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DERMATOZOAIRES. — Les dermatozoaires, ou parasite animaux de la peau humaine, comprennent des acariens, des insectes et des vers. (V. Parasites.)

Les uns sont propres à L'homme, tels que le poux, la puce irritante et le sarcopte de la gale. Les autres attaquent indifféremment l'homme et les animaux, ou, parasites des animaux, ne vivent sur l'homme qu'accidentellement.

Ils s'alimentent de manière fort variable. La plupart perforent la peau pour absorber le sang; d'autres vivent dans la peau et se nourrissent des tissus mêmes ou des liquides exsudés (sarcopte et puce pénétrante); la Blaire de Médine ne touche au tégument que pour le traverser en sortant du corps.

Certains dermatozoaires sont parasites pendant toute leur évolution. D'autres ne le sont que pendant une phase adulte (puce, phase moustique), ou phase larvaire (rouget, diptères cuticoles) de leur existence.

Les dermatozoaires comprennent les espèces suivantes.

Acariens.

Insectes

Vers

Sarcoptidés.

Ixodidés.

Démodécidés.

Trombididés.

Gamasidés.

Hémiptères.

Diptères.

Sarcopte de la gale.

Ixode.

Argas.

Demodex.

Rouget,

Dermanysse.

Hétéroptères.

Aptères.

Némocères.

Aphaniptères.

Punaise.

Poux.

Moustiques [Anophèles, Culex).

Puce irritante.

Puce pénétrante.

Diptères cuticoles.

Pilaire de Médine.

Pilaire du sang.

Cysticerque ladrique.

Le sarcopte de la gale est décrit à l'article Gale, les poux le sont à l'article Phtiriase, la fîlaire du sang à l'article Filariose. Nous n'étudierons ici que les autres dermatozoaires.

Ixode ou tique. — Il existe un grand nombre d'ixodes qui s'attaquent à divers animaux et quelquefois à l'homme. L'espèce la plus commune chez l'homme et en Europe est Ytxode ricin.

L'ixode femelle est seule parasite. Fécondée, elle se fixe sur son hôte en se cramponnant avec ses pattes et en enfonçant son rostre dans la peau. La succion dure plusieurs jours, pendant lesquels l'animal se gonfle, prend le volume, la forme et la couleur plombée d'une graine de ricin. On a pu le confondre alors avec une tumeur de molluscum pendulum. Ouand le parasite est repu, il se laisse tomber.

ioo:

Dermatozoaires.

Fig. 26i.

Fig. 26o.

Fi

264 et 265. — Argas marginatus (Fab.) vu par la face dorsale et par la face ventrale. — Grossissement 5 fois. D'après nature. (Dubreuil, in Prat. Dermat.)

L'ixode no détermine aucune douleur par sa piqûre, sans doute parce qu'il n'inocule aucun venin. Quand il se détache de lui-même, la piqûre guérit facilement. Mais quand on l'arrache brutalement, son rostre reste dans la plaie et s'élimine par suppuration. Aussi, vaut-il mieux l'aire tomber la tique en la luanl avec un peu de benzine ou de pétrole.

Argas. — Vargas reflexus, qui appartient à la même famille que l'ixode, est a\ant l on l un parasite du pigeon; mais il attaque aussi l'homme pendant son sommeil (fig. 264 et 265 .

11 enfonce son rostre profondément dans la peau; il augmente de volume pendant la succion. Les symptômes de la piqûre son! variables suivant les personnes. Dans le cas le plus simple, il survient une plaque œdémateuse, dure, large comme une pièce de cinq francs, 1res prurigineuse; cette plaque dure quelques heures et disparait graduellement.

Chez certains sujets, le gonflement s'étend à tout le membre, et s'accompagne d'une sensation de chaleur cuisante et d'une éruption vésiculeuse. L'urticaire géante et le prurit peuvent se généraliser à tout le corps; on observe alors, pendant quelques heures, du gonflement de la langue, de l'oppression, de l'accélération du pouls, des vomissements, de la diarrhée, comme si l'éruption s'était étendue à toutes les muqueuses. Une plaque d'oedème dur et prurigineux marque à ce moment le point piqué, où persiste, pendant plusieurs mois et môme pendant plusieurs années, une petite papule dure.

Si l'on arrache le parasite pendant son repos, le rostre reste dans la plaie et peut produire un phlegmon.

On fait lâcher prise à l'argas en employant la benzine ou la térébenthine. On lotionne la région piquée avec du vinaigre, ou on la recouvre de poudre d'amidon. On se préserve des piqûres par des lotions de térébenthine ; une lumière dans la chambre éloigne les parasites. Il faut enfin détruire ie colombier d'où ceux-ci sont partis.

Demodex folliculorum. — Le demodex /<>Ui<->/l<>finn est un acarien vermiforme qui vit immobile dans les follicules pileux. On trouve en général plusieurs demodex dans le môme follicule modérément dilaté. De Amicis et Majocchi ont attribué au demodex certaines plaques pigmenlaires de la face, parfois légèrement squameuses ressemblant à du chloasma ou à du pityriasis versicolor ; un traitenient antiseptique l'ail, dans ces cas, dispai litre également les demodex et la pigmentation! (fig. L2(>(>).

Fig. 266". — Demodex folliculorum. — Très grossi. — D'après nature. (Dubreuil, in Pral. Dermat. I

Dermatozoaires.

Fig. 267. — Dermanyssus gallinse de Geer vu pai la face ventrale. — Grossissement : 40 fois. — D'après nature. (Dubreuil, in Frai. Dermal.)

Rouget. — Le rouget esl la larve hexapode d'un petit acarien, le trombi- (i lin m holosericeum.

