‹ Nouvelles annales des voyages, Volume 140Chapitre 1 sur 28 · AU SEPTIÈME SIÈCLE DE NOTRE ÈRE · texte numérisé non relu

AU SEPTIÈME SIÈCLE DE NOTRE ÈRE

8UITB.

(Voyez notre cabier de Juillet-août, p. 93.)

Nous avons laissé notre savant pèlerin à Vârân(içî (Bénarès) , ce centre fameux de la culture brahmanique sur les bords du Gange ; nous allons le suivre maintenant dans les parties plus orientales du bassin Gangétique , et de. là dans les contrées moins connues du Sud qu'il va parcourir avant de revenir à Fouest vers le Souràchtra et les provinces avoisinantes.

Après avoir visité les établissements religieux des environs de Vârânaçî , Hiouen-thsang fit , dit-il , environ 300 li à l'est en suivant le cours du Gange, et arriva à un royaume que le voyageur nomme Tchèntchou-koué. Par une exception unique dans la relation chinoise , l'orthographe indienne du nom n'est pas figurée en caractères phonétiques. Les trois caractères chinois signifient Royaume du maître ( ou peut-être du roi ) des combats , ce qui aurait été en sanscrit Youddkapatipaura dans le premier cas , et dans le second Yovddharâdjâpoura. Dans l'encyclopédie Fa -^0M«ti^teA(m*-rm, qui renferme un% analyse du voyage d'après le Si-yu-ki , la capitale est désignée sous le nom de Ta-mouan'^tc'hing. Ces trois mots signifient littéralement la ville grande et pleine, ce qui se rendrait en sanscrit par Mahâpoûma^ pottfa(l). Pour le parcours de 300 li que note le voyageur depuis Vârânaçî jusqu'à la capitale du royaume de Youddharâdjâpoura, l'expression employée dans le texte chinois (chun-lieou) implique une descente par eau et non un trajet par terre (2); il faut donc , en mesurant cette distance sur la carte, suivre le double circuit que décrit le Gange audessous de la métropole brahmanique. Nous nous trouvons ainsi amenés à la ville importante de Gazypour , qui doit cons^quemment répondre à la cité mentionnée par le voyageur. Le royaume dont cette

(I) !96te nuamortte coinliiinkiaée par M. Staniili» iulteiL (3) Nous avions exprimé à ce sujet un doute à M. Stanislas JuJiea , qui y a répondu d'une manière explicite.

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DES TOTAOBS. 7

ville était la capitale devait donc être au aord éa Gange, et s'étendait ptx)bablenient à Test jusqu'à la Sarayoû ; mais noua ne pouvons rien dire de ses autres limites. Hioum^^thsang lui dom» 2)00011 de tour.

DeYouddharâdjipourale vojageur se vend à Vài* çâlt t sur la Gandakl inférieure. La direction géné«-^ raie de cette portion de Titinéraire est à rE.<»N.«B« Mais ici nous devons transcrire la relation deHiouen*» thsang lui-même : ni le trop court préoisqu'en donné son hiatorien ( p. 13& du volume traduit par M. StiH nislaa Julien ) , ni la notice dle»méme que le savant traducteur a donnée ail appendice (p. 46SS) d'après la relation originale , ne suffiraient à nous dirigsr*. « Le royaume de Tchén-teftoU» dit le voyageur(l), a environ 2000 li de tour, Lacapitale, q^i est voûâne du Gange» a une circonférence d'environ 10 li«

9 (Hiouen*thsang) fit envixtni200 li à l'£. de la o»pitale (Youddbaràdjâpourai ou Mahâpoûroaipoura), et arriva au couvent appelé A^-pi-td-kie-rlar-na^aMg*kia-lan {Àviiddhàkarna âonghArtma, littéralement le Couvent de ceux qui n'ont pas les oreilles percées).

» Au sud-est de ce couvent il fit etivircHEi 100 li , passa le Gange au sud , et arriva à la ville de Moho-so-lo {Mahà$ala?) t qui n'était liabitée que par des Brahmanes.

» Au nord du Gange , on voit un temple ^vé en

(i)Si'U^ki (U?. 7, fol. 9), tradacUen manuscrite communiquée IMur M. Staniilis MfttM.

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rhonneur de Na-Io- yen -tien (Nàrâyanadê^a).

Après avoir fait 30 li à Test de ce temple , il vit un stoùpa bâti par Açôka, et qui était en grande partie enfoncé en terre. A côté de ce stoûpa, à une petite distance , il y a plusieurs couvents délabrés pour la plupart, mais qui cependant renferment encore un certain nombre de religieux. Eki partant de là dans la direction du S.-E., il arriva à un stoûpa. Quoiqu'il soit en ruines , ce qui en reste a encore plusieurs tchang de bauteur (2). Ce fut en cet endroit qu'après le nirvana du Tatbàgata (Çàkya-Mouni) , buit rois de l'Inde se partagèrent ses reliques.

» Delà il se dirigea au nord-est, passa le Gange, et après avoir fait de 140 à 150 li il arriva au royaume de Feï-cbé-li (FôtpôK). d

Quoique dans cette route la direction générale et la distance se rapportent assez exactement à nos cartes actuelles , il y a plusieurs parties de détail qui semblent obscures au premier aspect , ou même contra-^ dictoires. Nous croyons cependant qu'on peut arriver à concilier les données de l'itinéraire chinois avec les exigences de la topographie. Et à cette occasion conmie en beaucoup d'autres , nous ne saurions trop rappeler que la pensée du pieux pèlerin n'était nul lement tournée vers les choses de la géographie , et que c'est seulement par occasion , sans y viser jamais et sans chercher à y mettre la suite que nous y voudrions trouver , que le voyageur donne çà et là ces

(1) Le tehang est une mesure chinoise de iO pieds.

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indications topographiques qui nous sont aujourd'hui si précieuses.

Hiouen-thsang , partant de Youddharàdjàpimra , arrive au couvent à^ Aviddhakarna après avoir fait environ 200 li dans la direction de l'est , c'est-à-dire quelque chose comme 18 de nos lieues communes. Cette indication nous conduit à peu de distance de la Sarayoû inférieure ; et ce qui suit fixe la situation du couvent par rapport au Gange. L'itinéraire ajoute en effet que marchant au sud-est de ce couvent il fit environ 100 li , passa le Gange au sud , et arriva à la ville de Mo-ho^so-lo qui n'était habitée que par des Brahmanes. Or, nous retrouvons cette ville dans le village actuel de Masar , situé à deux lieues au S.-S.-O. d'Arah (à l'extrémité septentrionale du district de Ghahabad ) , lieu que M. Francis Buchanan, dans son exploration archéologique de ce district , signale comme très-remarquable par des ruines de constructions religieuses qui portent le cachet d'une grande antiquité (1). La transcription sanscrite du nom chinois ne serait donc pas Mahâsala ( que M. Stanislas Julien a lui-même marquée d'un signe de doute) , mais bien Mahâsâra , leçon qu'autorise le son chinois lo , qui çert à exprimer aussi bien ra que la- Comme il parait , d'après la rédaction du texte , que les 100 li se doivent compter du couvent d'Aviddhakama au passage du fleuve , il

(1) Montgomery Martin, the History^ Antiquities^ etc., of Eastern India (from the officiai Reports of sir Francis Buciiaiiao ) ; London, 1S38, T0l.I,p.ftl3, in-8.

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10 NQUVELtES AMMALES

s'ensuit qu* Ayiddhakama devait être situé non loin de la rive droite de la Sarayoû , à 8 ou lieues au nord du Gange.

Ce qui suit dans Vitinéraire nous parait de toute nécessité devoir être pris comme un incident épieodique , en dehors de la ligne de route où il est placé, n semblerait en effet, à prendre le texte dans sa rédaction rigoureuse , que la visite du temple de iVdrâyana et des stoùpas environnants jusqu'au lieu où se fit le partage des reliques de Bouddha, suivit celle de la ville de Mahâsâra , tandis que de toute nécessité il faut qu'elle l'ait précédé , sous peine de bouleverser l'enchaînement naturel de l'itinéraire et d'en rendre l'application au local absolument impossible . Tout le paragraphe qui commence par ces mots : « au nord du Gange, » et qui va jusqu'à la mention du lieu où se fit le partage des cendres de Bouddha que huit villes de cette région se disputaient , tout ce paragraphe , disons-nous , contient é^videmment le récit d'une excursion que Hiouen-thsang, s'il l'a faite en personne, avait accomplie lorsqu'il se trouvait au nord du Gange , lors de sa visite au couvent d'Aviddhakama. L'emplacement, au moins très-approximatif, du stoûpa qui marquait l'endroit où s'était fait le partage des reliques , et qu'on avait nommé la Tour des Charbims, cet emplacement nous est déjà connu (1); nous savons qu'il se trouvait à 290 li vers le S.-E. de Râmagrâma (aujourd'hui

(1) Voyez notre troisième article sur Iltinéraire de Hlouen-tiisanig, annales, cahier de Juillet-août, p. 123.

