l'ictus. Il admet qu'il est absent dans les lésions transversales de la moelle, aussi leur attribue-t-il une origine encéphalique. Higier, de Varsovie, a observé également le Signe de Babinski d'une façon précoce après l'apoplexie, confirmant ainsi les constatations de nombreux auteurs. Mattirolo a publié une observation de section complète de la moelle avec abolition de tous les réflexes tendineux et cutanés.
Enfin, Dejerine et Levi-Valensi, Dejerine et Long ont publié une observalion de section de la moelle au niveau de C7 et de C8, avec conservation des réflexes cutanés. Cette observation est en opposition avec la localisation du Réflexe de Babinski dans le mésocéphale ou l'encéphale. Dans des cas analogues, on a constaté la conservation des réflexes crémastérien et abdominal (Bruns, Brach, Crocq, Tooth, Boby, Rose). Le réflexe plantaire peut être produit en flexion par une excitation légère (Bowlby, Walher) ou par une piqûre profonde (Senator, Eger, Bash). L'extension a été signalée par Joly et Rosé. Elle étail constante dans les cas observés par Collier.
Dans une observation de Potts et Weisenburg, le Signe de Babinski n'a pu être obtenu que lorsque la lésion — en l'espèce une tumeur cérébrale — a atteint le centre cortical de la jambe.
Le Signe de Babinski peut, dans certains cas, s'épuiser par des excitalions successives et disparaître. Il peut être diminué par la recherche con-
Réflexes. I 12 \
comilante du réflexe rotulien (J. Bauer et P. Brach). Knud Krabbe m pu obtenir 1<* réflexe plantaire en flexion chez un fœtus de 4 mois. Nous signalerons enfin que le Signe de Babinski a été observé dans 19,6 {joui- 100 des cas de diphtérie (Rolleston), cl de 86 pour 100 des cas de crises d'épilepsie, alors que le réflexe d'Oppenheim n'existait que dans ^8 pour 100 des crises.
Le Signe de Babinski a été constaté chez les rhumatisants clironiques par André Léri, qui le considère comme un signe de méningo-myélite. Dans li cas qu'il a étudiés, au contraire, Fernandez Sanz a toujours trouvé la flexion des orteils.
Parmi les troubles des réflexes constatés au cours de la chorée, le Signe de Babinski a été trouvé par un certain nombre d'auteurs (Charpentier, Babonneix, André Thomas, G rené t).
Nous rappellerons que le Réflexe de M endel-B éditer ew consiste dans l'extension des orteils après la percussion de l'articulation cubito-métatarsienne : c'est un réflexe dorso-plantaire du pied. Pierre-Marie et Thiers ont montré que ce réflexe pouvait se produire, non seulement par la percussion de cette région, mais aussi par la percussion d'une région quelconque de la jambe, de la cuisse, de la crête iliaque et même par un coup violent sur la jambe du côté opposé. André Thomas a obtenu une flexion plantaire du pied par percussion du tendon du jambier antérieur.
Réflexes cutanés de défense ou d'automatisme médullaire. — Ces réflexes ne sont pas à la vérité des réflexes exclusivement cutanés et peuvent être également provoqués par l'excitation de la sensibilité centripète musculaire (S. de Gordon), osseuse, articulaire. Le plus intéressant parmi eux est le réflexe de Retrait des membres inférieurs, étudié par Pierre Marie et Foix sous le nom de Phénomène des raccourcisseurs .
Phénomène des raccourcisseurs de Pierre Marie et Foix. — Ce réflexe peut être provoqué de diverses façons, mais la meilleure est, d'après ces auteurs, la flexion progressive des orteils sur le métatarse. Cette manœuvre entraîne, à l'état pathologique, le triple retrait du pied sur la jambe, de la jambe sur la cuisse, de la cuisse sur le bassin. Il se voit chez les hémiplégiques après l'ictus, au cours des hémiplégies constituées, dans les paraplégies organiques, et semble donc toujours lié à une lésion du faisceau latéral. D'autre part, ce réflexe peut encore être obtenu par la pression transversale du pied, ou encore par la même manœuvre que le Signe de Gordon, c'est-à-dire par la compression forte du mollet et ces manœuvres démontrent de la façon la plus formelle qu'il ne s'agit pas de réflexes cutanés mais de réflexes provoqués par l'excitation de la sensibilité profonde ostéo-articulaire ou musculaire. C'est un phénomène analogue que Claude désigne sous le nom d! hyperkinêsie réflexe chez les hémiplégiques, par pincement ou piqûre. Le raccourcissement du membre se produil, et c'est pour Claude un pronostic de récupération motrice. Des faits analogues ont été signalés également par Bechterew, par Bertolotti, sous le nom de mouvements associés automatiques, par van Woerkom.
