EN CONSTRUCTION A MARSEILLE
Par M. DE Montricher, ingénieur en chef, et M. Pascal, ingénieur des ponts et chaussées.
1855. — PLAXCHES 33 ET 34.
Marseille sera un jour le Liverpool de la Méditerranée. Aussitôt que l’isthme de Suez sera ouvert, par la double voie ferrée et maritime, Marseille deviendra l’entrepôt ordinaire de l’Égypte et de l’Inde, le magasin continental de l’Australie et de la Chine.
Déjà les travaux gigantesques entrepris depuis vingt ans pour arroser le territoire de la ville de Marseille, et pour alimenter ses fontaines publiques et privées, les travaux non moins remarquables exécutés pour y amener le chemin de fer de Lyon à la Méditerranée, la construction du port artificiel de la Joliette, la création de quartiers nouveaux d’une architecture élégante et heureuse, l’ouverture d’un grand nombre d’avenues, de boulevards et de promenades nouvelles, ont fait de cette ville une cité privilégiée.
Aujourd’hui, le port de la Joliette s’apprête à faire le tour du golfe, par une série de bassins semblables, conquis sur la mer comme lui. Il semble vouloir se relier, en s’étendant peu à peu jusqu’aux Martigues, avec l’immense et profond bassin intérieur de l’étang de Berre, et donner ainsi à Marseille, non-seulement un port marchand de la première importance, mais encore une rade militaire, où des flottes entières pourront faire leurs évolutions à l’abri de toute tempête et de toute attaque de l’extérieur.