‹ Nouvelles causes de stérilité dans les deux sexesChapitre 4 sur 53 · LOIS GÉNÉRALES DE FECONDATION · texte numérisé non relu

LOIS GÉNÉRALES DE FECONDATION

L'amour dans le ménage est un condiment fort apprécié des gourmets, mais il n'est nullement indispensable pour procréer un enfant, le simple rapprochement suffît, fût-il de part et d'autre une corvée,

un devoir ou la clause d'un contrat simplement remplie par deux associés.

Donc, au point de vue purement médical, l'enfant n'est que le résultat final du mariage de deux cellules spéciales.

Chaque sexe fournit sa cellule et n'en fournit pas deux, si ce n'est dans les grossesses doubles, mais pour plus de clarté, nous traiterons seulement les cas dans toute leur simplicité.

La cellule fournie par la femme est un \oviih ou petit œuf d'une durée très éphémère, lorsqu'il n'a pas été fécondé; ce petit œuf reste à peu près passif, il n'a par lui-même aucun moyen de locomotion, son transport d'un point à un autre ne peut se faire qu'en vertu d'une action toute mé-| canique : les franges de la trompe le trans-j

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portent jusqu'à l'orifice de son canal, et lorsqu'il y est engagé, l'ovule ne progrésse plus que par la vibration des cils dont la trompe est tapissée.

Ces cils sont dirigés du dehors en dedans, ce qui fait que tout œuf engagé est fatalement amené dans le corps utérin et ne peut rebrousser chemin ; tout au plus, peut-il s'arrêter s'il ne trouve pas Là un cahbre suffisant pour son passage, témoins : les grossesses tubaires.

D'autre part, l'homme fournit aussi une cellule spéciale; ici ce n'est plus un ovule, mais c'est son équivalent : le spermato- '^0^- :(oaire, nous disons le • et non les, car, bien que l'homme fournisse une quantité innombrable de spermatozoaires dans chaque

rapport, la nature fait un choix judicieux de la santé et de la vigueur de celui qu'elle destine à perpétuer l'espèce dans les meilleures conditions possibles, aussi n'en choisit-elle qu'un surplus de douze cent mille, c'est l'élu par excellence.

N'y a-t-il pas là de quoi tenter l'observateur et faire rêver le philosophe ? Aussi, nous £trrêterons-nous un instant et chercher'ons- ■ nous à expliquer le mécanisme de ce choix.

Chacun sait que les horticulteurs, comme les cultivateurs, choisissent leurs meilleures graines pour exécuter leurs semailles à seule y^^- fin d'avoir les meilleurs produits. Les ^% éleveurs ne font pas autrement; ils '.'t' \ choisissent aussi les meilleurs producteurs en les plaçant dans des conditions d'âge et d'hygiène aussi bonnes que possible. C'est de la sorte qu'ils ont de beaux et bons sujets; aucun ne se laisse tenter par la question d'intérêt qui voudrait que

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les uns enfouissent leurs plus mauvaises graines puisqu'elles sont destinées à pourrir dans le sol; les autres, à se servir de vieux facteurs infirmes et valétudinaires qui ne peuvent plus servir à rien. Non, tous font un choix judicieux de ce qu'ils ont de meilleur pour perpétuer l'espèce, l'améliorer au besoin et les résultats viennent payer au centuple les sacrifices momentanés qui sont faits par les uns et par les autres.

On dirait que la nature dans sa sasesse s'est défiée de notre raicar si nos maiges ne sont souvent qu'une affaire de dot, elle a voulu corriger tout au moins ' notre égoïsme dans la mesure du possible en choisissant ce que nous avons de meilleur en nous ; elle a donc organisé un j-te/)/^-

chase pour les éléments de notre semence, de façon à ne couronner vainqueur que le plus énergique de nos spermatozoaires qui, seul, pénètre l'ovule et lui donne la vie.

