‹ Nouvelles chansons à dire ou à chanterChapitre 111 sur 166 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Mes amis, voilà Ma philosophie ; Heureux qui se fie A ces chansons-là !

— Eh ! quoi ! Philosophe ascétique, Quel oubli fais-tu de tes sens ? — Ah 1 voici le moment critique :

Le corps a des besoins puissants.

Notre âme, qui prie et qui pense.

Nous laisse encor quelques loisirs ; Sans excès il est des plaisirs, Et des libertés sans licence.

Mes amis, voilà Ma philosophie ; Heureux qui se fie A ces chansons-là !

Soyons toujours ce que nous sommes,

Frères par notre infirmité.

On peut, en méprisant les hommes,

Aimer encore Thumanité.

Semez, semez sans espérance

Les bienfaits qui font des ingrats :

La vertu ne me touche pas

Quand elle attend sa récompense.

Mes amis, voilà Ma philosophie ; Heureux qui se fie A ces chansons-là !

Surtout n'augmentez pas le nombre De nos politiques étroits ; Vivez en paix, restez à l'ombre :

Les devoirs sont avant les droits.

Bravez l'opinion fragile Et marchez d'un pas affermi.

Quand vous n'auriez qu'un seul ami, C'en est assez pour être utile.

Mes amis, voilà Ma philosophie :

Heureux qui se fie A ces chansons-là !

J'en étais là de ma doctrine, Lorsqu'une voix me dit tout bas :

« Est-ce là ta muse badine ?

Chante et ne nous sermonne pas ! »

Soit ! j'abandonne mon système; Qu'un autre vous l'explique mieux ; Et, s'il n'est pas trop ennuyeux, Je le prends pour maître, et je l'aime.

PREMIÈRE PARTIli df

Mes amis, voilà Ma philosophie; Heureux qui se fie A ces chansons-là 1

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