POIDS DES ORGANES PAR KILOGRAMME DU CORPS
(d'après Magnan et Sellet).
Poids Poids Poids Poids Poids Poids Poids Longueur
du du des du des do de relative
corps. foie. reins. cœur, poumons. la rate, l'encéphale d'intestin
gr. gr. gr. gr. gr. gr. gr. cm.
A la naissance. 5730 56 6.70 6.70 18.70 4 104 20,6
1 an 9200 58 7.50 5.30 17.10 3.90 111 —
Sans 12.200 38 8 4.80 17 3.60 92 —
25 — 72.500 25 4.50 4.70 15.50 2.80 22 2 ni
Un premier fait à bien mettre en évidence est que l'on n'a pas le droit de comparer entre eux des poids réels d'organes parce que les poids de fœtus, ou enfants ou adultes examinés, sont très variables. Il faut de toute nécessité rapporter le poids de chaque organe au poids du corps si l'on veut avoir des nombres comparables. On conçoit fort bien qu'un homme adulte de 50 kg et de petite taille n'a pas des organes aussi pesants qu'un homme de 100 kg et de haute stature. Ce procédé devrait s'appliquer aussi à la posologie. Les thérapeutes devraient logiquement établir des rapports entre la dose à formuler et le poids du malade et délaisser l'âge.
Ceci dit, examinons les poids relatifs d'organes, suivant les différents âges.
Il ressort de l'étude de Magnau et Sellet que les organes, en général, pèsent proportionnellement beaucoup plus dans le jeune âge. Il y a un rapport intime entre le poids du corps et le poids relatif des organes. Cela est vrai pour le foie, le rein, le cœur et l'encéphale.
Le foie pèse dans les 1ers mois de la vie fœtate le double du foie d'un adulte. A la naissance, il est encore supérieur d'un tiers. Il en est de même pour le rein. Le cœur est 1/3 plus lourd pendant la vie utérine, et 1/4 à la naissance qu'à l'état adulte. A la naissance, l'encéphale est presque cinq fois plus lourd que chez l'homme adulte.
La rate, petite jusqu'au 5(; mois, pèse proportionnellement le même poids à la naissance qu'à l'état adulte. Il en est de même pour les poumons, qui sont moins pesants chez le fœtus, par suite de l'absence de la circulation pulmonaire.
Conclusions. — L'intérêt d'une telle étude, en dehors du point de vue scientifique, est de fournir au médecin des exemples typiques du développement normal de l'homme et de ses organes. Mais ce que nous avons surtout voulu mettre en évidence, c'est que les chiffres moyens que la plupart des auteurs ont publiés ne doivent pas être considérés pour chaque âge particulier comme le chiffre idéal vers lequel tout bon puériculteur doit tendre. Chaque enfant présente une croissance qui lui est propre, et cette croissance dépend d'un très grand nombre de facteurs dont l'influence plus ou moins prépondérante varie avec chaque cas.
Il est d'usage, pour suivre la croissance d'un enfant, de le peser régulièrement. Ce procédé a une grosse importance, parce qu'il permet de révéler 1rs anomalies. Nous croyons qu'il serait intéressant et utile d'ajouter aux
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pesées régulières la mensuration de La stature. C'est un élément à considérer el différent du poids. En effet, comme nous l'avons montré, le poids el la stature ne sonl pas toujours en harmonie. a. MAGNAN.
CROIX-ROUGE (SOCIÉTÉS ET HOPITAUX AUXILIAIRES ). L'assistance aux
blessés est aussi vieille que le monde. On a môme prétendu que le premier homme était un guerrier et que la première femme consaera son cœur, son intelligence et ses forces à soulager la misère humaine. « La guerre avant commencé avec le monde, écrit M. Forloul, on peut dire que les premières victimes ont fait naître les premiers sauveurs. »
Mais, en général, l'assistance des blessés sur le champ de bataille a toujours reflété l'état de civilisation des peuples, la conception sociale de la vie humaine et la permanence ou non des armées.
Au moyen âge, dans les manoirs, les châtelaines, ces sœurs aînées des Dames de la Croix-llouge, s'employaient avec ardeur à panser leurs maris ou les damoiseaux blessés à la guerre ou dans les tournois (Percy).
Les Sœurs de Charité ont souvent fait l'admiration de nos troupes. En 1870, nos actrices si adulées firent courageusement leur devoir d'infirmières.
La femme, avec ses mains de fée, son cœur plein de commisération, son amour de la propreté, sa douceur native, son étonnante résistance à la fatigue, à l'insomnie, semble née pour soigner et soulager ceux qui souffrent. Elle s'habitue plus facilement que l'homme au sanglant spectacle des opérations et conserve mieux que lui son sang- froid en présence de la douleur.
L'homme, au contraire, est plus fort, plus brutal, plus égoïste, moins enclin et moins apte à secourir les blessés. Si l'homme naît parfois brancardier, il ne naît jamais infirmier (Dr Bouloumié). Aussi le Corps médical a-t-il toujours proclamé la supériorité du personnel féminin sur le personnel masculin des hôpitaux, au sujet de la propreté, de l'ordre, de la, sobriété, du dévouement et surtout du réconfort moral, si utile pour la guérison des malades.
En campagne, beaucoup de femmes voudraient être utilisées dans la zone de l'avant. Le sentiment qui les anime est certes des plus louables, mais là n'est pas leur place. Les services qu'elles y rendraient seraient minimes en comparaison des fatigues et des dangers auxquels elles seraient exposées. « Elles seraient là plus gênantes qu'utiles », selon l'expression un peu rude de Matignon.
Au contraire, dans les hôpitaux fixes de l'intérieur (militaires, civils, mixtes) ou dans les hôpitaux auxiliaires qu'elles créeront, elles rendront d'énormes services aux blessés venus du front et donneront à ces malades l'illusion de la famille absente. Là, elles contribueront à fortifier l'armée : matériellement en remplissant des fonctions qui détourneraient du rang un grand nombre d'hommes; moralement en assurant à ceux qui tombent pour les trois couleurs les soins délicats et dévoués d'une mère ou d'une sœur. Leur ligne de conduite, en temps de paix, est toute tracée : 1° Bien apprendre leur métier d'infirmières; 2° Ramasser beaucoup d'argent en tendant la main à lous les passants.
Croix-Rouge (Sociétés et Hôpitaux auxiliaires).
Avec cet argent, il faut acheter le matériel regardé comme indispensable par le service de santé pour le fonctionnement d'un hôpital auxiliaire de 20 ou 50 lits. Surtout ne pas attendre l'agitation fiévreuse de la mobilisation pour acquérir ce matériel.
C'est pendant la paix que les services de guerre doivent être organisés. Après l'achat, ce matériel sera entreposé dans un local sec, bien fermé et à l'abri des intempéries, des vols et des rongeurs.
Le matériel étant acquis, il faut demander à l'autorité militaire, par l'intermédiaire du directeur du service de santé du corps d'armée, l'affectation d'un monument public ou d'un établissement privé auxiliaire de tant de lits.
Après l'affectation d'un immeuble