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Rampour, à une vingtaine de lieues dans le N.-E. de Gorakpour ) , et à une distance peu considérable au S.-O. de Kouçinagara, dont il était séparé par une forêt. Nous nous trouvons donc ici dans le nord du district de Saran ( compris entre le cours inférieur de la Sarayoû et la Gandakî), et selon toute apparence à une huitaine de lieues entre le N. et le N.-E. de la ville de Se van ou AUigrâma , capitale du district. Au reste, nous devons répéter ici ce que nous avons déjà dit en plus d'une occasion dans le cours de cette Etude : c'est que les déterminations qu'en l'absence de tout autre moyen de vérification nous déduisons seulement de simples combinaisons d'itinéraires, ne doivent être prises qu'à titre d'indications, plus ou moins approximatives selon le plus ou moins de précision des textes , mais qui ne sauraient jamais avoir la certitude rigoureuse d'identifications appuyées sur des données certaines , soit topographiques , soit archéologiques. Les précieuses explorations de M. Francis Buchanan-Hamilton, que nous avons eu déjà plus d'une occasion de citer , ne se sont malheureusement pas étendues au district de Saran ; il serait bien à désirer que cette partie du Béhar devînt, si elle ne l'a pas été jusqu'à présent, l'objet d'une étude analogue, et que les résultats en fussent livrés à la science. On a peine à croire que les souvenirs religieux qui se rattachaient à la mort et aux derniers actes de Çâkya-Mouni , dont ce district fut le théâtre, n'y aient absolument laissé ni traditions ni légendes locales , et que les lieux encore

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si bien conjous au temps où Hiouen-thsang les visitait y soient tombés dans un total oubli. Nous avons la ferme conviction que des recherches faites avec soin et intelligence feraient connaître d'une manière certaine l'emplacement de quelques-uns au moins ^ des lieux autrefois consacrés par la foi des sectateurs de Bouddha, et permettraient de donner à cette portion de la carte de l'Inde bouddhique une précision à laquelle tout autre moyen d'investigation ne saurait prétendre.

Parmi les résultats auxquels cette discussion nous aura conduits, il en est un du moins qui nous parait indubitable : c'est qu'il faut renfermer comme en une grande parenthèse tout le paragraphe où il est question du temple de Nârâyana , et rapprocher ainsi le paragraphe qui suit de celui qui précède. Ces mots qui terminent l'article : ii De là il se dirigea au nord-est , passa le Gange, et, après avoir fait de 140 à 150 li , arriva au royaume de Vâiçâlî, » ces mots, disons-nous, ne peuvent se rapporter qu'à Mahâsâra, La distance indiquée , la direction, et le passage du Gange , tout ici se rapporte exactement à la situation relative de Mahàsàra et de Vâiçâlî.

Quant à l'emplacement de cette dernière ville , il ne saurait y avoir aucun doute. Les nombreuses indications qui se tirent des livres bouddhiques concourent toutes à la placer au nord du Gange , à une faible distance de la rive gauche ou orientale de la Gandakî ; et les deux voyageurs chinois dont nous possédons les relations , notre Hiouen-thsang et son

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prédécesseur Fa-bian, complètent cette indication en marquant d'une manière concordante la distance de Vâiçâlî au Gange. Dans Fa-hian , cette distance est de 4 yôdjanas(l), c'est-à-dire de 16 kôs, c[ui doivent répondre à environ 12 de nos lieues communes, peut-être un peu moins (2) , et à 130 li chinois ; dans Hiouen-thsang , elle est marquée de 125 à 136 li , en trois stations (3). Si maintenant nous remontons la rive gauche de la Gandakî actuelle à environ 11 lieues à partir du Gange (130 li), nous arrivons , non loin de la ville de Bakhra , à un village qui non-seulement garde dans sa dénomination locale de Bassar la trace évidente du nom ancien (4), mais qui de plus a été signalé par un explorateur contemporain comme ayant des ruines remarquables qui attestent ici l'existence d'une grande ville (5).

(1) Fœ-kùu&'ki, p. 350.

(2) Voyez sur TévaluatloD du yôdjaoa dans cette partie de PInde notre précédent article , cahier de Juillet-août, p. 12&.

(d) 0e Vftiçait à un grand stoûpa situé au S.-E. de la ville de U^ 15»

De ce stoûpa, où se réunirent sept cents sages pour délibérer sur le texte de la loi , à Ghi-fei-to (Çvétapoura), Tille et couvent de 80 à 9011

De Çvéupoura au Gange, euTlron 30 11

Total de 134 à 13511

(«fi-yu-M, traduction mss. communiquée par H. Stan. Julien). Hoel-li (p. 136) marque en nombre rond 100 li de Vâiçâlî à Çvétapoiira.

(4) Bassar^ pour Bassal , ou F'assal, Le changement vulgaire du t> en 6 est une des permutations les plus fréquentes , de même que celui de VI en r.

(5) J. Stephenson, Excursion to the Rulns and Site of an ancient City near Bakhra, dans le Journal of Aêiat. Soc. of Bmgal, vol. IV9 1835, p. 138.

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BasiOTt <{ui était encore, au temps d'Akbar» la capitale du district actuel de Bakhra (1) , est à une lieue du bord oriental de la Gandak, entre Bakhra et la rivière. Ce point est un de ceux dont l'identification est maintenant hors de discussion. Le couvent de Çvêtapoura, à 30 li du confluent de la Gandakî et du Gange , devait se trouver à 2 lieues et demie environ au nord de la ville actuelle de Hadjipour (2 j. Le royaume dont Vâiçâli était la capitale avait, selon notre voyageur, un pourtour de 5 ,000 li ; mais il y a en général peu de fond à faire sur ces sortes de mesures du circuit de chaque état que donne Hiouen-thsang. Ce sont des renseignements dont la source ne pouvait être que fort incertaine , et où les chifires sont presque toujours exagérés. Le royaume de Vâiçâlî était formé, selon toute apparence, de ce que l'ancienne géographie sanscrite connaît sous le nom de Mithilà , et la géographie plus moderne sous celui de Tirhout , c'est-à-dire , à prendre oc nom dans sa plus grande extension , le pays compris entre la Gandakî, la Kaouçikî , les montagnes du Népal et le Gange , étendue de pays

(1) jiyeen Akhery^ transi, by Fr. Gladwiu, vol. H, p. 198, in-8.

(2) Fa-hian {Foe-koue-ki, p. 252) désigne la partie du Gange où d^boucbe la Gandakt sous le nom de Jléunion des cinq Rivière». Le suiwrlt<tait peu^tre ParUchanada. Cette parUe du cours du Oeuve ptriflMite en effet nn remarquable agroupement d'atluents eonsidérebles 4ms un espace de moins de vingt lieues, te confluent de la Sarayoû à l'ouest» plus bas les deux branches de rancienne Çôna (dont une n'existe plus), puis le confluent de la GandaH^ et enfin, le plus orleatal de tous» celui de la Pampana, forment biea en effet les efnq Riviàr€s roenaonoées par le voyageur. Cette appellation locale ne se rencontre pas dans nos sources sanscrites.

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DBS VOTAGBft. 1$

^i présente au plus un circuit de 1500 li. YâiçùU , à Tépoque où Hiouen-tlisang la visita , n'était plu» qu'un monceau de ruines, et ne conservait que (quelques faibles restes de son ancienne population. Cette ruine complète avait du s'accomplir dans l'intervalle qui sépare la visite de Fa-hian de celle de Hiouenthsang y car le premier en parle comme d'une place encore florissante.

Hoeï-li f l'historien de Hiouen-thsang, nous conduit immédiatement du pays de Vàiç^t dans le Magcidha, dont le voyageur, à Çvêtapoura, ne se trouvait plus guère séparé que par la largeur du Gange. n est en effet plus que probable que ce fut là l'itinéraire. Cependant on trouve dans le Si-yu-ki (qui est la relation, originale de Hiouen-thsang), entre la description du royaume de Vâiçâli et l'entrée dans le Magadha » la mention d'un autre état, celui des Fftdjt , situé au nord du Gange vers les montagnes, et dont il est parlé comme d'une province que le voyageur aurait personnellement visitée. Si Hiouenthsang a fait cette excursion , ce qui est possible , elle a dû avoir lieu dans le temps où il se trouvait au -pays de Vàiçàli , et avant que de cette ville il ne redescendit vers le Gange.

D'après la notice extraite du Si-yu-ki par le traducteur de Hoeï-li (p. 377 du volume) , le royaume de Vriétjî (Foli-chi dans la transcription chinoise) que les habitants du Nord appelaient Safi-fa-chi {Samvadji ? ) était à 600 li de Vâiçâlî vers le N .E. Ce royaume avait environ 400 li de tour (1); U était

(1) C'est le cMffre que donne rimprimé, mais c'est sUremeat uie

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allongé de Test à l'ouest et resserré du sud au nord. Le sol, très-fertile, y donnait en abondance des fleurs et des fruits. Le climat était un peu froid: — circonstance qui annonce le voisinage de la montagne. La plupart des habitants avaient conservé la loi brahmanique ; le Bouddhisme n'y comptait guère qu'une dizaine de couvents, et au total un millier de religieux. La capitale du royaume s'appelait Tchèn-siuna ; elle était en partie ruinée. Le pays était arrosé par un grand fleuve. Un stoûpa, élevé près d'une ancienne ville (une ville ruinée? ) marquait l'endroit où jadis le Tathâgata (Bouddha) avait composé les règles de la discipline en faveur des Bhikchous ( religieux mendiants). En partant de ce pays par le nord-ouest, on faisait de 14 à 1600 li pour arriver aux montagnes que l'on avait à franchir avant d'entrer dans le royaume de iVépdIa (Ni-po-lo).

