‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustréeChapitre 11 sur 91 · C. vm D · texte numérisé non relu

C. vm D

Nerf cubital.

C vm. D. I.

Cubital antérieu

Cubital postérieu

Extenseur propre du petit doigt

Abducteur du petit doigt

Interosseux dorsal

Fig. 30. — Innervation radiculaire dos muscles du membre supérieur. Région postérieure. (Dejerine, in Traité de Palhol. générale.)

Brachial (Paralysie du plexus). 58

Les réactions électriques varienl selon [a gravité de la lésion. L'atrophie musculaire esl souvent précoce, d'où aplatissement de la région deltoïde, saillie de la tête numérale, amaigrissement de la l'ace antérieure du bras.

3° Paralysies radiculaires inférieures, type Dejerine-Klumpke. Ce sont des paralysies frappant les 7e ei <s' cervicales et la I" dorsale. Plus pares que les précédentes, elles succèdenl en général à une paralysie radiculaire totale.

Les troubles moteurs son! localisés dans le domaine du nerf cubital et du médian el intéressent les petits muselés de la main, des éminences thénar el hypothénar el les interosseux. Le moignon de l'épaule el le bras sonl respectés. Quand la paralysie se prolonge, l'atrophie musculaire amène l'aplatissement des éminences et des espaces inlerosseux; la main présente l'aspect de la grille cubitale. Les réactions électriques sonl en rapport avec la gravité de la lésion.

L'anest/iésie est de règle et persiste habituellement pendant toute la maladie; elle occupe la moitié interne de la main el de l'avant-bras. La dissociation syringomyélique a été signalée (Charcol). On trouve les mêmes troubles oculo-pupillaires que dans les paralysies radiculaires totales. Les troubles trophiques el vaso-moteurs seraient plus fréquents que dans les autres formes.

Les paralysies radiculaires du plexus peuvent encore se présenter sous d'autres aspects; ce sont des formes rares, d'un diagnostic difficile, qu'il suffira de mentionner :

Dans les paralysies radiculaires complexe*, les deux territoires radiculaires, supérieur el inférieur, sont intéressés en même temps et à des degrés divers, chacun des deux ou l'un d'eux n'étant atteint que partiellement. La répartition des troubles moteurs et sensitifs est irrégulière. L'existence d'une paralysie des muscles sus et sous-épineux el du grand dentelé pour les racines supérieures, de troubles oculo-pupillaires pour les racines inférieures, permet d'affirmer le siège radiculaire de la lésion. Mais il n'y a pas réciprocilé, el on ne peut rien conclure de l'absence de ces phénomènes (Grenet).

Dans les paralysies uni-radiculaires, une seule racine esl lésée : les troubles moteurs et sensitifs sonl localisés dans son domaine.

Les jtaralysies motrices tiennent aune lésion isolée des racines antérieures. Avant de conclure à une paralysie motrice pure, on se souviendra que dans les paralysies mixtes du plexus, surtout dans le type Duchenne-Erb, les troubles sensitifs peuvent disparaître rapidement.

Les paralysies sensitives pures sonl exceptionnelles.

II. Paralysies du plexus proprement dit. — Os paralysies revêtent tantôt le type radiculaire, tantôt le type terminal. Quand la lésion porte assez haut, ce qui est le cas le plus fréquent, les paralysies du plexus ont une topographie radiculaire; aussi beaucoup d'auteurs réunissent-ils dans une description commune les paralysies radiculaires et celles du plexus proprement dil. On ne trouve ni troubles oculo-pupillaires, ni paralysie du grand dentelé: les muscles sus- et sous-épineux sonl généralement indemnes (Grenet).

59 Brachial (Paralysie du plexus).

Quand la lésion porte bas sur le plexus, un peu avant sa division en branches terminales, la distribution des (roubles revêt le type général des paralysies des branches terminales du plexus (Grenet).

Évolution. Le début des paralysies du plexus brachial est fréquemment marqué par des douleurs sourdes et lancinantes, avec irritation dans l'épaule et dans les doigts. Au bout de quelques jours, il ne reste plus qu'une sensation d'engourdissement .

La paralysie peut guérir, rester slalionnaire ou se limiter à certains muscles : c'est ainsi que Ton peut voir une paralysie radiculaire lolale se transformer, au bout d'un temps variable, quelquefois même d'un an ou deux, en une paralysie partielle à type inférieur ou supérieur.

