‹ Nouvelles chansons et poésiesChapitre 107 sur 131 · UN COIN DU PARADIS · texte numérisé non relu

UN COIN DU PARADIS

Chez moi, j'ai la forêt, mais en miniature. Vieillard, quand j'y revois un des printemps bénis, Souvent je vais m'asseoir, amant de la nature, Sous un grand merisier plein de fleurs et de nids.

Des feuillages divers admirant la verdure, On a, dans ce bosquet, aux méandres hardis, Des arbres pour rideaux, du lierre pour bordure Et, sous un ciel d'azur, un coin du paradis.

Des plus douces clartés ma retraite m'inonde. Un jour, que j'y rêvais loin des tracas du monde, Dans le grand merisier soudain le vent parla ;

Ses branches, où l'oiseau chantait sa bien-aimée, Semaient l'étroit chemin de leur neige embaumée Comme si le bon Dieu devait passer par-là.

Mons, 11 mai 1886.

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