Les Vridjî sont mentionnés fréquemment dans les livres bouddhiques , où leur nom est écrit Vaddji , qui est la forme pâli du mot(l). Au temps de Bouddha, c'est-à-dire au milieu du vi** siècle avant notre ère, ils étaient maîtres de tout le pays de Vâiçâlî jusqu'au Gange, et le roi de Magadha fut obligé d'élever un fort sur la rive droite du fleuve , dans le village de Pâtali (qui devint plus tard la célèbre cité

faute d'impres^on. L'analyse trto^irconstanciée du Si-yu-ki , qui doit faire partie du second volume de la publication de M. Stanislas Julien et dont il a bien voulu nous faire une communication anticipée, porte &,000 li.

(1) Burnottf, Introd. à VhisU du Buddh,,, p. 57 ; Turnour, Ezam. of the Pali Buddhlst. Annals, dans le Journal ofAs. soc. ofBeng,, vol. VU, 1838, p. 922.

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de Pàialipauîra , la PaUbothra des Grecs) , pour se défendre de leurs attaques (1). Dans une légende bouddhique rapportée par M.Bumouf(2), on trouve ces mots : « Elle est belle , 6 Ananda, la ville de Yàiçàlt , la terre des Vridji / » On ne nous apprend rien sur leur origine et leur histoire antérieure ; ce qui résulte seulement de nos données , c^est que les Vaâdji étaient une tribu puissante , qui dominait sur la contrée comprise entre le Gange et les montagnes , à l'orient de la Gandakî. Ce pays est celui qui dans les sources anciennes de la géographie brahmanique est connu sous le double nom de Vidêha et de MUhilâ (S) , et qui plus tard a pris celui de Tirabhoukti , dont Tusage vulgaire a fait TirahotU, eiTirhouî(4). On voit aussi que les Vaddji comptaient im certain nombre

(i) Tarnour, î. e., p. 098.

(3] Introd, à VhiêU du Buddh,^ p. 76. On peut comparer un passage de H. Lassen dans son Indiidte AUerthumskundey t. II p. 80.

(3) La synonymie, outre qu'elle résulte d'une foule de passages des grands poèmes, est positivement indiquée dans le Lexique d'fiémat' chandra (IV, At).

(A) Un dictionnaire sanscrit que cite M. Lassen» le TrikândaçMa (Lassen, IHd. AU, I, p. 138, note), donne comme synonymes les trois noms géographiques de Vidêha^ JYitehavi et Tirabhoukti. Nftchavi est Ici une altération du nom des Litehkavi^ la tribu kcbâtrlyfl qui dominait à Vftiçâlt au temps de Bouddha , et à laquelle appartenait la famille de Çâkya dont le Prophète bouddhique est issu. Le Unga PourAnS; allégué par M. Wllson [F^ifhnu Pur., p. &32), identifie aussi le Tirahout avec Vidéba. Au reste, cette identité de l'antique contrée de Mithilà ou Vidêha avec le Tirhout actuel , est une notion encore Tirante dans le pays, ainsi que nous l'apprend le savant explorateur des basses provinces gangétiques, M. Francis Hamllton ( dans VEoittrn India de Montgomery Hariin, vol. IIf| p. 36), Octobre 1853. Tomb iv* 2

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18 NOUtBLLBS AimALES

à6 efaéf^fdnriant une sorte de conféiêràtîon (1). Dû teste > quoique Vndiji soit souveùtpris pour le territoire m^me de Vâiçâl!, sans doute partie qufe fcétte tille leur aVait été soumise , il en est teperidant paHé plus soutent encore comme de deux choses diètinetes et séparées (2) ; de même que plus anciennement les légendes héroïques du Mahâhhârata et du Ramâyâna mentionnent simultanément le royaume de Vàipéll et celui de Vidêha , doiit Mithilâ était la capitale. Si l'on veut hien faire attention que la contrée dont il s'agit ici peut représenter en étendue une superficie égale à six de nos départements , on comprendra que èaiis avoir pu former deux Etats hien puissants ^ les royaumes de Vidêha et de Vâiçâlî, de même que plus tard ceux de Vâiçalt et de Vaddji , jjeprésentaient deux principautés encore assez respectables , et telles que de tout temps l'Inde en a compté un si grand nomhre.

Mais pour revenir à notre voyageur, sa notice , si elle nous laisse ignorer hien des choses que nous voudrions savoir, nous prouve du moins qu'au milieu du VII* siècle les Vaddji avaient été refoulés loin de Vâiçâlî dans la zone septentrionale du Mithilâ , sur les confins de la montagne. Les Vaddji y occU- J)aient alors la bande de pays boisé connu aujourd'hui sous le nom de Makvâni. Deux choses nous

(1) Turnour, Pâli buddhistical Annals^ dans le Joufn, ofA». êoe. QfBengal, vol. VU, 1838, p. 994.

(2) Tumeur^ U e., p. 999} àiithet^ansot trau. t>ar le Ai6iiie{ ti hs p* 15i Gic , etc.

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bB6 volfAbks. ^ \9

àkanamtréni cette idétttificfttioh *. d^abbrd k diistânbë de fteoli miéie par Hioùeti^ihsanfi^Mi K.-£; At ViU çilt iiôils Conduit dànft eè canton ; et pui« nous 'srVon^' ' une preuire plus directe encore et plu« positÎTë dana *c le nom de la eapitàle ded Yaddji. Quoique la fin^^tv ' noin soit altétée dan&i la transcription chinoise Ihlw»-- • iiu^nà , la première partie permet encore d'y recdU-^i.^ nattre aisément rantlt[Ue cité de Djanaka, dontié i souvenir tradltionel vit toujours dans le pays comme celui de la capitale d'une ancienne dynastie du même nom,, et dbnt leiite, tjn'un excellent voyageur a fait connaître, est encore aujourd'hui pour les Hihdous du Tirhout un but de pèlerinage très-fréquetité (1). Dans les livres sanscrits , Djatiaka est le chef de l^antilc[ue dynastie des rois deyidéha(3). Djantkpour, comme on le nomme actuellement, n'est plus qu'un

(1) Francis Hamilton (formerly Bucbanan), ^(rcoufif Qfth9 KiMh domofJYepal, p. A5 et 161. Edinburgh, 1819, ln-4«. M. Francis HamUton èjt le même (|ui fut chargé cinq ans plus tard (sous le nom de Francis Buchanan qu'il portait encore) dé l'exploration d'une piirtie du Béhar et du Bengale, exploration dont les rapports ont fourni ft it. Miontgomery Martin la matière des trois gros volumes qu'il a publiés en 1638 âous le titre û'Eisiory^ uintiqùities, Topograghy^ anASUaUUei ofEattêtn iiiefia, et que nous afons eii si sbutent occasion de citer. On a aussi de M. Fr. Buchanan un Toyage otidel dans le Mysore (London, 1807, 3 toI. ïn-V"), qui n'est pas moins riche ^ ses relations des provinces du nord en informations de toute espèce. •- Le I*. Tieflhltbaler 4 dans sa DucripHon de VHinâoûitan (t. I, p. A21), avait déjà mentionné Djanakpour comme un lieu fameux daas cette partie de l'Inde.

(S) Yoyei à ce sujet les IndiêehB Alttrthufnàkunde de H. Ghr. LMicil, t. hfM,, p. un, et les InâiHhB Stt4di$n et H. Weber.t.I, p. 172.

90 N0UVELLB8 ANNALES

village situé au milieu du Taraï(l) à 16 lieues au nord de Darbangah , capitale du Tirhout , et à 35 lieues environ dans le nord-est du site de Yàiçâli. Plusieurs rivières qui descendent des montagnes pour aller se réunir au Gange , traversent le pays ; la plus considérable, la Bagmatti (Bhagavali des sources sanscrites), est sûrement le grand fleuve dont parle Hiouen-thsang dans sa notice. Hio'uenthsang ajoute que pour aller au Népal en partant du pays des Vridji (il faut entendre de leur capitale) , on avait à parcourir une distance de 1 ,500 li au nordouest et à traverser des montagnes. Il n*est pas dou-* teux que la dénomination de Nèpàla ne se doive appliquer ici à la vallée de Khatmandou , qui est le Népal proprement dit et le siège de la culture intellectuelle de la région himalayenne. Khatmandou est en effet au nord-ouest du pays des Vridji ; seulement la distance indiquée est beaucoup trop considérable, ce qui est ordinaire, nous avons eu déjà occasion dele faire observer, dans les pays de montagnes. Une dernière remarque. Hiouen-thsang dit que parmi les Indiens .du Nord les Vridji étaient aussi connus sous le nom de San-fa-chi. Les lois de transcription établies par M. Stanislas Julien pour la restitution des mots sanscrits rendus dans les livres chinois en caractères phonétiques, donnent pour ce-

(1} Tarât est le nom sous lequel on désigne, dans Tlndedu Nord, la sone boisée, d'une largeur moyenne de 6 à 7 lieues, qui s*étend immédiatement au pied de la grande chaîne de rHimalâya, qu'elle sépare de II plaine du Gange.

lui-ci Samvadji' Nous ne trouvons ce mot ni dans les sources sanscrites ni dans les livres bouddhiques; mais quand on se rappelle cette particularité notée dans les chroniques , que les Vaddji obéissaient à un certain nombre de petits chefs réunis en une sorte de confédération (1), on est tenté de voir dans la dénomination mentionnée par notre voyageur l'expression de ce fait, satn en sanscrit, de même que le 9t»v des Grecs , exprimant la réunion de plusieurs choses en une. Samvadji serait la Confidèratwn des Yridji, ou Vaddji. Nous rappeUetons à ce sujet, au moins comme une coïncidence assez curieuse , que dès une haute antiquité les rois des Prâtchya en général (c'est-à-dire des provinces orientales de l'Inde Gangétique) , et en particulier ceux deVidéha, ont porté le titre honorifique de Samràdj , qui équiva* ]ait presque à celui de Roi des Rois (2).