Le pronostic dépend de la cause, mais il s'agira presque toujours d'une affection de longue durée. La constatation de la réaction de dégénérescence scia d'un mauvais présage. Le pronostic paraît plus grave dans les paralysies traumaliques que dans les névrites traumatiques des autres troncs nerveux (Iluct). Les paralysies obstétricales prennent souvent le type radiculaire supérieur. Elles seraient plus graves dans les présentations du siège que dans les accouchements par la tôle (Comby). Il importera de ne pas les confondre avec les paralysies radioulaires de Vhérédo-syphilis.

Un début brusque, en dehors de tout traumatisme, caractérise la névnte apoplectiforme (Dubois, Dejerine), qui dépendrait d'hémorragies dans la région du plexus proprement dit.

Diagnostic. — Chez le nouveau-né ou le très jeune enfant, on devra faire le diagnostic avec la pseudo-paralysie syphilitique de Parrot (début seulement quelques mois après la naissance ; pas d'atrophie musculaire ; réactions électriques normales ; crépitation due au décollement épiphysaire), avec Y ostéomyélite (douleurs au niveau des extrémités osseuses; fièvre), avec la paralysie infantile (survient plusieurs années après la naissance; début fébrile; pas de troubles de la sensibilité). La notion d'un accouchement laborieux sera capitale (V. Nouveau-né).

Chez l'adulte, une monoplêgie hystérique, Y/ujstéro-traumatisme, peuvent parfois simuler une paralysie du plexus; l'absence de modifications dans les réflexes, les réactions électriques et l'absence d'atrophie musculaire, les caractères de l'anesthésie permettront ce diagnostic, souvent difficile (V. Hystérie).

On reconnaîtra plus facilement l'impotence fonctionnelle due à une luxalion de l'épaule ou à une fracture de l'humérus, les paralysies du membre supérieur par lésion corticale (éliologie, apparition de la contracture, exagération des réflexes, peu d'atrophie musculaire), la poliomyélite antérieure aiguë de l'adulte (début fébrile, pas de troubles de la sensibilité), la syrinr gomyélie [(dissociation de la sensibilité, exagération des réflexes du membre inférieur, troubles trophiques plus marqués, déviation de la colonne vertébrale), Y hématomyélie (donne rarement une monoplêgie brachiale; ultérieument, dissociation syringomyéliqne de la sensibilité; — les paralysies radiculaires par arrachement peuvent se compliquer d'une hématomyélie) (Dejerine el Egger)],la paralysie saturnine à type radiculaire supérieur (rarement localisée aux muscles du groupe Duchenne-Erb, intéresse les extenseurs des

Brancardiers. 60

doigts H du poignet, habituellement bilatéralité, commémoratifs, liséré saturnin), la névrite '1rs tabétiques (exceptionnelle), les myopathies à type scapulo-huméral (maladies familiales, marche Lente et progressive, absence de réaction de dégénérescence).

Le diagnostic du siège de la lésion sera souvent l'ail d'après les conditions mêmes dans lesquelles survient la paralysie (les paralysies consécutives aux luxations de l'épaule, les paralysies obstétricales sont habituellement des paralysies radiculaires). L'examen des nerfs collatéraux peut être d'un grand secours, surtout s'il est pratiqué dès le début de la maladie. « En casde paralysie de type supérieur, la paralysie du grand dentelé indique que la lésion atteint les racines dans leur portion intra-rachidienne, entre la moelle et l'extrémité externe des apophyses transverses; la paralysie du nerf sus-scapuiaire indique que la lésion siège soit sur la portion radiculaire, entre la moelle et le point de constitution du plexus, dans le trajet inlra-rachidien ou dans le trajet extra'-rachidien des racines, soit sur le plexus lui-même, au niveau même de son origine, très près du point d'Erb. En cas de paralysie de type inférieur, les troubles oculo-pupillaires indiquent, comme on le sait, que la paralysie frappe les racines entre la moelle et le trou de conjugaison (Grenet).