Réflexe d' allongement croisé. — Enfin, Pierre Marie et Foix ont signalé l'existence d'un réflexe d'allongement croisé, l'excitation d'un membre infé-
I 125 Réflexes.
rieur provoquant le raccourcissement du membre excité, rallongement du membre coni ra-latéral. Ce réflexe est chez l'homme l'homologue du réflexe d'extension croisée de Philipson, étudié expérimentalement par Sherrington qui a montré ses rapports avec l'automatisme de marche.
On peut rapprocher de ces faits, les réflexes contra-latéral, identique et réciproque étudiés par Brudzinski, Graco, au cours des méningites de l'enfance. La flexion passive d'un membre provoque tantôt la flexion, tantôt l'allongement du membre opposé. Cependant, ces derniers phénomènes ne s'observent pas au cours des affections pyramidales. Pierre Marie et Foix comparant leur réflexe aux autres réflexes cutanés de défense, montrent que souvent l'excitation du segment distal d'un membre provoque la contraction réflexe des raccourcisseurs, alors que l'excitation du segment proximal provoque une contraction réflexe des allongeurs. Le réflexe des allongeurs du membre inférieur est le mouvement antagoniste du réflexe des raccourcisseurs. Il est très analogue au réflexe fémoral de liemak.
Le réflexe des raccourcisseurs est associé le plus souvent au phénomène de Babinski, bien que leur dissociation soit possible et comporte la même signification que l'un des deux signes isolés. Il comporte non seulement la contraction de certains groupes musculaires, mais encore l'inhibition de certains autres (Pierre-Marie et Foix). Aussi son premier stade est-il la disparition de la contracture des allongeurs. Ce sont là des phénomènes d'inhibition réflexe que ces auteurs rapprochent de l'inhibition réflexe des clonus, notamment du clonus du pied, par une excitation centripète énergique.
Au contraire des réflexes cutanés ordinaires qui ne mettent en jeu que les muscles correspondant aux segments excités, ils comportent donc la synergie fonctionnelle de tous les muscles du membre qui exécute le mouvement réflexe, et présentent ainsi le caractère très spécial de mouvements automatiques coordonnés complexes.
Interprétant alors la signification de ces mouvements : réflexe des raccourcisseurs et, d'autre part, réflexe d'extension contra-latéral, Pierre Marie et Foix montrent qu'il s'agit de véritables phénomènes d'automatisme médullaire, et correspondant à l'expression la plus habituelle de cet automatisme, c'est-à-dire à l'automatisme de la marche. Le Signe de Babinski devrait être rattaché à l'ensemble de ces mouvements automatiques complexes, dont le mécanisme est un mécanisme de marche, et le Signe de Babinski (mouvements isolés du gros orteil), constitue souvent le réflexe automatique minimum. Le Signe de Babinski et le réflexe des raccourcisseurs sont donc produits par des excitations de même nature, mais seulement différentes de degrés, et ils se produisent dans des mêmes conditions pathologiques : les lésions du faisceau pyramidal.
Babinski, Vincent et Jarkowski ont signalé l'intensité des réflexes cutanés de défense dans la Maladie de Friedreich, avec association de l'abolition des réflexes tendineux. Babinski et Jarkowski ont montré, d'autre part, que dans les compressions médullaires, la limite inférieure est en général fixée par la hauteur à laquelle s'élève le territoire des réflexes de défense, et comme l'anesfhésie peut marquer la limite supérieure, on peut ainsi fixer l'étendue de la compression. Si l'écart des deux lignes est grande, il s'agit
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Réflexe?. 1 126
d'une tumeur extra-duremérienne ou d'une pachyméningite. Si l'écart est petit, c'est une tumeur intra-duremérienne. Souques, Marburg, Chadzynski ont signalé l'abolition de certains réflexes cutanés : abdominal, crémastérien, fessier, dans la sclérose en plaques.
