H Y ÈRES
Sous le titre de Lettres d'un convalescent , M. Jules de Châtillon a publié dans le Coristitutionnel une relation de la ville d'Hyères que nos lecteurs nous sauront sûrement gré de reproduire ici.
«Hyëres , décembre 1S53.
» Je vous ai promis de vous dire quelques-unes des merveilles du petit coin du globe où j'ai provisoirement planté ma tente. Vous allez être satisfait. Sachez d'abord qu'aujourd'hui, en plein mois de décembre, tandis qu'à moins de cent lieues de distance, et que dis-je? tandis qu'à moins de cinquante lieues les diligences s'arrêtent sur les routes à moitié englouties dans les neiges , le thermomètre marque à Hyères 18 degrés au-dessus de zéro. Je vous écris ceci à neuf heures du matin , la fenêtre grande ouverte pour laisser entrer mon médecin : peut-être
334 NOUV$l.I,$$ 4N]i4I.ES
vQus feriez-vous unç \M^ bi^^W çte« fRé4§^ipsppovençaux et de leurs habitudes, si je w po^^^^t^^^i^ d'ajouter ^ue, par won mé4ecipi, j'entende te soleil, un bien grand docteur.
^ La brise de mer m'arrive douce, tï^^^ chsipgée des parfums pénétrants (ju'e)le repu^i}}^ en pis-^ sant à travers les pins des pollines, et les o^-^USfiU des jardins environnant? , airbre^ privilégiés , dlj^fi' gés à la fois djç fjeups , de fruit^ V^rt? et ^ ÙmU dorés. J'ai pris, pour vous écrire, lapréça^itû^^ tourner le dos au soleil, d'abord parce que c'est en traversant le dos que le soleil verse à l'homme la plus grande somme de volupté, ensuite pour me soustraire à l'influence magnétique qu'exerce sur moi le palmier planté précisément en face de ma fenêtre. Quand, doucement, caressé par le vent léger du matin, cet arbre nonchalant balance devant mes yeux sa chevelure de rubans satinés , le résultat est bientôt absolument 1^ même que si le grand Marcillet exécutait sur pia tète ses pratiques d^ sorcellerie. Les palmiers d'IJyères, vous le saviez, atteignent jusqu à la hauteur de trente pieds. Ce sent de vrais palmiers portant des dattes quelquefois mûres, et poussant bravement exi pleine terre et en plein air. A leurs pi^ds croissent des cactus qt d^s aloès de la plus belle venue. La vue de ces grands végétaux, originaires des zopes torrides, est un speçtade qui ne nianque jamais de frapper d^éto^nepiaiit le$ nouveaux arrivés. Qp cite néanmoins np J^^]m qui, loiQ de manifester la moiiiidre surprise, §§ mm^
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tm fort w4co»tç^t cJp ce qu^, (JaRs nn pay# oùi|#fi palpii/er§ poussaient comiujB au désert, on ^e poiivalt' trou vier, comme au désert , un chameau ou un droiQ^d^ire pour faire upe projpenad^. l^Iilord, lui répondit uij Provençal ^ssis auprès de lui à la table d'hôte, TOUS jouez vraiment de malheur : il y ^ troiç jpnrs , on vous jurait facilement procur/é un chameau , et ménie plusieu|:s ; mais la caravane 4e l» Mecque est passée hier par ici , et comme elle manquait de })étes de somme , elle a raflé jusqu'au der-' nier drpmadaire.
» Maintenant , peut-être serez-vous bien aise de savoir k quoi vous en tenir sur les bois d'orangers dont le territoire d'Hyères serait couvert, s'il fallait en croire quelques relations. Y a-t-il, oui ou non , à Hyères des bois d'orangers? Oui, il en existe, j'en ai vu. Mais entendons-nous : ce sont des bois d'orangers, comme les vergers de Normandie sont des forets (iie ponuniers. Si Ton tenait à être absolument vrai, on devrait se borner k dire que ce sont de simples jardins. Aux yeux d'un Parisien qui n'a jamais vu que 1/Bs orangers des Ti^ileries pour lesquels on bâtit des palais d'hiver, et auxquels pp met des niiinchons de paille pour les garantir du froid, c'pst encore une joliie rareté quVn jardin où poussent en pleine terre, sans autre protection que celje du htm Dipu,*'ving^ ou trente mille pieds d'orangers, d^ citronniers et d'arbres à cédrats, parmi lesquels on trouve encore l'arbuste qui produit une des m^il-^ leures friandises connues, le chinois , et celui dont le
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fruit, pareil à l'orange, fournit le parftim connu sous le nom de bergamotte. Mais , hélas ! pauvres orangers, les voilà maintenant atteints de ce mal funeste qui a commencé par ravager les pommes, de terre, et qui menace d'anéantir avant qu'il soit longtemps la plus belle parure de ce charmant pays , et l'une des principales sources de sa prospérité. Pour donner une idée du dommage considérable causé à Hyères par cette étrange épidémie dont la plupart des végétaux admis en gastronomie sont successivement atteints , il sufEt de dire qu'un jardin d'orangers dont le produit s'élevait , il y a trois ou quatre ans , à la somme énorme de vingt- cinq mille francs, en rapporte à peine aujourd!hui cinq ou six mille. Mais les orangers d'Hyères en ont bien vu d'autres. Du temps du roi Charles IX , qui vint passer à Hyères les fêtes de la Toussaint, en l'an de grâce 1564, ces arbres, dont les plus beaux n'ont pas aujourd'hui dans la plus grande épaisseur du pied plus de quatre ou cinq pouces de diamètre, atteignaient à des dimensions colossales. L'un d'eux était d'une telle grosseur, que le roi , le duc d'Anjou son frère , et le roi de Navarre réunis , ne purent en embrasser le tronc.
» Émerveillé , dit l'auteur des Promenades pittoresques à Hyères (1) , delà quantité d'orangers plantés en quinconces ou jetés épars dans la campagne; ravi à la vue de ces élégants palmiers qui balançaient bruyamment leurs mille éventails de verdure, (1) M. Denis.
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de ces poivriers qui grimpaient aux murailles, et du caroubier d'Espagne à la gousse succulente, la reine mère obtint de son fils qu'il lui ferait bâtir en ces lieux une maison royale entourée de jardins. Ce projet plut tellement au jeune roi , qu'il donna Tordre de mettre sur-le-champ la main à l'œuvre. » Mais les préoccupations de la politique firent tort aux projets d'architecture, et si les travaux furent jamais commencés, ils demeurèrent en suspens. Quant à présent , il n'en reste plus trace. Peut-être Marie de Médicis cessa-t-elle de désirer sa maison de campagne en apprenant qu'un froid extraordinaire avait, en une seule nuit , exterminé ces arbres charmants qui l'avaient si grandement ravie. 11 fallut les couper comme du bois de chauffage. Si la race des orangers provençaux a survécu à cet immense désastre, les marchands d'oranges d'Hyères auraient bien tort de se désespérer. Il ne s'agit , cette fois, que d'une simple maladie, et les pommes de terre qu'on a crues un inslant abolies à js^mais en sont bien revenues. '
» C'est en ce moment que s'achève la récolte des oranges : on les empile à peu près vertes dans ces longues caisses de bois blanc dont vous pouvez voir des spécimens au passage Choiseul , et elles vous arriveront à Paris au mois de janvier, sinon mûres, au moins jaunes; cela suffit aux Parisiens. Le Provençal , qui s'y connaît mieux , ne goûte à ses oranges qu'au mois de mars. Pour en finir avec le règne végétal, je me borne à vous dire que si quelques-uns des rudes maraîchers qui fertilisent à force de sueurs
JYovemJbrê-Décembre 1853. Tome it. 2S
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les terres ingrates voisines des barrières de Paris , avaient l'idée de s'installer à Hyères, les petits pois y seraient perpétuels, et les ÏFraises n*Y auraient pas de fin. Peut-être y verrait-on là canne à sucre, cultivée dans quelques jardins comme une curiosité, devenir entre les mains de ces braves travailleurs une source de produits sérieux, tout comme Toranger. On m'a un peu ri au nez quand je me suis hasardé à avancer cette opinion ; mais le rire ne prouve rien, et j'ai pour moi un certain Giabriel lé sucrier (1), « lequel ayant esté nourry es lieux où se » faict et afEne le sucre , » aurait eu l'idée « d'ihtro- » duire ceste invention en Provence , auprès de la » ville de Hières , lieii autant propre à cest effect qii'il » y en ayt en la cbrestienté. »
» Ce Gabriel le sucrier, qui n'était point tin sot, adressa au roi François II une requête a reflet d'obtenir une concession de terres propres à la culture des cannes; mais la requête n'eut pas de suite.
» Il n'y a guère à espérer que les agriculteurs provençaux reprennent en sous-œuvre l'idée de Gabriel le sucrier. Le Provençal est routinier autant quepoasible , probablemeiit à cause de la nonchalance qui fait le fond de sa nature ; en outre , la culture de la canne est des plus fatigantes , et ce même Provençal, éminemment flâneur, quelque peu poëte, et partant ennemi de la peine, est habitué aux récoltes qui viennent toutes seules. Nos paysans fouillent et
(1} Re^uéU de Ga^brial l« sqerier, rapp^Uée mir T^, Peni» 4a/a» r<myrage précédemment cité.