Comment la nature a-t-elle pu établir ce champ de course d'un nouveau genre ? De la façon la plus simple : nous avons dit que l'ovule n'avait par lui-même aucun moyen de locomotion, qu'il était simplement porté à sa destination par des cils vibratiles dirigés dans le même sens; mais si nous examinons le spermatozoaire sous le microscope, nous le voyons animé d'un mouvement très énergique et franchir des espaces considérables en un instant, grâce à l'agilité de sa queue, qui est douée d'une grande vigueur; il se remue et progresse aussi vite qu'un poisson dans l'eau ; or, un poisson descend plus facilement le cours d'une rivière que lorsqu'il remonte son courant. Le spermatozoaire fait de même, aussi allonsnous nous faire mieux comprendre en traçant ici une figure toute théorique de cette course d'obstacles.

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Pente inclinée, montrant la difficulté à vaincre pour les spermatozoaires qui ont à remonter le courant contre la direction des cils; aussi, combien en voit-on, au point de départ, se désintéresser complètement de la lutte mourir sur pl faute d'espérance

essayent leurs forces comme ces timides grimpeurs de nos mâts de cocagne qui essuyent ie savon, alors que de plus vigoureux vont décrocher la timbale. Un seul arrive premier, pénètre dans l'œuf et rend celui-ci réfractaire à toute pénétration, comme la femelle des animaux refuse tout mâle aussitôt qu'elle est fécondée.

RÔLE DE l'œuf

La temme fournit chaque mois, à l'époque de sa menstruation, un ovule ou petit œuf qui se détache de Vovaire. Cet ovule, quoique bien moins gros que la plus petite tête d'épingle, est enveloppé d'une membrane pellucide très facilement alté-

rable, soit par destruction soit par épaississement; dans l'un et l'autre cas, qu'il soit cassé ou durci, l'œut, on le conçoit, devient stérile (on verra bientôt pourquoi). Cet œuf

rencontre sur tous les œufs mensuels, que la femme soit mariée ou jeune fille.

Si cet œuf n'est pas fécondé au moment de sa ponte, c'est-à-dire au moment où il sort de l'ovaire, il a grand'chance d'être expulsé sans résultat, car on conçoit aisément qu'une aussi petite cellule, n'étant plus reliée à rien, et n'étant plus dans un milieu nutritif, subisse une altération progressive et rapide; c'est en effet ce qui a lieu, et, si l'œut n'est pas fécondé à sa sortie de- l'ovaire ou tout au moins dans le pavillon de la trompe, il est trop tard quand il a dépassé le tiers externe de celle-ci.

Pour bien faire comprendre la durée

contient dans son milieu une petite tache blanche appelée tache gerrninalive que les embryologistes ont nommée pronitcUus femelle, cette tache se

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limitée de cet instant propice, nous donnerons ici la figure suivante qui complétera notre description. La ligne courbe ponctuée est précisément le seul parcours pendant lequel l'œuf reste fécondable, mais aussitôt qu'il a franchi le tiret marquant le tiers externe, l'œut cesse d'être bon, il est alors rejeté ou liquéfié sans qu'on puisse s'en apercevoir.

I. Utérus; — 2. Trompe de Falloppe; — 3. Franges de Li trompe; — 4. Ovaire; — 5. Tiers externe.

On conçoit alors toute l'opportunité du moment précis des rapprochements quand on songe au peu de temps qu'il faut pour anéantir une aussi frêle existence, car de tous les éphémères, c'est l'œuf humain non fécondé qui a la moins longue durée dans

l'existence des ovules de toute la série animale. Il est, du reste, à remarquer que plus l'être est élevé dans l'échelle animale, plus petit est l'œuf et plus délicate aussi est son existence du début.

L'ovule d'une grenouille est 14 ou 15 fois plus gros qu'un ovule de femme, sa résistance vitale est aussi beaucoup plus considérable, et, enfin, l'intervalle entre la ponte et le moment où l'œuf cesse d'être fécondable est en faveur de la grenouille comme i est à 100. On voit par là combien il est utile de saisir le moment psychologique lorsqu'on veut féconder un œuf aussi fragile et d'une existence aussi courte.

