‹ Nouvelles causes de stérilité dans les deux sexesChapitre 12 sur 53 · UTÉRINS · texte numérisé non relu

UTÉRINS

N dehors du catarrhe proprement dit, qui n'est qu'une exagération d'un acte physiologique, il existe des écoulements pathologiques qui ont de déplorables résultats au point de vue de la stérilité, nous voulons parler de ces écoulements purulents essentiellement toxiques pour les spermatozoaires et qui sont la manifestation d'une véritable maladie de l'utérus.

Sous l'influence d'un processus morbide, que nous décrirons bientôt, l'utérus s'enflamme, se congestionne, s'infiltre et sa muqueuse devient chagrinée, toraenteuse, fongueuse et saignante ; ce n'est plus seulement alors une exagération des sécrétions, c'est d'une véritable suppuration qu'il s'agit; l'écoulement n'a plus le caractère bénin de l'albumine qu'on trouve dans les flueurs blanches ordinaires, c'est un véritable pus mal Hé, grisâtre, sanieux, mordant, caustique, corrodant, rongeant et dénaturant tout ce qu'il touche, amenant à la vulve un prurit insupportable, une démangeaison qui fait le tourment des femmes. Celles-ci redoublent de propreté, mais hélas ! sans résultat, le mal n'est pas aux lèvres, il est profondément situé, et, ce n'est qu'en traitant l'utérus et sa muqueuse qu'on parvient à soulager et à guérir ces malheureuses, vouées, sans cela, au supplice le plus infernal, surtout en pubUc, où elles n'ont pas la ressource de se gratter.

On conçoit aisément qu'en un tel milieu

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toute fécondation devienne impossible, car le début de l'œuf dans l'utérus est une véritable greffe animale. Aussi, un chirurgien n'aura jamais la pensée de greffer un lambeau de muqueuse sur une plaie enflammée, érysipélateuse ou gangrenée avant d'avoir modifié cette plaie et guéri l'inflammation. Jamais ovule fécondé, alors même qu'il n'aurait pas été détruit par le contact d'un pus virulent, ne pourrait se greffer sur une muqueuse malade, il serait fatalement entraîné au dehors avec l'écoulement dans lequel il baigne.

Donc, la première de toutes les conditions pour qu'il y ait grossesse, c'est de s'occuper du terrain dans lequel l'œuf humain va séjourner neuf grands mois et y puiser sa nourriture. Si l'on ne tient pas compte du milieu dans lequel on sème, on s'expose sûrement à ne pas récolter la précieuse moisson !

Il est donc de la dernière importance lorsqu'on veut faire de la besogne utile, de s'enquérir tout d'abord de l'état des milieux

et de les bien traiter si l'on veut obtenir des résultats certains.

La nature a pris de trop grandes précautions pour assurer la reproduction de l'espèce, pour que, si l'on rencontre un cas de stérilité, celui-ci ne soit pas dû à un' concours de circonstances défavorables.

Les animaux qui nous entourent nous donnent chaque jour d'excellentes leçons. N'ont-ils pas la merveilleuse faculté de se reproduire à cha,que rapprochement ?

Nous devons croire que cette précieuse disposition n'est due qu'à l'intégrité parfaite des organes; et ce bon état n'est-il pas dû seulement à l'excellente hygiène qui présidé aux rapports génitaux et à leur rareté?

ÉCOULEiMENTS VAGINAUX

^ E vagin possède, comme ir| toutes les muqueuses, la propriété de sécréter un mucus normal; la présence de ce mucus, quoique acide, n'est pas une cause de stérilité lorsqu'il est naturel, au contraire, nous avons vu qu'il servait à stimuler les spermatozoaires en neutralisant l'alcalinité de la semence et en incitant ceux-ci à chercher un nouveau milieu alcalin et rentrer ainsi dans lei:r élément de prédilection.

Mais si la sécrétion devient exagérée, si la fermentation et la putridité s'en mêlent, cette sécrétion devient aussitôt une cause de stérilité en exagérant la réaction chimique qui se produit, ou bien en ne neutralisant pas suffisamment ce milieu acide, faisant ainsi mourir les spermatozoaires par une excitation trop grande ou trop prolongée.

En effet, la disposition anatomique du vagin se prête beaucoup à l'accumulation des matières étrangères par ses glandes de sécrétion et par ses nombreux replis ; il faut donc nous arrêter un instant sur l'hygiène de ce couloir qui joue un grand rôle dans la fécondation de la femme.

Si vous pratiquez un examen au spéculum sur une paysanne quelques jours avant ses règles, vous êtes tout surpris de voir les valves de votre instrument se remphr d'une matière grasse, épaisse, caséeuse ou butyreuse ayant l'aspect du fromage fait ou du camembert coulant, avec une odeur surète assez désagréable. Si avec une spatule d'ivoire vous nettoyez le vagin, vous pouvez

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tacilement retirer de 12 à 15 grammes d'un magma jaunâtre ayant la densité du beurre ; sa réaction au papier de tournesol est franchement acide, il est assez facilement soluble dans l'eau, plus encore dans la glycérine et dans le sang des règles.

Quelle est la leçon que nous donne la nature et comment s'en tire-t-elle avec ces éléments malpropres ?

On conçoit que 5 ou 6 grammes de sperme alcalin ne suffisent pas à neutraliser une telle masse acide, aussi la femme estelle généralement stérile avant son époque menstruelle. Mais si les règles surviennent, le sang dissout et entraîne la plus grande partie de ce magma, la neutralisation de ce qui reste devient possible avec l'alcalinité du mucus fourni par les glandes de Bartholin d'une part, le mucus utérin ou le sperme de l'autre. Voilà comment se font les enfants à la campagne.