Traitement. — Comme dans toutes les paralysies périphériques, le principal traitement est le traitement électrique, électrisation (v. c. m.), faradique ou galvanique (dans le cas d'abolition de la contractilité faradique). Au début d'une paralysie par névrite, il sera prudent de n'employer que des courants galvaniques stables d'intensité très faible. Les étincelles statiques peuvent rendre des services dans les paralysies obstétricales notamment. Le traitement électrique des paralysies du plexus brachial est toujours extrêmement long. Le massage, les frictions seront d'utiles adjuvants.

La suture des racines, dans le cas de section en dehors du canal rachidien, a déjà été plusieurs fois tentée.

Enfin, quand il sera possible, le traitement de la cause ne devra pas être négligé : traitement antisyphilitique, extirpation d'une tumeur comprimant le plexus ou ses racines. BRÊCY ei BAVER.

BRADYCARDIE. - V. Pouls lent.

BRANCARDIERS. — Le rôle des brancardiers en temps de guerre ne doit pas être ignoré des praticiens; ceux-ci peuvent utiliser dans la vie civile les enseignements de l'expérience de la vie militaire pour le relèvement et le transport de tous les blessés.

En campagne, les brancardiers sont les convoyeurs réglementaires des blessés. A l'exclusion de toute autre personne, ils sont chargés de les recueillir sur le champ de bataille, de leur appliquer le pansement individuel, de leur donner à boire (les blessés ayant une soif ardente), et enfin de les transporter, s'ils ne peuvent marcher, ou de leur indiquer la route pour gagner le poste de secours et l'ambulance.

La création des brancardiers remonte au baron Percv. La nécessité de

(>l Brancardiers.

celle création se faisait vivement sentir, car, d'après cet ancêtre, « il est besoin d'une Certaine habitude pour remuer un blessé, pour l'enlever et le déposer sur un caisson, un cacolet ou un brancard : c'est moins par la force que par Vadresse qu'on y réussit, et celle-ci ne s acquiert que par de fréquents exercices. » Si le blessé est relevé par des hommes non exercés, qui ne sauront pas soutenir en même temps le membre brisé et qui agironl confusément, s'il est jeté brusquement sur le brancard, au lieu d'être déposé avec douceur, quelles secousses, quelles douleurs pour le patient! On ne saurait donc trop se pénétrer de cette idée que relever un blessé sur un champ de bataille est une chose difficile et qui exige certaines connaissances. Si le malade est affecté d'une fracture grave, il faut que le membre soit contenu dans un appareil, tant simple soit-il, avant que le blessé ne soit transporté.

S'agit-il d'une hémorragie provenant de la lésion d'un vaisseau important, si on n'arrête pas immédiatement l'écoulement du sang, à quoi bon transporter le blessé? A l'arrivée à l'ambulance ou au poste de secours ce ne sera plus qu'un cadavre, ou bien, quand la perle de sang n'amène pas la mort, il en résulte un affaiblissement qui ne permet pas au blessé de supporter les accidents consécutifs.

Effectifs. — Sur le pied de guerre, les brancardiers sont au nombre de \ par compagnie d'infanterie ou du génie, 4 par batterie montée ou à pied, plus un caporal ou brigadier et même un sous-officier par régiment d'infanterie.

Ils sont recrutés parmi les musiciens et au besoin parmi les ouvriers cordonniers, les tailleurs, etc.... Il faut autant que possible, dans l'intérêt même des blessés, désigner parmi eux les hommes de bonne volonté, qui montreront plus d'humanité dans leur mission.

Brassards. — Antérieurement on reconnaissait les brancardiers à leurs brassards en drap bleu, sur lesquels se détachait une croix de Malte (à branches obliques) (V. fig. 31). Mais, depuis qu'ils Fig. m.

ont été neutralisés par la Convention de Genève £• 5™î!î5 lifmnier',r

1 B, brassard de brancardier.

du G juillet 1906, ces brassards seront probablement modifiés, estampillés et porteront un numéro d'ordre, comme les brassards de neutralité des infirmiers.

Instruction. — Les brancardiers reçoivent actuellement, dans les corps de troupe, une instruction technique et pratique assez complète, qui est résumée dans le Manuel du brancardier. D'ailleurs les musiciens, avec leur intelligence ouverte, sont vite au courant de leurs fonctions de panseurs et de transporteurs.