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retourfieht la terre ; le paysan proVelîçal U gratte simplement avec la charrue employée par les Grecs «ïiî temps de Triptolème. Quand il Ta grattée ainsi lîû ton quart d^heilre, if se repose pour fumer ou poûi* péfiser à son amie , eii sifflsint un air du tem')»^ du roi René. La récolte n'en pousse pas moins drue et lourde sur ce sol doué d^une fertilité procligieus^; mai^ je ne veux pas plus m^engager dans une étude de mœurs que dans une revue de la Plore provençale* Si votis tenez à Tune , venez passer un tiver à HyèfeS; si vous voulez parcourir l'autre, ouvrez le livre de M. Denis.
» Voilà plusieurs fois que M. Denis et son livr« feviennent sous ma plume. Je dois vous dire pour-« qtioi. Quand vous arriverez à Hyères , souffrant, Seul , menacé de mourir du spleen si vous résistes^ au tnal qui vous y amène , votre premier soin est de vous enquérir des plaisirs Ou des distractions san$ fatigue que petit procurer le pays. On vous montré lés collines, et Ton vous dit : voilà. Ce qui signifie, grimpez-moi là-dessus , sûr vos jambes s'il vous en reste , ou avec l'aide d'un âïie j ou bien on vous mène sut la place des Palmiers , terraèsé plantée en effet de palmiers, où vous pouvez soit vous piromener dans une longueur d'une cinquantaine de pas , soit vous asseoir au soleil si vous le piféférez^ Mais ces deux distractions sont vite épuisées ; alors vous n'avez plus qu'à périr d'ennui. C'est dans ces mom^ents extrêmes qu^on pense à faire usage des lettres de recommandation dont on est généralement muni
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quand on voyage. Si vous avez la chance de trouver au fond de votre valise une lettre pour M. Denis, vous êtes sauvé. Vous avez la clef d'une maison charmante où vous êtes le hienvenu, pourvu que vous ne soyez pas un sauvage ; M. Denis commence par vous offrir ce qu'on offre à tout le monde : un accueil bienveillant , une tasse de thé le soir , et une partie de whist, si vous avez l'infirmité d'aimer le whist. S'il découvre en vous un artiste , il vous ouvre ses albums , où vQus retrouvez l'Italie , l'Ecosse, l'Angleterre, l'Allemagne, la Suisse, la France qu'il a parcourues le crayon à la main , en artiste enthousiaste et en dessinateur infatigable ; pour peu qu'il vous soupçonne écrivain ou savant , il vous mène dans sa bibliothèque où vous trouvez jusqu'à des livres persans. Il faut tout prévoir, et M. Denis a prévu le cas où les médecins de Téhéran enverraient leurs patients se guérir à Hyères. Êtes-vous botaniste? Il y a un herbier. Etes-vous minéralogiste? Il y a une collection de tous les minéraux, de tous les cailloux, de toutes les roches du pays. Aimez-vous les serpents consevés dans l'esprit-de-vin , les coléoptères et les papillons piqués sur des bouchons au moyen d'une grande épingle qui leur traverse le dos? Il y a de tout cela. Préférez-vous étudier les crus de la Provence en les comparant à ceux de Bourgogne et d'Aquitaine? Il y a une cave savante. Vous sentez-vous porté aux études gastrosophiques? Il y a une cuisinière accomplie. Mais si vous êtes antiquaire ou archéologue , alors vous pouvez dire Eurêka , c'est-à-
dire j'ai trouvé mon homme. Et quel homme? un homme qui a trouvé une ville. La ville s'appelle , ou plutôt s'appelait Pomponiana. Ses ruines jonchent le bord de la mer à une lieue d'Hyères environ. Il en était bien question ça ,et là dans quelques dissertations de savants , mais en l'air. On constatait qu'entre Toulon (Telo Martius) et Alconis, ancienne ville dont la situation est inconnue , il avait existé une ville du nom.de Pomponiana de fondation romaine , lieu de station pour les galères qui du port d'Ostie se rendaient, en longeant le rivage, jusqu'aux confins de l'Espagne ; le tout d'après l'itinéraire d'Antonin.
» Quant à la situation exacte de Pomponiana , personne ne la connaissait ; elle était quelque part parla, voilà tout. Les choses étant en cet état, M. Denis , qui siégeait à la chambre comme député du Var, fut nommé membre du comité des monuments historiques. Il ne voulait pas posséder un vain titre, et résolut de découvrir une ville ; mais quelle ville ? — Sodome et Gomorrhe ? La mer Morte était un peu loin. Pourquoi pas une ville au bord de la Méditerranée? M. Denis compta les villes disparues du littoral méditerranéen, et s'arrêta à Pomponiana, qui devait être à sa porte. Maintenant que les fouilles dirigées par le savant archéologue ont mis à découvert ime grande partie de ces débris si intéressants, on se demande comment Pomponiana, dont on voyait bien percer çà et là le squelette indestructible, laissa si longtemps les savants dans le doute
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gur^fi ppsiticH}* AH yoilà ! c'est que les savants cber- ^baipn^ Ppo^pooian^ sur les cartes, ^u food del^r ç^jppj:, Ipç pipfl^ dans Jeur chancelière. Comme oij fpC9pp^ît là Je^ ^^yapts ! IVI. Denis, qui n'était pas ejiçpr§ pil^çp s^yapt , procéda en artiste* Il alla se
IirQfl^çp^r 4^ CQ/;p de ces pierres éparses, au J>or4 de ^a jjf^pj^^ d^^P? J^e^que^es quelques personne» voyaient f iIJ^pie^fp^t les ruines d'uQ couvent de béniédictjnp, et coJ^Jf^^^çQ. p^r d^ssipe^ le paysage pour §e fanpiiUafiçer ayeçl^i. Mais voilà qu'pn plantant en terjre son parapljiiç de paysagiste , il découvre une niéd^le , deux médailles ; il fait un troU d'un pied ^t trouve une potiche. Bon ! serait-ce bien là Pomponi^a? Sur Tindication quç lui fournit un bouquin imprimé çn Hplla|[jde, vq^à le député paysagiste mes^irant le iiombre ^p p^^ qui géparept de Toulon le lieu où il ^ fait §e^ trpuvailles. Plu? de doute , c'est Pomppni^p^. Il p'y av^it vraiment qu'à se baisser, C'edt ainsi fjfiip fijt déppuyertp l^ v jlle de Pomponianfi qui aivait éçbappé ^^qi^cbe, à ?4P5oin, à Hondiuir, à pluverju^ ej ji ^plkenaSr , ^«^vants de profession. Qv^pl(juf5s c^i^tainsf 4^ francs mises par le gouverngmen); ^ la 4i»pQsition de M. Denis suffirent pour mettre ^ déopuyert dp» paasses considérables de mu*raiUes écrpulée^r des bains, dp9 puits, de» aque4^^3 et unç grande qH^ntifé de ïnéd^ille^, sans corjipter Iça petits patsfl pbl qi^^ 4e petits pots! sai)^ co^j^ter ijn mancbe 4^ n^rn^te , qni n'a pas son pareil fn WÇ^^ép^ftgie ?t m %it l'^4ip^raUo^i 4e« s^y^ts ^
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DfiS VOYAGSS. 348
Qu'il me ^uJSsç de vous dire ^u' aprè^ l'avoir examiné avec soin, on a été amené à conclure qu'il avait dû être renfermé dans une enveloppe de terre ou de J)oi$. Eb bien ! après? Eb bien 1 cela prouve que les Homains , quand ils faisaient cuire une omelette ,
J>reQaient quelques précautions pour ne pas se brûer les doigts. On pouvait s'en douter, mais on n'eu était p^s sûr*
» L'enceinte de Pomponiana , déterminée maintenant avec ççrtitude , emtrasse un espace considérable. Des fouilles nouvelles mettraient certainement à jour de précieux débris , et il est à regretter bien 9érieu3ement que la révolution de février ait niis fin aux allocations ministérielles sur lesquelles M, Pénis comptait pour continuer ses recbercbes. » Si je ne craignais de vous écrire une lettre sans fin, je vous dirais quelque chose de l'histoire d'Hyères^ ville à peu près découverte par l'inventeur de Pomponiana ; j'aime mieux vous renvoyer encore au volume dans lequel M. Denis a réuu? > sous la forme de récits captivants , tous les faits qui se rattachent . àk ^H§ hiiioit^ ; faits épars dans )e& a^s^ralics dé la Provence , et que l'auteur a mis plusieuv» aainées à iraçu^iUi^, enfouis qu'ils étaient dans les limbes des b^ioj^ques et des archive» départemeniales.
» C'e^ en s'aidànt de travaux semblables , pa- ^emsii^ni achevés dan» le calme de la vie provincialç , <<^'on édifiera peut^-étre un joup une bisiaire d§ Fi?aace eoi^plèt^ et authentique. Que de chapitres ]^46i«<^ écrite ainâi au foad des dépactemeats^, par
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des travailleurs inconnus, qu'on pourrait appeler les pionniers de l'histoire ! Que de docuinents sans prix pour l'histoire de nos provinces, dus à des années d'un labeur opiniâtre, et enfouis sans profit pour le public dans les catacombes des comités historiques ! M. Denis a eu peur sans doute de voir son travail partager le sort de tant de travaux non moins dignes des honneurs de l'édition. Je crois qu'il a eu raison. Au lieu de l'envoyer à la mort sous la forme d'un mémoire à quelque comité, il en a fîiit un livre qu'il est indispensable de se procurer quand on vient hiverner en Provence , et que vous lirez avec plaisir, même en restant à Paris. Adieu; je pars pour faire une excursion à Pierrefeu : je tâcherai d'y ré trouver quelques souvenirs des cours d'amour , et , si je les retrouve , je vous les enverrai. »
Anthropologie gauloise.
