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Femelle ovigère

(D'après Karsten.)

hémorragique ca r;»<- 1 <-rist i< | uc Clic/ les enfants, une seule piqûre de puce peul être l'occasion d'une urticaire généralisée (fig. 269).

Les puces jouent un rôle important dans la dissémination uV In peste (Simond).

11 u\ a pas d'autre traitement des piqûres de puce que les lotions habiluelles au vinaigre, au goudron, au menthol, elc. La propreté <les habitations prévient le développement des larves. Différentes espèces de puces vivant sur les animaux peuvent aussi allaquer l'homme.

Chique. — La chique ou puce pénétrante est un insecte originaire de l'Amérique tropicale, qui a été importé en Afrique et commence à envahir la Chine. Plus pelite que la puce de nos climats, elle vit dans le sable et

les herbes sèches; aussi atteint-elle surtout les pieds, mais elle ne dédaigne pas les autres parties du corps.

Tandis que le mâle ne séjourne sur l'homme que le temps nécessaire pour se gorger de sang, la femelle fécondée, pourvue d'une forte armature buccale, s'enfonce

obliquement dans l'épiderme lâche et mou qui circonscrit les ongles et s'y loge pour mener à bien sa gestation. Son abdomen, démesurément gonflé par les œufs, refoule les tissus et les enflamme; il finit par se rompre et les œufs sont expulsés au dehors pendant que l'animal resle dans la plaie (fig. 270 et 271).

La pénétration de la chique dans la peau peut être insidieuse; mais, en général, elle est marquée par une vive démangeaison qui s'accroît encore la nuit. Un point noir décèle le siège du parasite. La peau, distendue par celui-ci, devient douloureuse, s'enflamme et plus tard s'ulcère.

Les chiques sont parfois très nombreuses sur un même sujet. Les soins quotidiens de propreté et l'habitude de ne jamais marcher nu-pieds, même dans les habitations, mettent à l'abri de la chique.

Quand l'ennemi est dans la place, il faut l'extirper. Les femmes et les enfants indigènes pratiquent Yéchiquage avec une incroyable dextérité ; ils introduisent une aiguille dans le trajet de la chique el, par un mouvement de circumduction, l'énucléent facilement. Ils pansent ensuite la plaie avec du tabac mâché; mais un pansement antiseptique est préférable à ce topique répugnant, qui produit parfois des ulcères locaux, l'érysipèle, le phlegmon et même le tétanos.

Diptères cuticoles. — La piqûre des mouches est un mode de dissémination de nombreuses maladies infectieuses. La mouche vulgaire, si elle ne transmet pas directement les maladies infectieuses, peut, du moins, en disséminer les germes : sa trompe et ses pattes, barbouillées des microbes contenus dans les substances sur lesquelles elles se sont posées, les répandent sur l'homme et ses aliments. Les mouches qui ont sucé des crachats

1011 Dermatozoaires.

de tuberculeux expulsent dans leurs excréments des bacilles intacts.

Le stomoxe mut//*, qui harcèle les chevaux, mais peut aussi piquer l'homme, est considéré comme un des agents propagateurs de la bactéridie charbonneuse el d'autres microbes.

Les trypanosomiases sonl aussi transmises par des piqûres de mouches. Brumpt, Bruce et Navarro ont démontré que la maladie du sommeil est transmise par une espèce de mouche tsé-tsé, la glossina palpalis (V. Sommeil [Maladie du]).

L'organisme peut êlre infecté par des larves de mouches. Leur présence dans les tissus entraîne des lésions qui portent le nom de myases. Ces larves vivent sous la peau (larves cuticules) ou dans les cavités naturelles [larves cavicoles). Les premières seules nous intéressent.

Les larves cuticoles appartiennent aux familles des OEstrides et des Muscides. Les femelles de ces mouches ont leur organe génital pourvu dune tarière dont elles percent la peau humaine; elles déposent alors sur la blessure une larve, qui grossit sur place en formant une petite tumeur furonculeuse.

Les larves cuticoles les plus communes sont le ver de Cayor et le ver macaque.