Ils apprennent à étancher la soif si vive des blessés, à les relever, à les placer sur le dos, la tête appuyée sur leur sac, à traiter la syncope par la position couchée, les frictions cutanées, les flagellations du visage avec un linge mouillé, et enfin, par les deux moyens héroïques, la respiration arli/i

Brancardiers.

cielle (procédé <lc Sylvëster) el les tractions ^thmées de la langue (procédé de Laborde).

[ls apprennenl ensuite ;i reconnaître les fractures par la douleur localisée, l'impotence, la mobilité anormale, la crépitation osseuse el la déformation

Fig. 52. — Immobilisation d'une fracture du bras (procédé de la capote).

Fig. 53. — Immobilisation dune fracture du bras (procédé de l'écharpe}.

<lu membre. Mais ils doivent s'abstenir, en pratique, de rechercher l'existence de tous ces symptômes, et doivent penser à une fracture toutes les fois que le blessé se trouve dans V impossibilité de remuer le bras ou la jambe. Aux membres supérieurs, ils savent appliquer l'écharpe triangulaire, le mouchoir, la cravate, la large ceinture, le procédé de la capote, avec l'avarit-

bras fléchi et le bras appliqué et maintenu contre le gril costal (fig. 52 et 33).

Aux membres inférieurs, ils savent, au niveau de la jambe, utiliser la couverture, la capote, la veste, ou fendre le pantalon qui sert de gouttière, en renversant les bords de la section sur les attelles (baïonnette, fourreau) et, au-dessus du genou, ils lient la cuisse fracturée à la cuisse normale, qui sert de tuteur (fig. 34 et 55).

Les brancardiers apprennent aussi le trajet des principales artères, puis le moyen d'arrêter provisoirement une hémorragie importante, en faisant la compression digitale à la racine des membres, et mieux la compression mécanique avec le tourniquet à baguettes (fig. 50), inventé par J.-L. Petit, en i 7 1 8, ou avec le garrot que More], chirurgien français, proposa en 1074, au siège de Besançon.

Le garrot esl un appareil compresseur simple el 1res efficace : aussi

— Immobilisation d'une fracture de la jambe.

Brancardiers.

Legouest souhaitait-il que chaque militaire sache rappliquer et porte deux bandes dans son havresac pour en avoir les éléments sous la main (fig. 37).

Fig. 53. — Immobilisation d'une fracture de la cuisse (Boisson).

Nous aussi, nous avons exprimé le désir que sous l'enveloppe du pansement individuel se trouvât un de ces lacs en treillis (C), qu'utilise couramment le service de santé et que le bourrelet de la patte d'épaule (A) des troupes d'infanterie fût rendu suffisamment dur pour faire une bonne pelote compressive.

Donc, nous souhaitons que l'usage de la patte d'épaule, qui n'est en aucune façon obligatoire (circulaire ministérielle du 12 avril 1908), devienne réglementaire pour les troupes à pied, pourvues de la capote.

« A la guerre, le médecin trouverait ainsi sur chaque fantassin une patte d'épaule, une plaque de ceinturon et un

lac de treillis avec lesquels il pourrait improviser rapidement un garrot et arrêter une hémorragie. » [Caducée, 10 octobre 1909 (fig. 57)].

Enfin, les brancardiers apprennent à monter et à démonter les brancards, à panser les blessés aussi aseptiquement que possible (V. Postes de secours, Plaies de guerre) et à les transporter sur les brancards, à travers les nombreux obstacles des terrains variés [V. Blessés (Transport)].

Rôle au feu. — Quand l'action est imminente, les brancardiers, qui marchent à la gauche de leurs unités, se rendent immédiatement au poste de secours, mettent leurs sacs à terre, forment les faisceaux et reçoivent le matériel, qui est affecté à chaque équipe (1 brancard, c2 musettes à pansements et 4 bidons, qu'ils remplissent d'eau).

Puis, sous la direction du sergent brancardier ondes médecins auxiliaires, ils se portent vers la ligne du feu, en se défilant des vues de l'ennemi, en

Fig. 56. — Tourniquet à baguettes placé à la racine du bras

Branchiomes. Hî

profilaul de tous les abris naturels. Chemin faisant, ils recueillenl i\vs blessés, les groupent, les réconfortent, les pansent, créent, le long de ces

calvaires, une série de nids de blessés, d'où ils ne seront emportés qu'au momenl d'une accalmie, ou à la cessation du l'eu.