M. Serres a lu le Rapport suivant à l'Académie des Sciences :
« De tous les pays de l'Europe , la France est celui dont le sol a été le plus sillonné dans tous les sens par les races qui lui sont étrangères. Les Grecs, les Romains , les peuples des rives du Danube , les Sarrasins, les Maures, les Scandinaves, les Goths, les Visigoths, etc. , ont tour à tour parcouru ses diverses régions et y ont déposé en passant les restes de
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ceux que les combats ou les maladies faisaient succomber.
» Il suit de là, d'une part , que la race gauloise est la plus mélangée des races européennes, et, d'autre part , que sa paléontologie offre des difficiidtés que Ton ne rencontre jamais au même degré dans les nations qui nous avoisinent.
» En prenant la race gauloise pour critérium des races humaines, ces mélanges et les variations qu'ils ont fait subir au type gaulois ont introduit dans le problème une somme d'inconnues que nous devons avant tout chercher à dégager le plus possible, en ralliant à nos études celles de l'histoire ancienne de la France.
ib Cette alliance est surtout nécessaire dans les contrées où les Romains ont transporté des masses de populations étrangères ; car les Romains avaient bien compris par les bulletins de César que ce guerrier n'avait pas dompté la bravoure gauloise, et ils essayèrent d'y parvenir en la mélangeant avec d'autres races. Ils frayèrent ainsi la route aux Francs et aux barbares qu'ils traînaient à leur suite,
» Sous l'empereur Théodose I", 100,000 habitants des bords du Danube furent dis^séminés dans les vallées de la petite rivière de l'Oise, aux environs d'Orléans, jusqu'à Poitiers , où ce courant fut arrêté par les Gaulois du midi.
» Quoique , selon la remarque de l'illustre Pierre Pasquier, la terre de France produise des Gaulois , on peut néanmoins remarquer qu'une partie de la
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1^ N0UV«(4««ft ANIMEES
pppuUticm où ce$ déppU ouX été faite porta; «Qomi^ l'empreinte de ces types aborigènes , par 1a raiso& que , dans ces migra tioa^ ^ontraintea ou ^oloniaires , l^ hommaa étaient toujouFB acçompagmés do leurs
n Par la même iraisofi, plua sent aneifnnes les couches des sépultures, plus aont trauohéa le» caraet^re6craiti06copique» a]>origè&e« des rettes humains. Çt f^iit, «i important pour la paléontologie gaulmas, jfessort avec évidence des fouilles mombreuseA faites par M* Tabbé Frère, ancien professeur d^élo^eaee ^crée à la Sorbonne et chanoine aciuel à Nofaw- Paniie de Paris.
» Dans la belle collection recueillie par ce savant ecclésiastique sur tous les points de la France, colla^tion dont U a fait dcm à la galerie anthropoibgiq\^ du Muséum , qn suit , pour ainsi dire pa9 à pas, b dégradation et la recomposition du typo gandois daAs la marche du tçmps.
M| J'ai retrouvé dos faits analogues dans \m fooilbss qu^ j'ai faites dans le département de TYornie, avec M. Jean Rayna^ud et 1^ comte de Saint-Léget, afin d^ déterminer la fusion du type Burgonde atvec le ^^e ûftdigènf « A Lotidinières , j'ai rencontjpé, avec M. V^hbé Cœ^tf ecelésiologue du département de \^ 6eiuar<Inféri«ure , le type Franc , k type Scandinave , les femmes gaoloisea el les enfants issus de ^^ ^[llis^çes*
» l^s cranta qu^ j'ai r^u^iUifi daxis oel andcn ci||ietièr«, ioûrts à çe^x b^aueottp plxmnDmbreax
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tmmjféê aux snviroBs de Dieppe avec MM. Jean E^-^ naud et Olivier Quenouille , m'ont permis de rallier Ifi type de la [Normandie ^vee ceux da Pf^rdie, de la Scauoe et de U Kicardie.
« A Précy-sur-Oise , en 1S46, lea travaux da fijkainin de fer mirent à nu de i^astes •épalturea an^ «newKM, parw lesquelles je rencontrai le type Gallor* ftomaàii , le type Teuton , une variété du typeMco^ ^ ^e rapproohantdu type Kalpiouk que nous avont ifU ^ Paris en 1814, un. type Goth et peuit-^tre le lype Slave, caractérise par upe étroitesse remarquar Û« de la portion dni» maxillaires qui supfM^tent lias dents incisives et canines. Tout porte à cfoifè que oes a^ulti^res remontaient à Tépoque de la t#anslation des habitants des bfwds du Danube dans oettè adutrée.
«PJTous devons ajoutejTy cependant, que cette» con^ j^etuire n^est pas entièrement justifiée par la pby*fii«in€anieaat;uelle des habitants, dé sorte que ^ si elle est exacte, il faut que les influences àa sol ou Iqs i^oisements aient puissamment agi pour convertir ces tjrp^s* 4fip àe déterminer la marche do cet^e ai^tkaa « il ^st nécessaire de fouiller des sépultures intermédiaires k cette époque ancienne pour les com*paier à celles de nos jours.
» Une première occasion m' ayant été offerte eès }ouré derfiiers, je l'ai saiéie avec empressement. Auprès de la ville de Glermont (O^e) se trouve le volage d'Agnès, et dans ce ^iUage existe une église aaeieitiie ^ue ftf • 1^ comte de Plaoejp, maire de la
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348 NOUVftLLBS ANHALES
commune, a fait classer parmi les monuAieiits histo* ri<]ues.
» Fax dégageant cette église , dont la base était encombrée par Faccumulation des sépulcres, on mit à découvert des ossements humains, parmi lesquels la configuration de certains crânes éveilla l'attention de M. de Plancy. Sur son invitation, nous nous sommes rendus dans cette commune ; et , dans des fouilles nouvelles , qai furent faites en notre présence , nous retrouvâmes dans les couches les plus profondes , des types qui rappellent ceux que nous avions rencontrés à Précy-sur-Oise. Ces types sont sous les yeux de l'Académie.
» Dix à douze siècles séparent les sépultures de Précy-sur-Oise de celles du village d'Agnès, qui , en remontant cette rivière , en est distant de 12 à 14 kilomètres. Or la comparaison des types permet d'apprécier les modifications qui se sont opérées dans le cours de cette période. Il ne reste, du type kahnouk, que des empreintes profondes qui se décèlent par l'avancement des arcades alvéolaires , par la forme quadrilatère de l'ouverture nasale, par l'aplatissement des os propres du nez, par l'abaissement du pédicule nasal du coronal, par l'élargissement de l'unguis et la largeur de l'ouverture du canal nasal.
» Quant au type dont la région maxillaire est comprimée et que nous ayons vu être si fréquent dans la fouille de Précy-sur-Oise , nous l'avons également retrouvé dans celle du village d'Agnès, mais
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BE9 YOTACSS. . M9
avec un changement remarquable dans roblkpiité des alvéoles et des dents.
» Eln zoologie, c'est particulièrement de la colonne des dents que Ton se sert pour la caractérisation des espèces chez les mammifères. Les racines offrent peu d'intérêt , à cause de l'allongement des maxillaires et de leur peu d'influence sur la charpente de la face des animaux.
» En anthropologie , au contraire , la brièveté des maxillaires donne aux racines dentaires une importance au moins égale à celle de la couronne. Car, des dimensions des incisives , résultent les dimensions du vestibide du nez; de celles des canines, ré* sultent les dimensions de la bouche, et leur longeur ou leur brièveté détermine la minceur ou la grosseur des lèvres, ainsi que l'étendue de la partie antérieure des arcades alvéolaires.
» Or on sait toute l'influence que les dimensions de la bouche, dès lèvres ^ du nez, et l'avancement ou le reculement des arcades alvéolaires exercent sur la physionomie des races humaines , sur leurs variétés et les racines de leur langage.
» Par la même raison , c*est*à-dire par suite de l'allongement de? maxillaires chez les animaux, les cavités dont est creusée la charpente osseuse de la face n'ont offert aucun intérêt à la zoologie.
» En anthropologie , au contraire , ces cavités, par la contraction des os, deviennent une espèce de moule sur lequel se façonnent les joues , les orbites et la racine du nez. Leur vanation dans les races est subor-
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3M NOUVIULS» iKlMES
iiàmiè k telle de 4séê ctftilfc, qui mm â«# féi«>Mi^ aériens pour la respiration âé Tk^âitiié.
» Enfin , ^ar la mhne faisoâ eticoref , 1^ UStêe du eràne det animaux a ip&u StéVtiifi&nii&n deé imlà^ gi»tëi ) Danbenten est le ièfttl qtii en ffit êAiiA VitApéf^ làoce.
