SIGNIFICATION CLINIQUE
Présent.
Légèrement
exagérés ou normaux.
Lésion pure de la voie pyramidale; par exemple : paralysie spastique d'Erb ou hémiplégie avec dégénération secondaire.
Absent.
Légèrement
exagérés ou normaux.
Même signifieation que ci-dessus, ou bien lésion périphérique (arthrite).
Présent.
Très exagérés.
Compression de la voie pyramidale; par exemple: tumeur intra-rachidienne, pachy méningite, lésions pottiques ; ou encore plaque de sclérose diffuse.
Présent.
Très exagérés.
Même signification que ci-dessus ; en toute probabilité d'une lésion des arcs tendino-réflexes.
Ce mode d'association semble lié surtout à des lésions scléreuses diffuses de la moelle.
Présent.
Très
exagérés
et brusques.
C'est le mode d'association que nous avons trouvé, Jarkowski, Vincent et moi, dans la maladie de Friedreich.
Présent.
Légèrement
exagérés ou normaux.
Lésion de la voie pyramidale
associée au tabès.
L'exagération du réflexe rotulien, et l'abolition du réflexe cutané plantaire, s'observe dans 70 pour 400 des cas de démence précoce hébéphréno-
eata tonique (Maillard). Dupré, chez les débiles, a trouvé également une exaltation des réflexes tendineux et une altération du réflexe plantaire (absence, indifférence ou inversion de la réaction normale). Euzière, dans les confusions mentales, n observé la dissociation des réflexes. Les réflexes
Rein en fer à cheval. '1 428
cutanés disparaissent, les réflexes tendineux s'exaltent, puis tout disparaît. Les réflexes peuvent revenir en sens inverse, et c'est là pour Euzière une preuve de l'origine toxique des confusions mentales.
Rapport de l'exagération des réflexes tendineux et de la contracture. — Babinski a montré que le sort de la contracture est principalement lié à celui des réflexes tendineux.
En 1906, il a émis l'idée que la section des racines postérieures de la moelle pourrait supprimer le spasme. C'est le principe de l'opération de Fœrster (V. Rauicotomie). C'est surtout dans la Maladie de Little que cette opération a été pratiquée avec succès. Il est cependant vraisemblable qu'à côté de la contracture associée à l'exagération des réflexes et à la dégénération du faisceau pyramidal, on peut voir une autre rigidité musculaire dépendant plus du spasme que de la contracture, et causée sans doute, comme dans la Maladie de Wilson par une altération de la couche optostriée, sans participation du système pyramidal.
Dans ces cas, la rigidité musculaire est sujette à des variations, la stabilité de la contracture est moindre que dans les paraplégies spasmodiques, comme la paraplégie de Erb.
On peut rapprocher de ces faits la dissociation du tonus musculaire et des réflexes tendineux où, le plus souvent, on observe l'exagération des réflexes avec tonus normal; 18 pour 100 de sujets normaux, et 28 à 32 pour 100 d'épilepliques ou de psychopathes présentent cette dissociation
Il peut donc exister une contracture indépendante de l'exagération des réflexes.
Cette contracture se fait le plus souvent en flexion par perturbation des réflexes cutanés de défense. Elle est dite « contracture cutanéo-réflexe », et elle s'oppose à la contracture « tendino-réflexe », qui se fait en extension par l'exagération des réflexes tendineux (Tabès dorsal spasmodique). Klippel et Monier-Vinard ont publié une observation qui confirme cette conception de Babinski : la contracture était en flexion, et il y avait exaltation des réflexes de défense. O. CROUZON-
REIN EN FER A CHEVAL. — On désigne sous ce nom une malformation congénitale des reins, caractérisée à la fois par un déplacement des deux glandes et une fusion de leurs pôles inférieurs le plus souvent.
Cette symphyse incomplète des reins donne lieu à un organe médian et concave. Il forme une sorte de croissant ou d'U, en avant de la colonne vertébrale et des gros vaisseaux qui se trouvent inscrits dans cette concavité. Généralement l'ouverture de l'U ou du fer à cheval regarde en haut, car ce sont, le plus souvent, les pôles inférieurs qui se sont soudés. Exceptionnellement, elle regarde en bas, quand la fusion s'est faite au niveau des pôles supérieurs. La fusion des pôles supérieurs et inférieurs donne lieu à une nouvelle anomalie désignée sous le nom de rein annulajre.
