NOUVELLES GÉOGRAPHIQUES
HÉLANGB&
SOaÉTES SAVANTES.
travaux des àiverses Académies et Sociétés savantes de V Europe relatifs à la géographie et aux êdenees ethnologiques.
BOCIÉTÉ 1>E GéÙGKAFHIÉ DE LoKDKES.
Séance du 14 novembre. — Le capitaine Inglsfield. lit une Note sur les résultats des dernières expéditions arctiques «
— Dans une lettre du ca^ntaine sir Gedi*ge Batek^ de la Marine Royale , communiquée par lé capitaine M^^Glure , on trouve le passage suivant au sujet des Esquimaux de la terre du prince Albert : « Rien ne saurait surpasser Fétonnement que les habitants de ces côtes désolées ont éprouvé en nous voyant. Ils n'ont de rapport au monde qu'avec des tribus de leur race qui habitent plus au sud ; ils les représentent comme très-nombreuses, et elles trafiquent , disent-ils , avec d'autres tribus qui habitent la grande
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DES VOTAGES. SIS
terre. Ils ne possèdent pas un seul objet provenant de manufactures européennes , mais ils sont cotnplélemeÂt pourvus dHnstrumetits du cuivré le plus pur, iàs que oouteaut, lances, têtes de flithes, etc. Ils parâisslndt attacher peu de valent à ce métal, ear â j «a avait de gros lingots épars ça et là dans la tente; et ils rirtsnt beaucoup en voyant un de nos matelots en ramasser quelques fragm.elits et les mettre dians ta poche. Pendant notre conversation un des }eu)r% revint de la ehasse ; Vous ne pouves vous imaginer un Esquimau plus actif, plus vigoureux et mieut fait. Son costume était parfait. On nous dit que le bœuf musqué et le reline sont trèé-nombreux^ mais tellement sauvages qu'cœ ne peut les approcher. »
Une conversation s'engage entre le capitaine In** glefîeld, M. Petermann et le capitaine Beeehey^ sur lea expéditions et les mers arctiques.
Séance du 12 décembre, — On donôe lecture de la seeonde partie du Mémoire du lieutenant général A. Jochmus sur les Passes du Balkan oU mont He&mus, avec la description de la chaîne, et une Etude com*pafée des routes qu'y ont suivies Darius Hyataspes, Alexandre le Grand et le maréchal Diebitch.
Société Syro-Egyptienne de Londres.
Séanoê eu B fw^etf^re* — M. T. Wright lit une Note sur la description de ce qu'on nomme les Tom^ beaux des Patriarches à Hébron, daàs les voyageurs du moyen âge, Cette lecture est suivie d'une diâcus-
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sion à laquelle prennent part MM. Sharp, Black, TumbuU, Loaden, Camps et Ainworth.
— M. S. Sharpe lit un Mémoire sur Tâge relatif des Pyramides de Memphis. Son but principal est de montrer (jue la plus grande pyramide n'est pas la plus ancienne, mais seulement la seconde. M. Sharp s'attache aussi à établir que la troisième et la quatrième pyramide sont Touvrage de la reine Nitocris. M. Sharp pense que les deux plus grandes pyramides ne remontent pas au delà de 1700 ans avant notre ère , et que les troisième et quatrième ont été construites vers l'année 1350.
Séance du 13 décembre. — M. W. H. Black fait un rapport sur des échantillons de sable rapportés du désert entre le Caire et Suez , et qui produisent de l'effervescence au contact des acides.
— Le D' Lœve lit un Mémoire sur l'origine du nom de Memphis -
— Le même savant lit une Note sur une inscription de l'un des bustes palmyréens en la possession de M. Picciotti.
— M. Ainsworth lit un Mémoire sur les Tumuli du nord de la Syrie , où il décrit près de cent de ces monuments.
Société impériale russe de Géographie.
La Société impériale russe de Géographie a tenu, le 28 octobre dernier, une assemblée générale, sous la présidence de M. le lieutenant général Mourawieff, membre du Conseil de l'empire.