D'ailleurs, comme un gibier tra-

"^'^^XwiN \ flU(''' les blessés vont, d'instinct, se

l|l\ \ réfugier derrière tous les obstacles

ILîrl/j \ du ('namP de bataille (murs, haies.

fourrés, bois, etc.). C'est là surtout -r> que les brancardiers doivenl fouil-

A 1er consciencieusement. Aussi, avec

Matignon, nous souhaitons que les soldats soient dotés d'une 'plaque d' identité-sifflet, dont le bruit sera mieux perçu que la vue d'un mouchoir agité au bout d'un canon de

S...Ç..- - -- -'..m fusil-

"" '•*■" Durant l'action, il faut éviter.

Fig. 37. — Garrot improvisé (Bonnette). A, bourre- sur le front de Irnnsnnrtpr h>< Iet de patte d'épaule; C, lac en treillis; B, coin- *, ' "anspoitei 1( S

presse ou plaque de ceinturon. blessés, car dans cette zone abso-

lue de la mort, tout homme vu esl un homme perdu. 11 serait inhumain de sacrifier ainsi, en pure perte, les porteurs et les blessés.

^ En résumé, il faut de toute nécessité attendre la fin du combat ou profiter d'une accalmie, pour envoyer les brancardiers explorer le champ de bataille. bonnette.

BRANCHIOMES. — On connaît sous ce nom les tumeurs développées aux dépens des débris restés inclus lors de la régression des arcs branchiaux.

On peut donc les observer à la face et au cou, régions constituées par les arcs branchiaux. A la face elles sont plus fréquentes, elles constituent les tumeurs mixtes (Gunéo et Y. Veau). Elles se rencontrent dans la parotide, la région sous-maxillaire, les lèvres, le voile du palais, la glande lacrymale (v. c. m.). Au cou, elles forment des tumeurs très spéciales qui furent longtemps ignorées, car on ne pouvait leur assigner un point de départ. Elles étaient décrites sous le nom : cancer primitif des ganglions du cou (Verncuil); tumeur de la veine jugulaire (Langenbeck). Gussenbaur el Bruns reconnurent leur point de départ en les appelant carcinome branchiogène. Pour elles j'ai créé le nom de branchiome (Th. 1901) en raison de leur structure complexe.

Le branchiome bénin du cou est très rare; il s'observe aussi bien chez la femme que chez l'homme. Il se présente sous l'aspect d'une tumeur latérale du cou, occupant le siège du branchiome malin, mais généralement plus dur que ce dernier. La tumeur évolue lentement, en 10 ou 20 ans, elle

65 Bras (Amputation).

peut acquérir de grandes proportions; généralement elle se Iransforme en lumeur maligne.

Histologiquement, le branchiome bénin renferme presque toujours <lu cartilage. Le tissu conjoncl if domine sur le lissu épithélial.

Le branchiome malin est beaucoup plus fréquent; j'en ai réuni 50 observations eu 1901 .

Il s'observe presque exclusivemenl chez l'homme cl à l'âge adulte.

Le malade atteinl de branchiome malin se présente avec une tuméfaction de la région carolidienne, il raconte que cette tumeur exisle depuis quelques mois; d'abord mobile et roulant sous le doigt, elle a peu à peu perdu sa mobilité el augmenté de volume. Les douleurs ont apparu plus ou moins vives, l'état général s'est peu à peu altéré.

La lumeur occupe la région carolidienne soit en haul au voisinage de l'angle de la mâchoire, soil derrière la corne thyroïdienne, soi! plus bas sur le côté du cartilage thyroïde. 11 est rare qu'elle siège dans la région suscla\ iculaire, mais, en augmentant de volume, elle peu! s'étendre vers la parotide, sous le trapèze vers la ligne médiane, ou même elle peul pénétrer dans le médiastin.

La peau qui la recouvre est d'abord normale, mais à la lin elle esl envahie. L'ulcération a tous les caractères de l'ulcération cancéreuse.

La lumeur esl dure au débul et nettement limitée; le slerno-cléidomastoïdien la recouvre el roule sur elle. Son volume esl celui d'un (eut* ou du poing. Relativement mobile sur les plans sous-jacents, bientôt elle se ramolli! cl adhère à tous les plans voisins.

