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PREFACE

Fort de l'accueil bienveillant fait par le public aux chansons imprimées dans mon recueil de 1866, je crois pouvoir aujourd'hui réunir, en un volume, celles que j'ai écrites depuis cette époque. Elles- sont précédées du Discours sur la chanson et suivies de quelques pièces de vers choisies parmi les poésies que j'ai composées depuis ma jeunesse.

Comme pour mes ouvrages publiés en 1851 et 1866, j'ose compter sur le généreux appui de mes amis et de la presse auxquels je tiens à réitérer, et du fond du cœur, l'expression de toute ma gratitude.

Puissent quelques uns de mes nouveaux refrains obtenir la popularité de bon nombre de leurs aînés. Les plus heureux ont franchi nos frontières. Lorsqu'aux jours de fête, ils sont répétés en choeur par le peuple, et que leurs

échos arrivent jusqu'à moi, il me semble que ces refrains datent d'hier : je me crois jeune encore.

Par ce livre intitulé Nouvelles Chansons et Poésies, je puis enfin compléter mon œuvre littéraire et l'offrir, en fils reconnaissant, à la patrie belge qui, toujours, a daigné se montrer si sympathique au chansonnier.

L'amour que je voue à la famille, au pays, à l'humanité ; les émouvants spectacles de la nature m'ont inspiré la plupart de ces chants.

Cependant l'œuvre moralisatrice et démocratique créée par mes chansons populaires, j'ose affirmer que je l'ai continuée. En des temps de troubles, j'ai pu prêcher dans le désert, mais les idées exprimées par mes refrains existent et peuvent être entendues un jour par le peuple. Je suis parmi ses véritables amis.

Une chanson qui, portant la date de 1848, fut énergiquement chantée alors par nos artisans, qui la redisent encore, Ce que veut rouvrier, demandait et demande à nos gouvernants : Le service obligatoire, Uinstruction obligatoire, Le droit de vote pour l'honnête homme qui sait lire et écrire ; toutes choses à l'ordre du jour, qui ne sont pas réalisées, hélas ! mais qui se réaliseront sous peu si nous avons des sentiments vraiment humains, si nous tenons à l'indépendance, à la grandeur, au salut de la patrie.

En parlant au peuple de ses droits, je n'ai jamais oublié de lui parler de ses devoirs.

Aujourd'hui, comme en 1851, comme en 1866, j'ai

voulu que mon livre pût rester grand ouvert sur la table, au foyer ; j'ai voulu ne pas rejeter du nombre de mes lecteurs ce que, dans l'humanité, Dieu a fait de plus beau, de meilleur au monde : la femme et l'enfant.

Antoine Clesse.

Mons, 1887.

DISCOU RS

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