TENDONS LES DEUX MAINS A LA FRANCE
Air : Soldat français né d'obscurs loboîireitrs (3).
C'est à Sedan que ce siècle agité A vu la fin des hontes de l'Empire.
César voulait tuer la liberté, Il est vaincu : la liberté respire.
Où le carnage atroce et furieux Portait la mort et semait la vengeance, Au saint travail l'été sourit joyeux.
La paix s'écrie, en planant sous nos cieux : Tendons les deux mains à la France.
Peuple français, je comprends vos douleurs ; Ma muse en deuil vient essuyer vos larmes. Dans vos revers, montrez vos trois couleurs : Nous redirons les bienfaits de vos armes. L'Italien se courbait abattu, Vous paraissez, et c'est la délivrance ! 0 mon pays, parle, t'en souviens-tu ?
Pour nous sauver la France a combattu : Tendons les deux mains à la France.
L'esprit gaulois, aux mots réjouissants,
A la gaîté vit la sagesse unie :
Avec Molière il était le bon sens,
Avec Corneille il était le génie ;
Il s'est vautré dans l'immoralité...
La plaie est large et le goufire est immense
Pour n'y point voir sombrer la vérité,
Peuples, au nom de la fraternité,
Tendons les deux mains à la France.
0 France, après de malheureux combats.
En plein Paris, contre une secte immonde, Tu relevas l'honneur de tes soldats :
Ils ont lutté pour les destins du monde. Les ennemis du grand travail humain Ont pour détruire ameuté l'ignorance.
La lutte peut recommencer demain :
Vite, debout ! latin, slave ou germain, Tendons les deux mains à la France.
On peut sortir des abîmes profonds Avec le droit et la raison pour guides ; Et si la France a de sombres bas-fonds, Elle éblouit par des cimes splendides. Mais les talents, illustrés tour à tour. Trop loin du peuple ont tenu la science ; Dans les bas-fonds ils vont porter le jour : Pour le progrès la force, c'est l'amour ! Tendons les deux mains à la France.
Juillet 1871.