Alors la douleur esl 1res vive, elle irradie vers la tempe, le front, le bras, jamais l'oreille. Les troubles de la respiration, de la déglutition, de la phonation sont des symptômes tardifs.

La mort esl fatale à moins d'intervention heureuse. Elle est généralement le fait des progrès de la cachexie. L'ulcération des vaisseaux, l'œdème de la flotte peuvent précipiter la terminaison. La durée totale esl de 6 mois à w2 ans.

Le pronostic esl donc des plus graves. Une opération définitivement curatrice ne saurait être que précoce et très étendue.

Le diagnostic du branchiome malin du cou est possible, mais difficile,

ar la tumeur ressemble absolument au cancer des ganglions, secondaire

bJ

à un épithélioma de la bouche, du pharynx, de l'œsophage, de l'abdomen IV. Cou (Tumeurs)].

L extirpation esl le seul traitement, elle ne sera tentée que pour une tumeur mobile. Elle doit être 1res large, il est toujours nécessaire de sacrifier la veine jugulaire. La ligature de la carotide primitive est dangereuse ainsi que la section du pneumo -gastrique. La récidive est presque la règle.

VICTOR VEAU

BRAS (AMPUTATION) — . L'amputation du bras peut être nécessitée par certains Iraumatismes de l'avant-bras el du coude qui ont produit de telles lésions que loul espoir de conservation doit être écarté; elle trouve égalemenl son

indication dans les sarcomes de l'avant-bras el dans les tumeurs Manches N,M P. M. <:. - h.

Bras (Amputation),

du coude lorsque, soil l'étendue des lésions, soit l'état général ou l'âge du sujet, ne permettent pas de faire une résection.

Lorsqu'il s";igil d'une amputation Lrauma tique, le chirurgien n'a pas le choix <lu procédé, il faul prendre le lambeau là où il y a de la peau en s'efïorçant de conserver un moignon aussi long que possible. Si, au contraire, il s'agit d'une amputation pathologique où toutes les méthodes peuvent être faites, nous conseillons la méthode circulaire, qui est la plus facile et qui donne de très bous résultats.

Instruments nécessaires. — Ce soûl : un couteau long de 10 à lc2 centimètres, des ciseaux, une pince à disséquer, une paire d'écarteurs, vingt

^ pinces hémostatiques, une sonde can-

nelée, un davier

une scie, une pince

coupante, une rugine, une aiguille d<

ig. 58. Section de la peau. Figi 59. — Mobilisation des téguments.

(Victor Veau, in Précis de technique opératoire.)

Reverdin. 11 faudra également avoir deux ou trois flacons de catgut n° u2, des crins de Florence, un gros drain et une grande compresse à deux chefs cl une boite de compresses aseptiques; pour le pansement des compresses aseptiques, de l'ouate hydrophile et ordinaire, des bandes de tarlatane ou du crêpe Velpcau. L'anesthésie générale est nécessaire : afin de ne pas être gêné, il est bon d'appliquer la bande d'Esmark (V. Hémostase).

Avant de commencer l'opération, il faut marquer au nitrate d'argent ou au permanganate de potasse l'endroit où l'on veut faire la section de 1 os et celui où se fera la section des parties molles: la section de l'os doit être faite aussi bas (pie possible: quant aux parties molles, elles doivent être

Bras (Amputation).

coupées assez bas pour que le lambeau ait connue longueur les trois quarts

du diamètre antéro-postérieur du

membre.

Opération. — L'opération peut se

diviser en six temps :

I" Incision des téguments (fig. 58). —

Au point marqué i'ailes une incision

circulaire comprenant la peau, la couche graisseuse sous-cutanée et l'aponévrose. II est bon de faire passer le

trait de sec lion un peu plus bas en

dedans à cause de la réfcractilité plus

grande des téguments à ce niveau.

'2° Section des muscles. — Faites rétracter régulièrement les téguments

par voire aide jusqu'à ce que les deux

lèvres de l'incision cutanée présentent

un écart de 3 à i centimètres; à ce

moment, sectionnez tous les muscles

jusqu'à l'os au ras de la peau rétractée

(fig. 59 el 40).

