DES DÉVIATIONS UTÉRINES
OBSau'UNE
cible- est placée de face , on
peut espérer faire mouche, sinon à tout coup, du moins quelquefois; mais lorsque celle-ci est de trois quarts, les chances deviennent moins grandes ; elles deviennent nulles lorsque la cible est de profil.
Il n'est pas absolument nécessaire d'être ingénieur d'un polygone pour comprendre cela; on a beau rectifier son tir, changer la position des tireurs, il est rare qu'on mette dans le mille... à moins d'un ricochet sur
lequel on ne doit pas compter... en ménage.
Or, les déviations utérines, quel que soit leur nom, se trouvent dans la situation de cette cible; il n'est si habile pointeur qui s'engage à faire mouche dans ces cas; on doit tout attendre de l'orthopédie utérine et ne pas compter sur le temps ou sur un miracle, ceux-ci, du reste, n'étant plus à l'ordre du jour.
Qu'il y ait antéversion ou rétroversion ou même latéroversion, c'est toujours un organe déplacé qui doit rentrer dans l'ordre établi par la nature pour reprendre ses fonctions. Attendre qu'il se replace de son propre mouvement, c'est attendre qu'un verre renversé se remette, de lui-même, sur ses pieds. Bien mieux, l'organisme s'habitue vite à ces déplacements, on peut dire ici que « quiconque quitte sa place la perd » ; car le vide n'existe pas dans le corps humain, tout organe déplacé est aussitôt remplacé par un autre qui vient occuper la place laissée vacante; c'est en langage vulgaire un «ôte-toi de là que je m'y mette î
STÉRILITÉ MÉCANIQUE
l'intestin, k vessie, le rectum sont voisins, et la moindre déviation est rendue permanente par la facilité qu'ont ces organes à se déplacer ; il faut alors, non seulement triompher du poids de l'organe dévié, mais encore de toute la masse viscérale qui a pris la place qu'occupait l'utérus et ce n'est pas toujours facile, même avec les redresseurs les plus doux et les mieux compris,
La version n'est pas encore la déviation la plus redoutable au point de vue de la stérilité, car si la balle suit une trajectoire déterminée, toujours la même, le spermatozoaire peut encore s'insinuer dans un col oblique et arriver à son but par un chemin détourné; ce qu'il y a de pire, c'est hflexion; qu'elle soit antérieure ou postérieure, peu importe, l'utérus est replié sur le col avec un angle variable ; or, si l'on vient à plier un tube de caoutchouc à 90°, on voit que non seulement les liquides ne passent pas, mais les gaz même ne peuvent circuler, à plus forte raison les spermatozoaires qui seront arrêtés dans leur course.
La Stérilité sera donc la conséquence obligée d'une flexion du col.
Mais on pourrait objecter que, malgré cette flexion, les règles s'écoulent bien ou presque bien et qu'alors le même chemin peut être librement parcouru par la semence Il n'en est rien, les règles passent, c'est vrai, car l'organe se contracte avec une poussée naturelle de dedans au dehors, mais l'énergie des spermatozoaires ne suffit pas à briser l'obstacle du coude utérin, ils usent leur force en pure perte et meurent sans triompher.
DES OBSTACLES MECANiaUES
prement dites, on rencontre encore assez fréquemment des obstacles de naturepathologique contre lesquels les spermatozoaires ne peuvent pas lutter, tels sont par exemple les granulations du col, les œufs deNaboth, les polypes du col et du corps utérin, les fibromes, les fibro-myomes, en un mot, toutes les productions qui font obstacle à l'entrée de la semence, et le nombre en est
léo NOUVELLES CAUSES DE STÉRILITÉ
grand. C'est au médecin à débarrasser au plus tôt les voies génitales de tous ces corps étrangers qui jouent le rôle de tampon, et la chirurgie utérine possède de puissants moyens d'action contre ces divers cas.
Mais il est un obstacle mécanique qu'on rencontre plus souvent que tous les autres réunis, nous voulons parler de l'atrésie du col qui affecte les différentes formes et sur lesquelles il est bon de nous arrêter un instant,
L'atrésie ou étroitesse du col utérin peut être congénitale ou acquise; lorsqu'elle est congénitale, il suffit de dilater le canal d'une façon permanente ; lorsqu'elle est acquise, il faut d'abord supprimer l'inflammation qui la cause et dilater ensuite.
Au chapitre « Traitement », nous dirons quelles sont les meilleures méthodes pour obtenir cette dilatation et comment on la rend permanente.
L'atrésife peut porter sur toute l'étendue du canal cervical ou ne porter que sur ses extrémités. Le dessin va nous foire
STÉRILITÉ MÉCANiaUE
comprendre la situation des ces divers obstacles :