‹ Nouvelles chansons à dire ou à chanterChapitre 98 sur 166 · UN REGARD · texte numérisé non relu

UN REGARD

Le ciel était chargé d'orage ; L'oiseau poussait son cri d'effroi, Lorsque, dans l'ombre du nuage, Un clair rayon se fit passage, Et ce rayon tomba sur. moi.

Je crus que la nature entière Chantait l'hymne de son réveil.

Je voulus lever la paupière, Et je reconnus ta lumière, O mon étoile, ô mon soleil!

Car ce rayon était la flamme De ton regard et non des cieux; Et le regard de toute femme Est un rayon qui part de Tâmc Pour traverser le ciel des yeux.

Je sentis ma poitrine atteinte Comme d'une pointe d'acier ; Mais je reçus le coup sans plainte, Et j'en veux conserver l'empreinte Comme la marque d'un collier.

Dans ce regard (je sais me taire), Dans ce regard j'ai lu ton cœur.

Et je m'enferme, solitaire, Pour m'enivrer de mon mystère, Comme on savoure une liqueur

Pardonne si j'ai su traduire Ton furtif et muet aveu ; Ta bouche n'eût osé le dire ; Ma main se refuse à l'écrire ; Je l'emporte avec ton adieu.

Quand viendra la saison glacée,

Triste au retour comme un départ,

J'évoquerai par la pensée

Cette lueur non efî'acée,

Pour me chauffer à ton regard.

PREMlioRE PARTIi; l85

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