‹ Nouvelles causes de stérilité dans les deux sexesChapitre 23 sur 53 · Col portant un étranglement aux deux orifices · texte numérisé non relu

Col portant un étranglement aux deux orifices

Nous avons dû donner dans ces dessins une ouverture visible pour bien faire saisir le point sur lequel portait le rétrécissement, mais dans la réalité, ces' diamètres n'existent pas toujours, surtout si l'on sait que le col est doué d'une contractilité très énergique, que celle-ci est souvent spasmodique et ne laisse rien passer à travers ses anneaux rétrécis : qu'il existe en outre, à chaque extrémité du canal, une sorte de sphincter doué d'une grande puissance de contraction venant fermer hermétiquement ces

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ouvertures, et l'on aura ainsi une idée vraie de ce qui se passe dans ces rétrécissements et le rôle qu'ils jouent dans la stérilité.

Il faudra donc, pour triompher de certains rétrécissements, non seulement les dilater progressivement, mais encore vaincre le spasme des sphincters par un excès de dilatation brusque, comme on le fait pour les fissures anales, ou prescrire les antispasmodiques selon la rigidité de l'organe ou la prédisposition nerveuse du sujet.

Cette atrésie du col est tellement fréquente que nous avons vu des femmes ayant eu un ou plusieurs enfants en être atteintes plus fréquemment que les vierges ; l'orifice externe devient fibreux et se bouche complètement, le col est lisse, brillant nacré, tendu, c'est à peine si l'on trouve au centre un orifice capable d'y recevoir une aiguille à tricoter ; il y a eu là un travail de réparation tellement actif que toutes les déchirures classiques qui suivent l'accouchement ont disparu pour ne laisser que du tissu cicatriciel d'une grande rigidité.; à telle

STÉRILITÉ NÉCANIQUE

enseigne, que si l'on dilate brusquement le col en produisant des déchirures artificielles huit jours après, le travail de réparation a comblé la dilatation ; il faut alors recourir à de nouveaux moyens chirurgicaux pour triompher de ces cas rebelles à presque tous les traitements ; c'est ce que nous appelons : l'atrésie cicatricielle des accouchées.

STÉRILITÉ MÉCANIQUE CHEZ l'hOMME

Pour être moins compliqué que chez la femme, l'appareil génital de l'homme n'est pas moins susceptible de s'altérer et môme de s'altérer d'une façon plus grave, en ce que la femme peut encore recevoir des soins efficaces alors que l'homme a peu de chances de recouvrer des fonctions perdues.

De même que la métrite est la maladie type chez la femme, la grande cause qui rend l'homme stérile, c'est Vordnle.

Nous devons dire cependant que, pour qu'il y ait stérilité complète, il faut que l'orchite ait été double, c'est-à-dire qu'elle ait frappé les deux testicules à la fois ou séparément, autrement dit, que ces organes aient, été atteints tous deux lors d'une même blennorrhagie ou qu'ils le soient en deux fois.

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Nous avons dit combien était long le trajet épididymaire et combien était étroit son canal; or, l'orchite est le siège d'une telle inflammation qu'on conçoit aisément qu'il se passe là un travail adhésif qui bouche hermétiquement le trajet du sperme en formant une barrière infranchissable entre le testicule et la vésicule séminale, qui est comme on le sait, le réservoir naturel du sperme prêt à entrer en'Jonction.

Voici comment arrive cette cruelle stérilité, qui tait le désespoir de tant d'hommes : il est rare que l'homme ne soit pas exposé à contracter une blennorrhagie dans sa jeunesse, c'est du reste une maladie qui court les rues et qu'on gagne avec la plus grande facilité, sans qu'on soit pour cela un coureur d'aventures. Cette maladie n'est rien en elle-même, c'est un écoulement plus ou moins douloureux dont la durée varie avec la virulence du contage et la prédisposition du sujet contaminé.