Le ver de Cayor (larve de ÏOchromya anthropophage/,, de la famille des M use ides) se rencontre au Sénégal à la fin de la saison sèche. Le bouton furonculeux qui le contient se rompt au bout de sept jours environ : il renferme une larve longue de 1 centimètre, blanc sale, formée de neuf anneaux; on peut l'énucléer de la plaie par pression.

Quant au ver macaque (larve de la Dermatobia noxalis, de la famille des OEstrides), on l'observe dans toute l'Amérique centrale. Il est piriforme, d'un blanc grisâtre, et mesure 2 à 5 centimètres de long. Il sort spontanément de la tumeur qu'il détermine au bout de quelques mois, quand le moment de la métamorphose est arrivé.

En Europe, il existe des OEstrides cuticoles, qui appartiennent aux deux espèces Hypoderma bovis et Hypoderma diana\ les symptômes qu'elles occasionnent sont analogues à ceux que produit le ver macaque.

Filaire de Médine. — Un vrai ver, de l'ordre des Nématodes, et non plus une larve, vit en parasite dans la peau de l'homme : c'est la filaire de Médine ou Dragonneau, ou ver de Gainée. L'affection qu'il occasionne, appelée dracontiase ou draconculose, est endémique dans certaines régions de l'ancien continent, mais sévit surtout en Asie, en Afrique cl en Amérique. La femelle seule vit sous la peau de l'homme : large de I millimètre, longue de 50 centimètres à 4 mètres, elle a l'aspect dune corde à violon (flg. 272).

Les embryons de ce ver onl pour hôte le corps d'un petii crustacc; le cyclope, très abondant dans les eaux douces: l'homme el les animaux s infectent en avalant par mégarde le cyclope avec les eaux de boisson. L'embryon de filaire, parvenu dans le tube digestif de son dernier hôte, émigré jusque dans le tissu cellulaire sous-cutané où il devient adulte (Fedshehko). Plusieurs semaines ou plusieurs mois après la pénétrai ion du parasite, les tissus réagissent contre l'envahisseur; la région atteinte s'empâte et

Dermatozoaires.

devienl douloureuse. On seul à la palpation un cordon dur analogue à celui qui révèle La phlébite. La peau pougil en un poinl et se surmonte d'une phlyctène purulente qui s'ouvre au dehors; au fond de la plaie, on voil •alors un poinl blanchâtre ou une ficelle pelotonnée : c'esl la filiaire, qui

s'éliminera spontanémenl après une longue suppuration (V. Filariose).

La tumeur filarienne est d'ordinaire solilaire, mais il peul en exister plusieurs sur le même individu.

La meilleure prophylaxie de la Glaire esl l'usage d'eau filtrée et stérilisée.

Dès que le parasite esl apparu en un endroit du corps, il faut procéder à son extraction. Tirant doucement l'helminthe en dehors de la plaie, on le saisi! en Ire les deux mors d'un bout de bois fendu, auloiir duquel on l'enroule pet il à petit .

L'opération doil èlre conduite avec les plus grandes précautions : il faut avant tout éviter la rupture du ver, car les embryons libérés détermineraient* alors une suppuration interminable, la gangrène et parfois la mort.

Tel est le procédé employé par les indigènes. Emily préconise une méthode bien plus rapide : elle consiste à injecter le long du trajet du ver, ou, si possible, dans le ver lui-même, une solution de bichlorure de mercure au millième.

Brumpt a quelque peu modifié le mode opératoire : après avoir jeté une ligature sur le ver, il injecte dans celui-ci une solution de sublimé qui ressort en entraînant les embryons; le ver esl ainsi entièrement lavé, et l'irritation des tissus est réduite au minimum.

Roquelaure emploie une solution sursaturée de chlorure de sodium au lieu de sublimé. Béclère a eu l'idée, afin de faciliter l'extraction, de soumettre au préalable le parasite à l'action des vapeurs de chloroforme.