» iki afithrriptdogt», ftti <x)ât1^ttiiré , là tbiîÈifSSftt^ tion de cette surface offre le pbii gVÀlid Mté'Mt «t prései^te dds taraotèrw» dont H. &nt%ê ëlt IhAJ^ndante de l'inftaeilce des ttftmtd UHtiHié^fs, S&fà ¥96^ tioti e&t û piit8«ante bheiB l^iftiitl;<
» Indépendatiiiaent de le pofti^èô féta1â¥ê âtt tfatt occipital , à&A% le coUaLomteur de BufflM «( déSHlt des rapports ai ing^rieux et si poéitifil ; cm f iknVfè le canal oarotidien , doiit la loiaière Aêt^tiÈm^ lÊè Vô^ lume dtt calibre deJa cerrotide iiH^ftie, qijAfàotïûtlSi mesure approximative de l'Aitipbs^ti^ été lôibéSr ét^ rébraux: on j trouve k» thius roiid» et é-Vâl^, livrant pacage atix brandie» prâïdpàlës éd ijtêtf tri« facial, dont l€« dimen^o»» dans ïë^ thbêS ttftm^iieÈ sont en raison directe du dévdbppêâàellt'd^ lûTàtè, et en raison inverse du dévèhyppetaeîïf de réîîcé-phale. On y trouve enfin Tapôphyse ptéi^goïde, ddnt les rapport» avec labdàe dtt sfâténoitclle d^iHltâtgiit naissance à Taiiifgle mèta-^lkiciioi^ dont ti-ous itvùtïê démontré toute Timportanoè- chms PkèMiiife , daAs teè lois de Tostéogi^Miie.
n Plus^ «n efiet, çBt angle eit ^ftvèH: , ^!^ fe^M* iwt de y^physfe p4érjgoïde ]^è^fe tH à^âtffïè
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M% VOYMËS. â51
pt^ûigfHitiâme de la face humaine sont exactemeiit tnesarés par les degrés d'ouverture de cet aiigle, en même temps que le mouvemetit de bascule de la base du sphénoïde fait saillir eti avant oU en arrière les lobes antérieur et postérieiit- du cerveau.
» Dans nos recherches sur la paléontologie humaine, et en particulier sur les crânes provenant de la fouille d'Agnès, c'est donc, eu premier lieu, sUr l'ensemble des dents et dans le contour des arcadeâ alvéolaires ; en second lieu , dans la capacité relative des sinus maxillaires, sphénoïdaujc , ethmoïdaux et frontaux ; en troisiètne lieU , dans les dispositions de la base du crâne , surtout daUs les degrés d'ouvÉrture de l'angle méta-fàdaly (jue sont fondées les détetlninations probables des modifications des ossements des couches profondes , comparés à ceux des couches superficielles. Reste à rechercher maintenant la cause de cette modification.
* En supposant que tes ossements proviétinênl des descendants directs de ceui de Précy-sur-Oièe, est-ce à l'action du climat de là France, ou bien à iïù. ehîet de croisement de race, que l'oU doit les attHbuet ? Là dernière de ces deux assertions nous paraît la plus vraisemblable.
1) Quant à l'épaisseur des os de Certains crànèà qui avaient frappé M. de Plancy, je l'ai rencontrëé à Londinières, sur des Scatidinaves et des PraUt^ de l'époque mérovingienne ; dans le département de l'Yonne, sur des Burgondes et dés Gaulois j IVequemtïlent à Parts , dans les fouilles dfe l'église Saitit-Ger--
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352 NOUVELLEIS ANNALES
vais, de la tour Saint- Jacques , dans la nouvelle rue de Rivoli, et au Louvre, sur des crânes recueillis par M. de Nieuwerkerke.
» Un fait qui m'a paru assez général , c^est que cette épaisseur des os coïncide avec le développement considérable des fosses occipitales supérieures/ Un fait général aussi, c'est que l'ancienneté des, os est en rapport avec l'usure de leur lame externe, de sorte que les canalicules osseux sont plus ou moins à nu , selon le temps plus ou moins long qu'ils ont séjourné dans la terre. Cette remarque est applicable aux ossements trouvés dans les cavernes et que Ton considère trop précipitamment comme fossiles.
» Dans la paléontologie bumaine, l'erreur nous menace de tant de côtés , que l'on ne saurait apporter trop de réserve dans les inductions que Ton déduit de la considération des débris anciens de l'bomme. Les armées romaines se composaient de races si diverses , qu'en France , nous devons surtout apporter la plus grande circonspection dans la détermination des types que les fouilles mettent à découvert. Ainsi, dans une fouille faite au pied de l'église Saint-Étienne-du-Mont, nous avons trouvé, avec M. Desnoyers, bibliothécaire du Muséum, un squelette renfermé dans une bière de plâtre, qui appartient évidemment à la race éthiopique. Dans la fouille faite dernièrement à Lillebonne, près l'emboucbure de la Seine , M. l'abbé Cochet a trouvé deux enfants de la période romaine, morts tous les deux à l'époque de la seconde dentition. De ces
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deux enfants, l'un a le coronal arrondi et bombé; Tautre , au contraire , a cet os allongé et très-aplati. Evidemment ils appartiennent à des races différentes.
)• Comme on le voit, ces études sur la paléontologie humaine, dont nous n'offrons ici qu'un aperçu très-imparfait , nous font sentir de plus en plus la nécessité de posséder des squelettes gaulois contemporains de la période romaine. Ces squelettes se trouvent dans l'intérieur des dolmen ou tout autour d'eux, et correspondent, ainsi qu'on le sa,it, à la période druidique. J'avais espéré pouvoir en composer avec les ossements humains trouvés en si grand nombre dans le dolmen découvert dans la grande avenue du château de Meudon , en 1845, ossements dont j'ai rendu compte à l'Académie dans sa séance du 1 5 septembre de la même année ; mais le peu de soin avec lequel ils furent recueillis en dispersa la plus grande partie , de sorte qu'il nous a été impossible de les réunir pour en composer un squelette entier.
» Ce fut dans l'espoir d'atteindre ce but que nous nous rendîmes dans la commune de Villers-Saint- Sépulcre , canton de Noailles, avec MM. de Plancy, Poncelet, Valette et mon aide le D' Jacquart , pour visiter un dolmen désigné dans le pays sous le nom de Pierre awa: Fées,
» Ce dolmen est situé à l'extrémité d'un petit plateau encore inculte , qui a servi peut-être de sépulture aux anciens Gaulois.
JYovembre-Décembre 1853. Tomb iv« 23
iS4 NODVELLBâ AimALCS
«Il appartient à la classe des monuiiiefits etAiitfâèà désignés, en archéologie , sons le nom à^aKgnementt. Son orientation diffère un peu de celle eu dolmen de Meudon; il occupe, dans la direction du Sttdouest au nord-est , une étendue de seiîe mètres sur deux de largeur. En partant du »nd, il y a d'abord un demi-dolmen de deux mètres carrée, puis une allée creuse , formée de deux rangs de blocs fichés jusqu'à fleur de (erre; vient ensuite la Pierte Mie Fées proprement dite. Celle-ci est un Woe plâit, irrégulier, ayant deux mètres sur trois ; il appuie sur trois points seulement , ce qui le rend vacillant. Le quatrième point d'appui a disparu par Tusure Ai temps. Cette position de la pièce fondamentale du monument a particulièrement fixé notre attention , car elle prouve , ainsi que T enfouissement des blocs latéraux , qu'il n'a pas été l'objet de fouilles suivies. On peut passer sous la pierre en rampant , ou en marchant sur les genoux.
» Après elle est un menhir transverse , percé d'tm trou circulaire ayant cinquante centimètres de dkrmètre ; et à trois mètres de celui-ci , se trouve un autre bloc simplement posé sur le sol , et qui termine Y alignement. L'allée se continue jusque-là; des pierres enfouies exhaussent le sol tout autour , âffefctant par leur cnsemWe l'apparence d'un pai^aDéldgramme. L'allée était couverte, c'est-à-dii^e qu'elle supportait des pierres transvei'ses qui , d'api^s une notice sur la statistique du canton de Noaille», furent enlevées en 1701. D'après k ffaîkiS' Wtkéûhgfque
iê tOiiê par )ps atileuH d'une histoire inaftiiiMffite de Beautais (MM. Danse, Borel et Bit«{itel)y la Fl9frê aux Féêê est la sépulture d'officifers belloVa^ties tués dans une aotioû oontfe les RcnnainSf lorsque oem^ci occupaient le camp du mont César , silaé en face de celui où se trouva le monument t La déeotiTerte d'iltie voie romaine, faite récemment par Mi Férdinadd de Merlemont dans la yallée de Thérain ^ qui sépara les deux plateaux , vient à Pappui de FassertioB des historiens de Beau vais.
» Pendant qu'avec MM. de Plancy, Valette et Jtte« quart, nous examinions le soubassement du dolinen, et quelques fragments d'os que nous y avions ren« contrés , notre confrère » le général Pomielet^ était allé auprès d'un cultivateui^ qui conduisait , à quel« que distance de là, une voiture chargée de grain.
» Ce cultivateur est un ancien militaire , qui connaissait le monument druidique que nous exami>* nions. Informé du désir que nous avions d'avoir des squelettes de l'époque de ce dolmen , ce cultivateur nous fit le récit suivant :
« Sur le plateau qui est à côté de celui-'ei , se trou- » vait un dolmen semblable , dont les pierres ïbû » gênaient beaucoup pour labourer. J'obtins du » propriétaire de la ferme que j'exploite d'enlever » ces pierres pour débarrasser le terrain i Leâ pier-i^ » re» enlevées , je rencontrai environ tinqualite » squelettes placés côte à côte et au -^dessus les uns p des^ autres. J'en fis part au médecJin de ViUerff>- M Saint-Sépulcre , décédé il y a trois ans , cpii eâ
» enleva plusieurs crânes. Je recouvris ensuite les » autres ossements avec de la terre, comme dans » une sépulture ordinaire. Avec la permission du n propriétaire, vous pourrez les retrouver quand » vous voudrez , car il y a au moins une trentaine » de squelettes qui sont encore entiers. »
» Le garde champêtre , vieux militaire de quatrevingt-deux ans , nous confirma le récit fait par le cultivateur, en même temps qu'il ajouta que jamais, à sa connaissance , le dolmen de Villers-Saint-Sépulcre n'avait été l'ohjet de fouilles suivies.
