PREMIERE PARTIE l'JJ
— Écoute: c'est le cri lointain, L'écho douloureux des orages; Les flots avides de naufrages, Ce soir, réclament leur butin, Entends-tu craquer le navire.
Les cordages siffler dans l'air?
Le mât se courbe vers la mer, Et la voilure se déchire !
Vois-tu les marins à genoux ?
A Dieu recommandons leur âme :
Priez pour eux, priez pour nous,
Notre-Dame !
— Mon fils, mon fils, tu ne dors pas ;
Repose-toi ; c'est l'heure.
— Mère, n'entends-tu rien là-bas?
— J'entends le vent qui pleure !
— Ecoute ; ce sont les accents Qui partent des âmes blessées ; C'est la plainte des délaissées.
C'est le désespoir des absents:
« Que t'ai-je fait, ô ma patrie.
Pour perdre ma part de ton ciel ?
Ton lait a la douceur du miel.
Et ta poitrine s'est tarie !
Je suis l'orphelin irrité; Je t'aimais d'un cœur idolâtre ; Pourquoi m'as-tu déshérité, G marâtre ! a
— Mon fils, mon fils, tu ne dors pas ;
Repose-toi ; c'est l'heure.
— Mère, n'entenJs-tu rien là-bas ("
— J'entends le vent qui pleure I »