Le royaume de Magadha où le voyageur nous fait maintenant pénétrer, forme une division très-importante de la relation de Hiouen-thsang (3). Cette terre

(1) Turoour, dans un passage déjà cité de son Examen des chroniques bouddhiques. Journal of Ai, toe. ofBengal, vol. VII, 1838, p. 004.

(2) Extrait de l*Altaréya Brâbmana donné par Colebrooke dans son Essai sur les Védas, Aêiatie Reêearchetf vol. VIII, p. &00 (édit. de Londres, in;&*). On peut voir sur ce titre Lassen, Ind. AlU I, p. 800, et Weber, Ind. Siud. I, p. 172.

(3) La notice sur le Magadha, que M. Stanislas Julien se propose de donner tout entière dans les appendices qui formeront le secoud volume de sa publication actuelle, occupe dans la relation originale de Hiouen-Thsang (le Si^yu-ki) une place considérable, et rhistorien du voyageur, Hoel-U, maintenant traduit par M. Julien, lui. a donné

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22 NOUVELLES AlflfÀLES

OÙ s'était élevé un des premiers royaumes ariens du bassin du Gange , et qui joue un rôle éminent dans les traditions héroïques de la Grande Épopée hindoue , dut au bouddhisme une nouvelle consécration , et elle en a gardé une célébrité historique pltçs grande encore et plus générale. Le Magadha est la Terré Sainte des Bouddhistes. C'est là que leur Prophète, le Bouddha Çàkya-Mouni , s^éleva par la metditation et les austérités au degré de sainteté qui fait participer la natiire humaine à la sagesse divine ; c'est là qu'il commença ses prédications et forma ses premiers disciples ; ce fut là qu'après sa mort eurent lieu plusieurs assemblées solennelles, où furent débattus et mis par écrit les dogmes et l'Evangile de la ifoi nouvelle. Aussi tout le pays s'était-il couvert, dès les premiers siècles delà loi bouddhique , d'un nom^ bre infini de monuments religieux qui consacraient en quelque sorte pas à pas le souvenir des moindres actions du Bouddha, et il s'y était élevé une multitude de couvents (en sanscrit vihara) où se pressaient les religieux voués à la vie ascétique. Ces maisons de retraite y étaient si nombreuses qi^e le Maghada en reçut , selon toute apparence , 1<| dér nomination de Terre des Viharas, d'où s'est formé le non; vulgaire dé péhar qui lui eât çesté (1). Un

dans son ouvrage une étendue proportionnelle (p. 136 à î7A du Ydfume). Notre travail sur cette partie du voyage aura pour base nonseûlement l'historique abrégé deHoel-U, mais aussi une analyse dd- Veloppée de cette portion du Si-yu-ki ^ue M. Stanidas Julien a bien voulu mettre entre nos mains, (i) Séhûrtx 9<ia^^ sont 4«s çdituptiOM 6ttn»péemi«s, Le vérita*

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des objets principaux du voyage de Hiouen-thsang dans l'Inde , comme avant lui de celui de Fa-hian . était de visiter en détail cette terre consacrée ; aussi en voit-il tous les lieux que signalaient des constructions religieuses et où se perpétuaient les traditions de Fan tiqui té bouddhique. Ces traditions, bien altérées sans doute par le cours des siècles et plus encore par le retour de la prépondérance brahmanique , n'y sont pas éteintes même aujourd'hui , et le Maga • dha continue encore d'être une contrée sainte entre toutes où afflue chaque année une multitude de pèlerins (1). De nos jours, ce pays a commencé à éveiller l'intérêt des explorateurs (2) ; et déjà beaucoup

ble nom k>cal de la province et de s^ vHle capitale est Vikar^ l'usage vulgaire supprlmaqt dans la prononciation Va final du sanscrit (Fr. .Buchanan, dans VEastwn India de M. Montgomery Martin, vol. I^ P*W).

(i) Daoi cette province de Bébar, qnt égale à peine en superficie deusL do nos départements, on ne compte pas, même aujourd'hui, moins de 86 lieux de pèlerinage (Fr. Buchanan, dans VEastem In» dia de Montg. Martin, vol. I, p. 57).

(2) Le Béhar méridional, c'est-à-dire l'ancien Megadha, a été étudié et décrit par M.Francis Buchanan-Hamilton (1810), que nous venons de citer dans la note précédente; mais sa description, malheureusement abrégée en beaucoup d'endroits par l'éditeur de ses papiers officiels (M. Montgomery Martin), laisse encore à désirer tant pour les détails géographiques que pour la partie archéologique. Sous ce dernier rapport, un officier de l'armée des Indes, le capitaine Kittoe, a déjà comblé quelques lacunes , dans plusieurs notices publiées au Journal de la Société Asiatique de Calcutta; et plus anciennement le hasard avait fait retrouver le site le plus curieux peut-être de tout le Magadha, et certainement le plus ancien au point de vue historique, celui de Ghirivradja , celte antique résidence des premiers rois du pays dont la tradition épique nous ait transmis le souvenir. Mais an

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24 NOUVBIiLES ANNALES

de sites anciens ont été reconnus et décrits; mais un plus grand nombre encore reste à reconnaitre et à décrire. Ici, comme pour le reste de l'Inde, l'étude sérieuse du pays et de ses monuments commence à peine , de même que celle de ses populations et de son passé historic[ue ou littéraire. La publication des documents anciens , tels que la relation de notre pèlerin bouddhiste , fera beaucoup pour les progrès de cette étude ^ en provoquant et en dirigeant tout à la fois les investigations locales.

La première ville que voit Hiouen-thsang après avoir passé le fleuve est Pâtalipoutra (Po-to-li-tseutch'ing). Cette ville est la moins ancienne de toutes les métropoles de l'Inde gangétique ; mais elle est . pour nous la plus célèbre à cause de l'illustration que lui a donnée la relation de M égastbène , envoyé de Seleucus Nicator à la cour de Tchandragoupta , trente ans environ après l'expédition d'Alexandre dans la région de l'Indus. La dynastie bouddhique des Maouriyâ , dont Tchandragoupta fut le fondateur , porta le royaume de Magadha à un très-haut degré de prospérité et de puissance ; et cette splendeur à laquelle les Maouriyd avaient élevé l'empire

total ii reste encore beaucoup à faire dans ce champ si riche en Tienx monuments et en vieux souvenirs. Une bonne carte topographique est aussi un desideratum que nous avons vivement senti dans le cours du travail dont la relation de Hioucn-thsang a été pour nous l'objet. Dans beaucoup de cas, les indications du voyageur chinois auraient cerUinement suffi pour nous faire retrouver les sites qu'il menUonne, si nous avions eu pour point de comparaison une carte plus complète que celle du Bengal Allas du major Beonell.

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DBS VOYAGES. 25

se refléta dans la cité dont ces princes avaient fait leur capitale. Pâtalipoutra était située sur la rive droite ou méridionale du Gange, vis-à-vis le débouché de la Gandakiy et au confluent même de la Çùna, qui s'est déplacé depuis et s'est porté à 6 lieues plus a l'ouest (1). Un voyageur ordinaire se serait complu sans doute à, décrire le site de la vieille cité royale, et à en exalter l'ancienne magnificence; Hiouen-thsang , nous l'avons déjà fait remarc[uer, ne s'arrête jamais à ces observations ni à ces tableaux , qui auraient aujourd'hui pour nous tant de prix et d'intérêt. Il ne laisse pas, cependant, de nous donner quelques informations curieuses. Pâtalipoutra, lorsque Fa-hian la visita 231 ans avant Hiouen-thsang , était encore en pleine prospérité ; notre voyageur, lui , n'y trouva plus que des ruines. Un quartier d'un millier de maisons s^était seul maintenu sur la rive du fleuve et composait toute la ville : l'emplacement de cette petite ville , ainsi que

(1) C*est ce dëplacement de l'embouchure de la Çônt qui a si loot* temps Jeté de Tlncertitude sur la situation de ranclenoe Palibothraf dans l'embarras où Ton était d'accorder les Indications précises de Hégastbène, témoin oculaire, arec l'état des lieux si différent aujourd'hui. Le major Renneil le premier signala les changements que cette partie de la vallée du Gange a éprouvés {âfemoir on a Map of Hifkdooslanf p. 53, 1703), et ses informations furent confirmées plus tard par celles que M. Francis Buchanan-Hamilton recueillit sur les lieux (Montg. Martin, Eastem India^ voL I, p. il« 1838). On trouve à oe Bojel des détails encore plus précis dans un mémoire spécial de M. Ravenshaw, publié en 1845 et accompagné d'une carte où l'on voit tracé l'ancien cours de la Çôna {Journal of AniaU Soe. of Bwg.^ n« 158, 1845, p. 137). n paraît que la formation du nouveau lit de la Çôna Inférieure date de Tannée 1370.