» Vingt à trente squelettes de la race gauloise , renfermés dans un monument celtique démoli il y a six ans, se trouvent ainsi dans la commune de Villers- Saint-Sépulcre , à côté d'un dolmen encore debout, environné peut-être par un lieu de sépulture ancien.
» En faisant des fouilles nouvelles avec tout le soin qu'exige ce travail , la science peut donc espérer de trouver, dans cette localité , les squelettes dont elle éprouve un si grand besoin pour l'étude passée et présente de notre race.
» C'est aussi ce que je me propose de faire , aussitôt que me le permettront les fonds affectés, au Muséum, à la galerie d'anthropologie.
M L'intérêt qui s'attache aux habitants primitifs de la Gaule ne concerne pas uniquement l'anthropologie. La direction donnée depuis quelques années aux études de l'histoire de France lui ajoute encore un intérêt nouveau , et , en quelque sorte , tout particulier à notre nation. ,
» Les vicissitudes sans noinbre que la race gauloise a eu à subir ont frappé tous les historiens ; et ce qui , par dessus tout, a excité leur étonnement, c'est de voir qu'à toutes les époques cette race s'est montrée à la hauteur des événements contre lesquels elle avait à lutter.
» Diverses causes ont été imaginées pour expliquer ce résultat, et jamais, à notre connaissance, on n'a cherché la véritable cause là où elle réside , dans l'organisation physique de la race gauloise même.
» Le peu d'intérêt qu'excitait l'anthropologie jusqu'à ces derniers temps est en partie cause de ce délaissement ; les monuments celtiques qui se trouvent en France ont été décrits et figurés ; les vases , les instruments qu'ils renfermaient ont puissamment excité l'attention des archéologues et des antiquaires. Tout a été dit à ce sujet , tout a été commenté.
» Quant aux Gaulois primitifs que couvraient ces
pierres monumentales, c'est à peine si l'on y a pris
. garde. Ces restes précieux ont été jetés au vent, ou
si , par hasard , un antiquaire a recueilli un crâne ,
ce n'est pas sur lui que son attention s'est dirigée.
» L'impulsion présente des recherches historiques a fait cesser cette insouciance; on a compris que l'appréciation des événements dont une nation avait été le théâtre, avait sa source principale dans la connaissance physique et morale des races humaines qui les avaient accomplis. L'appréciation des acles
3Ô8 NOUVELLES ARNALES
a £ait aattre le besoin de Tappréciatitm des hommes, et dès lors Tanthropologie a repris , dans l'ensemble des oumaissances humaines, le rang élevé qui lui appartient. »
Cabine anthropohgique du Mméum d'Histoire naturelle.
Lorsqu'on recherche la cause des progrès notables que les sciences zoologiques ont faits depuis un demi-siècle, on voit qu'ils datent surtout de l'époque où de grands musées , fondés sur plusieurs points du monde savant , ont permis aux zoologistes i^ aubatituer aux descriptions toujours insuffisantes l'fxam^n direct et comparatif des objets de leurs études. Cet examen est indispensable en anihropoj0§ft^, poux résoudre, d'après les faits , les problèmes difficiles et importants qui constituent le fond de cette HÀ^viS^ d'origine toute moderne.
Parmi ces problèmes , il faut mentionner en première ligne l'unité primitive des races humaines, puis leur apparition sur une contrée de la terre, et plus tard leur dispersion sur la surface du globe; enfin leur filiation, c'est-à-dire l'étude de la gradation ou de la dégradation des caractères physiques qui spécifient l'homme et en font un être distinct du reste des animaux. Par celte analyse , et en face des types, on peut rechercher comment, en partant d'um socolle coi^qume, les variétés humnines se
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PB6 V0Y4CWB. • 360
êoul dévelopipées ^ tantôt ea Suivant une Ugsue (fe p«if6CtioDn«iiieat , et tantôt au contraire une ligne de dégradation. On peut ainei monter et descendre Té^belle humaine , en essayant de rattacher à ses 4ivers degrés Thistoire des peuples sur lesquels la partie ethnologique de l'anthropologie a rassemblé de précieux matériaux.
Quelques-uns de ces problèmes sont déjà en voie 4e solution par le rapprochement des types que posr- sMe la galerie d'anthropologie au Muséum. M. Ser^ res en a entretenu ses collègues de F Académie , soit à l'occasion des types de TOcéanie recueillis par M, Dumontier sous la direction de M. Dûmentll'Urville, soit à propos des nègres de la côte orientale de l'Afrique dont M. de Froberville a rapporté les bustes parfaitement moulés, soit encore au sujet des bustes et portraits des habitants de l'Algérie et des découvertes faites si^r notre piropre sol.
Mais la galerie du Muséum ne possède que les pmcipjiux types des races humiliées du Midi; celles du Nord lui manquaient complètement t cette IfiGune paraît devoir être bientôt comblée.
I^a Société impériale de géographie de Saint-Pétçrsbourg[ a eu, depuis longteiaps, TeK^ellente idée de figurer U)tttes les races humaines comprimes dans la vaste étendue de l'empire de Russie, et c^ type$, ^u dire de M t le prince DemidoiT, modèles de préei- %i9s\ et d'étude , ont pu être reproduits en petit avec If mêi¥^ bonheur de ressemblai^çe et d'originalité.
û^^9 ^nqgraphie plastique m miniature , dont
M. le prince Demidoff , correspondant de notre Acadéniie'des Sciences, vient d*octroyer un spécimen, comprend cinquante-neuf figures , et elle embrasse tout à la fois les races chrétiennes, les races mahométanes, les juifs, les idolâtres et les types du pôle arctique, dont paraissent dériver les races de l'Amérique.
Dans cette collection curieuse, le paysan de Novogorod coudoie le Cosaque de l'Oural, et le Finlandais des provinces suédoises TEsthonien des provinces allemandes. Dans les races mahométanes et idolâtres , on voit le Tatare de ^a Tauride à côté du Circassien du Caucase , le Bohémien de Wilna auprès du Samoïède , et le Lapon auprès du Kadiak d'Amérique.
Paris monumental.
Le vide que le marteau et la pioche ont fait à Paris depuis deux ans , pour l'établissement des rues et* des places nouvelles , a fait surgir une foule de perspectives inconnues jusqu'ici à l'œil du dessinateur. C'est surtout dans la rue de Rivoli que Ton remarque les points de vue les plus saillants. Avant le percement de cette grande artère , l'individu qui se plaçait au pied du ministère de la marine rencontrait, du côté du levant, l'horizon borné par les constructions très-ordinaires de la rue de Rohan : mainleriant, il a devant lui une ligne de près de trois
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DBS VOTAOBS. 36rl
kilomètres , bordée de bâtiments ma^ifiques, gracieusement coupée parla tour Saint* Jacques, et couronnée par l'Hôtel-de- Ville, la caserne monumentale ' de la place Saint- Jean , et le dôme de Téglise Saint- Paul.
Du point dé jonction de cette voie avec la place élargie du Louvre , Ton découvre un magnifique panorama , dans lequel se dessinent majestueusement, au premier plan , Fhôtel des Monnaies et l'Institut, avec le clocher romain de l'Abbaye de Sain t-Germaindes-Prés , et les tours plus modernes de Saint-Sulpice, au second plan. Ce n'est pas seulement des diverses parties de la rue de Rivoli que la tour élevée par la piété de Nicolas Flamel apparaît comme un ornement ressuscité du moyen âge , mais les déblais rendus nécessaires pour rétablissement des haUes la font dominer dans toute l'étendue de la rue Montmartre, dont elle occupe justement Taxe.
La place de l'Hôtel-de- Ville, autrefois circonscrite dans un aussi étroit espace , a maintenant , dans les proportions grandioses qui lui ont été données , la vieUle basilique de Notre-Dame pour rideau de fond. C'est aussi en aval et en amont du Petit-Pont, depuis la gare d'Orléans jusqu^au quai Gonti, que les maisons abattues permettent d'admirer la cathédrale de Paris dans toute sa majesté.
L'abaissement des ponts des deux grands bras de la Seine a démasqué au loin la tour restaurée de l'horloge du Palais-de-Justice et le palais lui-même dans sa partie la plus artistique et la plus i^téres-
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84B NoavaLLn abhales
-suite. La oonstriK^tic»! de Téglise 8ainte4]lotiMf> et celle flu palais des affaires étrangères ont ajouté un édat nouveau aux magnificences de l'ancienne pers- |iBctive de la place de la Concorde.
La place du Carrousel est devenue une des plus belles places du monde , depuis qu'on a abattu les cent TÎeilles masures qui Tencombraient. Enfin , le boulevard Saint-Denis , avec ses deux magnifiques arcs de triompbe , a été embelli par }e percement de la rue de Strasbourg, qui le coupe au milieu et laisse voir la gare la plus monumentale qui existe.
