QUALITE DU SPERME
UELLE que soit l'habitude qu'on a d'examiner la semence, à première vue, il est difficile de se prononcer sur sa valeur réelle, il faut de toute nécessité avoir recours au microscope ; aidé de cet instrument, on a quelques-uns des éléments du problème et l'on peut presque se prononcer avec certitude.
Nous nous servons à dessein du mot
STÉRILITÉ PATENTE
« presque », car en science il est difficile d'affirmer d'une façon absolue ; il y a de grandes probabilités pour que notre appréciation soit juste, mais encore devons-nous la subordonner à trop d'influences diverses pour affirmer nettement.
Comme nous savons qu'il y a beaucoup de gens du monde qui se servent du microscope, pour peu surtout que leur ménage soit stérile, disons en quelques mots comment on se sert de cet instrument et quelles sont les qualités d'un bon sperme.
Il faut d'abord se servir du même grossissement toujours, un grossissement moyen est préférable à tout autre, car l'image est plus nette, plus claire, le champ d'examen plus vaste et le nombre des spermatozoaires plus grand.
Si l'on n'a que sa propre semence à examiner, il est assez difficile de faire des comparaisons, mais disons de suite que les spermatozoaires d'un sperme moyen doivent occuper le quart environ de la surface examinée, les trois autres quarts
étant remplis par le liquide de support.
On voit par cette comparaison que le lac spermatique est riche en poissons et que la pêche peut y être h-uctueuse.
Il n'en est pas toujours ainsi; on rencontre des spermes qui n'offrent à l'observateur que quelques rares spécimens de l'élément fécondant ; ici, la pêcheuse espère, mais ne prend rien.
Par opposition, on rencontre des spermes d'une telle richesse en spermatozoaires qu'on croirait voir une fourmilière en activité, tant le grouillement est excessif et la quantité prodigieuse.
Ce sont là des semences qui font peur, tant la vie déborde, qu'on craint la contagion, même à distance respectueuse.
N'est-il pas imprudent de passer près d'une fourmilière sans avoir ses pantalons bien fermés ?
On peut donc classer la semence par le nombre des spermatozoaires qu'on rencontre sous le champ du microscope, on aura ainsi les trois types suivants :
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Faible.
Moyen.
Excellent.
On conçoit qu'il y ait une autre gamme que ces trois types ; nous les donnons seulement comme modèles ; se rapprocher du type riche, c'est avoir des atouts dans la main ; se rapprocher du type faible, c'est espérer dans l'aide ou la protection du bon Dieu. .
Si la quantité a son importance, la qualité est bien autrement enviable pour le Nous avons dit que la nature, perpétuer l'espèce dans les meilleures conditions possibles, avait organisé une sorte de steeplechase des éléments fécondants et ne décernait la palme qu'au plus vigoureux. Or, pour atteindre
le but, il ne suffit pas de faire acte de présence, il faut encore jouer des coudes et, pour en jouer, il faut avoir du biceps ; la vigueur des spermatozoairesdoit donc entrer pour une grande part dans l'appréciation d'une semence et c'est ici que le problème se complique, car nous n'avons que notre œil pour mesure et notre œil serait trompé si nous ne tenions pas rigoureusement compte : i° du temps passé entre l'émission et l'examen ; 2° de la température ambiante ; 3° de la saison avec ses influences ; enfin de l'émotion de l'époux ' qui se trouve toujours dans des conditions anormales dès qu'il est en dehors de la chambre conjugale.
Comme règle générale, les spermatozoaires ont la vigueur de celui qui les fournit; quant à leur aspect, ils sont généralement grands, sveltes, déliés, vifs, sautillants chez les jeunes gens ; majestueux, replets, énergiques chez l'homme mûr; petits, têtes grosses, queues déformées, immobiles ou battant de l'aile chez le vieillard.
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Mais on conçoit qu'il est difficile pour un profane de faire un semblable examen, nous dirons même qu'il est nécessaire d'avoir une assez longue pratique du microscope pour donner un avis motivé sur la valeur d'une semence, car, répétons-le, ce n'est pas tant par le nombre qu'il faut juger la valeur d'un sperme que par la forme et la vigueur des éléments figurés qui le composent. Il est donc sage que l'homme du monde ne s'en rapporte pas cà son instrument, mais qu'il s'adresse à son médecin pour cela.