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â6 NOUVELLES ANNALES

le voyageur la distingue, nous est sûrement indiqué p^r pelui de la Patna actuelle , seul vestige de rancjennePâtalipoutr^(l). On pouvait encore reconnaître les restes des anciens remparts , qui avaient , àix rapport de Hiouen-thsang, 70 li de tour, c'est-àdire àp six à sept de nos lieues ordinaires. Cette ëtendup n'a rien d'exagéré ; aujourd'hui encore le» habitants du district parlent des faubourgs et deg maisons qui se succèdent au-dessus et au-dessous dp Patna comme faisant partie de la ville , et ils lui dpnnent ainsi un développement qui n'a pas moins de ileuf milles anglais sur les bords du fleuve , précisément à partir de Bâkipour où se trouvait l'ancien confluent de la Çèna(2). Hiouen-thsang sait que le nonx originaire de Pâtalipoutra avait été KousôumapourUf la ville des fleurs (Keou-sou-mo-pou-lo) , notion confirmée par nos documents sanscrits aussi hien que par les sources bouddhiques.

De IPâtalipoutra , Hiouen-thsang se dirige vers ^aya, lieu particulièrement sanctifié par le long séjour et les mortifications de Çâkya-Mouni. La ville fi;(^içt^ fpiypurç §QU5 le même nom, et elle n\ p^s eetsé jl'étve pn objet de profonde vénération pour les Hin4ous. Elle est à 12 lieues environ , ou 33 milles Wgl^^ ?H?^4 4^ P^^^^i f^^ inclinant un peu vers l-èuest. Hipuen-thaang compte en quatre stations 1 85 lî (1 7 lieues) , mais en comprenant dans ce chiffre

CO Faim, forme vnlgaîre du sanscrit Patfana^ signifie siiUDleéntiamie. ^ 'T. . *'!r

(3) Montg. Martin, j^ast. India^ ï, 35*

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des détours adse2 considérables , comme on le voiC par les changements de direction notés dans iHtinéraire. Le Vihâra de Tilaçàkya (TiJo-chi-kia), et celui de filàbhadra (Chi-lo-po-to-lô) , deux des stations mentionnées par la relation entre Pâtalipou^ra etOaya(l), ont pu laisser leurs noms aux villages de Télart et de Bhadèra^ situés à peu près aux points où conduisent les distances et les directions indiquées par rapport à Gaya.

* Une certaine confusion s^est introduite çlaQS les notices relatives à cette dernière ville. On a voulu distinguer deux Gaya^ une Gfiya Jiindoue, <jui ser<ii^ la ville actuelle sur la gauche de la Phalgou, et une Gaya plus ancienne, dont il n*existerait plus que des ruines informes situées plus haut dans la plaine ; çfift^ dernière g^rs^it la Gaya d(e# lé«««d«» bouddhiques et des inscriptions , et on la distinguerait de la précédente par la dénoifiinatiop de Bouptdhj^iT Q^y^ (?)« KUpfoth, ^ qui Ton doit iw pommwUlil^ géûgf^]^ique très^remarquable sur TitinéraiFe de Fa-hian, a été entraîné dans cette erreur faute de docui|»pn|§ prépis qi\ïl\\\ pe^s^pt ^^Véviteç (3), •La vénié ^t qu41 n'y a jamais eu deux viHes de Gaya. La Gaya actuelle jj que les gens fia pays appelr lent la vfjiJte rflje pp^ 1^ distingue^ ^'^^ qwiifttpiP nouveau construit par les soins d^Un résident anglaiis et que Pon nomme Sahebgunj (SaMbgfàma, la yîllp

^) La stMode s^tiMS tftdtqnée daas 8bel-4l.

(3) Walter Hamllton, Déêcr. of Hinéooêfn^ tôI, I, p. Mt^lMO.

(8) Foê-Kou^ki, p, a77, . î - . r

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du Lord) (1)9 la Gaya actuelle, disons-nou$, estbiea la ville des vieilles légendes , celle que vit Çàkya- Mouni et que visitèrent Fa-hian et Hiouen-thsang. Elle est si tuée. sur une éminence rocheuse, à l'extrémité orientale nord-est d'une montagne connue dans . les légendes sous le nom de Gayàçiras ou Gayâçircha (aujourd'hui Gayasir), et à une petite distance de la rive gauche ou occidentale de la Phalgou ; Sahtbgràma est au bas de cette éminence entre la vieille Gaya et la rivière. Les termes bien précis de la rela* tion de Hiouen-thsang et de celle de Fa-hian (2) ne laissent aucune incertitude. A 6 li au S.-O. de la ville de Gaya (un peu plus d'une demi-lieue) s'élevait le sommet de la montagne Divine que couronnait un stoûpa construit parle roi Acôka(3). A 17 ou 18 li

(1) Fr. Bachanan-Hamilton, dans VEattem India de Montg. Maptlo, Tol. I, p. AS sqq.

(2) Hoel-li a passé très-rapidement sur cette partie des courses pieuses de Hiouen-thsang (p. 139-143). Il ie conduit directement du couvent de Tilaçâkya à i' Arbre de l'Intelligence (B^dhlvrllccha ou Bddhlmanda), et de li au viliâra célèbre de Nftianda, près de Râdjâgriha. Dans cette analyse trop sommaire, le nom de Gaya n'est pas même prononcé. La relation personnelle du voyageur (Si-yu-kit analyse manuscrite communiquée par M. Stanislas Julien) est au contraire trèscirconstanciée sur les environs de Gaya. Nous l'avons rapprochée avec soin de l'ouvrage de Fa-bian, avec lequel Hiouen-thsang s'accorde parfaitement (Foe~Kùu$'ki^ p. 275 i 302}, les deux relations se complétant l'une par l'autre en un certain nombre de détails; et en les comparant attentivement l'une et l'autre à la description détaillée de Gaya et de ses environs que l'on doit à H. Francis Buchanan (dans r£'ajfem /ndta, I, p. 48 à 65} tout est devenu clairet arrêté, II n'en serait pas moins fort Intéressant d'avoir un bon plan du territoire de Gaya dans un rayon de trois à quatre lieues.

(8) Si-yu-kiy analyse manuscrite.

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ras VOTAOBS. W

de la ville , dans la direction du S.<^0. , <m- afrivait au BùiliiDrikehay ou Arbre de rinteUigence , quVn* tourait une enceinte de murailles dont la porte orientale faisait face à la rivière Nâirandjamâ^ à la distance de .2 à 3 li (environ 12 minutés de marche). A. cette hauteur, la Nâirandjanâ reçoit par sa droite, ou à Torient, un autre torrent, la MûM (Mo-ho), ou Maha-nûda , et les deux rivières réunies forment la Pkalgou, qui passe sous la ville de 6ay a et continue de là son cours au nord vers le Gange. Le nom de la Phaigou n'est du reste prononcé ni par Hiouenthsang ni par Fa-hian ; il semble que pour eux la rivière de Gaya ait gardé le nom de NâifandjaiUi, Le lieu où s'élevait l'Arbre de l'Intelligence était une terre particulièrement sainte ; c'était là que le Bouddha Çâkya-Mouni avait séjourné pendaint six ans au milieu des méditations et d'une austère pénitence ; là aussi s'étaient accomplis la plupart des actions consacrées par la tradition, et dont la place a été mar*quée par un grand nombre de stoûpas ou colonnes pyramidales(l). Aussi, selon les expressions de l'historien de Hiouen-thsang , « on n'y voyait partout, sur une étendue d'un yôdjana , que des monuments sacrés (2). » C'est précisément cette masse de monu-

(1) GeUe partie de la ?ie de Bouddha forme les chapitres XVII à XXV du LalitavUtdra, traduit en français sur la version tihétalDe par M. Ph. Ed. Foucauz (Rgia teh'er rolpa^ou U Développement de$ Jeuxj p. 236 et sulv. Paris, 184», in-4»;. Une partie du chap. 19 (p. 262 sqq.) est consacrée au Bôdhimanda ou Arbre de llnteiilgeooç.

(2) HoeMI, p. lAd. Nous savons qnfe le yôdjaf^ est une mesure de rinde composée do h krôra (k^, dans la langue yttlgaii«],êt po«*

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M NOUtttftift ÂMHâLES

Itarite éê tonti 80*tê, d« stoûpâft, de tftmpll^ , de f i^ hàrai ou ooiiTctiil^ iàceagéi par le zèle de M réèetidn bvàlunidiiqttft, <itt hiiaéft depuis tfldt dé éièclës par Tactite c^trucHye des éliâmeiitd ; qui a cotitëf t là fhdmm ^ à là diitance de deux à trois lieueê au ëud de Gaya i de e9$ monceaux de débris iiifofines ^U^ôti a désignés èbuè le hom de Gaya de Bouddha, ou Ùayk de» BottddhiftleS) jBoiMMAa-(r«y». Au feste , ëëtèe dénomifiation dé Bbuddha-Gaya, si elle &*&p{ttlt-tiëitt pas auxtenips oà la reli^on de Çàkya-Moulii fld^ rtsaait dans le Migadha , remonte cependant encore assex haut j puisqu'on la troui^e dailë UUè iUscH^tidn du j? tîèclfe topiée dans ce* ruinés en 1765 par Wîl^ moti et traduite par M. Wilkins(l). UArhte de Tintelligënte existe toujourë pour la plus grande dancti^ fication des fidèles (S), ainsi queVempteinte du^ièd de Bouddha lUentionnée par les voyageurs chinois ; •eulemenf cette empreinte est aujourd'hui atttibuëë au dieu Viehnou ^ dont Bouddha, selon la doëtHtië

Tsnt équlf «loir à trois de nos lieues comnianetf environ, Du à une triQ' taine de H. On ne saurait prétendre ici à une précision plus rigoùfèttsë.