ROLK DU SPERMATOZOAI RE

ous aimons, par -dessus tout, nous servir d'images ;

celles-ci laissent dans l'esprit une impression durable, aussi croyons-nous devoir dire ici :

que lorsqu'on sème des pois, on ne doit pas s'attendre à voir pousser des lentilles.

Or, toutetriviale que soit la comparaison, la semence humaine n'a pas d'autres lois. L'enfant procède toujours des deux facteurs qui le composent; il y a quelquefois une influence plus marquée de l'un des conjoints, tantôt du côté physique, tantôt du côté moral; c'est ainsi qu'un garçon a sou-

vent l'enveloppe de son père avec les qualités ou les défauts de sa mère, alors que les filles héritent des diverses aptitudes morales du père, tout en ressemblant physiquement à leur mère. Ceci nous conduit à dire que le spermatozoaire est la miniature exacte et ressemblante de celui qui le fournit, et cela, au moment même où ill'émet. Le moment choisi par le mari pour se perpétuer joue donc un rôle considérable sur l'avenir de l'enfant. Le père ne doit être ni fatigué ni surexcité au moment des rapprochements sous peine de procréer un être à son image; nous dirons dans un chapitre spécial les conditions dans lesquelles les époux doivent se trouver pour obtenir un enfant ayant le maximum des quahtés du père et de la mère.

Le mari ne devra donc jamais perdre de vue qu'il est en grande partie responsable de la vitalité de ses enfants, car si la femme met un mois tout entier pour élaborer un œuf et le conduire à sa maturité, pourquoi le mari ne mettrait-il pas le même temps pour élaborer sa semence ? Nous ne ferons pas ici

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une description anatomique de la genèse des spermatozoaires, qu'on sache seulement que la glande qui les sécrète est un organe absolument similaire àl'ovaire delafemme, qu'il s'y passe une élaboration semblable, ' que le développement du spermatozoaire se fait par des transfpri mations successives ■ d'une cellule spéciale pour aboutir finaleà un animalcule d'une vigueur et d'une résistance d'autant plus grande que le repos génital a été plus complet.

Nous avons dit ailleurs' que les horticulteurs ne prennent pas leurs pépins sur des pommes vertes lorsqu'ils veulent obte-

ment

' Voir notre thcse sur la fécondation.

nir de beaux pommiers, ne faisons donc pas moins lorsqu'il s'agit de la procréation d'un enfant.

Il est à remarquer que l'homme le plus indifférent, lorsqu'il veut réussir dans les plus petits actes de la vie , prend toutes les précautions et ' s'entoure de toutes les garanties imaginables pour ne pas faire une chose inutile ou incomplète alors même qu'il s'agit d'une simple addition ou d'une note de blanchissage , mais lorsqu'il s'agit de se perpétuer, défaire un autre soi-même, il met de côté toute prudence et va à la diable fa-

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briquer un homme, comme il allumerait un cigare.

L'homme s'est créé des besoins par habitude, et lorsque cette habitude est prise, il prétend que c'est une nécessité qui le domine.

Il tourne dans un cercle vicieux qui le conduit à la tombe par le chemin le plus court, contractant la phtisie ou le ramollissement, ces deux grandes misères qui ne s'abattent que sur les déprimés, et lorsqu'il se perpétue dans ces tristes conditions, il frappe toute sa descendance d'un mal fatal qui ne s'éteint qu'avec sa race.

Le rôle de l'homme est donc tout tracé : s'abstenir le plus possible, ne pas gaspiller ses forces et se préparer au grand devoir qu'il doit remplir, lorsque son but est d'avoir des enfants. En dehors de ce but, qu'il fasse des sacrifices à Vénus, cela le regarde, il ne fait de tort qu'à lui-même et chacun est libre d'abréger sa vie comme il l'entend.

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