LE SENTIER
Oh ! le beau sentier qui fuit Tortueux dans la vallée ; Où la fraîcheur de la nuit Par le jour est recelée!
Salut, mon joli sentier, Rempli d'ombre et de silence ; Que je t'aimais, l'an dernier !
L'an dernier, j'aimais Hortense.
L'aubépine et le sureau Sur lui jetant une voûte, Couvrent d'un épais manteau Le mystère de la route.
Au loin, la mer en courroux Vient expirer dans une anse; Le monde était loin de nous, Et j'étais auprès d'Hortense.
PREMIÈRE l'ARTlt 35
Ce que nous disions tout bas, Qu'cst-il besoin de le dire ?
Là, son premier embarras, Ici, son premier sourire, là dans ces touffes de buis.
Je regardais par prudence, Si nul indiscret... et puis, Puis je regardais Uortense.
Là, nous vînmes nous asseoir.
Quoi de plus doux que la mousse, Lorsque l'on est deux à voir, A voir comment l'herbe pousse r Près de ces saules trembleurs, Que le même vent balance, Nous avons cueilli des fleurs, Et puis, je cueillais Hortense.
Mais non. Toutes les amours Avec elle sont parties ; Les chemins ont leurs retours.
Et le cœur a ses orties.
Adieu, mon joli sentier Rempli d'ombre et de silence ; Que je t'aimais l'an dernier!
L'an dernier, j'aimais Horiense.