LE VENT QUI PLEURE
« Mon fils, mon fils, tu ne dors pas; Repose-toi; c'est l'heure.
— Mère, n'entends-tu rien là-bas ?
— J'entends le vent qui pleure !
— Ecoute : on dirait une voix ; Il dit : Je suis la froide haleine, Le soupir errant de la plaine.
Le frisson humide des bois.
Quand j'étends mes ailes funèbres, La saison vermeille s'enfuit ;
Je pousse le jour vers la nuit Et les rayons vers les ténèbres.
Je flétris les fleurs de l'été ; J'emporte la feuille qui tombe ; Et j'entraîne l'humanité
Vers la tombe !
— Mon fils, mon fils, tu ne dors pas ;
Repose-toi; c'est l'heure.
— Mère, n'entends-tu rien là-bas ?
— J'entends le vent qui pleure !