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M. le président a ouTert la séance par la lecture du compte rendu des travaux de la Société pendant les six mois écoulés :
Pendant les vacances, Timpression des diverses publications entreprises par la Société s'est poursuivie sans interruption , et il a été expédié dans toutes les localités de l'empire des programmes nouvellement rédigés à l'effet de recueillir des notions sur tels objets concernant l'ethnographie et la statistique russe. Les correspondants de la Société dans l'intérieur lui ont fourni , du l*' juin au l*' octobre , tant à la suite de ces programmes que de leur propre mouvement , plus de trente articles sur divers sujets. Plusieurs des manuscrits sont encore à l'heure qu'il est l'objet d'examens sérieux , d'autres ont déjà été revus. Parmi ces derniers , U s'en trouve un assez grand nombre qui méritent à tous égards d'être insérés dans les publications de la Société. A cette catégorie se rattachent surtout: la Description géographique des provinces Sino-Mandjoures de jKTiey-Iotindzian et de Tszirine, rédigée par M. Sytchevsky, et envoyée par la Section Sibérienne ; la Description de la forêt de Bélovéj^ par M. Dalmatoff; la Description de diverses localités du gouvernement de Perm^ par le yéromonaque Macarie -, membre collaborateur ; le Journal d'un voyage de Bakou à Astrakhan et à Saint- Pétersbourg^ de M. Spassky-Avtonomoff", membre collaborateur ; les premiers chapitres d'un grand ouvrage de M. de Lindegreen, membre collaborateur, intitulé : Description médico-topographique et statis^
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318 NOUVELLES ANlfilLES
Hque du district de Tciiistopel; tm Aperçu ék itaîUfîque morale de ia Finlande, par M. BaranoTsky, membre collaborateur; une Dissertation èe M. Afanassieff, membre effectif, Sur la vie étoutre-tombey selon les traditions slaves ; et plusieurs autres article». Vân outre , la Société a continué comme par le passé à recevoir des notions ethnographiques, dont le nomiwrc s'est considérablement accru à la suite de la dbtribution d'une seconde édition , revue et ftognientée , du programme ethnographique, aimsi qne des notions statistiques sur le commerce intérieur en général et 'sur le commerce du fer en particulier. Les programmes nouvellement distribués par la Société demandent des renseignements sur les eaux minérales de la Russie, sur le commerce des pelleteries et sur des données propres à édaircir Forigine de la race intéressante et jusqu'à présent énigmatique des Oudines du Caucase. Enfin, dans le courant des mêmes mois d'été, il a été publié ati nom de la Société un appel pour qu'on lui fit parvenir des dessins d'objets ethnographiques divers, pour servir à former un Album ethnographique de la Russie. Nous avons déjà reçu, à la suite de cette invitation , plusieurs offrandes, parmi lesquelles un recueil de. dessins très-exacts, du à M. GaréKne, membre collaborateur, mérite une mention particulière. Ces dessins, d une exactitude parfaite, représentent les maisons et les ustensiles dé ménage des paysans des gouvernements de Kostroma-, YaroéafT et Vladimir.
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las VOYAGES. 91^
]>an» le courant de Télé dernier, a paru la 8' U* V raison des Mémoin» y eontôn&nt un travail de M. Né- Yolijae sur les piatines et paroisses de Novgorod ; les â"" et 4^ livraisons du Bulletin^ la traduction allemande du l** volume des travaux de Texpêfetion de rOural, et la traduction française du compte rendu de la Société pour Tannée 18&2. La 9** livraison des Méxnoireê , dont Fimpression se poursuivait sous la direction de M. p. Milutine, meral>re effectif, paraîtra tràsrincessamment. On a déjà commencé l'impression de la 10* livraison. Les livraisons ultérieures du Bulletin pour Tannée courante seront publiées en temps opportun. Le 2^ volume du Recueil ethnographique paraîtra au commencement de Tannée prochaina. Quant aux publications qui sont sous presse, mais dont Tépoque de l'apparition ne peut être précisée, ce sent : le 2* volume des TfSfi^aucD de fexpêdiUon de V Oural, en langue russe et allemande , le ^ volume du Reeuml ^ettistique , la 1*^ partie des Monummt$ de la langue et de la littérature rueses populmrei , et le Code des notions climatériques fournies à la Société, recueilli par M. Poroschine. Dans le courant de ce mois , la Société se propose eiicore de procéder à Tûnpression de la 1'® livraison de YAperfU du mrnnere» intérieur ^ ouvrage pour lequel tous les matériaux nécessaires se trouvent déjà réunis.