Chacun des reins a conservé, au moins à peu près, sa forme habituelle. Il a ses vaisseaux propres, son canal excréteur propre. Mais, très souvent, on trouve de nouvelles anomalies parmi les éléments du pédicule. C'est
1 429 Rein (Exploration rénale).
ainsi que, presque toujours, le bassinet et l'uretère occupent le plan antérieur du pédicule, alors que les vaisseaux lui sont postérieurs. L'uretère passe à peu près toujours au-devant du fer à cheval.
La fusion des reins n'entraîne ordinairement aucun trouble du fonctionnement urinaire, et le diagnostic de cette malformation n'est fait qu'au cours dune intervention. Mais chacune des deux moitiés du fera cheval peut être malade, isolément ou simultanément.
On a pu avoir à intervenir pour des calculs, des rétentions suppurées ou non. La situation anormale du rein en rend l'abord difficile et Ton est forcé de tenir compte des nouveaux rapports qu'affectent la glande et les éléments du pédicule.
L'embarras peut être beaucoup plus grand, quand il s'agit de pratiquer une néphrectomie d'un des deux reins fusionnés.
En général, la région de fusion est peu vasculaire et saigne relativement peu à la coupe; aussi le plus simple est-il de faire une section cunéiforme aux dépens de la moitié restante et de suturer ensuite au moyen de quelques fils les deux lèvres de la plaie. RAYMOND GRÉGOIRE.
REIN iEXPLORATION RÉNALE). — Les recherches nouvelles sur les procédés d'exploration du rein comprennent :
1" Les procédés d'exploration du rein lui-même;
2° Les procédés d'exploration des fonctions du rein.
Procédés d exploration du rein. — Radiographie. — Nous insisterons ici sur les résultats fournis par la radiographie. Celle-ci peut donner des renseignements de première importance.
a) En ce qui concerne tout d'abord l'état de Vorgane, Pasteau et Belot, Aubourg, etc., ont montré que le rein peut être décelé par la radiographie; celle-ci révèle non seulement l'existence de l'organe gros et bosselé, mais encore celle d'un rein petit, atrophié. Il est vrai que ce procédé d'exploration ne donne pas toujours de résultat.
b) Il permet de déceler des calculs rénaux et urétéraux. Tous les calculs rénaux ne sont pas décelables par l'épreuve radiographique; les calculs composés de phosphates de chaux, de cystine donneront des ombres beaucoup plus intenses sur la plaque que les calculs composés d'urates, et surtout d'acide urique, d'acide oxalique et de xanthine. Parmi les causes d'erreur dans l'appréciation de l'image, nous signalerons les nodosités cicatricielles, l'ossification des ligaments sacro-sciatiques, les corps étrangers elles >cyballes de l'intestin, le pus entourant le calcul. On se trompe assez souvent sur le siège exact du calcul fréquemment situé plus bas qu'il ne parait sur l'épreuve radiographique, — l'orientation de l'ampoule joue vin rôle capital en la circonstance.
c) Au moyen d'un artifice assez simple, on peut localiser souvent la tumeur rénale : il suffit d'introduire dans l'uretère soit une sonde spéciale, soit une solution opaque aux rayons X (collargol).
Procédés d'exploration des fonctions du rein. — Des travaux récents ont montré toute l'importance qu'on devait tirer au point de vue pratique de la recherche de la rétention azotée et de la rétention chlorurée.
Rein (Exploration rénale). 1450
Nous dirons un mol seulement de trois méthodes plus récentes et dont la valeur clinique devra être précisée: la recherche de la concentration maxima, la réfractométrie et la cholestérinémie.
I. RECHERCHE DE LA RÉTENTION AZOTÉE. —Le simple dosage de l'urée dans l'urine, tel qu'il était pratiqué autrefois sans se préoccuper de la quantité de substance azotée ingérée, n'a en réalité aucune valeur diagnostique et pronostique. Elle en acquiert une, au contraire, de premier ordre, si cette recherche est faite concurremment dans le sang et les diverses humeurs, en tenant compte des ingesta.
Dosage de l'urée du sang ou du liquide céphalo-rachidien. — L'urée est à la même concentration dans le sérum et dans le liquide céphalo rachidien.
Normalement, il y a peu d'urée dans le sang, 0,20 par litre de sérum.
Anormalement, en cas de rétention azotée, l'urée s'accumule dans le sang. Le chiffre dépasse 0 gr. 50 à 1 gr. et peut atteindre 5 et 4 gr. el même davantage.