(i) AHàHe R9ê§atek$i,yfAA, p. )8d.Lond4m, ft*, 1199. II. hvt^ cbanan-HalQilton a des doutes sur l'autbenticité de rilisi»l|itiini {EoêU India, î, p. 70) ; cette incertitude même confirme d'autant phii roriglne relativeHsnt modërnd du dota de B&ûêHhdhÙmya appilquéA es sHe.

(i) Budumata-aamUtoa, dini VEU9îêrn India de Moatg. MartU», f oL h P- 7S- ^M insc^iptton bottddhiqbe du ut* iièele a été ooptéè ftèêûb est afiviea iS8è« et|rolHiëe dans la troMëma tt^lume de Journal de la Société Asiatique de Calcutta, p. 214. Klaproth a â<Aiiii tiae vtitloB iteaçaiN 4lëittt l«serl|>|lM iaiissêi iMtess^ M9mmH (r; ^i>

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M» VQ«6M» St

brâltiiwii«p0l Q> é\é qu'MllQ iQcurnàti^fi (l)< fi'éi€ aioûi dçâi^ De {f^ys def^vëu^ i^cligUUse» qM 1m cr0]ra0c6«;5QfiU€cèclent et s'absorbent, plutôt qu'eUc» ne »Q 4étruigent.

Au bord oriental d^la Uc^hémia et de la Pkulgnui à Toppo^ite 4^ la yille dp, Qaja et de S9ii territoire çoniacr^} catnmence une chatne de montagiiet fgtimif* tiguç^ qu^ s'étend dans la direction du îi.^E; en tàh arc de 13 à 14 Ueues de développement (1). dette chaine , pu plutôt ce groupe de mcmtagnetf f forinè comme le noyau du Magadha, dont il odeupe le centre. Dea pics élanoés le eouronnent, deë l^ltobfét t|dlée$ en occupent les mystérieuses pt^ofondeurà ^ et sur leurs pentes ombragées de forétl ^aiM'esl^ nature déploie tour à tour ses aspects les jdui graii-^ dioses ou les plus sauvageSé De tels lieux sont toinl à la fois une défense et une retraite. Aussi les plUi anciens rois du pays y avaient^ils établi leur eaj^itale au fond d'une vallée presque inaccessible , êi Len grottes s'étaient peuplées de pieux solit^tires^ QAllyt^ Mouniy pendant son séjour dans le Magadbà , a^ait porté ici ses prédications ; après sa mort il s'y 4laît élevé de nombreux vihâras remplis de religieux voués à la foi nouvelle. Hiouett-thsaagiicj pativait tnaÉkjtier Ôeles visiter. jDurant ses coursés aux environs de Gaya , des envoyés du couvent de Nâland», le pluê importaiit de ces établissements bouddhiste^, étaiëËt venus , attirés parla renommée du pèlerin étrailgér,

(1) On Mtttte «etUÉltoffiMit eetw «âipniiiiM Fééhmùpfti» (itf* .dHHiaoïiHattUtM^ h 0.» p». 87 iq. ot pi tft). (a) ||iioli«n|i)*BMiaitoii« ié fi.^ p. Ml*

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SI NOUVBtXBS AMlCAtES

Itti demander de se rendre au milieu d^eux, et il les avait suivis. Il est difficile d'indentifier les détails de sa route , tels que les donne la relation originale , à cause du défaut d'une bonne carte topographique de cette partie du Béhar ; quelques points , cependant se peuvent reconnaître, et fixent d'autant mieux la direction générale de l'itinéraire. Nous allons d'abord le transcrire tel que nous le trouvons de la 5i-yu-fct (1), en élaguant seulement les détails légen** daires étrangers à la partie géographique.

« A l'est de l'Arbre de l'Intelligence on passe la rivière Ni-lien-chen-na {Nâirandjanà), et au milieu d'une grande forêt on voit un stoûpa au nord duquel s'étend un étang , près de l'endroit où Hiang-siang (Gandhahasti) servit sa mère aveugle. A côté il y a un stoûpa f devant lequel on a élevé une colonne de pierre.

» A côté , on voit les sièges des quatre Bouddhas passés i et plusieurs endroits où ils ont laissé la trace de leurs pas.

» A l'est des sièges des quatre Bouddhas on passe la rivière Mo-ho(iÛfaAi, ou Mahânada)^ et l'on arrive

(i) D'après Tapalyse manuscrite commoDiquée p!ir M. Stanislas Julien. Nous avons déjà fait remarquer que l'historien de Hlouen-thsang a supprimé tout le détail de cette route. H se borne i dire (Hoti-li, p. 143) : nHiouen-tbsang partit avec les envoyés de Nâlanda-viliara, et après avoir fait sept yôdjanas il arriva au village où est situé le couvent.» Sept yôdjanas font à peu près vingt-deux de nos lieues communes de 25 an degré, chiffre qui répond assez bien à la distance mesurée au coippas en tenant compte delà nature, montagneuse du pays. Le dé-^ tall de la route de Hiouen-thaang, tel que nous allons le transcrire, donne 37S 11 ; mais on y peut reconnaître de nombreux crocbets*

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à une grande fbrét au milieu de laquelle on voit une colonne de pierre.

» A Test de la rivière Mahi , Hiouen-thsang entra dans une grande forêt , fit une centaine de li à travers des déserts , et arriva à la montagne Kiu-kiuto^po-to-chaii {Koukkoutapada ghiri, la montagne du Pied de Coq) , qu'on appelle aussi Keou-lou-poto-chafi (ârouroupadd ghiri , la montagne du Pied du Gourou, c'est-à-dire du précepteur spirituel).

» Au nord-est du Kùukkoulapada gkifi il fit environ 100 li , et arriva à la montagne Fo-to-fa-na-cha£i ( Bkouddhavana ghifi , ou la montagne de la Forêt de Bouddha).

» Du milieu de la vallée déserte du Bouddkavana gkiri » il se dirigea vers l'est , et après avoir fait environ 30 li il arriva à la forêt Yé-sé-tchi-lïn ( YactUi vana). Au milieu de cette forêt il y a un stoùpa bâti par le roi Açôka. A environ 10 li au sud-ouest de la forêt , au midi d!une grande montagne , il y a deux sources d'eau chaude.

» Au sud-est de la forêt de Taehti il fit 6 à 7 li , et arriva à une grande montagne. -— A 3 ou 4 li au nord de cette montagne , il y a une autre montagne isolée. C'était là que le richi Yyàsa vivait jadis dans la retraite. — A 4 ou 5 li au nord-est de la montagne isolée , il y a une autre petite montagne également isolée , dans les flancs de laquelle on a creusé des chambres, où mille hommes pourraient se tenir assis. — A l'angle sud-ouest des chambres creusées dans le roc il y a une haute montagne creusée intérieure^ Octo^e 1859 ToMB iv. 3

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ment, que les Indiens appellent le Palaië des Asau-

ras ( A-sou-lo-Kong).

. » En partant du milieu de la grande montagne il fit eiitirou 60 li à l'est, et arriva à la ville Kiu-chékié4o-pou-lo-tching ÇKoiiçâgara poura), qui occupe juste le; centre du royaume de Magadha. Dan» l'antiquité, c'étaitla résidence des rois de ce royaume - Elle est allongée de l'est à l'ouest , et resserrée du sud au nord* Elle a 160 li de tour(l); les ruines de la ville intérieure ont encore 20 li de dirconférencer. . * . » . Arrêtons ici notre extrait ; nous en reprendrons la suite après avoir noté quelques remarques sur €e qui précède.

La première , c'est que toute la route que le voyageur vient de décrire sillonne dans le sens de sa longueur la chaîne de montagnes dont nous avonsdontié tout à l'heure une idée générale « Du point de dépdrt au point d'arrivée , c'est-à-dire de Gaya au site de Kouçâgara, la direction tend auN.-^E. L'ensemble des relèvements marqués dans l'itinéraire donnerait pour réstdtat final l'JE.rN.-E. par rapporta Gaya; mais îious savons que les indications de cette; nature fournies par le journal du voyageur chinois doivent se prendre dans un sens un peu général , et non avec la stricte exactitude que l'on pourrait exiger d'un voyageur européen.

La viUe ici désignée par Hiouen-thsang sous le

(1) Il y ici une faute évidente. Ces 150 li se doivent peut Ctre entendit de la Vallée au milieu dé laquelle la ville était située, et qui lui foroAlt tmmM un témpm iiactt^el.