S'il faut une pluie d'orage pour laver le paysan, il faut une ondée sanguine pour désoblitérer la paysanne des sécrétions va-

glnales qui s'accumulent par indifférence diins ses premières voies génitales.

Comme conséquence de ce qui précède, la femme des villes a-t-elle plus de chances d'avoir des enfants, alors que des soins intimes de propreté vont jusqu'à l'excès, c'est-à-dire à l'irrigation complète et des lavages à grande eau intus et extra immédiatement avant les rapports ?

Evidemment non, car, d'une part, l'eau est le meilleur dissolvant des spermatozoaires, témoin le peu de fécondité • des horizontales; d'autre part, nous croyons l'acidité vaginale nécessaire pour la stimulation des spermatozoaires, au moment du combat qu'ils se livrent pour arriver premiers. Un juste milieu nous paraît donc rationnel et nous dirons que les femmes qui se livrent à leur toilette intime le matin ont plus de chance d'être fécondées que celles qui choisissent le soir ou le moment précis du sacrifice qu'on fait à Vénus. ^ Nous reviendrons sur ce sujet d'hygiène. Pour clore le chapitre des écoulements

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vaginaux, nous venons de voir ce qui se passe normalement, mais si nous considérons le vagin dans ses diverses manifestations morbides, on comprendra qu'il soit le siège d'écoulements divers qui vont avoir sur la fécondation un rôle plus capital. Qu'il s'agisse de vaginisme ou bien de vaginite, on conçoit que la stérilité soit la règle.

Dans le premier cas, la douleur empêche la semence d'être projetée sur le point où il faut qu'elle aille; dans le second, le virus blennorrhagique devient un élément de destruction pour les spermatozoaires.

Sans aller aussi loin, on conçoit qu'il est des écoulements vaginaux qui sont la suite d'excès, d'inflammation ou de diathèses qui peuvent troubler profondément la vitalité des spermatozoaires en les rendant alors impropres à la procréation.

DES SÉCRÉTIONS CHEZ l'hOMME

Nous avons dit que l'homme était beaucoup moins sujet que la femme aux troubles fonctionnels de son appareil génital ; en effet, il n'a ni flux menstruels ni leucorrhée ; il est toujours identique à lui-même, quel que soit le moment où on le prenne.

De ce côté, il a donc un avantage-incontestable sur la femme, mais il est sujet à d'autres misères dont nous reparlerons ; somme toute, il a sa grande part dans les causes de stérilité qui frappent un ménage et, d'après certaines statistiques, ce serait lui qui serait le plus souvent sujet à caution.

Bornons-nous à parler ici de ses sécré-

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tions et d'étudier le rôle de celles-ci dans l'acte de la procréation.

Si l'on se rappelle ce que nous avons dit de la bizarre fonction du couloir vaginal de la femme qui a deux sécrétions distinctes : l'une acide, l'autre alcaline, on retrouvera chez l'homme la même disposition et la même opposition bizarre de ces deux sécrétions; c'est le même plan naturel^, c'est le même but poursuivi.

Nous n'avons pas besoin de dire ici l'analogie frappante qui existe entre les diverses parties de l'appareil génital des deux sexes ; on conçoit que ces organes soient faits l'un pour l'autre et qu'ils se ^complètent. On trouve partout la même similitude d'organes et de fonctions. Bornons-nous à mettre la verge en parallèle avec le vagin en parlant seulement des sécrétions qu'on y rencontre.

Si la femme s'humecte d'une sécrétion alcaUne au premier contact charnel, c'est, avons-nous dit, dans le but de permettre l'intromission sans qu'elle coure le risque d'être blessée.

L'homme de ce premier conune sécrétion ana- . toute la longueur une sécrétion alcaglandes de Cowvienne le spasme sperme trouvera parée pour fran- 15 ou 16 centiparent du but qu'il courir. Cette sécrévarier ici comme comme qualité , est toujours alcatiellement glisa pour analogue fournie par les tholin chez la L'acidité vagiprésentée chez assez large sursituée au-dessous En effet, la mu-

son côté , dans tact, fournit aussi logue, il lubrifie de son canal par line provenant des per et de Littre ; vénérien , et le une voie toute préchir facilement les mètres qui le sédoit partion peut quantité et mais elle line et essensante , elle la sécrétion glandes de Barfemme.

nale est aussi rel'homme par une face de muqueuse du prépuce, queuse préputiale

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toi

fournit une assez abondante quantité de mucus acide que la propreté seule fait disparaître en partie chez l'homme civilisé ; nous disons en partie, car quelques heures suffisent, après les soins les plus délicats, pour foire réapparaître une partie de l'acidité, qui préside, comme nous le pensons, à la réaction chimique nécessaire à la stimulation des spermatozoaires.

L'on ne connaît pas encore très bien le rôle que peut jouer la sécrétion prostatique au point de vue de la stériUté, mais qu'il nous suffise de rappeler ici que la prostate est un organe souvent malade, que ses sécrétions doivent participer de son état pathologique, du moins cela nous paraît rationnel, surtout lorsqu'on songe que la prostatorrhée est une maladie assez fréquente qui conduit à l'épuisement du sujet aussi sûrement que la spermatorrhée ; il y a donc là une question d'anatomie pathologique à étudier pour le chercheur, surtout au point de vue histologique.

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