5° Deuxième section des muscles

après rétraction. — Laide rétractant

plus fortement, il se l'orme un cône

musculaire dont la base4 supérieure

est au niveau de la peau rétractée, et le sommet au contact de Los au

niveau du point où les muscles ont été coupés; lorsque ce cône musculaire est bien régulier, appliquez de nouveau voire couteau au ras de la peau rétractée et recoupez les muscles jusqu'à Los (fig. 41).

4° Section de los. — Avec la rugine, dénudez Los en remontant sous les muscles sur une longueur de c2 à 3 centimètres (fig. 42), puis placez une compresse à deux chefs avec laquelle laide recouvre et rétracte le lambeau, celui-ci étant bien rétracté el bien protégé; sciez l'os aussi haut que possible en tenant la scie perpendiculaire à la surface de section.

5° Hémostase. — Appliquez des pinces sur les vaisseaux les plus volumineux, en particulier sur l'artère et sur les veines huméraies ainsi que sur les vaisseaux qui accompagnent les nerfs radial et cubital, puis laites enlever le lien hémostatique placé à la racine du membre el pincez tous les petits vaisseaux L'hémostase étant complète, liez au catgut

Fig. i(J. — Première coupe des muscles. (Victor Veau, in Précis de tectonique opératoire.)

Fig. il.— Deuxième section des muscles. Victor Veau, in Précis detechnique opératoire.

mettent à saierner

Bromidia.

us

'«mis les vaisseaux <|ui onl été pinces, puis réséquez sur une longueur m- 2 à .*> centimètres les trois nerfs, médian, cubital el radial. <>" Sutures. - Suturez les muscles au catgul de façon à bien matelasser )s surfaces osseuses, puis placez un drain el suturez la peau. Pansement. - Il <loil être fail avec le plus grand soin, assez fortement

compressifpour éviter toul épanchemenl sanguin cl bien ramener les muscles sous les o> sectionnés. Au boni de iS heures, s'il n'y a aucun écoulement, on peul enlever le drain. Si on a passe'* des fils profonds, on les enlèvera au boni de \ à 5 jours, les (ils cutanés superficiels seronl enlevés le 9e ou le 10e jour.

Appareils. — Lorsque la guérison esl complète, il esl bon d'appliquer sur le moignon un appareil prolhétique destiné à suppléer autant «pie possible le membre enlevé. Les plus simples el les plus robustes de ces appareils se composent dhin bras artificiel non articulé, mais fléchi à sa partie moyenne suivanl un angle déterminé; à sa partie supérieure ce bras se termine par un embauchoir en cuir moulé qui se lace sur le moignon el sur l'épaule et qui esl fixé au thorax par une

Fig. \-l. — Dènudation de lus avec la rugine avant la section. (Victor Veau, in Précis de technique opératoire.)

sorte de ceinture: l'extrémité inférieure <lu

membre se termine par une capsule métallique sur laquelle on peul visser un crochet, un anneau, un outil ou même une main artificielle. Ces appareils non articulés, 1res robustes et d'un prix relativement peu élevé, sont à conseiller surtout chez les ouvriers; chez les malades qui préfèrent un appareil plus éléganl mais moins solide, on conseillera un bras artificiel muni d'articulation au niveau <lu coude, du poignet et même des doigts : le plus souvent ces articulai ions sont munies de crans d'arrêt disposés de façon que le membre reste dans la position où on le place avec la main du côté opposé; dans les appareils les plus perfectionnés les mouvements sonl obtenus directement au moyen de lacs, qui se fixent sur la ceinture thoracique et qui sonl disposés de façon à produire la flexion ou l'extension des articulations suivant le mouvement imprimé au moignon. Os appareils extrêmement ingénieux peuvent permettre au malade de dissimuler en partie son infirmité, mais, outre leur prix 1res élevé, ils ont l'inconvénient d'être extrêmement fragiles: de plus, leur maniement prolongé en! raine rapidement une grande l'aligne et les mouvements produits n'ont aucune force, si bien qu'en réalité ils rendent le plus souvent moins de service qu'un membre sans articulation muni d'un simple crochet. PIQUAND.

BRAS FRACTURES . V. Humérus.

BROMIDIA.

Le Bromidia, préparation bromurée, hypnotique, sédative, cal-

mante, spécialisée par les Américains, renferme par cuiller à café

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