Filariose cutanée. — Il existe sur la côte occidentale d'Afrique une dermatose mal définie, appelée craw-craw. Cette affection qui ressemble à une gale invétérée, est caractérisée par l'apparition de papules prurigineuses qui deviennent bientôt vésico-pustuleuses. Elle occupe les espaces interdigitaux, les poignets, les coudes; elle n'atteint presque jamais la face. L'examen microscopique révélerait dans ces vésico-pustules l'existence d'une microfilaire.

Ladrerie. — Le eysticerque du taenia soliura peul, chez l'homme comme chez le porc, occasionner la ladrerie (v. c. m.)

Fig. 272. — Filaria medinensis. (D'après Bastian et Leuckart.) — a, extrémité antérieure, vue de face; 0, bouche; P, papilles; b, femelle, moitié plus courte qu'à l'état normal ; «embryons très grossis.

10 h" Dermatozoaîres.

Les œufs qui remplissent le cucurbitain, arrivé à maturité, du taenia soliuiu. sonl perles dans le tube digestif par l'eau de boisson, par des souillures accidentelles des aliments; là, leur enveloppe est dissoute, les embryons sonl mis en liberté, traversent les tuniques de l'estomac ou de l'intestin et pénètrent dans les vaisseaux qui vont les disséminer dans tout le corps. L'individu porteur d'un taenia est donc un danger pour ceux qui l'entourent. Il peut aussi s'auto-infecter, soit par l'intermédiaire de ses doigts, soil par l'éclosion des œufs dans son tube digestif.

Les cysticerques ladriques siègent surtout dans les muscles, puis dans le tissu cellulaire sous-cutané, enfin dans les méninges et le cerveau. Leur nombre varie d'un à plusieurs centaines.

Les cysticerques sous-cutanés, qui peuvent être disséminés en tous les points du corps, forment de petites tumeurs du volume d'un pois à celui d'un haricot, bien limitées, dures, mobiles sous la peau et sur les plans profonds, absolument indolentes. Toujours perceptibles à la palpation, elles ne sont pas toujours visibles.

Les cysticerques ne sont pas tous tolérés par l'organisme. Ils occasionnent parfois des douleurs musculaires, de la fatigue, des crampes; ils provoquent aussi des phénomènes inflammatoires ou môme de véritables abcès; dans ce cas, le cysticerque est éliminé avec le pus quand la collection s'ouvre. Quand ils ont acquis leur complet développement, les cysticerques peuvent persister indéfiniment. En général, au bout de quelques mois, ils meurent, et diminuent ou même se résorbent. Des infections récentes en font souvent apparaître de nouveaux en d'autres points.

Le pronostic de la ladrerie cutanée est très bénin. Mais les cysticerques viscéraux, qui coexistent souvent avec ceux du tissu cellulaire, peuvent compromettre l'existence.

Les cysticerques sont en général assez facilement reconnus à leur volume, leur dureté, leur mobilité parfaite sous la peau, leur indolence, leur multiplicité habituelle. L'extirpation d'une des petites tumeurs confirme le diagnostic.

Mais, quand les tumeurs ladriques sont uniques ou enflammées, leur diagnostic est moins facile. On les a confondues avec des kystes sébacés, des fibromes, des enchondronies, des lipomes, des abcès, etc., et surtout des gommes syphilitiques.

Il n'existe pas de traitement médical de la ladrerie. Le seul moyen de se débarrasser des tumeurs ladriques est l'extirpation chirurgicale, qui est très facile. On pourrait aussi, pour Dubreuilh, essayer la ponction des kystes et l'évacuation du liquide, ou des injections intra-kystiques de sublimé, ou encore l'électrolyse ; le kyste parasitaire mort se calcifié, se rétracte et peut disparaître parfois presque complètement. Mais on ne peut atteindre que les cysticerques sous-cutanés, qui ne constituent pas le danger de la ladrerie.

La prophylaxie esl la partie la plus importante du traitement. Il faut soigner les individus atteints de tœnia, qui sont un danger pour leur entourage: on empêche ainsi la transmission des cysticerques.

FERNAND TRÉMOLIÈRES.

Permites infantiles. 1 0 1 i

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