Sous un micromètre, dans une chambre chauffée à 20 degrés centigrades, les spermatozoaires doivent franchir 3 millimètres en une minute au moment de l'émission.
Quant à la durée de leur mobihté, cela dépendra toujours, toutes choses égales d'ailleurs, de la vigueur du sujet ; mais si l'on veut réveiller ou stimuler les spermatozoaires qu'on observe, alors qu'ils sont rendus immobiles par le froid, il suffit de passer, au-dessous du porte-objet, une
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flamme d'alcool pour remonter leur tempépérature sans dépasser cependant 40 degrés car auquel cas, ils seraient cuits et la liqueur desséchée.
CE aUI TUE ET CE Q.UI FAIT VIVRE LES SPERMATOZOAIRES
N a beaucoup parlé de la dépopulation en France et l'on accuse de ce fait Malthus et ses prosélytes. Nous croyons à un autre facteur beaucoup plus funeste à l'espèce humaine que la doctrine malthusienne.
Ce facteur criminel, ce phylloxéra des enfants, le croirait-on?... c'est l'eau claire !
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Oui, l'hygiène ! cette déesse de la santé, est la grande coupable, c'est l'ogresse qui mange nos enfants en herbe ?
C'est elle qui fliit mourir... les infiniment petits, alors qu'elle est si salutaire aux grands; c'est l'arme à deux tranchants, l'un qui supprime brusquement la vie, l'autre qui la donne plus longue et plus agréable.
Ce n'en est pas moins elle, la grande coupable, qui dépeuple notre belle terre de France à jets continus. Malthus n'est qu'un rêveur, un utopiste ; le vrai criminel c'est Eguiser avec son irrigateur.
On conçoit que nous ne faisons pas ici un procès de tendance à la propreté ; nous parlons seulement au point de vue de la stériUté et nous disons qu'une propreté trop complète ou plutôt trop profonde, nuit à la fécondation, il la faut plus superficielle et beaucoup plus éloignée du moment psychologique. Avis est donc donné aux jeunes femmes stériles sur l'influence de l'eau et du froid sur la semence, tous deux sont mortels aux infiniment petits.
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L'eau est le meilleur dissolvant des spermatozoaires. Il suffit d'en mettre quelques gouttes dans un centimètre cube de semence pour faire disparaître ceux-ci ; on ne retrouve plus sous le microscope que les débris de leurs corps ou les quelques rudiments de leur configuration : en un mot ils sont dissous plus sûrement par l'eau que par toutes les tricheries malthusiennes auxquelles on pourrait se livrer. Nous devions jeter ce cri d'alarme, dans le but de mettre en garde les jeunes femmes qui désirent vivement la maternité, alors que, sans le savoir elles n'avaient souvent d'autres causes de stérilité que cet excès de propreté interne.
Le froid est un autre facteur de la stérilité, il ne dissocie pas comme l'eau, l'élément fécondant mais il le stupéfie, le paralyse et l'anéantit, ce qui revient finalement au même ; il fliut donc s'en garer lorsqu'on veut atteindre son but.
Nous avons dit que l'acidité du vagin avait un rôle à jouer dans l'acte de la pré-
fécondation ; en eftet, le mélange permanent du mucus utérin tombant aumilieu d'un acide entretient un développement de chaleur propice qui élève la température du vagin de un ou deux degrés. Soustraire ce calorique nécessaire à la stimulation par un lavage à l'eau froide, c'est aller contre les vœux de la nature, car non seulement on abaisse la température de plusieurs degrés mais encore on enlève les éléments qui la développent.
Donc, l'eau doit être proscrite du vagin, tout au moins pendant les quelques heures qui précèdent les rapprochements, car si, d'une part, l'eau est un dissolvant, d'autre part, l'eau froide soustrait le calorique nécessaire à la vie. Donc ! pas de toilette intime avant ni après si l'on ne veut pas contrarier la nature dans sa cuisine la plus délicate, car si elle a voulu le poivre et le sel, voire même l'ail, c'est qu'elle pense que ces condiments sont nécessaires.
