‹ Nouvelles causes de stérilité dans les deux sexesChapitre 18 sur 53 · DE LA MENSTRUATION · texte numérisé non relu

DE LA MENSTRUATION

La femelle n'a pas non plus de menstruation et c'est là un point capital pour sa santé utérine. La femme a chaque mois une congestion ovarique et utérine, sorte de fluxion, portant sur tous ses organes génitaux au point de troubler sa santé par un malaise qui va souvent jusqu'à l'angoisse; la matrice augmente de volume, sa muqueuse se déchire sous la poussée sanguine et le soulagement ne survient que sous l'influence de l'hémorrhagie.

Ce n'est pas impunément qu'un organe délicat, comme l'est celui-là, ressent chaque mois les mêmes troubles et les mêmes douleurs. Le moral de la femme n'est pas seulement atteint; il y a là encore des déformations qui peuvent engendrer de

STÉRILITÉ MÉCANiaUE

fatales complications au point de vue de la stérilité; en effet, l'écoulement sanguin ne se fait pas toujours d'une fliçon fort régulière, l'utérus ne débite pas toujours la même quantité de sang; il 3^ a des à-coups suivis de rémissions et le col n'est pas toujours perméable ou suffisamment dilaté pour débiter le sang que l'utérus fournit, il en résulte une coagulation de celui-ci dans sa cavité.

Or, comme le sang, alors qu'il était fluide, ne pouvait pas s écouler, à plus forte raison ne s'écoulera-t-il pas lorsqu'il sera coagulé; de là, des poussées formidables; de là, des douleurs lombaires déchirantes qui ressemblent aux douleurs de l'accouchement; car il faut de toute nécessité que ces caillots sortent par une ouverture fihforme qui ne s'agrandit que sous l'etfort de la poussée.

Aussi, voit-on ces malheureuses femmes perdre leur sang en deux temps : au premier temps, elles perdent le sérum ou partie Hquide du sang; au second temps, elles

accouchent véritablement d'un caillot noirâtre plus ou moins putréfié.

Cette façon de perdre les règles s'appelle dysménorrhée, mais c'est encore là une façon relativement heureuse et sans de trop graves conséquences pour la santé, si ce n'est au point de vue de la stériUté, car, neuf fois sur dix, l'œuf est expulsé sous l'influence de semblables efforts; aussi toute femme dysménorrhéique est-elle fatalement vouée à la stériUté.

Mais les choses ne se passent pas toujours aussi simplement : sous une poussée hémorrhagique de l'utérus, si le sang ne trouve pas un passage suffisant à travers le col, un caillot s'organise dans la cavité utérine, celui-ci fait la boule de neige et grossit, distend l'utérus jusqu'à sa tolérance élastique où il s'arrête ; le sang reflue alors par les trompes, se répand dans le péritoine et forme des hémorrhagies rétro-utérines avec toutes leurs conséquences funestes.

Si les désordres ne vont pas aussi loin, si le sang ne reflue pas par les trompes, le

caillot est tellement gros qu'il ne passera pas en une fois par le col ; de là des poussées douloureuses qui le morcelleront, mais aussi qui altéreront la muqueuse utérine en la rendant caduque ; de là, des dysménorrhées membraneuses qui font le tourment des femmes et qui leur font redouter avec tant de frayeur un si cruel moment.

Avec un tel état congestif, que peut bien devenir un ovule, qu'il soit fécondé ou non, si ce n'est de partir sans succès ?

La femelle des animaux, heureusement pour elle, n'a pas à passer par de si cruelles épreuves.

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