LA MÈRE DE FAMILLE
Air : Domicz-vous la peine d'attendre (30)
Berçant son nourrisson chéri, La femme, à travers sa tendresse, Voit un miracle dans un cri Et le ciel dans une caresse.
Du dévoûment le plus entier A son front l'auréole brille :
Fille de prince ou d'ouvrier, Gloire à la reine du foyer, Gloire à la mère de famille !
Si vous saviez, pauvres enfants, Dont les parents sont à l'ouvrage, Les luttes, les soins triomphants De votre mère en son ménage !
Souvent elle a dû vous veiller Sans cesser de tirer l'aiguille ; Dites, à l'heure de prier :
Gloire à la reine du foyer, Gloire à la mère de famille !
Ne crains pas l'infécondité, Femme qui fais ce que Dieu prêche Sois mère par la charité ; Jésus sanctifia la crèche- Les pauvres gens vont t'envoyer Petit garçon, petite fille ; Et les anges vont s'écrier :
Gloire à l'asile hospitalier, Gloire à la mère de famille !
Nature sainte ! Le travail, Dans ses conquêtes pacifiques, Rêve des prés pleins de bétail.
Moissons, Vendanges magnifiques ; Avant le glaive souverain Dieu met la bêche et la faucille :
Reste féconde sous sa main, 0 nourrice du genre humain, Mère de la grande famille !
Février 1874.
LA IIAIiNE ET L'AMOUR.
Musique de fauteur des paroles (K'
Qui donc fut ton parrain, rivière de la Haine ? Tout te parle de gloire et d'amour et d'honneur, Pour notre vieux Hainaut tu fus gente marraine : En lui donnant son nom, tu lui portas bonheur. Si les mots s'échappaient de tes rives muettes, De nos fastes, bénis aujourd'hui comme hier, Tu dirais les soldats, les peintres, les poètes. Les grands musiciens dont le pays est fier, Dont le pays est fier.
Goule, coule toujours limpide :
En toi le ciel s'admire encor ; L'hirondelle, en son vol rapide, Baise tes flots d'azur et d'or.
L'été, lorsque sonnaient onze heures et demie, Enfants, nous déposions nos habits sur le bord ;
Nos parents nous croyaient tous à l'académie
Aussi sur le dessin je ne suis pas très fort. Mais j'appris à nager : j'avais un camarade Qui dans l'art du plongeon n'avait pas son pareil Et, pour ne point traliir une folle escapade.
On revenait chez soi les cheveux au soleil, Les cheveux au soleil.
Goule, etc.
J'admire fièrement, sur le cours de tes ondes, Nos bois pleins de gibier, nos prés pleins de bétail, Nos splendides moissons, nos liouillères profondes Où vont les charbonniers, ces héros du travail. Deux amants dans tes eaux voulaient finir leur peine. Mais un homme passait qui les rendit au jour ; Les couples amoureux, rivière de la Haine, T'appellent maintenant la rivière d'Amour, La rivière d'Amour.
Coule, coule toujours limpide :
En toi le ciel s'admire encor ; L'hirondelle, en son vol rapide.
Baise tes flots d'azur et d'or.
Juillet 1874.