Ce qu'il y a de singulier et de vraiment remarquable, c'est que si l'eau fait périr les
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spermatozoaires, il n'en est plus de même de l'urine, du lait, de la salive, du sérum et du sang qui sont presque des agents de conservation pour ces éléments. N'y a-t-il pas là comme le doigt de Dieu qui permet la vie au milieu d'éléments naturels, alors qu'il l'éteint lorsqu'on introduit un élément nouveau et étranger au sein de l'organisme.
LES SPERMATOZOAIRES SONT-ILS DES ÊTRES ANLMÉS OU SEULEMENT DE SIMPLES CEL- LULES?
Les savants se sont longtemps disputés et se disputent encore sur la question de savoir si le spermatozoaire est un animal ou une simple cellule ; BufFon dit oui, Robin dit non. C'ést là l'éternelle histoire de la science qui bataille sur les mots alors ' que tout le monde est d'accord sur la chose. Les uns veulent que ce soit des corpuscules ou vers spermatiques ayant même des sexes différents ; en un mot, les uns y voient tout un monde de bonshommes sous enveloppe, ayant des goûts divers, des mœurs et des destinées diff'érentes, alors que les autres ne voient là que des cellules à noyau ayec des cils à plumets, remplissant, non
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plus des fonctions, mais des éclosions par conjugaison.
Que ce soient des infusoires ou des cellules spéciales, peu nous importe; mais si Descartes a pu dire : «Je pense, donc je suis », le spermatozoaire pourrait dire avec non moins de raison : « Je remue, je me dirige où je veux, donc je suis un être animé. » En effet, lorsqu'on examine un spermatozoaire sous le microscope, on voit celui-ci doué d'un mouvement rapide se diriger selon sa fantaisie vers un but; rencontre-il un obstacle? il le tourne ou le surmonte selon qu'il le juge infranchissable ou peu sérieux.
C'est de l'instinct, dira-t-on ! instinct tant qu'on voudra; il y a tant d'êtres sur terre ayant le titre d'homme qui n'ont pas d'autres raisons de se remuer, que la différence nous paraît subtile.
Donc, malgré les remarquables travaux qui se sont foits sur la spermatogénèse, malgré les excellentes raisons qui militent en faveur de la théorie cellulaire, nous n'en continuerons pas moins à voir dans le sper-
matozoaire un corpuscule animé, une molécule organique vivante, ayant eu, il est vrai, une cellule pour berceau mais ayant eu aussi un commencement d'existence libre, individuelle, instinctive ou intelligente, devant parcourir une carrière avec ses aléa et disparaître enfin de la scène du monde après y avoir joué un rôle illustre ou modeste.
L'homme n'a pas d'autre origine, il procède de deux cellules, on ne lui accorde pas moins le titre d'animal, qu'il mérite du reste... souvent.
Si nous avons agité ici la question de savoir si le spermatozoaire était un animal ou une simple cellule, ce n'était pas dans le vain but d'ouvrir une discussion, encore moins de donner notre avis, mais il est certaines théories, qui expliquent mieux que d'autres certains faits d'observation qui sont du domaine de la pratique courante, et qui pourraient nous conduire dans une mauvaise voie si ces faits étaient mal interprétés. ^
Ainsi : admettant la théorie de l'animalité, je traite les spermatozoaires comme s'ils
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étaient mes proches parents ; j'évite pour eux les rhumes, les refroidissements, la trop vive lumière, la sécheresse, etc., etc.
Avec la théorie cellulaire, j'en prendrais plus à mon aise, je les traiterais un peu comme des pavés que je planterais et que j'arracherais sans tenir grand compte de leur sensibilité.
Or, lorsqu'on fait de la fécondation artificielle, il est prudent de traiter les spermatozoaires comme de jeunes frères en humanité; les traiter en cellules, même en cellules vibratiles, c'est s'exposer à des surprises désagréables et à des insuccès souvent mérités.