Découvertes archéologiques en Krimée.
On lit dans le Journal de Smnt-PéMnbmrfi du 17 septembre:
« Les fouillea qua S« Exe. M* le comte Pérovski , minière des apanages , etc. , fait exécuter en différents endroits est Tempire, ont amené la découverte de plusieurs objeta antiques très - remarquiAdes , entre autres la base d'une statue de marine , monument curiaix du temps de Paerisade l", roi du Bosphore cimmérien. Ce marbre a été trouvé par Voffidfitr de cosaques Semanak > au moia d'avril dernier, dans les environs de son habitation, près de la wcr et à une verste d^ la aiatioo Sennaïa. C'est non loin de cet ^oplacement qu'on suppose avoir #3ia(é autreSoi» Pbanaf orie, capitale des provinces asiatiques do rqyMmie dd Bosj^ore. La base porte iin^ ioscrip-
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tioii grecque rrievée par le directeur du musée de Kertch, M. Liuenko , et dont voici la traduction :
u Massalia, fille de Posis , a dédié (cette statue) à » Aphrodite Ourania, du temps de Paerisade, ar- » choûte du Bosphore et de Théodosie , et roi des » Sindes , des Martes, des Thatéens et des Dosques.» w Aphrodite Ourania est mentionnée aussi sur un autre n^arbre ( Boeckh, Corpus inseript. II , n^ 2,109, et Achik , Bùsporskoe Tsarslvo , royaume de Bosphore, II , p. 74) ; elle est qualifiée du surnom d'Apatouros , Apaturia. C'est sans contredit la même qu'on trouve nommée dans d'autres inscriptions Aphrodite Apatouros, Apaturie , et qui , selon Strabon (XI , chap. n , § 10, p. 496) , avait à Phanagorie un temple célèbre , construit à l'endroit où elle avait attiré les géants pour les livrer à la massue d'Hercule.
» On ne connaît que cinq inscriptions de Paerisade P^^ fils de Leukon P' et successeur de son frère Spartcdios III , mort en 348 avant Jésus-Ghrist. Ces cinq inscriptions témoignent des cultes de Sanerges et Astara (Baal et Astarté), d'Apollcm, de Pho^us , d'Artémis diasseresse et d'Artémis d'Éphèse. L'inscription qui mentionne Artémis chasseresse lui a été dédiée par Xénokleides , fils de Posis, peut-être un frère de notre Massalia.
» Paerisade P"^ était un des rois les plus célèbres du Bosphore : ses vertus lui firent donner le surnom de Ilieos (dieu). Comme les Grecs n'aimaient pas le litre de roi , Paerisade et les autres princes de sa
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364 NOUVELLES AMIfALES
dynastie prirent celui à^ archontes du Bosphore et de Théodosie. Le mot de Bosphore comprend les Grecs hahitant les villes de Panticapée , de Phanagorie, etc. , qui appartenaient au royaume lors de sa fondation., Théodosie , la conquête de Leukonl^, père de Paerisade , figure dans le titre des rois sur presque tous les marbres bosphoriens jusqu'aujourd'hui connus de nous et qui vont jusqu'au règne de Paerisade II , vers 276 avant Jésus-Christ.
» Quant aux peuplades barbares qui reconnaissaient l'autorité de l'archonte du Bosphore et qui lui donnaient même le titre de roi, notre inscription parle d'abord des Sindes, dont le pays était au nord de celui des Torètes , sur la côte orientale de la mer Noire. Leur capitale , Gorgippia , avait tiré son nom de Gorgippe, fils du roi Satyros P*" et père de Komosarye , femme de Paerisade P*".
» Le nom des M aïtes désigne les peuples fixés sur les bords de la Méotide, entre autres les Torètes et les Dandariens , qui , avec les Sindes , figurent seuls dans la plus ancienne inscription de Paerisade. Plus tard, ce prince prend le. titre de roi de tous les Maites , ce qui prouve qu'il avait étendu sa domination sur les autres peuplades de cette nation.
«.Notre marbre mentionne , avec les Sindes et les Maïtes,les Thatéens et les Dosques. Les premiers étaient situés au nord de l'Hypanis ; c'était probablement la même nation qu'on trouve , sous le roi Ariopharne, comme alliée d'Eumèle , fils cadet de Paerisade P^
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Quant aux Dosques, ils ne sont mentionnés que sur .ce seul monument et chez Strabon (XI , ch. ii , §11), qui les cite comiïùe faisant partie de la grande nation des Maïtes, avec les Sittakènes, les Obédiakènes , les Tarpètes , etc. Cette inscription, comme nous l'avons dit, doit être plus ancienne que telle où Paerisade sHntitule roi de tous les Maïtes. Mais sur la fin de son règne , le roi , ayant fait beaucoup de conquêtes, prend le titre de seigneur de tout le pays entre le mont Taurus et le Caucase.
» Paerisade P*" mourut en 311. Il était Tami et l'allié des Athéniens , qui lui érigèrent, ainsi qu'à son fils Satyros et à son beau-père Gorgippe, des statues de bronze sur l'acropole même. ( Dincicq, adv. Demosth. , Weêsel. ad Diod. Sic. 16, 52).
» D'un autre côté , le Journal de la Société Impériale russe de Géographie contient le rapport d'un de ses membres , M. Guliujeff, sur la découverte de monuments antiques dans la steppe des Kirghiz ; mais, par malheur, on n'a pas encore de détails précis sur l'origine de ces antiquités. Dans la partie supérieure de la rivière de Iskhouya, qui se jette dans le Sir-Darya (Jaxarte) se trouvent, en plusieurs endroits , des rochers à la surface polie, où l'on voit des figures humaines taillées au ciseau; les contours en sont assez irréguliers , mais ces images paraissent représenter une série d'événements de la vie d'un personnage distingué. Sur chaque tableau il y a quatre ou cinq figures , de grandeur inégale, quelques-unes surpassant la taille ordinaire
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à rhoteMi», lir plii]^rt rcptéseste*» à ckinral «tlriett avec des «bëYaiâs à iiiM eeriàmm distancé-^ vn bieb aB8i»6s pAr terre « Auprès A» ce» kxiAge» ioiit gràtéeé 4eâ iBscriptioBiA ^tii tû feront probabletftoéii codiè^^ tre la significatif»!. Un autre môâumënt ë'élèTe à 100 werBts delà Tsebouya, au milieii de la eteppi^ : c'est un pri^ïne trièdre formé d'one ^ule pienHI, st haut de 4 arcbinesi II repi'ésente deux eAvaUerfe vpn galopent à gauche \ le premier tient Ute mosette pendue à Tarçon de la eeUe , Vautre brwidii tme lance , tandis ^u'à directe deux hoimne» fbttt bouillir d6 la Tiande dans une marmite pladée sctf uli trépied. Des cavaliers s' approchent ; mais A&t bôûitasB arrivent par derrière , les surprennent fct leur tf aH^ chentla léte Avec leurs épées. Les Kirghiz^ q«é cafiHpeiit dans le voisiùage , prétendent que œ Mcaïument a été élevé en Tboniieur d'uâ ancien gu^rri^r Kesyl^Kerpfctch, et le représentent eli compagftie de Bon écuyer, lorsquHls sont tués par retinemi» Les figures gravées sur les rochers des bords de Piskhouya se rapportent , selon eux , au même p^féôflnagCi Les autres monuments antiques dédouvefts plus au nord dans le voisinag'c delà Sibérie,- ne tansistent qu'en monticules tchoudes contenant clés tombeaux, et offrent, par conséquent^ peu d'kitérêt. On a remarqué aussi que dans la steppe des Kirghiz on re»€(mtre une grande quantité de ces statues informes , appelées, en Russie , les petites femmes de pitrre) et disséminées dans F Altaï ^ auprès du Jéfiiséi et dans la Russie méridionale^ »
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»«8 VoYaôës. 967
Les KourgaM au md de la Russie.
Un des meâàbres de la eonuBdèsito 8tatiAtiC[ue de Kiefi Mj Afanasieff, a enlrepri»^ au n&m de ladite commission, un voyage dans la Russie^^Rduge, afin de visiter les kourgans ou anciens tombeaux* Une exploration du même genre , ordonnée par le gouvernement , a déjà eu lieu dans la province de No'vogorod; les résultats n'en sont pas encore connu», mais on croit qu'ils ne tarderont point à être livrés à la publicité. Dans cette partie de la Russie ^ les kourgans se trouvent en quantité innombrable. L'uh d'eux contenait le squelette d'un homme assis ^ et plus bas y dans le même tombeau , l'on découvrit le squelette d'un esclave couché tout de son long et qui avait dû être d'une taille gigantesque» On dit que dans les anciens temp» c'était l'habitude, lors des funérailles d'un guerrier célèbre, d'enterkiAr au-dessous de lui un esclave vivant , qui devait garder le cadavre de son maître. Dans le district de Lou]>ny, faisant partie du gouvernement de PoUltava, à l'emhouchure du Sleporod, se trouve un tempart en terre , portant le nom usuel de gorodok , autour duquel s'élèvent des rangées de kourgans encore intacts» Les squelettes qu'on y découvrit étaient tous placés du côté droit , la tête tournée vers l'ouest. Il y avait aussi des colliers et des bracelets rongés par le vert-de-gris.
348 NOUVELLES ANNALfift
Le Mirage.