Neuf fois sur dix, la blennorrhagie passe sans laisser aucune trace, elle n'est comptée

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dans l'existence de l'homme que comme péché mignon. En effet, la blennorrhagie ne laisse pas de tares constitutionnelles, mais il est vrai qu'elle ne met pas son possesseur à l'abri d'une récidive, au contraire, on dirait même qu'il possède une plus grande disposition à contracter une nouvelle maladie ; nous ajouterons que nous avons connu nombre de sujets qui l'avaient à l'état permanent, non pas seulement à l'état chronique, ce qui constitue la goutte militaire, mais à l'état aigu, bien aigu, sans se préoccuper davantage de cet écoulement qui semble naturel à certaine nature lymphatique. De là, on le conçoit, une effrayante propagation du mal, pour peu que le contaminé soit quelque peu érotique et clianacant dans ses bonnes fortunes.

Mais si la blennorrhagie n'est pas grave en tant que maladie, elle est souvent le point de départ de la stérilité qui nous occupe.

Comme nous n'avons pas à faire ici^ la monographie de cette maladie, nous n en décrirons pas les phases et les variétés.

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mais il faut qu'on sache ce que c'est que l'orchite, puisque cette affection est à peu près la seule qui cause la stérilité chez l'homme.

DE L ORCHITE

N jeune homme bien portant jusqu'alors, très apte à procréer jusquelà , attrape un beau jour une blennorvulgairement appelée , chaude-pisse ; il s'alarme aussitôt, consulte ses amis d'abord, le pharmacien ensuite, quelquefois un médecin soi-disant spécialiste, dont il trouve l'adresse dans les colonnes Rambuteau et dont la réputation sent son origine; il se soigne

STÉRILITÉ MÉCANiaUE

à la diable, veut aller vite, tarit l'écoulement en deux jours et se trouve satisfait.

Le lendemain, il sent une légère douleur dans l'un des testicules, il n'y prend pas trop garde, il continue à vaquer à ses occupations, heureux d'être débarrassé de son écoulement; le soir, il se sent plus fatigué, la nuit est agitée, le testicule devient plus douloureux, la fièvre s'allume, le. testicule gonfle, devient rouge, tuméfié etl'orchite est franchement établie. Il garde le lit, consulte cette fois son médecin qui le soigne de son mieux par les grands bains, les émoUients, les dérivatifs, etc. Mais l'inflammation dure de huit à neuf jours av.ec des douleurs extrêmes, de la fièvre et de Fabattement; tout à coup la scène change, le testicule se dégonfle et passe par toutes les phases d'une terminaison heureuse, mais

c'est un testicule perdu pour toujours quant à ses fonctions, il n'y a pas à se faire la moindre illusion à son sujet.

D'autres fois; les choses ne se passent pas de la même façon : le testicule primitivement malade, semble mieux aller, il vient de céder une partie de son inflammation à son voisin, le premier testicule se guérit pendant que le deuxième prend pour lui tout le processus morbide; l'évolution inflammatoire suit son cours et, après huit jours de maladie tout s'amende et le malade marche vers sa guérison, il s'en félicite, et, pour un peu battrait des mains. Mais ! et c'est ici le cas de dire : « Mais » c'est un homme à la mer, du moins en tant que procréateur. Il peut être rangé dans la catégorie des eunuques; il pourra peut-être encore faire des victimes, mais jamais d'enfants; c'est un homme qui n'est plus à craindre, si ce n'est des jeunes filles qui se marient dans le but le plus louable qu'il soit : celui d'être mère.

Or, avant de passer devant le magistrat

STÉRILITÉ MÉCANICLUE

de l'état civil, on demande à l'homme son acte de naissance, le consentement de ses parents, pour peu on lui demanderait un certificat de vaccine, mais jamais on ne lui demande un certificat constatant qu'il jouit de la plénitude des attributs de son sexe ; et, comme le nombre de ces castrats est dans la proportion de un sur dix, il en résulte qu'une jeune fille sur dix est trompée sur la qualité de l'époux qu'elle prend. Cela nous semble monstrueux, alors qu'il serait si facile d'éviter ces désagréables surprises, d'autant plus que ces réformés du mariage se consoleraient facilement de leur échec par la plus-value qu'ils recontreraient sur la place, à titre de consolateurs inoffensifs.

Voilà donc une jeune fille qui croit, d'après la coupe des vêtements de son futur, qu'elle va se marier à un homme, et qui ne trouve qu'un postulant à la chapelle Sixtine.