Parmi les entreprises cartographiques de la Société , la publication qui se poursuit avec le plus de succès est celle de VAtlm du gmiwmemênt de 7Wp, doQl la ^ livraison a paru d^uis le courant de Vét4.
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Les livraisons subséquentes seront publiées trèsincessamment, et tout l'ouvrage doit être terminé pour l'été prochain. On espère aussi faire paraître au commencement de 1854, les cartes dressées par M. Khanykoff , des environs du lac d'Issyk-Koul , et des points astronomiques dans la partie nord-ouest de l'Asie Centrale , ainsi que les cartes de la région de la Pétchora dressées par M. de Krusenstern , et mises à la disposition de la Société par son auguste président le grand -duc Constantin Nicolaïévitch. Malheureusement, l'activité cartographique de la Société doit forcément souffrir de la perte douloureuse qu'elle a faite dans la personne de M. A. Bolotoff, ce qui oblige de suspendre aujourd'hui entre autres la publication de la carte de la partie nordouest de l'Asie Centrale , que la Société avait chargé M. Bolotoff de préparer conjointement avec M. Khanykoff". Quatre feuilles de cette carte sont entièrement achevées, la cinquième est attendue de M. Khanykoff , mais la sixième , à peine commencée par feu M. Bolotoff, exige encore quelques corrections et additions. Le conseil de la Société a l'intention de prendre les mesures les plus efficaces pour mener à bonne fin ce travail utile , ainsi que pour accélérer la publication de la Carte générale d'Asie , commandée, comme on sait, à M. Froriep, à Weimar. ^
Outre la continuation des publications conmiencées et la réunion des matériaux nécessaires à cet effet , la Société considère comme une de ses prin-
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cipales obligations l'envoi périodique d'expéditions scientifiques pour l'exploration des diverses parties de la Russie. Dans le courant de Tété dernier, on a terminé une de ces expéditions , on en a commencé une seconde , et on a pris toutes les mesures préparatoires nécessaires pour l'envoi d'une troisième. M. de Pacht, maître es arts de l'Université de Dorpat, auquel la Société a confié l'exploration géologique de l'espace situé entre le Volga , la Voronége et le Don , s'est mis en route à la fin d'avril , et , de retour depuis quelques jours , il a présenté un rapport général sur les principaux résultats de ses investigations. Une autre expédition, équipée par les efforts combinés de la Société et du ministère des domaines de l'empire , pour l'exploration des pêcheries de la mer Caspienne , a commencé ses opérations au printemps dernier. Il n'est encore parvenu aucun rapport de M. de Baer , chef de cette expédition. Quant à la grande expédition projetée pour l'exploration de la Sibérie Orientale , on a lieu d'espérer que tous les obstacles qui s'opposaient jusqu'à présent à son équipement définitif seront incessamment écartés.
Après ce rapport , il a été soumis à l'assemblée un compte rendu succinct présenté par M. de Pacht, maître es arts de l'Université de Dorpat , touchant ses explorations de la région dévonienne entre la Voronége, le Volga et le Don, exécutées par ordre et aux frais de la Société. Cette région embrasse , comme on sait, presque tout le centre de la Russie
Novembre-Décembre t85H Tome iv. 21
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d^i N0UV8IXE6 ANMALES
d'J^urope et s'éteod depujs la mer Blaocbe, à travers lp§ gouviaroements d'Oloneis, Saint-Pétersbourg, IVQFgprod, Pskûff et plus loin jusqu'à Voronége. Sur U c*rte connue de Murchison elle n'est désignée (ju'en traits généraux. La Société, jugeant nécessaire de l'étudier en détail , avait déjà expédié dans ce but, en 1860, M. de Helmersen, membre effectif, dans quelques-uns des gouvernements appartenant à cette région. M. de Pacht a été çb^rgé , en avril dernier, de compléter et de terminer les explorations exécutées par M. de Helmersen. Ayant consacré les quatre mois d'été à l'exécution de la CQsqimission qui lui était confiée , M. de Pacht a exposé, dans le compte rendu présenté , qui , en l'absence de l'auteur, a été lu par M. Koutorga, les observations faites par lui tant sur la région dévonienne elle-même , que sur les formations contiguës, houillères, jurassiques, crétacées, tertiaires, ainsi que sur la terre franche (humus), et les pierres erratiques (sifoâ?); M. de Pacht a reconnu que c^s dernières s'étendaient infiniment plus loin au sud que ne le supposait Murchison. Il a également recueilli, sur la terre franche de nos gouvernements fertiles, beaucoup de données intéressantes, qui prouvent son identité avec les alluvions , c'est-à-dire avec ces masses poreuses transportées jadis par les torrents à leurs gisements actuels. A la fin de son compte rendu, l'explorateur a présenté les résultats les plus importants de ses observations sur la température des eaux et des puits profonds daps les localités
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Dis Y0YA0S8. 3^8
(ju'41 a visitées. En cemotnetit, M. de t^acfel ê^occupe avec M. de Helmersen de la rédaction d'un recueil g4n4ral et ditaillé de to}iii les matériaux rafssmbiés à ce sujet p^r ppdre de ia Sodiété depuis liâO.