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DB» VOYAOBS. 3fl

nom de K&ucâgara que ne donnent pas nos source^ sanscrites > est connue dans celles-ci sous deux noms plus anciens , celui de Ghirivradja ( pâturage de la montagne)) qui est la dénomination primitive, celle qui se trouve déjà dans le Râmâyana , et dans les iti-« hâsas du Mahâbharata , et celui de RadjâffrihU ( la Demeure Koyale , littéralement la Maison du Roi), qui est une appellation postérieure. Le site extrême* ment remarquable de cette ville , au milieu d^une. plaine étroite entourée d'une ceinture de hauteurs que dominent cinq sommets élevés , eât un sûr. moyen de reconnaissance (t). Le Père TiefFenthaler le signalait déjà, au milieu du dernier siècle (1765), dans sa description de THindoustan (2); en 1820 , il. a été vu et décrit par un djaïna au service du colo^ nel lM(ackenzie. La notice que cet indigène en a donnée fut imprimée un peu plus tard dans deux Revues de Calcutta. Ces Revues sont à peu près introuvables en Europe; heureusement le passage qui nous intéresse a été reproduit par M. Wilson' dans son commentaire surFa-hian, au cinquième vo-^

(lyFa-hian, aTant Hlouen-thsang, Pavait aussi très-bien décrit. « hta cinq montagnes, dit*il, forment une enceinte eomme le» mvaré' d'une viile; c'est l'ancienne ville du roi Ping-cha (Vimbisâra). De Test à l'ouest elle peut avoir 5 à 6 li , et du nord au sud 7,, ou 8,.» Fçe-Koue-ki, p. 262.

(2) T. I, p. 437 de rëdition de Berlin, 1791, in-A» : n Râdjghir ^ est à 6 milles S. de Béhar, à 3 S.-O. de Pavapour. Ici s'élèvent cinq montagnes sur lesquelles oti voit des monuments des Saraugues (Bouddbistes) , parce que Mahabi^ (Çâkya-Mouni} mena sur ces montagnes une vie austère. » Le mille dans lequel le P. Tieffenthaler suppute ses , distances est un kôs de 32 au degré.

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lumc du J&umal de la Soeiité Àriaiique de Londres (p. 131 ), ce qui nous permet d'en donner ici la traduction : « Marchant au milieu des montagnes de Râdjghiri , dit le voyageur, j'arrivai à une place découverte, semée de ruines dans une étendue d'environ 4 milles du sud au nord et 2 milles de l'est à l'ouest. Aux quatre points cardinaux de cette ville ruinée sont quatre collines. Ce fut au milieu de ces quatre collines que Srénika Mahârâdja (1) fonda sa capitale, à laquelle il donna le nom de Râdjâgrilia ou GAïf epour a (Ghirivradja), nom qui s'est modifié par la suite en Râdjghiri. » Ce site est aussi décrit , par un témoin occulaire , selon toute apparence , dans une courte note insérée au journal de la Société Asiatique de Calcutta (vol. III, 1834, p. 366). Il est assez singulier que M. Francis Buchanan, qui a examiné et parcouru les montagnes du Magadha , n'ait pas eu connaissance d'une localité aussi curieuse (2). On aura pu remarquer que le djaïna du colonel Mackenzie , dans sa description de l'enceinte naturelle qui forme la vallée de Ghirivradja, ne parle que de quatre collines « situées aux quatre points cardinaux de la plaine, » tandis que Hiouen-thsang et Fa-

(1) Vimbasâra.

(2) On peut voir ce que M. Buchanan dit de la montagne de Gbiriyak (GhiiiTradja), dans VEastemJndia de M. Montgomcry Martin, vol. I, p. 78 et 259. Cette montagne doit appartenir à la ceinture qui courre au nord la petite plaine de Ghirivradja. On y voit les restes d'un an« cion temple, auquel le nom de Djaratandha est resté attaché. Bjarasandha, un des premiers rois du Magadha, Joue uu grand rôle dans les légendes historiques du Mahâbhârata.

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hian mentionnent cinq montagnes^ d'accord en cela avec les sources delavipille géographie sanscrite (1). Cette différence provient peut-être de ce qu'un de ces sommets se trouve en dehors de la ceinture qui entoure la vallée ; c'est un des points , entre beaucoup d'autres , que nous pouvons signaler à l'attention des futurs explorateurs. En définitive, ce c[ui nous importe essentiellement dans notre recherche actuelle , c'est que la position précise du site de Ghirivradja soit fixée, et elle Test d'une manière certaine. Quant aux autres détails topographiques de la route, principalement ceux qui précèdent immédiatement et avoisinentla vallée de Ghirivradja , on ne peut quant à présent les pointer sur la carte que d'après les indications mêmes du voyageur.; mais comme ces indications sont très-détaillées , et qu'il s'agit de distances peu considérables , on ne peut

(1) Dans le Hahâbhârata, les cinq montagnes de Gblri?radja sont nommées Faïhâra, Fàrâha, Friehabha, Uiehighiri et Tehaï^ tyaka (II, SO, v. 799 sq., dans Lassen, Jndùche jilterthumskunde^ t. II, p. 79. 1849). Dans les sources bouddhiques, ces noms ne présentent pas seulement une certaine modification de forme par suite de leurlranscrjption pâli; deux d'entre eux sont tout à fait différents» M. Turnour les donne ainsi dans son Examen des sources p&li de r histoire du Bouddhisme, Journal of Asiat, Soc.ofBengal, vol. Il, 1838, p. 927 : lighili, Fibhâro, Fépouito, Pandato et Ghedjha' kato. Ce dernier nom est manifestement \e Griéhrakoûla ^ dont U sera question tout à l'heure. Le Pandâva^ que ne connaissent pas les sources sanscrites, est peut-être le plus élevé des cinq sommets ; car dans le LalUavistâra, où il en est question comme de la montagne où le Bouddha Çâkya-Mounl avait choisi sa retraite, il est toujours nommé le roi des MonU {Laiitaviitâra, tùnunant ^histoire de Bouddha Çdkya-Mouni, trad. en français par M. Foucaux sur la version tibéuine, p. 228, 329, 2Mi Parte, 18W, i«>-4« ).

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être eaa traîné à de biei^ grandes erreurs. Parmi ces* détails y il y en a d'ailleurs un certain nombre de ca-r ractéris tiques. Les montagnes percées de cryptes , et les sources chaudes, par exemple, sont des points de reconnaissance propres à diriger dans leurs recherches ceux qui entreprendront de retrouver sur le terpain même les localités désignées dans T itinéraire. Sur le mont Koukkoutapada, nommé aussi Gouroupada ghiri par notre voyageur, qui met cette montagne à une centaine de li, c'est-à»-dire à 9 lieues environ, vers l'est du territoire de Gaya , il faut observer que Fa-hian (1 ) la place immédiatement au sud, et à une très-petite distance* du -territoire sacré de Gaya. S'il n'y a pas erreur dïins l'une des deux indications , ce que nous n'avons pas le moyen de décider, il faut admettre que le nom s'appliquait a une assez grande étendue de hauteurs , ou au moins à l^usieurs sommets de l'extrémité sud-ouest de la chaîne de* Mdjâgriha. •

Nous reprenons maintenant la suite de la relation de Hiouen-thsang , à partir de la vallée des Cinq Montagnes (2). ' •

Après avoir énuméré plusieurs stoùpas élevés dans l'intérieur même de 1^ plaine ^e Kouçàgara^ qu Ghirivradjà , en mémoire de différents faits de la vie du Bouddha Çâkya-Mouni , la relation poursuit :

« Au nord est de la ville de Kouçàgara , Hiouenthsang fit de 14 à 16 li, et arriva au mont Ki-li-to-lo-.

fi) Ffi^Kouê-ki, p. 303.

(2) Si-yu-ki , Analyse nmouacrite, dp. HpeMt » ^» i$4 h ^^%

kiu-to (^ft'dftrakoû^a), c'est-à-dire la montî^guedu Pic du Vautour. Le soinmet.de cette montagne est alongé de l'est à l'ouest et resserré du sud au Qor4* ^^t le versant occidental il y a uji vihâra en briqups ; il'est vaste, élevé, et d'une construction très- remar^». qwable.

» Au sad du vihâra, près des bords escarpés dç }4 montagne, il y a une grande chambre creuséç 4ms le roc, où jadis le Tatb^gata(Çâky#i-Mgufti) se livra à l'extase.

» Au nord-ouest de la chambra en pierre du Boudr djia, il y a ujti énorme quartier de rocj c'est là; qu'An^nda fut effrayé par le cj;pf des démons,

» Au nord -est du vihâra, au milieu d'up ruisse^iu qui coule entre les rochers , il y ci un grand blpc de pierre. C'est là que le Tatliâg^tafitsépher sou vé|;(B« ment religieux .

» ^ur le somiu^et d'une montagne située au nord , il y a un stoûpa. C'est de là que le Tathàgata can<templa de loin la ville de Magadha (1).

» A l'ouest de la porte boréale de Kouçâgara , s'élève le mont Pi-pou-lo ( fipoula ghiri). Suivant la tradition, au nord-ouest de cette niontagne il y avait autrefois cinq cents sources d'eau chaude ; mais aujourd'hui il n'en reslte plus que quelques di^saines.

» De la porte boréale de» Kouçâgara, Hiouenthsang fit un ii, et arriva au jardin de bambous de

(1) Ghirivradja , capitale du royaume. Dans un passage du LalitaviUâra (p. S32 ; cp. 229), elle est ég^emfînt désignée sous cette ap* peljî^Uon de ville de Magadha,

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Kia-laâ-to (Kalanta). Aujourd'hui il y a un vihâra, dont les fondements sont en pierre et le b&timent en briques (1).