* Le Courrier de Lt/on publie un phénomène dont un de ses rédacteurs, témoin oculaire, rend compte dans, les termes suivants :
< On a souvent parlé de la curieuse illusion du mirage , comme étant particulière aux déserts africains et spécialement à ceux de l'Egypte ; mais on ne sait pas assez que, sans aller si loin, sans sortir de France , on peut voir ce singulier spectacle bien commodément , en traversant la plaine de la Crau en chemin de fer. J'y ai passé en plein midi , par un soleil ardent. Tous les objets, jusqu'aux tuiles du toit de la station , semblaient vibrer et trembloter dans une vapeur flamboyante , qui me fit aussitôt songer au phénomène libyen , sans toutefois que je pensasse devoir en être réellement témoin un instant après. J'étais donc bien en garde contre cette illusion, quand j'y ai été pris avec tous les autres voyageurs de notre compartiment, sauf un seul, lequel, connaissant bien les localités , nous soutint que nous nous trompions et qu'il était impossible d'apercevoir aucun étang. »Le convoi courait à toute vitesse à travers les steppes immenses , stériles et couverts de cailloux , qui s'étendent à perte de vue à l'ouest de Saint-Martin et de Constantine. A la distance d'environ deux ou trois lieues , on voyait un vaste lac dont les vagues agitées par le vent réfléchissaient distinctement, dans leur azur un peu vaporeux , les cimes des grands
arbres qui bordaient l'autre rive lointaine. Pour compléter la ressemblance , une ferme ou deux et quelques massifs isolés de verdure s'élevaient, comme des îles , du milieu des flots transparents.
Partout où les arbres ne limitaient pas l'horizon , la couleur des vagues se confondait avec la brune blanche d'un ciel enflammé , de même que cela arrive dans les horizons sans bornes de l'Océan , sous les tropiques.
Par moments , des ondulations de terrain ou quelques touffes de futaies interceptaient la vue du phénomène, qui reparaissait au delà de l'obstacle. En un mot , l'imitation de l'eau était si parfaite , l'agitation des flots si bien rendue , que , malgré ma propre conviction, j'avais peine à croire à l'erreur de mes yeux. Cependant , pour dissiper toute illusion et démontrer la difierence qui sépare les faux semblants de la réalité , il suiEt d'entrevoir au fond des gorges de Saint-Ghamas , les golfes azurés de l'étang de Berre, tout pailleté d'étincelles de feu.
Un autre mirage , assez rare à Malte , a été observé dans cette ville dans la matinée du mercredi 29 juin entre dix et onze heures. On a aperçu trèsdistinctement réfléchis dans l'air , dans une position renversée , un vaisseau marchand et une barque maltaise qui se trouvaient à quelques milles en mer. L'illusion a duré plus de 6 minutes ; une boufiee de vent , en dissipant les vapeurs , l'a fait cesser. L'at-
JYovefnbre»Déeembre 1853. Tome iv. î/i
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mosphère, comme il arrive en pareille occasion, était brumeuse et épaisse , la ville était presque invisible du coté opposé du port.
Im sadèlé française jugée par un Arabe.
Le général Daumas, qui vient depûbRefune nôuvelie édition de son livre intitulé les Chevatcx du Sahara , a ajouté à son ouvrage un chapitre piquant, le Chambi à Paris. C'est le récit d'un entretien arec un Chambi venu des profondeurs dû Sabarfif, et qui , |>t*essé par son interlocuteur, lui fait caïinaître les chants de son pays. On sera bien aise de savoir Comment les Arabes naus jugent. Laissons parferle général Daumas :
« Je résolus àé mettre à profit la àôuvelîè visite du Chambi pour tirer d'une intellîgedce africaine toute une série d'opiûions raisonnées sûr la Ffance. Je comntençai donc un interrogatoire où je posai d'abord à mon hôte quelques questions prélimi- . naires sur les chrétiens. Voici quelles furent ses premières réponses :
« Vous ne priez pas , vous ne jeûnez pas, vous^ne faites pas vos ablutions , vous ne rasez pas vos cheveux , vous n'êtes pas circoncis , vous ne saignez pas fe animaux qui vous servent d^alim^nts , vous mangez du cochon et Êuvez^ des liqueurs fef mentées , qui vous rendent semblables à la bête ; vous avez l'infamie de porter une casquette, que né J>ortait pa'S Sidùa-Aïssa ( î^fotre Seigneur Jésus-Christ ) : votïa
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DES VOYAGES. â7ï
ce que nous avons à vous reprocber. En écbao^ë, nous disons î Vous frappez bien la poudfre ; votre aman est sacré ; vous ne commentez pas cTeTtactîons^, vous avez de la politesse y vous êtes peu enclins au mensonge; vous aimez ïa propreté. Si, avec fout cela , vous pouviez dire une seule fois du fond de votre cœur : Il rCy a pas S autre Ikeù que DîefJt , et notre Seigneur Mohammed est Tenvoyè de ÏHeu, J)efsonne n'entrerait avant vous dans le paradis. »
» Laissant de côté les considérations générales sur la race chrétienne , je demandai au CÎliâmbi ce qui lui avait paru digne d'éloge en France , et voici ce que j'en obtins :
« Il y a dans votre pays un commandement sévère. Un homnae peut y voyager jour et nuif , saris inquiétude. Vos constructions sont telles, votîffe éclairage est admirable ; vos voitures sont commodes» vos bateaux à fumée et vos (îbémins dé feu n'ont rien qui leur soit comparable dans le mondé. On trouve chez vous des aliments et des plaisirs pour tous les âges et pour toutes les bourses. Vous avez une armée organisée comme des degrés, celui -ci au-dessus de celui-là. Aucune de vos villes ùe manque de fantassins; vos fantassins sont les remparts de votre pays. Votre cavalerie est mal riiontéé, mais merveilleusement équipée. Le fer de vos soldats brille comme de F argent. Vous avez de Féau et dés ponts en abondance. Vos cultures sont bien entendues; vous en avez pour chaque saison. L^œil ne se tasse pas plus de voir vos légumes et vos f)*uîts
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que votre sol ne se lasse de les fournir. Nous avons trouvé dans votre jardin du Baylic (le jardin des plantes), en animaux, en plantes et en arbres, ce dont nos anciens eux-mêmes n'avaient jamais entendu parler. Vous avez de quoi contenter l'univers entier en soie , en velours, en étoffes précieuses et en pierreries. Enfin, ce qui nous étonne le plus , c'est la promptitude avec laquelle vous savez ce qui se passe sur les points les plus éloignés. »
Malgré cet éloge de notre civilisation , le Chambi ne troquera pas la sienne contre la nôtre. Aussi s'empresse-t-il de faire ses réserves :
« Tandis que votre ciel est sans cesse brumeux , que votre soleil est celui d'un jour ou deux, point davantage, nous avons un soleil constant et un magnifique climat. Si par hasard le ciel vient à s'ouvrir sur nous, un instant après il se referme, le beau temps reparait et la chaleur nous est rendue. Tandis que vous êtes fixés au sol par ces maisons que vous aimez et que nous détestons , tous les deux ou trois jours nous voyons un pays nouveau. Dans ces migrations, nous avons pour cortège la guerre, la chasse , les jeunes filles qui poussent des cris de joie, les troupeaux de chamelles et de moutons qui sont le bien de Dieu , se promenant sous nos regards , les juments suivies de leurs poulains qui bondissent autour de nous.
» Vous travaillez comme des malheureux , nous ne faisons rien. Notre vie est remplie par la prière, la guerre, l'amour, l'hospitalité , que nous donnons
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OU que nous recevons. Quant aux travaux grossiers de la terre, c'est l'œuvre des esclaves. Nos troupeaux , qui sont notre fortune, vivent sur le domaine de Dieu , nous n'avons besoin ni de piocher, ni de cultiver, ni de récolter, ni de dépiquer les grains. Quand nous le jugeons nécessaire , nous vendons des chameaux, des moutons, des chevaux ou de la laine ; puis , no^s achetons et les grains que réclame notre subsistance et les plus riches de ces marchandises que les chrétiens prennent tant de peine à fabriquer. Nos femmes, quand elles nous aiment, sellent elles-mêmes nos chevaux , et , quand nous montons à cheval , elles viennent nous dire , en nous présentant notre fusil : Monseigneur I s'il plaît à Dieu^ tu pars avec le bien, tu reviendras avec le bien.
» Notre pays, en printemps, en hiver, dans toutes les saisons , ressemble à un tapis de fleurs , d'où s'exhalent les plus douces odeurs. Nous avons des truffes et le danoum , qui vaut les navets ; le drin nous fournit un aliment précieux. Nous chassons la gazelle, l'autruche, le lynx, le lièvre, le lapin, le dol, le renard, le chacal, le ftefcetir-d-ottftacfc (l'antilope). Personne ne nous fait payer d'impôts; aucun sultan ne nous commande.
» Chez vous , on donne l'hospitalité pour de l'argent. Chez nous , quand tu as dit : « Je suis un invité de Dieu, » on te répond : « Rassasie ton ventre yy> et l'on se précipite pour te servir. »
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^74 NOUVELJLES ANNALES
Pékin.
Un p»^5siQftpair|e rjusse à Pékin, M. Jf^ovalewsjii, a publié daps un jourpal de SaipjL-Pétersbourg jm arti,cje iptijtjij^é la Chiffe en 1849 et 1850. Nous tirons 4p^ iyijivAil quej(jues détails sur PéJ^p.