A la fin de la séance , M. V. Milutine, secrétaire de la Société , a donné lecture d'un court aperçu des découvertes géographiques les plus impoiftantes et des voyages exécutés dans toutes les parties an monde dans le courant de Tannée 1852.
Expédition i»j: i.' Afrique centeaj^^.
On a reçu à Londres , à la date du 11 et du 1 4 oc* tobre 1853 , et plus réceijiwent k la d^te du 4 upvembre, des lettres du D"^ Vogel. Les lettres du mois d'octobre étaient oncore datées de Mourzouk, où le docteur avait employé son loisir forcé en partie à calcuUr et à rédiger ses précédentes observations, dont les résultats ont été envoyés en Angleterre , en partie à étudier le territoire environnant. Entre autres choses il a trouvé des tombeaux très -anciens dans le Ouâdi Djerma, près du village de Khraïk^ à environ 100 milles anglais de IV^our^ouk,
A la date du 4 novembre, le docteur était à Tégherri , entre Mourzouk et Bilma , en marche pour le lac Tchad. La saison d'hiver était commencé^ , c'est-à-dire que la chaleur avait quelque peu di« minué : la température n'allait plus que de S3 à
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324 NOUVELLES ANNALRR
85* (Farenheit) à midi , c'est-à-dire de 28 h 30" cenrigrades. '
Par une caravane que Ton avait rencontrée entre IMourzouk et Tégherri, le D' Vogel avait appris que depuis le commencement du mois d'août on n'avait pas reçu à Kouka de nouvelles du D' Barth ; à cette époque il était arrivé à Sakatou , dans sa marche vers Tombouktou. Une guerre avait éclaté entre les Fellatah et les Bornîs, et une armée était partie du Bornou pour s'emparer de Kano , la place commerciale la plus importante du Soudan. La communication entre le Bornou et les* contrées dont le D"" Barth a entrepris l'exploration était ainsi momentanément interrompue ; on espérait cependant que cette guerre servirait, plutôt que de leur nuire, les projets de ce dernier.
Premier voyage d'exploration d'un steamer dans la rivière des Amazones.
Par le brick français VÊclipse , capitaine Pugibet, de retour au Havre, on a reçu des nouvelles de Para (Brésil), du 14 novembre, de quinze jours plus fraîches que les dernières venues par le Great- Western. Les journaux et correspondances apportés par VEclipse contiennent des détails fort intéressants sur un voyage effectué par le steamer MarajOy sur tout le parcours du fleuve des Amazones, depuis son em-
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bouchure jusqu*à INauta , dans le Pérou, aux confins des Cordillères.
Parti de Para le 10 septembre, le steamer Marajo était arrivé à la barre du Rio-Negro le 20. Deux jours après, il partait pour Nauta, emportant les malles de dépêches pour différentes localités sur son passage. Il avait à son bord, pour tout passager, le comte Flores tan, commissaire du gouvernement brésilien, et pour seul chargement 6, 000 faix de bois et 40 tonneaux de charbon de terre.
