‹ Nouvelles annales de la constructionChapitre 79 sur 112 · A. — TRANSPORT ET IM.MERSION · texte numérisé non relu

A. — TRANSPORT ET IM.MERSION

Ln câble sous-marin est un objet à la fois lourd et encombrant, dont le transport et la manœuvre sont difficiles et présentent souvent de véritables dangers. Lorsque, au-dessus d’une grande profondeur, ils s’échappent et se déroulent d’eux-raêmes par Teffet de leur poids, ce qui arrive alors avec une effrayante vitesse , ils peuvent ravager tout le pont du navire et tuer beaucoup de monde.

Le rouleau du câble de la Spezzia au Cap Corse, avait 1“.50 de hauteur, T"’. 30 de diamètre intérieur et 22”. 85 de diamètre extérieur. Il fallut 70 heures pour amariner le câble anglo-belge dans un navire. On employa vingt wagons pour transporter des ateliers de Gateshead à Maryport le câble de Holyhead à IJowih. Le transport et rimmersion d’un de ces câbles emploie ordinairement A navires, dont 1 ou 2 remorqueurs à vapeur. La route à suivre pour le dépôt est indiquée par des balises flottantes, dont on cherche à s’écarter le moins possible. Pendant toute la durée de l’immersion on maintient eu correspondance des appareils mis en rapport avec les deux extrémités du câble, l’un sur le rivage du point de départ, l’autre sur le navire où gît le câble à fond de cale. Si le câble se rompt, le courant est interrompu, et l’immobilité des instruments l’indique. Au sortir de la cale, le câble est reçu par deux fortes roues en fonte à gorge, sur chacune desquelles il fait trois tours pour résister à l’entraînement de la portion déjà mise à l’eau. Ces roues sont d’ailleurs pourvues de puissants freins qui modèrent au besoin leur mouvement. Le mouillage à l’eau froide des parties flottantes peut occuper jusqu’à 20 hommes. Le câble glisse à l’eau par l'avant du navire. Une troisième roue, placée à l’arrière, sert à le guider et à le maintenir dans les mouvements de roulis et de tangage. Des compteurs avec indicateurs fixés sur les roues indiquent à chaque instant la longueur de câble immergée.

Répétons encore ici qu’il est indispensable de conduire avec beaucoup de précautions le dévidage du câble et de choisir pour cette opération le temps le plus calme possible. Le 9 octobre 1851, une tempête s’étant élevée pendant l’immersion d'un câble entre Port-Patrick et Donaghadee, on dut, pour sauver l’équipage, couper le câble et en abandonner dans la mer 25 kilomètres, qui ne furent repêchés que trois ans et huit mois plus tard. On mit quatre jours à retirer le câble de l’eau, l’impétuosité de la marée (9,600 mètres à l’heure) empêchant tout travail pendant sa descente et sa montée.

Les opérations faites pendant la présente année ont également eu d’assez fâcheux résultats : une partie de câble a été perdue dans l’océan Atlantique entre file de Terre-Neuve et 1 île du Prince- Édouard; et dans la Méditerranée, le câble que l’on immergeait de la Sardaigne à la côte d'Algérie s’est aussi rompu dernièrement. L’opération a dû être remise à l’an prochain. La perle est évaluée à 1 million de francs.

g 5. — Conservation et durée des carees.

On admet que , hors le cas d’accident , un câble télégraphique sousmarin convenablement établi et soigneusement déposé dans la mer se conservera toujours en parfait état de service. L’action chimique de l’eau de mer sur les fils protecteurs paraît nulle , que ces fils soient galvanisés ou non. On atlrihuc ce fait, soit à l’enveloppe de sable et de coquillagi's

NOlJVKLLKS ANNAl.KS DK LA LONSTIÎLCTION. — DKCKMliDK 1 855.

