THÉSIE EN ART DENTAIRE
Toute extraction doit être précédée de l'examen attentif de la dent à extraire; on doit s'assurer de la solidité de ses parois, de sa forme; cet examen permet de porter son choix sur l'instrument nécessaire.
Le davier sera employé toutes les fois qu'il sera possible; mais son usage est moins indiqué dans le cas où il ne reste plus qu'une paroi de la couronne; la dent est alors réduite à sa racine et son extraction relève de l'élévateur; toutefois, le médecin praticien qui n'est pas habitué à ces instruments fera bien de se servir toujours du davier; il ira plus lentement, fera plusieurs prises, mais ne causera pas d'accident par échappée.
Toute extraction comprend quatre temps : 1° mise en position de l'instrument; 2° enfoncement des mors du davier; 5° luxation de la dent ; 4° extraclion proprement dite. On doit faire ces différents mouvements avec le poignet. La luxation est le temps le plus important, elle doit être faite en l'appelant la forme et la direction des racines, et les efforts seront dirigés dans l'axe de celle-ci. L'extraction proprement dite riexVge que très rarement de (a force.
Le davier doit être tenu à pleine main, le pouce placé entre les branches, près delà charnière; les mors sont enfoncés aussi loin que possible audessous du bord alvéolaire, et seulement alors rapprochés; la dent ne doit être serrée que dans la mesure nécessaire à assurer une bonne prise.
Les différents temps doivent être effectués sans lenteur, mais sans aucune précipitation. L'aneslhésie locale favorise considérablement la suite de ces opérations; assurer la prise; si le davier ne peut prendre assez solidement la dent, descendre assez profondément dans l'alvéole : on est autorisé parfois à saisir le bord alvéolaire entre les mors du davier; ils
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s'écrasent facilement et permet lent une prise beaucoup plus solide.
Les conditions de réussite sont la résistance du patient et le point d'appui solide pris par l'opérateur. Se méfier des échappées de l'instrument, échappées qui ne se produiront pas si le davier est bien placé. Pour les dents du haut, le malade doit être placé la tête renversée, l>i<>n éclairée, et de façon que la mâchoire soit à la hauteur du mamelon de l'opérateur.
Pour les dents du bas, le malade doit avoir la tête droite, sa mâchoire doit être à la hauteur de la ceinture de l'opérateur.
Le praticien, placé à droite, entoure la tête du malade avec le bras gauche, la main gauche écarte les lèvres, les joues, et au besoin guide l'instrument (V. Planches).
Règles particulières. — a) Dents de la mâchoire supérieure : Il faut éviter de contusionner la lèvre inférieure avec les branches de l'instrument.
Incisives : une racine conique; luxer par un mouvement de rotation.
Canines : la racine est très longue et la dent est très solide; par conséquent enfoncer vigoureusement les mors du davier; luxer la dent par des mouvements de dehors en dedans; la traction doit être vigoureuse et exercée dans l'axe de la dent.
La première prémolaire est très fragile; elle présente généralement deux racines, une buccale, l'autre vestibulaire, parfois une seule; il faut aller la chercher loin, n'exécuter aucun mouvement de rotation qui aurait pour résultat de fracturer les extrémités radiculaires, la luxer par des mouvements alternatifs de dehors en dedans et de dedans en dehors.
Mêmes recommandations pour la seconde prémolaire, qui n'a généralement qu'une racine, mais qui est moins fragile que la précédente.
La première grosse molaire est très solide; elle a trois racines divergentes, une interne ou palatine, très puissante, deux externes, l'antérieure étant la plus forte. Enfoncer profondément le clavier; il faut que la pointe du mors externe du davier se trouve entre les deux racines externes. Pas de précipitation; mouvements alternatifs de dedans en dehors et de dehors en dedans; la traction doit se faire surtout en dehors.
Mêmes indications pour la deuxième grosse molaire qui a la même forme, la même disposition, mais qui est bien moins solide.
De même pour la troisième grosse molaire ou dent de sagesse, dont les racines recourbées en arrière et en haut sont peu distinctes; pousser la dent pour la luxer en arrière et en dehors.
b) Dents de la mâchoire inférieure : d'une façon générale, pas d'extraction brusque pour ne pas aller heurter les dents supérieures.
Pour l'incisive centrale, on ne pratiquera pas de mouvements de rotation qui risqueraient de briser sa racine aplatie. Luxer d'avant en arrière et réciproquement; il en est de même de l'incisive latérale. La canine est fortement implantée dans le maxillaire, sa racine est très longue; aller la chercher aussi loin que possible; luxer lentement, extraire vigoureusement.
Les deux prémolaires sont assez faibles; elles n'ont qu'une racine, assez arrondie; luxer dans l'axe de la racine, c'est-à-dire légèrement en dehors.
La première grosse molaire, la plus grosse de toutes les dents, est solidement implantée. Elle a deux racines puissantes; l'antérieure est la plus