Ce steamer a touché successivement dans la province des Amazones, à Coary, Ega, Fonte-Boa, Tonantin, Amaturâ, San-Paulo et Tabatinga, extrême frontière brésilienne , où il est arrivé le 5 octobre. Dans le Pérou , il a visité Loreto, port déclaré franc par le gouvernement péruvien, Cochequina, Pebas , Pucalpa, Iquito, et enfin Nauta, où il est parvenu le 14 du même mois.
N^auta , sur la rive droite de l'Amazone, à quellieues seulement de l'embouchure de l'Ucayali , est destiné par sa position géographique à un magnifique avenir commercial. Nauta a été, ainsi que Loreto, sur la rive gauche, déclaré port franc.
Dans tous ces points de son parcours, le steamer Marajo a pris du bois ; la quantité en est évaluée à 42,600 achas , soit 890,000 kilog. des meilleures espèces, comme paracauba,pao-mulato, maçaranduba et quelques autres de qualités inférieures.
L'arrivée du Marajo, dans toutes les localités que nous avons désignées, y a causé un grand étonne-
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ment, et, dans quelques-unes, une indicible terreur. Cependant, çà et là, beaucoup de riverains ^ sont rendus à bord , d'autant plus que le passage 4u steamer coiincidait avec Tépoque où toutes les populatiox]^ sont assemblées sur les plages de TAmazone, pour la fabrication du beurre de tortue.
A Fonte-Boa, les femmes se sont enfuies dans les botiç en emportant leurs enfants, et de la elles obsçrvaient avec stupeur les mouvements de cette machine extraordinaire dont elles ne pouvaient se rendre compte. Le commandant du steamer, s'expliquant aisément le sujet de leurs craintes , dépêcha auprès d'elles les hommes mêmes du pays pour les prévenir qu'elles pouvaient, sans inquiétude ^ venir à son bord : dles s'y sont constamment refusées, répojg^dant quç si elles y venaient ce monstre infetnal dévorerait leurs enfants .
En revanche, à Loreto le Maraj.0 a été accueilli au bri^it de toutes les cloclpies des églises, sonnant à toute volée ; le colonnel don Francisco Ortiz, chef politique, a» comblé les nouveaux Argonautes des téinoigiiaf es de son estime et de sa bienveillance , et ne savait comment exprimer toute sa joie. Il s'est embarqué sur le navire pour se rendre, avec lui jusqu'à Navita, accompagné de son secrétaire et de son adj^udant d'ordre. A Loreto, on était fort préoccupé au suj[et de deux bâUments à vapeur péri^viens destinés à l'exploration des fleuves Ucayali et G.uayaga. Cçs, deux fea^te^ux, dont les çiaçbines ont ét4 ap|JOfl:t€Ç5 çlçs EtatSe-Unis par \e t^ois-mâ^s ^ar of^os/^)
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sont en ce moment en construction dans T arsenal de cette province.
Le gotivemeur de Loreto, D. Manael Yyarra, et Im né^dant allemand, M. Shut^ établi au Gallao de liima ^ ont traité avec le gouvernement péruvien pour Fimmigration de là, 000 colons, dans Tespace de trois années. Quelques-uns déjà sont arrivés et font le service de la garnison, dont la force doit être incessanïmcnt életée à 2,000 hommes-, 130 Aile* nmnds ont été envoyés à Gaballo Coxo.
A Ega, à Tabatinga, on a déjà trouvé du charbon de terre; à Loreto, Pebas et Iquito, on en a reconnu des gisements considérables. A Pebas, la mine s'ouvre; à <|uelques pas seulement de la maison du gouverneur*; à Iquito, elle est située sur le bord même du fleuve. Les échantillons qui en ont été apportés à Para^ à M. Pimenta Bueno, permettent de croire que ce charbon est au moins égal aiix meillextres bouilles de Newcastle.
H a été réciproquement convenu avec le gouvefzceur pérovies, D. Francisco Ortiz, et l'agent de la conEpagnie^ que les points d'escdlé de la Ugne dès bateaux à vacpeur scfrai^st les Aenx ports ff ancs de Loreto et de Nauta, et les dépôts de combustibles, &faT le territoire péruvien , les> deux localités oh le ebatboaoD est le plui facile à extraire ^ c'eât- à-dire Pefaas et Iquito.
