LA BACCHANTE
Viens, lascive magicienne,
Essaie à tromper mes sens, viens !...
Une douleur comme la mienne
Veut des plaisirs comme les tiens.
Je suis trahi par mon amante
Et j'ai besoin de ton secours;
Viens dans mes bras, ô ma bacchante !
Je veux oublier mes amours.
Mon cœur porte encore sa chaîne, Son image encore suit mes pas ; Son âge était seize ans à peine.
Son nom... Tu ne le sauras pas.
Avec quelle grâce décente Elle écoutait mes longs discours !...
Viens dans mes bras, ô ma bacchante ! Je veux oublier mes amours.
Tes cheveux sont blonds, je le pense ; Les siens l'étaient, mais autrement, Ses yeux disaient son innocence Et ses lèvres leur enjouement.
De ta science décevante Elle ignorait tous les détours...
Viens dans mes bras, ô ma bacchante I Je veux oublier mes amours.
Écoute : elle était si timide...
Tu n'aurais osé l'approcher;
Son âme était aussi limpide
Que l'onde qui sort du rocher.
Mais on sait que l'onde est changeante;
Elle, devait m'aimer toujours...
Viens dans mes bras, ô ma bacchante !
Je veux oublier mes amours.
Eh ! bien, un jour... mais que t'importe? Tu ne comprends pas cela, toi !
Ah ! si du moins elle était morte.
Mes pleurs seraient taris... Mais quoi?
Ta bouche est encore souriante, Comme hier, comme tous les jours...
Va-t'en, va-t'en, vile bacchante, ] Je me rappelle mes amours !
nKUXlKME PARTIE 249