Baignoire unique, mobile, sur roues caoutchoutées
pour y établir, à la mobilisation, un hôpital
loi. — Bai"
noire sur un chariot à 4 roues.
faut soigneusement le visiter, en étudier l'aménagement intérieur, en compagnie d'un médecin militaire requis à ce sujet et prévoir des salles de malades, de blessés, de contagieux, une salle pour les morts, un réfectoire pour les convalescents, une salle d'opérations, de pansements : enfin il faut visiter l'installation des water-closels, de la cuisine, de la lingerie, etc. Durant cette visite, il y a lieu de noter les modifications à faire subir à l'immeuble (cloisons à élever ou à abattre, chambres à aménager, matériel à trouver (lits d'adulte, draps de lit, couvertures,
taies d'oreillers, etc.), fourneaux et poêles à acheter, installation de l'eau et du gaz à prévoir, etc. Pour les ressources locales, il y a lieu d'exiger la promesse formelle écrite et signée. En
outre, il est bon, tous les ans, de faire le simulacre d'un fonctionnemenl réel.
Quant aux typhoïdiques, on conseille de les installer de préférence dans les vastes salles des écoles, qui sont situées au rez-de-chaussée et sont
Brancard à têtière mobile.
Croix-Rouge (Sociétés et Hôpitaux auxiliaires). ."• \ i j
ventilées. Pour baigner oes maladr>. il faui prévoir dans un cabinei voisin L'installation d'une chaudière pouvant fournir de l'ean chaude el nu robinel d'eau froide, avec un vidoirè proximité. Comme baignoire non- recommandons tout particulièrement une baignoire unique, mobile, sur un chariot à roues caoutchoutées, permettant de transporter l'eau des bains el de la renouveler pour chaque malade.
Voici un spécimen de baignoire mobile que nous avons fait construire à Nemours (Oranie), pendant une grave épidémie de fièvre typhoïde, qui a sévi sur la garnison (fig. ITk) et 131). Cette baignoire commode a énormément simplifié la besogne écrasante, mais courageuse, de notre personnel si restreint. Quant au brancard, il est composé d'un tube d'acier creux avec têtière mobile pour soutenir et soulever la tête du patient (fig. Ï55). Une toile à voile est tendue sur ce cadre métallique. Le brancard est sans pieds, ce qui permet de le glisser sous le malade penché sur un de ses côtés. Deux hampes en bois et quatre chaînettes permettent de le soulever doucement, de le placer dans le bain, de le remettre dans son lit, sans imprimer aucune secousse au malade et à son intestin ulcéré si fragile.
Une baignoire mobile simplifie beaucoup le traitement des typhoïdiques par les bains froids ou refroidis.
En France, les Sociétés de secours aux blessés sont au nombre de trois :
1° La Société française de secours aux blessés ;
2° L'Association des Dames Françaises ;
5° L'Union des Femmes de France.
Aux termes du décret du 19 novembre 1892, ces Sociétés sont autorisées à prêter leur concours, en temps de guerre, au service de santé de terre et de mer, sous l'autorité du commandement et des directeurs du service de santé. Leur personnel doit être dégagé de toute obligation militaire et les médecins agréés par le Ministre de la guerre.
Elles sont autorisées à créer :
1° Des hôpitaux auxiliaires de campagne ;
2° Des infirmeries de gare;
5° Des hôpitaux auxiliaires du territoire.
L'action des Sociétés d'assistance ne peut s'étendre ni au service de santé de l'avant, ni à celui des hôpitaux d'évacuation, exclusivement réservés au service de santé militaire.
Les hôpitaux auxiliaires de campagne contenant chacun 100 lits viennent dans le service de l'arrière remplacer les ambulances immobilisées avec leur section d'hospitalisation.
Les infirmeriez de gare sont installées dans les gares les plus importantes des divers réseaux et jalonnent les voies d'évacuation. Elles ont pour mission d'assurer les soins médicaux aux malades, de les alimenter, de les hospitaliser momentanément s'ils ne peuvent continuer leur roule.
Les hôpitaux auxiliaires du territoire concourent avec les autres hôpitaux à recevoir et disséminer les malades et les blessés dans toute la zone de l'intérieur.
Le personnel porte un uniforme déterminé par le ministre, ainsi que le
7) M Cubitus valgus et Cubitus varus.
brassard de la Convention de Genève revêtu d'nn numéro d'ordre et accompagné dune carie d'identité nominative.
L'instruction du 5 mai 1899, sur l'utilisation en temps de guerre des ressources du territoire national pour l'hospitalisation des malades et des blessés de l'armée fixe à ces Sociétés l'obligation rigoureuse de constituer effectivement les approvisionnements des hôpitaux auxiliaires du territoire dont elles acceptent la charge.
Ceux-ci sont classés, suivant leur degré de préparation, en trois séries distinctes :
lre série : hôpitaux prêts à fonctionner dès le 9° jour de la mobilisation (personnel, matériel au complet, fonds suffisants au fonctionnement de l'hôpital pendant deux mois);
2e série : hôpitaux dont la préparation est assez avancée pour permettre leur ouverture le 46° jour de la mobilisation (ne possède que la moitié des ressources seulement) ;
T»e série : hôpitaux à peine ébauchés, date d'ouverture indéterminée.
Personnel. — Les médecins doivent être dégagés de toute obligation militaire et agréés par le Ministre.
Infirmières. — La difficulté de constituer, dans les conditions prévues par l'Instruction du 5 mai 1899, un corps d'infirmiers, a inspiré aux Sociétés d'assistance la pensée de faire appel pour le service de leurs blessés à un dévouement qu'on ne sollicite jamais en vain : celui de la femme. Mais le dévouement ne suffit pas s'il n'est doublé du savoir et de l'expérience; de là sont nés les Dispensaires-Écoles, les cours d'infirmières, qui ont été fondés dans les principales villes de garnison.