Tons Id^ heu:x visités par ce steamer ne sont entote epxt daâ villages habités par des Indie^fts. Mais on ne peut doiiter de l'importance cotiimerciale qu'ils sont
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destinés à acquérir, le jour où l'activité du commerce européen s'y sera portée ; car le caractère libéral, du gouvernement et de la législation du Pérou garantit aux étrangers une liberté et une sécurité qu'ils sont loin de rencontrer partout et sous toutes les institutions. Un journal de Para dit même qu'au retour du Marajo l'amour-propre brésilien n'a pas eu à s'applaudir du contraste que les récits des voyageurs établissaient entre l'état de bonheur et de prospérité des populations péruviennes et la désolation qui régnait sur les rives du Galimoëns , partie de l'Amazone comprise entre la barre du Rio-Negro et la frontière brésilienne à Tabatinga.
Les plages brésiliennes sont, en effet, décrites comme étant désertes, et les villages abandonnés. Dans l'un d'eux , San-Paulo, on n'a trouvé qu'un vieillard de quatre-vingt-sept ans, laissé seul pendant que sa famille était en expédition dans l'intérieur. Dans un autre, Amaturâ , on n'a vu personne, pas une âme vivante. Quelques bandes de porcs , hauts , longs et maigres , attestaient seulement que là avaient habité des êtres humains , délogés pour toujours, ou du moins ayant abandonné la vie sédentaire pour la vie nomade.
Il fut un temps où tout abondait dans ces contrées, où cette même paroisse d' Amaturâ voyait de nombreux fidèles s'assembler dans son église. Ce furent les premières lueurs d'une civilisation qui a manqué d'élan et de souffle, parce qu'il n'était pas dans la destinée des peuples que l'empire des mers
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restât pas plus à la marine portugaise qu'à la marine espagnole. Avec le déclin de la puissance navale des Portugais, la désolation et la mort ont insensiblement remplacé , au cœur de ces fertiles contrées , la joie et la vie ; tout ce qui n'a pas péri sous Pétouffoir d'une administration lointaine et stérile, s'est enfui dans les* bois et a retourné à la vie des forêts. Et quand on songe qu'il en est ainsi sur une éten* due de près de cinq cents lieues !
Mais la vapeur est l'étincelle électrique qui est destinée à redonner la vie à tous ces cadavres. Voilà ces vastes solitudes du centre de l'Amérique du Sud, attaquées maintenant de tous les côtés par la civilisation européenne , à l'ouest, à Test , au nord et au sud : de tous les côtés, ses flancs sont ouverts aux plus immenses cours d'eau qui sillonnent les continents de ce globe, et la vapeur est avide d'y pénétrer. Sur les pas de la vapeur arriveront les délégués de ces myriades d'hommes à l'étroit dans le vieux monde, quand le nouveau est encore désert; avec la vapeur surviendront les bras et le travail qui fécondent le sol , le commerce qui centuple la valeur de 'ses produits.
Lorsqu'on voit tant et de si magnifiques contrées encore inexploitées, il est impossible de ne pas être frappé de tout ce qu'il y avait de dérisoirement fantastique dans les sinistres prophéties de Malthus, et dans tous les cas , de ne pas se dire que cet âge d'or^ placé par les mythologues dans le passé , est véritablement devant nous.
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éiO NOUVELLES ANNALES
Expédition américaine des montagnes Rocheuses.
J^oud empruntons an CùUfrier des Éîais-Uhis quelques détails sur le Èiassacre d'un corps d'expé^ dition américain :
< De toiites les recherches scientifiques , il n'fen e*t poitit dont la carrière progressive éoit jalonnée par tant de tragédies que celles de là gébgraplii€f.
» Vers le printemps dernier , le gouvernement de Washington , voulant faire un choix judicieu* eiîfre les diverses lignes proposées pour un chemin Ae fer du Pacifique , envoya plusieurs corps d'expédition explorer les déserts des montagnes Rochetises. Le capitaine Gunnison fut nommé au commandement de là division qui devait partir de Westport (Missouri) , et suivre lé» Totite Centrale à travers le territoire indien , le pays des Mormons et les colonies aiiiéHcaines éparpiBées déjà sur la ftontîère orientale de la CatKfomie.
