‹ Nouvelles causes de stérilité dans les deux sexesChapitre 13 sur 53 · ORIGINE ET TRAJET DU SPERME · texte numérisé non relu

ORIGINE ET TRAJET DU SPERME

Le sperme ne provient pas d'une source unique, comme les gens du monde pourraient se le figurer; une très petite partie de celui-ci prend naissance dans les testicules, il est vrai que c'est la plus essentielle, mais la plus grande partie est un liquide de sécrétion provenant de toutes les muqueuses qui revêtent l'ensemble des voies génitales.

Pour expliquer la stérilité de l'homme, il suffira de faire une petite description anatomique des voies génitales qui fournissent la semence.

Dans le testicule s'élaborent les spermatozoaires ; ceux-ci sont reçus dans un petit réservoir situé entre le testicule et l'épi-

STÉRILITÉ PATENTE

didyme ; de là, ils sont conduits à travers les méandres inextricables de l'épididyme jusqu'au canal déférent qui lui fait suite; c'est alors qu'ils sont versés et emmagasinés dans les vésicules séminales jusqu'au moment de la copulation qui leur donne une autre mission : celle de féconder l'ovule.

Or, l'épididyme est un canal unique pelotonné a testicule; — B, epi-

^ 1 r • didyme ; — C, canal

et replié tant de fois sur déférent; - d, vési-

lui-même, que lorsqu'on cule séminale ; - E, '■ vessie.

déroule ce petit fil creux, il ne mesure pas moins de 6 mètres ' et atteint souvent 10 mètres de longueur; on juge par cette disposition et par la capillarité de l'ouverture d'un tel canal, 'combien celui-ci peut facilement s'oblitérer ou se boucher. Le moindre froissement, la plus petite contusion, la plus petite irritation

suffisent pour accoler les parois d'un tel canal microscopique et empêcher sa perméabilité; de là, une stérilité à peu près irrémédiable, car, quel serait Taudacieux qui oserait tenter une opération sur un canal qui n'admet pas même, dans sa cavité, le plus fin de tous les cheveux.

Il est vrai que la nature, dans son ineffable prévoyance, nous a doté de deux organes similaires et indépendants; lorsque l'un est oblitéré, l'autre fonctionne. Mais si la vue est composée de deux organes délicats, bien plus délicates sont les voies spermatiques : on peut être borgne et voir très clair, on peut même ne pas trop redouter la perte de l'autre œil, car c'est un organe assez résistant, mais si l'on songe à la délicatesse d'un canal perméable de 6 mètres de longueur, tenant si peu de place, on se demande s'il n'est pas imprudent de s'asseoir, alors que le bonheur de l'homme : se reproduire ! tient à un fil aussi délicat et surtout exposé à tant de chocs ?

Le canal déférent qui fait suite à l'épidi

STÉRILITÉ PATENTE

dyme ne mesure pas moins de quarantecinq centimètres de longueur ; il est vrai que son canal devient déjà plus perméable, il admet assez facilement dans sa lumière une soie de sanglier, mais lorsqu'on songe qu'il suffit de marcher sur un tuyau à gaz pour éteindre sa flamme, on peut se demander si le moindre attouchement ne va pas fermer le canal qui apporte la précieuse semence ? Il est vrai que la nature prévoyante lui a fait une telle résistance de parois qu'il n'y a plus rien à craindre dès que la semence a franchi l'épididyme.

Enfin, la partie fécondante du sperme est versée dans la vésicule séminale, son réservoir naturel ; là, elle est abritée de tous les chocs et de toutes les atteintes ; elle est prête à donner la vie à la première bonne occasion qui se présentera, car on conçoit que si l'on gaspille cette précieuse semence, il faudra quelque temps pour la renouveler ; sa marche est lente et les étapes sont longues. Si de la coupe aux lèvres on dit qu'il y a loin, il est bon de rappeler

qu'entre le testicule et la vésicule séminale il n'y a pas moins de six mètres cinquante ; qu'en outre, le voyageur n'a ni pieds ni voiture, qu'il fait tout au plus deux millimètres de trajet par minute, soit douze centimètres par heure, deux mètres quatre-vingt huit par jour ; les spermatozoaires ne mettront donc pas moins de deux jours et quart pour faire les six mètres cinquante qu'ils sont appelés à parcourir.

Nous savons bien que la sécrétion du sperme est accélérée par l'habitude du coït, par les désirs vénériens et même par toutes les excitations morales et physiques qui portent sur les organes génitaux, mais estil prudent de surmener la nature ? N'est-il pas sage, au contraire, d'attendre que celle-ci ait réparé ses pertes ?

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