Commun dans les bois et les champs, en automne, il s'attaque aux gens qui traversent les jachères ou se couchenl sur l'herbe, el leur occasionne des démangeaisons intolérables; les lésions de grattage son! la seule éruption visible.

Le meilleur traitement contre les rougets consiste en lotions de benzine

pour détruire les parasites, ou d'eau vinaigrée pour calmer les démangeaisons.

Dermanysse des volailles. — Le dermanysse est un acarien parasite habituel des poules. 11 pique les personnes qui entrent dans les poulaillers infectés, mais ne s'installe pas sur elles. Aussi, les démangeaisons qu'il occasionne, particulièrement aux bras et aux jambes, ne sont-elles que passagères. La présence de nombreux dermanysses sur la peau et les vêtements explique le prurit (fig. 267). Le traitement, purement prophylactique, consiste dans la désinfection du poulailler avec de l'eau bouillante et du lait de chaux.

Punaise. — Les punaises, au corps arrondi el plat, de couleur rouge brun, d'odeur fétide, vivent dans les fentes des bois de lit, les boiseries, les rideaux, sous les papiers de tenture. Elles ne sortent que la nuit pour attaquer l'homme pendant son sommeil. Elles piquent surtout les parties découvertes, les parties inférieures de la face, le cou, les poignets, les avant-bras. Les piqûres déterminent une élevure rouge, dure, d'aspect inflammatoire, centrée par un point hémorragique, accompagnée parfois d'un gonflement notable des parties voisines et d'une vive sensation de brûlure (fig. 268).

Les applications d'ammoniaque, de vinaigre phéniqué, de menthol, etc., calment la réaction provoquée par la piqûre. On n'arrive à détruire les punaises qu'en pratiquant des fumigations soufrées dans les pièces hermétiquement closes, et cela pendant cinq ou six jours pour permettre aux œufs pondus d'éclore. Les pulvérisations de pétrole ou d'essence de pétrole, plusieurs fois répétées dans tous les coins où vivent les punaises, y réussissent aussi d'ordinaire; mais parfois il faut soulever les boiseries et démonter les meubles pour atteindre les parasites dans leurs derniers gîtes.

Moustiques. — Les moustiques ou cousins forment tout un groupe de diptères suceurs, dont les genres les plus connus sont les culex et les anophèle». Leurs larves n'éclosent el ne se développent que sur les flaques et les étangs d'eau stagnante el dépourvus de poissons.

o-. 268. — Cimex lectularius de Merett. — Grossissement: 5 fois.

D'après nature. (Dubreuil, inPral.Dcrm.

]<MH) Dermatozoaires.

La femelle adulle seule attaque l'homme ou les animaux, surtout le soir ou la nuit, el se nourri! de sang. Sa piqûre donne naissance à une élevure urtîcariénne souvent surmontée d'une vésicule 1res prurigineuse, qui dure quelques heures, mais qui peut reparaître à plusieurs reprises, en même temps que les démangeaisons, sous l'influence du grattage. Si les piqûres sont très nombreuses et 1res virulentes, la face, les mains, les avant-bras sont rouges, gonflés, couverts de phlyctènes; le sujet atteint a souvent de la lièvre.

Différentes variétés de moustiques jouent un rôle capital dans la propagation de certaines maladies parasitaires.

On sait que le paludisme est transmis par la piqûre de certains anophèles.

L'hématozoaire absorbé par Y Anophèle femelle avec le sang de l'homme qu'elle pique, subit dans l'estomac de celle-ci une évolution exogène el sexuée; le parasite arrivé au dernier state de son développement chez le moustique, passe dans les glandes salivaires el est inoculé à l'homme avec le venin dans une piqûre (V. Paludisme).

Ce sont aussi des Culex et des Anophèles qui propagent la fîlariose; ils sont les hôtes intermédiaires de la plaire nocturne dont l'homme est l'hôte définitif. Le microbe de la fièvre jaune (qui est peut-être le bacillus icteroïde de Sanarelli), est également véhiculé par un moustique spécial, le Culex fasciatus, classé par Théobald dans le genre stregomia (stregomia fasciata).

Les piqûres des moustiques se distinguent de celles des puces par l'absence du point central ecchymotique, de celle des punaises par leur rougeur plus claire et leur aspect plus franchement urlicarien. Elles peuvent être confondues avec le strophulus.

Il ne faut pas gratter les piqûres des moustiques. On fait, sur les régions atteintes, des lotions de vinaigre, d'ammoniaque, d'acide phénique à 3 ou 5 pour 100.

Pour éviter les piqûres, le plus sûr moyen est l'emploi de la moustiquaire; on peut aussi lotionner les parties découvertes avec une solution étendue de goudron ou d'essence d'eucalyptus.

On endort les moustiques pour un certain temps en brûlant dans les appartements de la poudre de pyrèthre.

On les détruit radicalement en desséchant les étangs où ils naissent, ou en faisant habiter l'eau par des poissons qui mangent les larves, ou mieux encore en versant à leur surface une petite quantité de pétrole qui lue les adultes qui viennent y pondre el les larves qui y montent pour respirer.

Puce commune. — La puce commune,

puce irritante, produit par sa piqûre une éle-

. L r ,ii • Fig 269. — Pulex irritons. Puce de

vure urticanenne, accompagnée d un prurit rhomme (Dubreuil, Prat. dermat.)

variable selon les sujets. L'élevure s'affaisse

au bout de quelques minutes ou de quelques heures, laissant à sa place une

tache ecchymotique grande comme une lentille et centrée par un point

N" p. m. c. - II. ru

Dermatozoaires.

Vïg. 270. — Pulex penelrans Chique femelle à l'état nor mal. (D'après Karsten.)

Fi:

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