A UN AMI
QUI VENAIT D Ei^ROUVER UN GRAND MALHEUR.
Oh I je n'essaîrai pas de calmer vos alarmes :
On peut briser un cœur en tarissant ses larmes.
La mort d'un être cher a causé vos douleurs.
Que vous dirais-je, hélas I en ce moment suprême,
Moi qui sais ce qu'on souffre à perdre ceux qu'on aime ?.
— L'ami, qui les comprend, laisse couler vos pleurs.
Quand la mort m'a ravi mon frère et mon vieux père,
Si quelqu'un m'avait dit : Espère encore, espère !
J'aurais cru qu'il voulait me railler en chemin.
J'ai rencontré depuis un bon ange, une femme,
Et son amour si pur a ranimé mon âme
Qui la veille en tremblant pensait au lendemain.
Elle a reçu ma main, mais il m'en reste une autre; Et je viens aujourd'hui la tendre vers la vôtre : Du faix de vos douleurs je prendrai la moitié , En remerciant Dieu dont la bonté profonde Me permet de donner, en passant en ce monde, Une main à l'amour et l'autre à Famitié.