Et ce cas n'est pas in.scrit dans le Code ! il n'est pas reconnu comme vice rédhibi-

toire ! il n'est pas une cause de .divorce immédiat !

C'est à croire que les hommes ont tait les lois à leur seul profit.

DES AUTRES ACCIDENTS CAUSANT LA STÉRILITÉ CHEZ l'homme

Il fout bien qu'on sache que si l'orchite est une cause de stérilité acquise et qui dépend de la conduite de l'homme, il est d'autres causes qui ne dépendent pas de sa volonté; il en est victime, c'est tout.

La plus fréquente de ces affections est la cryptorchidie ou absence complète de testicules, soit que ceux-ci manquent complètement et qu'on n'en trouve aucune trace, même dans l'abdomen (anorchidie), soit qu'ils se soient arrêtés dans leur descente ou leur évolution et qu'on les retrouve dans le ventre ou dans le canal inguinal.

Dans tous les cas, il y a stérilité dès que les testicules ne sont pas à leur place dans

le scrotum ; l'organe alors est mou, flasque, dégénéré et ne possède aucun spermatozoaire; ce sont des rudiments d'organe montrant l'intention mais non le fait de faire un homme.

Un seul testicule peut rester en route et l'autre descendre dans le scrotum, dans ce cas, le testicule descendu peut suffire et même prendre de telles proportions qu'il compense l'autre; mais, souvent, celui qui n'a qu'un testicule (monorchidie) n'a pas la consolation des borgnes, il est bel et bien stérile malgré la présence d'un volumineux testicule qui promettait cependant une belle compensation par son volume.

D'autres fois, on trouve deux testicules parfaitement à leur place, mais ils sont si petits, si rudimentaires qu'ils sont sans aucune valeur (atrophie); ils ne sont là quà titre d'ornementation délicate et mièvre. Cela peut suffire en architecture mais non pas en construction.

Enfin, il existe des cas où les testicules sont d'un volume normal, mais complète-

STÉRILITÉ MÉCANiaUE

ment privés de leurs fonctions; l'épithélium génital est frappé de déchéance et ne fabrique pas de spermatozoaires ; ce sont des armes défensives contre la malignité publique, jamais elles ne deviennent offensives pour le public féminin ; Tornementa-

non est complète, mais ce n'est qu'un trompe-l'œil.

Une autre catégorie d'éclopés , génitalement parlant, est celle qui i^v.ç^f concerne tous ces pauvres diables qui sont atteints d'hypospadisme, c'està-dire qui sont percés de travers et n'urinent ■ pas comme tout le monde ; tantôt le méat urinaire s'ouvre à un centimètre

de l'extrémité de la verge, tantôt il s'ouvre entre les deux testicules; dans ce cas, ils sont obligés de s'accroupir pour vider leur vessie ou n'osent entrer dans un urinoir public qu'armés d'une gouttière en caoutchouc qu'ils portent précieusement sur eux comme un étui à lunettes; c'est assez mal commode pour uriner, mais c'est tout à fliit désobligeant pour remplir ses devoirs conjugaux.

Les hypospades sont la plupart du temps des victimes nées d'une aberration de la nature, c'est ce qu'on peut appeler « le becde - lièvre » de la verge, on ne montre pas ses dents, il est vrai, mais on urine sur ses bottes, ce qui ne vaut guère mieux assurément.

Ces vices de conformation sont encore assez fréquents, cependant on peut devenir hypospade sans l'être de naissance. Il suffit d'avoir un furoncle sur le trajet du canal pour qu'il se torme une fistule intéressant toute la peau et le tissu cellulaire qui forme le plancher du canal urinaire; et, lorsque la

STÉRILITÉ MÉCANiaUE

fistule est établie, on a beaucoup de chances de la garder.

Il existe évidemment d'autres anomalies des organes génitaux apportant des troubles ou des obstacles dans l'émission de la semence, mais décrire toutes ces infirmités nous répugne et celles-ci sortent, du reste, de notre cadre. Nous renvoyons nos lecteurs aux divers traités de tératologie.

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