Réflexes divers. — Nous devons encore signaler certains réflexes qui ont plutôt le caractère de mouvements associés.
Phénomène des doigts de Gordon. — L'avant-bras étant soulevé, si Ton comprime le pisiforme, il y a extension des doigts, qui se placent quelquefois en éventail; c'est là un signe de maladie organique. Souques provoquait ce même phénomène par l'élévation seule de l'avant-bras.
V. Sterling a signalé Y adduction syncinétique du bras malade, quand on provoque l'adduction forcée du bras sain. Haïmiste a signalé le même phénomène d'adduction syncinétique pour le membre inférieur.
Réflexe de Gordon dans la chorée. — Le malade étant dans le décubitus, après percussion du tendon rotulien, la jambe s'élève rapidement pour revenir lentement à la position primitive, c'est le réflexe tonique.
Toby-Cohn a décrit Y extension réflexe du genou : Le malade étant dans le décubitus dorsal, la jambe légèrement fléchie sur la cuisse, le talon ne portant pas sur le sol, la plante du pied étant soutenue par la paume de la main de l'observateur, si l'on percute la plante du pied, on provoque une extension nette du genou.
Levi-Bianchini a observé le réflexe tétanique du quadriceps chez les aliénés cholériques; par pression des muscles du sommet et de la jambe, on obtient une contraction immédiate et énergique du quadriceps de la cuisse, le plus souvent ce réflexe est bi-latéral.
Le réflexe cutané du dos, ou réflexe de la masse sacro-lombaire (Noïca), ou réflexe dorso-lombaire de Bertolotti s'obtient par excitation de la peau des flancs. 11 existerait chez les enfants. On a signalé de même le réflexe glutéal (Haskovec); il s'obtient par percussion du milieu de la partie inférieure du sacrum.
Le réflexe du diaphragme s'obtient par l'excitation de la région mamelonnaire. 11 produit une rétraction de l'appendice xiphoïde. Il disparaît dans la paralysie du diaphragme, dans la névrite du nerf phrénique ou dans certaines cardiopathies.
Réflexe cornéen. — Quoiqu'il n'entre pas dans notre programme de parler des réflexes oculaires, nous signalerons cependant l'abolition du réflexe cornéen du côté paralysé, chez les hémiplégiques (Milian, Ch. Meunier), l'abolition du réflexe cornéen signalée par Oppenheimdans les tumeurs de l'étage postérieur du crâne, du côté de la tumeur, par compression de la racine sensitive du trijumeau, et observé également dans d'autres affections par d'autres auteurs.
Comment se comportent les réflexes cutanés par rapport aux modifications des réflexes tendineux. — Alors que tous les réflexes tendineux font défaut, comme chez les tabétiques, il n'est pas rare d'observer la présence des réflexes abdominaux et du réflexe plantaire. Inversement, dans les paraplégies spasmodiques, on peut observer l'abolition des réflexes abdominaux et du rétlexe crémaslérien. et l'exagération des réflexes de défense.
Réflexes.
Des phénomènes <lc même ordre ont été observés dans l'hémiplégie. Van Gehuchten a cherché à opposer les réflexes tendineux aux réflexes cutanés. Cette conception n'est pas à l'abri de la critique. Il existe un certain nombre de faits qui vont à rencontre, en particulier l'observation du malade de Dejerine et Lévy-Valensi atteint d'une lésion traumatique de la région cervicale, ayant déterminé une section complète de la moelle : les réflexes de défense étaient exagérés, et le réflexe cutané plantaire était en flexion. Ce fait est donc contraire à l'hypothèse de van Gehuchten, d'après lequel ce réflexe serait d'origine corticale.
Babinski a étudié les diverses modalités qui peuvent résulter de l'association ou de la dissociation de trois phénomènes : exagération des réflexes tendineux, signe des orteils, exagération des réflexes de défense. Il les a résumées dans le tableau ei-dessous.
REFLEXES TENDINEUX
Exagérés
Exagér
Exagérés.
Normaux, affaiblis ou
abolis.
Affaiblis ou abolis
Affaiblis ou abolis.