qui ne larde pas à s’y déposer, soit au peu de surface absolue qu’ils présentent. Dans le cas assimilable de navires naufragés on avait constaté de tous temps, par l’examen des pièces de fer retirées du fond de la mer, que les menus objets, tels que les armes, les clous, les outils, avaient beaucoup moins soullcrt que les ancres et les autres grandes masses. Le cfible d essai de 1850, de Calais à Douvres, a été retiré, deux ans après , dans un parfait état de conservation , malgré la présence de hauts fonds dans cette partie de la Manche. Dans les eaux profondes, les câbles sont encore mieux en sûreté. On a retrouvé intact , après trente-deux mois de séjour dans une mer profonde, le câble abandonné le 9 octobre 1851 par M. Nüvvall entre Port- Patrick et Donaghadee. Ce câble, remis à l’épreuve, transmettait parfaitement l’électricité sans aucune déperdition, et comme au sortir de l’atelier.

Quant aux accidents qui peuvent porter atteinte aux câbles sous-marins, ils sont dus principalement aux ancres des navires. Plusieurs câbles ont été coupés par des ancres. Le câble de Calais à Douvres a résisté à un schooner demeuré pendant onze heures pris par son ancre jusqu à ce que le vent ait faibli; ce bâtiment a été forcé d’abandonner son ancie et 300 brasses de chaîne, sans que le câble électrique en ait souffert. Pour obvier à ces inconvénients, les navigateurs sont invités par des avis publiés dans les journaux à ne pas jeter l’ancre dans le voisinage des câbles télégraphiques dont on leur indique la position, et qu’ils doivent tracer eux-mêmes sur leurs cartes. ^

Un accident qui n est arrivé qu’une seule fois, c’est la rupture d’un câble faite de bonne foi par un marin, croyant avoir ramené avec son ancre un câble ordinaire en chanvre perdu à la mer. Ou a ainsi coupé 572 mètres du câble de Port-Patrick à Donaghadee.

Disons maintenant un mot de la Carte généraledu télégraphe électrique projeté entre l'Europe et l'Australie, par l'Egypte et les Indes , planche 52. Le télégraphe 7 ransatlantique fera l’objet d’une deuxième noie.

lie Télégragilie électriciue d’Europe eu Australie,

par la Corse, la Sardaigne, la côte d’Afrique, l’Égypte, l’Arabie, la Perse et les Indes

La Compagnie du Télégraphe électrique de la Méditerranée (Johin Brett), qui s’occupe, en ce moment même, déposer les câbles nécessaires pour relier lîle de Sardaigne et la Galle, située sur la côte d’Afrique, a en vue 1 exécution d’une ligne télégraphique complète de 20,000 kilomètres environ entre l’Europe et la ville de Melbourne, située au sud de l’Australie. Les gouvernements de France et de Sardaigne assurent aujourd hui aux actionnaires de la partie comprise entre la Spez”io et la Calle un intérêt de 5 p. 100 sur les 7,500,000 fr. nécessaires à rétablissement de ce tronçon. (Lois du 10 juin 1853 et du 13 juillet 1855 en France. — Décret royal du 5 février et loi du 19 mars 1853 en Sardaigne.)

lo spéciale des Tclégraplics sous-marins. — IS62. Traité fif

telegruiâiie électrique par M. l’abbé Moigno, 2» édit. Librairie de A Franck, à l'aris 1 of science and art, edited by Diomjsius Lardner DTI M etMaberly, à Londres. -4ans S

ed cos Patent improved wire rope. Illustrations of its varions applications Manufacqrmhtlmvlm mediterrlnean electric tele-

t^lShi^ues détachés sar’les lignes

Grande-Bretagne. Exposition universelle de 1855

No ttoT Kchantillons de 4 câbles sous-marins.

No n FÂ *1? ,^®"dres. Echantillons de 7 càliles sous-m.arins.

No lO-i r n”' de 20 câbles sous-inari ns ou soiis-tluviau.x

Noim« “ ^J®^P*®"\Ç‘djlesous--marin de Calais à Douvres, fragment tordu N 1037. a fabriquer le fil de fer. Échantillons divers

de üls de 1er protecteurs pour cables sous-marins.

Page 1