Technique du dosage. — On recueille le sang par ventouses scarifiées, — il est pratiquement indifférent, contrairement à ce qui avait été avancé, d'opérer avec du sang total ou du sérum.
a) On prend une quantité aussi considérable que possible de sérum que l'on additionne de cinq fois son volume d'alcool à 90°, renfermant 1 gr. pour 1000 d'acide acétique.
b) On porte à l'ébullition, puis on filtre et on traite le filtrat à deux reprises différentes par une quantité égale d'alcool à l'ébullition.
c) Les liqueurs réunies sont évaporées au bain-marie jusqu'à un certain volume.
(/) On opère sur ce liquide de la même façon que sur l'urine déféquée (uréomètre à mercure).
Méthode de Widal. Etude de V indice de rétention uréique. — La dose d'albuminoïdes ingérés doit faire varier la quantité durée que renferme le sérum; il en résulte que le chiffre obtenu par le dosage d'urée dans le sang, n'a de valeur que lorsqu'il peut être comparé à la quantité d'albuminoïdes ingérée. Aussi Widal fait remarquer qu'un sujet ayant 0,56 d'urée par litre de sérum peut cependant être atteint d'azotémie : ce chiffre, qui n'aurait rien d'excessif pour une ration quotidienne de 100 gr. d'albuminoïdes. est, au contraire, un indice de rétention en raison d'une ration albuminoïde de 2H gr.
Cette remarque a surtout de la valeur pour les chiffres d'urée du sérum variant entre 0,50 et 1 gr. ; les chiffres élevés dépassant 1 gr. 50 sont toujours pathologiques.
Méthode d'Ambard. — Constante uréique.
Ambard a proposé, pour apprécier la valeur réelle de l'azotémie, de comparer pendant la même période do temps l'urée qui entre dans le rein (urée du sang) et Lu ré 3 qui en sort (urée de l'urine) (V. Constante d'Ambard).
Technique. — On recueille l'urine du sujet pendant une demi-heure et on prélève simultanément du sang.
On fait uriner le malade, en note l'heure; dix minutes après on applique
I 15 I Rein (Exploration rénale).
deux ventouses scarifiées; au bout d'une demi-heure, on recueille les urines et on en prend le volume. On dose l'urée dans l'urine et dans le sang, et on prend le poids du sujet :
Un
pxV
y DXnX\/
Ur = urée dans le sang par litre exprimé en grammes. D = débit de l'urée (rapporté à 24 h.). P — poids du sujet en kilogrammes.
C = taux de l'urée dans l'urine (quantité d'urée, exprimée en grammes, contenue dans un litre d'urine).
Chez un sujet normal, K oscille entre 0,060 et 0,0S0.
En cas de lésion rénale, toute insuffisance dans la fonction rénale uréique élève la valeur de K à 0,090 — 0,500 et même 1,520 (Chevassu) ; inversement en état d'hyperactivi té rénale, la constante peut descendre au-dessous de 0.000.
Coefficient d'acidose (Lanzenberg). — A l'occasion du dosage de l'urée dans l'urine, nous signalerons seulement l'importance de la recherche de l'ammoniaque urinaire et des amino-acides. Bien que cette recherche n'ait pas de rapport direct avec les affections du rein (du moins ne l'a-t-on pas encore signalé) nous pensons qu'il est important pour le clinicien de connaître les renseignements qu'un dosage bien fait de l'azote ammoniacal et de l'azote des amino-acides peut lui donner. Cette question il est vrai est encore entourée de bien des obscurités, nos techniques sont encore bien imparfaites ; on peut cependant se rendre compte, approximativement tout au moins, de l'état des fonctions uréogéniques et de l'acidose (V. Acidose).
Maillard a proposé de rechercher le coefficient suivant qu'il dénomme : coefficient d'imperfection uréogénique :
Az de ammoniaque.
Az de l'ammoniaque H- Az de l'urée.
Lanzenberg a étudié, sous le nom de coefficient d'acidose, le coefficient de Maillard ainsi modifié :
Az de ammoniaque -h Az des acides aminés. Az de ammoniaque -f- Az des acides aminés -h Az de l'urée.
Chez le sujet sain, la valeur du coefficient varie avec les régimes alimentaires :
Régime lacté 1,1 S
Régime mixte 6,51
Régime végétarien 5,21
.Jeune 10 à 17