* Dans la dernière quinzaine de juin , la Jkstite trotipc , réunie à Saint-Louis , se mit en routé ^ons l'escorte de trente carabiniers à cheval , commandés pat" le calpitaline Morris, Six semaines pJtis tard, ils éîivoyaîent leurs pretàières dépêches?, datées An fort Illasfsachttsett» , qui se trouve à 7Ù ihillés èHk^rôH au nord de Santa-Fé- Le sùtcès avait toO:Tonné lé début de leur voyage ; Pespoir d'une coinplète et prompte réussite les animait dans leu* mài^dbè dans le désert. Depuis lors , on ii' avaiit plnë iim Féçu
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d'eux , lorsque là dernière malle du làc Salé nous à aparté la nouvelle du massacre d'une partie de l'expédition.
* Voîcî dans quelles circonstances ce drame à'est accompli :
» Oti sait que les Iiidiens de cette palrtle de TUnic^ , pressés à l'est par les pionniet^ de l'Arkansàs , du Texas et du Missouri , à l'ouest par les aviUit-postes des mineurs californiens , au nord par les tribus à moitié civilisées que le gouvernement y a transportées , au âud enfin par les colons aventureux et aventuriers du Nouveau -Mexique, se s<mt accillés en arrière des montagnes Rocheuses , attendant , avec la résignation qui les caractérise , l'extinction graduelle de leur race. Mais la spéculation et la civilisation n'ont pas même voulu leui* laisser la tranquille possession de ces solitudes où ils allaient s'éteindre.
yt Alors de tribu en tribu, a retenti le cri de guerre. Plusieurs fois déjà nous avons eu à raconter les sanglantes rencontres dont ces vastes plaines ont été le théâtre. Celle dans laquelle le capitaine Gunnison a perdu la Vie n'est pas assurément le moins fuHè^te de toutes.
» Le 13 octobre dernier, M. Merriwether, gouverneur du Nouveau-Mexique , envoyait à l'administration de Washington une lettre dans laquelle il parlait d'un important message qu'il venait de recevoir de Chico-Velaéquez , un des chefs des Inclue de rUtah. lié Adèle cacique iiiforiiie lé gouver-r
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neur que la plus grande partie de sa tribu , se ralliant autour d'un chef déterminé , nommé Walker, se prépare à marcher contre les Mormons. Mais, fidèle aux traités , Velasquez a refusé de se joindre à cette expédition.
» Après cet avis , on s'attendait naturellement à recevoir des plaines de l'ouest de sanglants bulletins. En effet, dix-huit jours après l'envoi de la dépêche de M. Merriwethér , une estafette arrivait à la capitale des ' Mormons , et apprenait au gouverneur Brigham-Young qu'un détachement du corps d'expédition du capitaine Gunnison , se trouvant campé sur les bords de la rivière Sevier , avait été attaqué àl'improviste par une bande d'Indiens.
» Les Américains , au nombre de douze , étaient occupés à déjeuner, lorsqu'une soudaine fusillade, suivie d'ime grêle de flèches , est venue les surprendre. Ils ont d'abord riposté de leur mieux , mais le nombre l'a emporté ; huit Américains sont tombés , criblés de blessures ; les quatre autres ont pu s'échapper et aller donner l'alarme au gros de l'expédition et au capitaine Morris. Celui-ci s'est hâté . de se rendre sur le théâtre de l'escarmouche ; mais déjà les Indiens avaient disparu, enlevant les montures de leurs ennemis ainsi que les instruments et les boîtes qui contenaient leurs notes de voyage. Sur l'herbe rougie de sang , on a trouvé le capitaine Gunnison étendu sans vie au milieu de ses compagnons ; son corps portait les traces sanglantes de 26 flèches , et un de ses bras avait été coupé. A côté
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de lui gisaient M. Kern , trois autres membres de l'expédition et trois carabiniers.
» S' attendant à chaque instant à être à son tour enveloppé et attaqué par une force supérieure ,1e capitaine Morris s'est empressé d'envoyer quérir des secours dans la capitale des Mormons. On va surtout essayer de reprendre aux Indiens les notes de voyage , qui ont , pour les États-Unis , autant d'importance qu'elles ont peu de valeur pour les tribus sauvages. »