PREMIERE PARTIE
GRAND-PERE, vous n'êtes pas vieux
Vous parlez toujours de votre âge Comme si vous aviez cent ans.
Grand-père, vous n'êtes pas sage ; Nous protestons, et je prétends, A voir votre malin sourire, Votre bouche et surtout vos yeux, Que tout le monde peut y lire :
Grand-père, vous n'êtes pas vieux,
Vous avez beau hocher la tcte ; Nous avons souvent remarqué.
Surtout quand votre barbe est faite, Que vous n'avez pas abdiqué.
N'ous comprenez le badinage Qu'ont appelé nos bons aïeux « Les égarements du bel âge. »
Grand-père, vous n'êtes pas vieux.
Car enfin, raisonnons ensemble :
A quoi connaît-on un vieillard ?
Son esprit baisse, sa main tremble ; Il est de trente ans en retard, Sans cesse il gourmande, il sermonne, Il est triste et sentencieux ; Il n'est écouté de personne ; Grand-père, vous n'êtes pas vieux.
D'ailleurs votre acte de baptême Est depuis longtemps périmé.
On reste jeune tant qu'on aime ; Puis on rajeunit d'être aimé.
Grand-père, vous aimez encore ; Nous le savons à qui mieux mieux, Et vous savez qu'on vous adore...
Grand-père, vous n'êtes pas vieux 1
PREMIÈRE l'ARTIK 2o3