« ^i^-Çhè est uji Ueu de marché , situé à 10 verstes 4e Pékin , composé de bouti(jues avep des marchandises de peu de valeur et de misérables auberges. Une de ces aubergps a seule le droit de loger la missip n russe j et , comme c'est là qu'on vient recevoir les missionnaires qui arrivent , pomme on a l'habitude de reconduire jusqu'à cpt endroit les missionnaires qui partent, le njiaître de l'auberge attache à ce privilège une haute importance. En l'honpeiir d^ cette circonstance , les appartements sont remis à i;iei^f , lavés , i^ettoyés ; on renouvelle les papiers, oi^ leur donne en un mot un air de fête , et aucune personne étrangère ne peut y entrer. Quand npus arrivâmes dans la cour , elle était remplie de vpitures , (^'hommes et de chpvaux , accourus pour notre entrée solennelle à Pékin. Deux missionnaires russes et le commandant de la division militaire d'Albasih nous reçurent à la descente. Le lendemain ma):in, il fallut se hâter, car on nous attendait impatiemment à Pékin. Les upiformeset autres objets nécessaires furent tirés de nos coffres ; mais nos Cosaques, habitués aux larges espaces des steppes de la Mongolie , ne pouvaient se remuer dans la cour étroite de l'auberge chinoise.
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» Depyis Zin-Ché j.usqu'aux remparts de Pékin , la route traverse une vaste plaine , au bout de laquelle se dresse la capitale de la Chine. Partout des champs et encore des champs. La moisson était déjà rentrée. Ce n'est pas comme chez nous , où la terre donne au laboureur du blé et garde pour elle un peu d'herbe qui forme sa parure pendant l'automne ; ici le propriétaire arrache tout , et ce que le champ ^ produit durant l'été, et le gazon, et même les tiges du blé. Les Chinois ne laissent rien en arriçre ; aussi vers l'automne leurs campagnes présentent un aspect triste, désolé, dont une foule de tombeaux disséminés çà et là augmentent encore la douloureuse impression. De magnifiques saules , plantés autour des tombeaux , viennent seuls donner un peu d'animation au paysage.
» Notre caravane erre au milieu de groupes d'arbres , de petites maisons , de champs labourés et de lieux de sépulture. La plaine devient de plus en plus large et solitaire , les tombeaux se resserrent autour de nouç , quelques-uns ombragés d'arbres , d'autres répandus en désordre à travers la campagije. Les coups de fusil que nous entencjions depuis longtemps deviennent plu§ nombreux et plus rapprochés; on aperçoit à quelque distance une masse sombre et noire au-dessus de laquelle un toit fort élégant ^vec des bords retroussés ; une troupe d'individus vêtus de longues pelisses à la mode chinoise apparaît, ce sont des soldats. Chacun s'avance à tour de rôle vers un faisceau d'armes appuyé contre
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le mur, prend le fusil , le décharge, puis décampe , ce qui s'appelle ici faire Texercice. Ils n'emportent jamais leurs fusils avec eux ; on les dépose soigneusement dans l'arsenal. Devant nous s'élève une gigantesque muraille dont la porte est surmontée d'une tour énorme ; des meurtrières au fond desquelles ou voit de grandes taches noirâtres y sont pratiquées. Nous les prîmes d'abord pour des bouches de canons , mais en regardant de plus près , nous vîmes que ce n'étaient que des canons peints : les véritables bouches à feu sont conservées aussi dans l'arsenal , à ce qu'on nous apprit. Peut-être n'existent-elles que sur le papier. Nous nous arrêtâmes quelques instants afin de nous préparer, pour ainsi dire , à faire notre entrée. Les Cosaques s'alignèrent et le cortège se mit en marche. Au seuil de la porte, on pouvait déjà se convaincre que l'on entrait dans une ville immense et abondanunent peuplée, et , de plus , fort bruyante, conune je n'en avais pas encore vu. »
Ici l'auteur entre dans une description des rues de Pékin ; pour se faire une idée du bruit et de la confusion qui y régnent, on n'a qu'à se rappeler la satire de Boileau sur les embarras de Paris. C'est le même tableau, sauf la difiérence des nations. « La rue que nous traversions, dit-il ensuite, est fort longue ; elle peut avoir huit verstes jusqu'à l'emplacement où s'élève l'hôtel méridional de la Mission russe, et elle est aussi large, sinon plus large que la perspective Newski à Saint-Pétersbourg. Mais elle
est si encombrée de boutiques et de constructions passagères , qu'elle parait très-étroite. Au milieu est une vaste chaussée en dos d'âne où passent incessamment des files de voitures couvertes , à deux roues , traînées par des ânes ou des mulets. Les deux têtes de cette chaussée sont abandonnées aux piétons et aux lourdes charrettes, Conmie la ville n'a pas de places publiques , c'est là que se font toutes les exhibitions en plein vent ; on y voit des comédiens ambulants , des musiciens , des bouffons , des diseurs de bonne aventure , des charlatans, des marchands d'habits, etc. » .
M. Kovalewski ajoute ; « Le but de mes premières courses en ville , et le lieu de promenade favori des missionnaires , est la rue de Luli-lschan occupée entièrement par des boutiques de libraires. Chacun de ces marchands connaît bien les Russes qui viennent y faire provision de livres soit pour eux-mêmes , soit pour les grandes collections bibliographiques de la Russie , pour la bibliothèque des Missions à Pékin , . ou pour celle du département asiatique à Saint-Pétersbourg. Aussi sont-ils toujours les bienvenus; on les fait asseoir, on les régale , on leur conte les nouvelles du jour, et on leur apprend ce qui se passe de remarquable dans le domaine des sciences et des beaux-arts. La partie des romans se trouve d'ordinaire sur les rayons du fond de la boutique , et il faut avouer que ces sortes d'ouvrages s'écoulent avec une prodigieuse facilité. Les romans nouveaux trouvent moins de débit; ce sont les anciens qui jouissent d'une renommée particulière, où les réimprime
pour Ja centième fois , et ils se vendent à .très-I?as prix en comparaison des livres publiés en Europe. Le principal motif de ce bon marché, c'est que le papier ne coûte presque rien. L'impression se fait au moyen de planches en bois. Les Jésuites ont essayé d'introduire les presses typographiques ; mais ces appareils ne convenaient pas le inoins du monde pour l'impression chinoise. »
VInde anglaise.
On lit dans la Quarterly Review : L'étendue des possessions anglaises dans l'Inde est égale à toute l'Europe continentale, la Russie non comprise. Peïchaver est autant au nord de Tanjore que Stockholm l'est de Naples ; Chittagong est autant à l'est de Karrachi qu'Athènes l'est de Paris. L'Allemagne, l'Italie, la France, rEspagi:ie, la Hollande, la Belgique, le Danemark et Jia Suède réunies n'égalent nos possessions indiennes ni en étendue ni en population. Le rapport de la grande inspection tri gonomé trique, imprimé dernièrement pour le parlement , donne ce résultat : superficie en milles carrés, 1 ,868,1 13 ; population, 151,144,902. Un exemplaire corrigé, que nous ayons reçu, ajoute 7 millions et demi à cette population; ce qui donne un total de 158,774,065, et encore cette estimation est probablement audessous du chiffre réel. Ce magnifique epipire est divisé en quatre gouvern^pients pu présidences : gengaU, M^^ras , Bombay çt Agra. J^ç premier est
DES yOTAGES* ^79
le siège du gouverneur général et du conseil suprême ; les deux suivants ont chacun un gouverneur et un conseil , et Agra est administré par un vicegouverneur sans conseil. L'armée se compose de troupes de la reine, 29,480; troupes européennes de la Compagnie des Indes , 19,928 ; troupes indigènes de la Compagnie, 240,121; total, 289,529; contingents indigènes commandés par des officjiers anglais et engagés par des traités, 32,000. Total des forces qui sont à la disposition du gouverneur général, 321,529.
M. le colonel BloijdeJ, directear du dépôt de la guerre, a, sur l'autorisation du ministre delà guerre, présenté dernièrement à l'empereur la dix-septième livraison de la carte topographique de la France. Cette livraison comprend les feuilles de Vieux-Boucau, Sore, Périgueux, Guéret, Vannes, Lorient, Quimper, Brest , Saint-Brieuc , Dinan et Laval. La feuille de Brest, interrompue par la maladie d'un graveur, ne pourra être terminée avant deux mois.
Le coloBel Blondel a présenté également les deux feuilles de la basse Egypte, par M- Ljnànt de Bellefonds , avec nivellement et coupe dje l'isthme ; la carte de la Plata, par le colonel CofBnières (1850), celje des environs de la ville d'Oran à 1 pour JOO ,000, due presque en totalité à M. le capitaine Desmonts; ces trois cartes ont été gravées au dépôt de la guerre; la dernière jBst un essai du système des courbes horizpfi talées appliquées à 1^ topographie en grand.
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3i. Memoir of Richard Williams^ Surgeon to the Patagonian Missionary Society in Tierra del Fnego. By Jameg Hamilion. London, Misbet, i853, in-8. 5 sh.
Mélanges.
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35. Ueber die Sprache der alten Prenssen, in ihren verwandschaftlichen Bezieungen. Von Frans Bopp. Berlin , Diimmler, i853, in-4 de 55 pages, i thlr.
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