L'HOMME-OISEAU
Un par un, deux par deux, trois par trois. Par les champs, par les prés, par les bois, Aux enfants, aux garçons, aux fillettes. Les moineaux, les pinsons, les fauvettes. Dans les bois, dans les prés, dans les champs, Tout est bruit, tout est voix, tout est chants.
Les petites alouettes,
Pour s'y voir Recommandent aux fillettes
Le miroir; Et les cailles indiscrètes Disent à tout bout de champ Au marchand :
Pay' tes dettes !
Le mari jaloux, Dans le bois mystique, Donne un sens énigmatique Au chant des coucous.
Le poète Qui s'en va, triste et songeur, Chanter ses peines de cœur.
Entend sous sa tête Un merle moqueur.
Les piverts, les geais, les pies, Semblent s'exercer.
Comme avocats, à percer Les oreilles assoupies ; « Et les étourneaux, Noirs pruneaux, Vrais journaux, . Ronflent comme des toupies,
Puis les couples amoureux Vont chercher les buissons creux, Convaincus que Philomèle Les appelle Et ne chante que pour eux, Toute humaine créature Trouve des leçons En chansons Dans les sons De sa mère, la Nature !
Dans les bruits, dans les cris, dans les voix, Par les champs, par les prés, par les bois.