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DE LA STATION VERTICALE

E toutes les temelles, seule la femme se tient debout; de plus, l'ouverture de sa vulve est en

bas, sans soutien, sans protection d'aucune sorte.

Dans ces conditions, la matrice tend toujours à descendre, ses ligaments latéraux sont fatigués et se révoltent lorsqu'on ne les soumet pas à un repos raisonnable.

Ne voit-on pas, dans nos grands magasins de Paris, des jeunes filles et des jeunes

femmes rester seize heures par jour sur leurs jambes sans avoir jamais le droit de s'asseoir sous peine d'encourir le risque d'un renvoi ? C'est absolument révoltant. Cette station verticale a les plus déplorables résultats au point de vue de la stérilité et même de la santé; il serait humain qu'elles aient au moins le droit de se reposer quelquefois.

Mais le sort de la femme est si précaire avec nos institutions qu'elle est souvent obligée de gagner le pain du ménage, alors que sa constitution ne la dispose qu'admirablement pour la maternité, seul rôle qu'elle devrait remplir \ et non pour faire un travail énervant qui consiste à piétiner sur place des journées entières, alors que le dimanche, seul jour de repos, est habituellement consacré par elle à courir prendre un peu d'air au dehors, mais dont ses jambes font toujours les frais.

Si nous ne craignions pas d'avancer ici un paradoxe, nous dirions que la position

' Voir à ce sujet notre Livre des Mères.

STÉRILITÉ MÉCANiaUE

naturelle de la femme est d'être horizontale... le plus possible. Les Orientaux le savent si bien qu'ils n'ont même pas de siège pour la femme ; seul, le seigneur et maître s'asseoit quelquefois.

Mais si la femme est sujette aux abaissements et aux déviations utérines par le seul fait de la station debout, il faut avouer qu'elle fait bien tout ce qu'il faut pour augmenter ces désordres ; du matin au soir elle se sangle dans un corset qui refoule tous les organes vers le bas-ventre et ceuxci augmentent de tout leur poids cette tendance à l'abaissement ; il se fait là une poussée continue qui oblige les organes à chercher une issue par les voies naturelles.

La coquetterie vient donc ajouter son contingent à la prédisposition naturelle. Joignez à cela, pour les unes : des

danses échevelées qui ne s'arrêtent qu'avec le souffle; pour d'autres, le travail forcé à la machine ou la montée interminable, non moins obligatoire de nos étages parisiens, alors qu'on va rendre des visites à ses bonnes amies du monde où l'on s'ennuie, ou même du monde où l'on s'amuse ; vous aurez là une cause toute naturelle de déviations et de descentes utérines avec cette aggravation que le col qui s'abaisse frotte sur des parties dures, car les os du bassin ne sont pas précisément des coussins bien élastiques ; et, si la marche nous donne des cors au pieds par le frottement répété de nos chaussures, nous connaissons bon nombre de femmes qui ont de véritables durillons du col de la matrice par le frottement incessant dé celui-ci sur le bassin ou sur... toute autre chose; c'est ce qu'on nomme le cal professionnel.

La femelle animale n'a pas cet inconvénient : son utérus tend, au contraire, à descendre vers le milieu du ventre et non pas vers la vulve, les intestins sont pour

STÉRILITÉ MÉCANIQUE

elle de moelleux coussins toujours disposés à remplir leur office; joignez à cela qu'elle n'a pas de corset, qu'elle ne danse pas, qu'elle ne rend aucune visite au cinquième et qu'elle se couche avec les poules.

On voit donc que la femme n'a pas précisément le beau rôle et que, pour devenir véritablement mère, il faudrait que de temps à autre elle devînt un peu femelle.

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