» Au sud-ouest des jardin de Bambous (2) il fit 6 ou 6 li, et au nord d'une montagne située au sud; au milieu d^une grande forêt de bambous, il vit une grande maison en pierre. C'est là qu'après le Nirvana du Tath&gata , le grand KAçyapa, et 999 grands arhan, formèrent la collection des Trois Recueils ( Tripitaka ) de la doctrine (3).

» A Touest de cet endroit il fit une vingtaine de li, et arriva à un stoûpa élevé par Açôka. C'est là que les Mah&sânghika formèrent la Collection delà Loi , en cinq parties.

» Au nord du vihAra de la forêt de Bambous (Vénouvana ) il fit environ deux cents pas , et arriva à l'étang de Kia-lan-to ( Kalanta ).

H Au nord-ouest de l'étang de Kalanta il fit 2 ou 3 li et arriva a un stoûpa haut d'une soixantaine de pieds , érigé par le roi Açôka. A côté il y a une colonne en pierre haute d'environ cinquante pieds , sur laquelle est gravée une inscription qui fait connaître les circonstances relatives à la fondation du stoûpa.

» A une petite distance au nord-est de la colonne de

(1) A l'est et près du bois des Bambous {Fénouvana) était le stoûpa où Âdjâtaçatrou avait autrefois renfermé sa part des reliques du Bouddha (Hotif-li , p. 155. Cp. le Lalitavittàra, p. 424).

(2) Hoel-li dit par erreur au êudrett ( p. 156).

(3) Fa-hian nomme cette maison Tehi^i (Tchaltya?). Poe-Kooc-ki, p. 272.

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pierre (1) on arrive à la ville de Ho-lo-ché-kirli-hi* tching ( Râdjâgrihapoura)^ dont les murs extérieurs sont entièrement ruinés. Mais quoique délabrés , leurs fondements ont encore une certaine élévation , et occupent une circonférence d'une vingtaine de li.

» Ce fut là que le roi Pin-pi-so-lo(Vimbisàra) transporta sa résidence, quant il quitta KouçAgarch poura son ancienne capitale. »

Cet extrait montre assez quelle richesse de notions topographiques la relation de Hiouen-thsang renferme sur cette vallée de Ghirivradja, à laquelle se rattachaient tant de pieux souvenirs pour les sectateurs de la loi bouddhique.

Nous sommes persuadés qu'une étude spéciale des localités y faite avec Hiouen-thsang pour guide , y fera retrouver remplacement précis et peut-être les vestiges de tous les monuments et des constructions énumérés par le voyageur; dès àprésent, même dansFétat actuel de nos informations, nous pouvons identifier les points principaux de cette portion de Fitinéraire.

L'historien de Hiouen-thsang donne sur le firiihrakoûta des détails intéressants. Il nous apprend que la montagne se composait de sommets aigus que dominait le pic du Nord (Oultârakoûla?) Ce pic était d'une hauteur remarquable, et ressemblait de loin à un vautour : c'était de là que la montagne avait tiré son nom. Fa-hian lui donne une autre dérivation , mais moins naturelle (2). Le GrUhràkoùia

(1) II faut très-probablemeot lire am nord^meil. (3) Foi-Kouê-ki^ p. 3C0.

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a été exploré , mais d'une mnnlère incomplète , pat" M. Francis Buchanân-Harnillon, qui y a cependant trouvé une colonne en briques de 68 pieds (anglais) de circonférence, presque entièrement consèrr* ▼ée (1). L'identification de cette montagne àVcè les hauteurs de Gfaiddaour, dans le S.-Ei de la ville de Béfiàr, est une erreur dt!'Wîlf<ord(2) , trop aisément acceptée par Kliaproth , et même par M. Bur4 nouf (3). Nous avons vu que dans les livres "bduiïàhiques de Ceylan , traduits ou extraits par M. Tur— nour, le Gridhrakoûtà (en pâli Ghidjhakâio) est cité comme une des cinq montagnes de Ghirivradja.

Le mont Yipoula , que Hiouen-thsang mentionne au N.-O. de Kouçâgarapoura (l'ancienne Ghirivradja), et au pied duquel il y avait des sources chaudes , est encore une des localités que les explorations contemporaines nous ont fait connaître , précisément avec la même circonstance du voisinage de sources thermales. M. Francis Buchanan, d'après la prononciation locale, écrit Bipoula-tchàl (4). Gon-^ tigufe au mont Bipoula est 1h montagne deBhaïbar, ou la Bhaihar-gMri (6) , qui nous montre la situa-* tion du Yibharo des annales bouddhiques, le Fo-

(1) £a$$$r% Jn4ia dQ Montg. Martin, vol. I , p. 78 sqq, et S5Q^

(2) Oa ?ncient GeQgraphy of |ndia , ^siat, iies, XJC, 1822, p. 383.

(3) Klaproth, dans ses jiotes sur le Foe-koue-ki, p. 260; Eug. Burnouf, Introd, à Vhistoiredu Buddh,, p. 529.

(à) Soêi* inéia^l^ p. 257. Tohal est le mot vulgaire pQur nfOQ^ tagne dans plusieurs des dialectes de Tlnde» M. Buchanan {l, c.) donne des détails circonstaneiés sur les sources chaudes da mont VIpouSa.

(5) Fr. Buchanan , eod, l.

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BBS veViiGBS. 1 45

ftâr^ du Mahâbhârota , et le Taïftâf a àe la géographie pourânique. Outre lôs ^ sourceis chaudes dit mont Vibharo , il y en a beaucoup d'autres (Tans ces montagnes, notamment près de Radjghif , à l'en trée d'un défilé qui conduit de cette placé à la plaine ^e Gbirivradja dans rintérieur de la montagne (l)i

Au total, M. Buchanan compte de 7 à 8 millép anglais depuis Ghiriyak (Gridbrakoùta) jusqu'à Radj ghir (Râdjâgriha) , cette dernièrer place au N . -O; de la première (2). Hiouen-tlisàng, qui compte ses distances par rintérieur de la naontagne , indique eïi\iron 25 li d'une place à Tatitre. L'accord est aussi parfait qu'on puisse le désirer.

Hoeï4i et le 5i-i/M-fcf donnent à peu près les mêmes détails siir la nouvelle Râdjâgrlka^ désignaiit ainsi la cité royale située en dehors de la montagne , pour la distinguer de l'ancienne capitale (Ghirivradja y la Kouçâgara de Hiouen-thsang) as-' sise au milieu de la vallée intérieure. La légende racontait ainsi Forigine de la nouvelle capitale, Au temps du roi Vimbisâra (3) , la population

(1) Journal of j4siat. Soc. of Beng. Vol. III , p. 366. Ces sources sont connues dans le pays sous le nom de Tapoban; elles sont égalo ment décrites dans les rapports de M. Buchanan (East. India , I, p. 78 et 258}. Cp. Fa-hîan , p. 262.

(2) East. Ind. 1 , 86.

(3) Prédécesseur du roi Adjâtaçatrou , ■ contempo'rain du Bouddha- Çâkya-Mouni. L'année 5^3 avant notre ère, qui est celle de la mort de Qûuddha , était la buHièiue du règne d'Adjâtaçatrou (yoy. le LalUut)ii<4f a, p* 4U ) ; il avait donc succédé à Vimbisâra en l'année 550.: Dans leç tîibUs des anciens rois de l'Inde dressées par M. Lastan (/n-» di^chê AlterthHmhundet i; I , ai^lpend. , p« xwi sq. ) Vlmbiaaffa esti

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44 NOUVELLES AIlNiLES

de Kouçâgarapoura était fort nombreuse , et les habitations , pressées les unes contre les autres , avaient eu souvent à souffrir des ravages du feu. Le roi rendit un décret condamnant ceux qui laisseraient éclater un incendie dans leur maison à être transférés dans la forêt froide (en sanscrit Çilavana) : on nommait ainsi , dans le Magadha , le lieu abhorré où Ton déposait les morts (1). Pça de temps après , le feu prit dans le palais même , et le roi, voulant donner l'exemple du respect de la loi , se soumit volontairement à la peine qu'il avait décrétée. Or il arriva que le roi de Vâiçâlt, apprenant que Yimbisâra habitait seul dans un lieu désert, envoya des troupes pour s'emparer de lui par surprise. Cette trahison fut déjouée par la surveillance des officiers placés en observation ; mais à la

le trente-troisième sttccesseur de DJarâsandha, roi fameux de l'ancien Magadha. En supputant d'après le chifli'e de 20 ans généralement ad* mis pour la durée moyenne des règnes dans une ligne un peu étendue, le règne de DJarâsandba , et conséquemmcnt l'époque de la Grande Guerre dont il était contemporain , se trouverait porté vers l'année 1300 avant notre ère, c'est-à-dire précisément au temps de la guerre de Troie, cette grande époque du monde occidental. Le synchronisme est remarquable. Quoique les éléments de ces calculs soient loin d'être rigoureux, et par conséquent bien que la résultante ne puisse en être qu'hypothétique, il en ressort une indication approximative qui ne peut pas s'écarter beaucoup de la vérité , appuyée qu'elle est d'ailleurs par bien d'autres inductions. La chronologie de l'Inde ancienne attend son Fréret.

(1) Fa-hian désigne la nécropole de l'ancienne Ghirivradja par les mots Chi-mo-ché-na ; c'est le Smaçâna sanscrit, qui signifie champ dts morte, ou cimetière. Celui de Ghirivradja était à environ 8 li (un kilomètre ) vers le nord de la ville (/(oe-Jbtte-JN , p. 272 >.)

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