Mais ces infirmières, que doivent-elles savoir? Faire un pansement, désinfecter une plaie avec l'alcool à 95° ou la teinture d'iode, rouler une bande, faire des renversés, appliquer des ventouses, des sinapismes, faire une injection hypodermique, garnir un lit, faire l'antisepsie d'une bouche, prendre la température d'un fiévreux, combattre une syncope et arrêter une hémorragie en attendant le médecin.
Avec ces notions sommaires et du cœur, la femme accomplira des merveilles au chevet de nos soldats blessés. p. BONNETTE.
CUBITUS VALGUS ET CUBITUS VARUS.— Le cubitus valgus est caractérisé par la déviation de l'avant-bras en dehors de l'axe du bras, dans la position d'extension avec supination du membre supérieur. Il y a un cubitus valgus normal, physiologique (angle ouvert en dehors entre le bras et l'avant-bras de 157 à 178°, Mikulicz) et un cubitus valgus pathologique (lorsque cet angle est plus fermé).
Le cubitus varus — c'est-à-dire la déviation de l'avant-bras en dedans de l'axe du bras, dans la position d'extension avec supination — n'est jamais physiologique: il est toujours pathologique.
I)ans le cubitus valgus, l'extrémité inférieure de l'humérus fait saillie en dedans; dans le cubitus varus, elle fait saillie en dehors. Mais, dans les deux difformités, il convient de noter « l'intégrité des mouvements dans les articulations huméro-rubilale et radio-cubitale et la conser-
Cubitus valgus et Cubitus varus.
vation des rapports entre les surfaces articulaires du coude » (Rieffel). Ces deux caractères : projection de V avant-bras en dehors ou en dedans, conservation des rapports articulaires et du libre jeu des jointures, nous permettent d'éliminer du cadre des cubitus valgus et varus les difformités analogues, qui ne sont que l'élément accessoire, secondaire, d'une malformation articulaire plus ou moins complexe, troublant le fonctionnement de
Fig. 13(>. — Cubitus varus (coude droit). Cubitus valgus « physiologique » (coude gauche).
l'articulation (anciennes arthrites aiguës ou chroniques, ostéites diverses, fractures comminutives, etc.).
« Ici, la difformité est tout; elle seule attire l'attention du malade et du chirurgien » (Rieffel).
On doit noter que la flexion de l'avant-bras fait disparaître presque complètement le cubitus valgus comme le cubitus varus.
Cubitus valgus. — 1° Cubitus valgus physiologique. — Dans la position d'extension et de supination de l'avant-bras, l'angle obtus ouvert en dehors, formé par la rencontre des axes du bras et de l'avant-bras, est, en moyenne, de 170° (fig. 136).
Cet angle est un peu plus fermé chez la femme que chez l'homme (IIulLkranz, Rieffel, Mouchel, Mauclaire), el, dans plus du tiers des cas, il est plus
Cubitus valgus et Cubitus varus.
prononcé à gauche (Mouchel. contrairement à Hultkranz,qui trouve l'angle plus fermé à droite).
L'angle huméro-cubital semble moins marqué, dune façon générale, cliez les hommes musclés qui se servent beaucoup de leurs bras et ont des professions pénibles (terrassiers, mécaniciens, etc.) (Mouchet).
2° Cubitus valgus pathologique. — 11 consiste dans l'exagération de l'attitude normale (fig. 157).
a) Rachiliquc: c'est une courbure soit diaphysaire, soit épiphysaire, qui atteint, d'une façon asymétrique, les humérus des deux côtés, et qui est associée à d'autres courbures en divers points du squelette.
b) Traumatique-, le plus souvent à la suite -de fractures partielles de l'extrémité inférieure
de l'humérus.
La difformité survient, soit primitivement, soit tardivement, et, dans ce dernier cas, par suite de troubles de Vostéogenèse (par exemple, après des fractures du condyle externe de l'humérus survenues dans la première enfance) (Mouchet).
Sengensse. Mouchet, Broca, ont vu des cubitus valgus post-traumatiques de ce genre causer, au bout d'un long temps, à l'occasion de fatigues du membre supérieur, des névrites du nerf cubital progressivement tendu sur le bord interne de l'olécrane [voir Coude (Lésions thaumatioies chez l'enfant), fig. 1528].
Cubitus varus. — Le cubitus varus est toujours pathologique. L'avant-bras forme avec le bras un angle ouvert en dedans; c'est une difformité plus fréquemment observée que le cubitus valgus (fig. 136).
Le cubitus varus est :
1° Rachitique ; incurvation diaphysaire ou épiphysaire de l'humérus, le plus souvent bilatérale et asymétrique, associée à d'autres lésions rachitiques du squelette.
2° Traumatique (fractures sus-condyliennes ou condyliennes externes de l'humérus surtout). On a cité, comme complication du cubitus varus, la luxation du nerf cubital.
La radiographie viendra en aide à la clinique pour permettre de dépister l'origine du cubitus valgus ou varus (fig. 138).
Ouant au traitement, il ne saurait être conseillé que dans deux circonstances : 1° difformité par trop marquée, compromettant l'esthétique du membre (surtout cubitus varus); 2° trouble des fonctions articulaires, I rouble qui ne s'observe guère d'ailleurs, si nous nous en rapportons à la définition que nous avons donnée* du cubitus valgus cl du cubitus varus.
Dans le cubitus varus, la seule difformité pour laquelle on ail l'occasion