‹ Nouvelles causes de stérilité dans les deux sexesChapitre 16 sur 53 · DIVISION DU SUJET · texte numérisé non relu

DIVISION DU SUJET

ANS la première partie de ce livre, nous avons étudiélastérilitélatente ou cachée ; dans la seconde, nous avons traité de la stérilité patente ou visible, c'està-dire, celle que l'on reconnaît par l'analyse des liquides ou par l'examen microscopique; nous avons donc suivi notre plan avec ordre, nous dirigeant de l'intangible vers la matière. Nous continuerons ainsi, abordant cette fois les organes dans leur ensemble.

Ce qui domine tout d'abord, dans cet ordre d'idées, c'est la métrite, cette maladie si fréquente et qui fait le fond de tous les troubles génitaux.

Nous décrirons cette maladie dans sa genèse, nous la suivrons pas à pas et nous arriverons ainsi à tous les désordres qu'on rencontre dans l'appareil génital, désordres qui ne sont que des modifications de cette première maladie.

Nous verrons ensuite les diverses déviations utérines, leurs conséquences au point de vue de la stérilité, mais disons de suite que toutes ces déviations, quelle que soit leur nature, ont toujours pour point de départ la métrite et que pour les guérir il faut dérouler l'écheveau dans l'ordre qu'il s'est enroulé, sans quoi on perd facilement le fil conducteur qui seul nous permet de remonter aux causes et à la guérison de leurs effets.

Nous continuerons à parler de la femme tout d'abord et nous terminerons par l'homme, comme nous l'avons lait jusqu'ici.

DE LA MÉTRITE

^^^^^ u'est-ce, d'abord, que la

métrite? C'est tout simlidÊ^ plement une inflammation de la matrice. Cette inflammation peutavoirdes degrés depuis la plus simple rougeur jusqu'aux désordres les plus graves.

La matrice est un organe peu sensible qu'on peut presser, fouler, tordre, piquer, brûler même sans qu'une douleur bien nette soit accusée.

Notre peau est une enveloppe protectrice qui est, au contraire, douée d'une sensibilité exquise, elle est la gardienne qui veille pendant que les locataires sommeillent. La peau est absolument formée d'un

lacis de vaisseaux et de nerfs qui en font une véritable sensitive; la pique-t-on? qu'aussitôt, elle ressent très vivement la piqûre et transmet instantanément la douleur au cerveau, car tous les nerfs qui s'y donnent rendez-vous, proviennent de la moelle épinière.

Il n'en est pas de même de la matrice, organe interne, qui n'a pas pour mission de sentir les chocs extérieurs. Ses nerls sont vagues, ils proviennent, non plus de la moelle, mais du grand sympathique qui ressent seulement les émotions morales et non pas les douleurs physiques; on est plus sûr d'impressionner la matrice par une offense que par un coup de poing ; de là, la lenteur de ses impressions, mais aussi leur durée, auiconque s'irrite vite se calme de même; la réciproque est aussi vraie.

La matrice est donc un organe qui sent très peu les impressions physiques, de là sa tolérance, mais aussi ses troubles profonds, car lorsqu'on ressent le mal, il est déjà bien tard pour en triompher.

STÉRILITÉ MÈCANiaUE

Si la matrice possédait des nerfs de la moelle, elle ne se laisserait pas taquiner par des coups d'épingle sans se révolter. Ne possédant que des nerfs vagues, elle ressent seulement le lendemain le soufflet qu'elle a reçu la veille.

Maintenant qu'on connaît le genre d'impressionnabilité de cet organe, on sera moins surpris d'y voir naître des désordres lents mais sûrs, alors qu'on pourrait se demander comment les femmes qui sont si prudentes en matière de santé, n'y ont pas apporté bon ordre au début.

La métrite est donc une inflammation de la matrice, nous en verrons bientôt les causes; cette inflammation peut être passagère et disparaître sans laisser de traces, mais elle peut, comme pour tous les autres organes, persister plus ou moins longtemps ou passer à l'état chronique.

Les paupières peuvent devenir rouges sous l'influence d'une poussière qui pénètre dans l'œil; la poussière disparue, l'inflammation disparaît à son tour. Mais si cet œil est

exposé à recevoir de nouvelles poussières le lendemain et les jours suivants, le bord des paupières devient rouge, gonflé, tuméfié et finalement les granulations s'organisent et la cause peut cesser, que les yeux n'en restent pas moins rouges.

La matrice se comporte de même : une première irritation se passe facilement sans laisser de traces. Une deuxième survientelle? celle-ci met plus de temps pour disparaître et finalement des érosions, des ulcérations, des granulations apparaissent et la métrite passe de l'état aigu à l'état chronique.

• Par où débute l'inflammation? Généralement c'est par le col qui est plus directement exposé aux chocs; celui-ci se tuméfie, se déforme, prend tous les aspects, jusqu'à

STÉRILITÉ MÉCANIQUE

ce que la maladie, gagnant de proche en proche, franchisse le segment inférieur à travers la zone d'insertion vaginale, pour gagner le corps de l'organe qui se prend partiellement ou tout entier, selon le degré d'inflammation. C'est alors qu'on a, non pas une métrite du col, mais une métrite complète. Celle-ci peut ne porter que sur la muqueuse qui tapisse sa cavité, on l'appelle alors métrite interne ou endoniétrite; d'autres fois, la métrite envahit le tissu tout entier : c'est alors qu'on a la métrite parenchymateuse, c'est-à-dire que la matrice peut doubler, tripler, décupler de volume et l'épaisseur de ses parois. C'est ainsi qu'on a, non pas seulement une maladie, mais une véritable infirmité, car, en dehors de l'inflammation qui est une cause de souffrance, il y a le poids et le volume qui écrasent et gênent les organes voisins, au point d'empêcher leurs fonctions; et, comme ce sont des organes essentiels (rectum et vessie) il en résulte une gêne considérable.

CAUSES DE MÉTRITE

Nous avons dit dans un de nos précédents ouvrages' que la femme était exposée à de nombreuses causes de métrite, alors que la femelle des animaux ne Tétait pas et nous résumions ces dispositions en trois causes principales, qui sont : la slaiion ver-^ licale, la menstruation et h régime conjugal.

Nous allons faire ressortir pour chaque cas les inconvénients de ces trois causes principales, agissant séparément ou de concert pour provoquer la métrite et nous dirons quelles sont les précautions 'qu'il faut prendre pour dii^inuer, dans la mesure du possible, les troubles apportés par ces causes auxquelles les femmes ne peuvent guère se soustraire.

« Traité pratique des maladies de l'appareil génital delà femme. Adikn Dekhaye et Lecrosuier, éditeurs, Pans, ib,7.

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